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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 19:27
Il y a un an, jour pour jour, le dernier chef historique, Hocine Ait Ahmed, tire sa révérence. Malgré une vie politique remplie –environ 70 ans de militantisme actif –, le dernier mohican laisse un vide incommensurable. En effet, il n’existe aucun événement politique national où l’on ne souhaite pas que l’emblématique chef historique soit ressuscité pour qu’il nous éclaire.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce genre d’hommes politiques ne se compte que sur les doigts d’une main. En fait, si certains incarnent ou le passé ou l’avenir, Hocine Ait Ahmed –pour reprendre l’expression de Tassadit Yacine –incarne les deux à la fois.
Ainsi, si pendant les vingt premières années de son engagement il s’est dévoué pour le recouvrement de l’indépendance de son pays, depuis 1962 jusqu’à son retrait de la vie politique, lors des assises du cinquième congrès, il s’est battu pour que les institutions du pays émanent de la volonté populaire. En plus, tout au long de sa riche carrière, ces choix sont guidés par le principe suivant : défendre de façon concomitante la démocratie et la patrie.
Cela étant dit, il peut lui arriver de faire des concessions, mais jamais de compromission. Pour étayer cette thèse, son alliance avec les réformateurs en 1991 est le meilleur exemple. Bien que son désaccord avec les caciques du système soit total, si des meilleures volontés existaient au sein du régime, il ne faudrait pas, selon lui, gâcher l’occasion.
Comment garder alors cet esprit ? Bien que le costume soit trop grand, il est possible de poursuivre le même combat à condition que les éventuels compromis soient dictés par l’intérêt suprême de la nation. N’a-t-il pas dit lors de son retour au pays en décembre 1989 qu’il ne rentrait pas le coteau entre les dents ? Cela veut dire à peu près ceci : en dépit de son profond désappointement, son action ne serait guidée ni par la vengeance ni par les règlements de compte.
Enfin, le meilleur hommage que les militants et les sympathisants puissent lui rendre, c’est de faire de la politique de façon désintéressée. Faut-il rappeler que lorsque Hocine Ait Ahmed a été approché par les décideurs, entre les deux tours des élections avortées de décembre 1991, sa réponse a étonné des dirigeants en en affirmant qu’il avait ses convictions. Voici le maitre mot dont il faudrait s’inspirer.
Ait Benali Boubekeur

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 11:07

Le développement de la crise au sein du FFS commence à être inquiétant. Bien que la communication de la direction veuille minimiser la crise, il n’en reste pas moins que la base –et c’est le moins que l’on puisse dire –est désemparée. Malgré la fidélité à la ligne politique du parti, des réserves peuvent être émises sur la gestion de la crise.

Et pourtant, des crises partisanes existent partout dans le monde. Ceux qui les gèrent de façon rationnelle et intelligente parviennent à ressouder les militants sur les fondamentaux du parti. Or, dans la crise que vit le FFS, on a l’impression que les divergences ne concernent pas les principes directeurs, mais les questions secondaires.

Et ce n’est pas un hasard que cela intervient à l’approche des élections législatives. Et pourtant, d’un point de vue stratégique, cette participation n’a rien de répréhensible. Le FFS entend défendre son projet, issu des résolutions du Vème congrès, devant le peuple algérien.

Par ailleurs, bien que la direction défende l’idée selon laquelle tout va bien, il n’en demeure pas moins que le militant se pose des questions. Cette crise, où les problèmes sont étalés sur les colonnes des médias, par essence hostiles au FFS, ne fera que semer le doute si les dirigeants ne s’approchent pas des militants.

Comment sortir de cette crise sans perdre le nord ? Il va de soi qu’une explication franche doit avoir lieu entre la direction et la base. Bien évidemment, il ne s’agit nullement de donner une nouvelle occasion à la presse, qui n’a jamais pardonné au FFS ses positions dans les années 1990, de verser son venin meurtrier sur le parti. Une série de rencontres dans les différentes sections serait une bonne option.

Enfin, pour que le militant reprenne confiance, il faudrait qu’il ait son mot à dire dans la désignation des candidats. Cela suppose un débat interne constructif. C’est à cette condition, me semble-t-il, que les zones d’ombre seront dissipées.

Mais, indépendamment de ce brouhaha politique, le plus important est d’offrir une meilleure célébration du 1er anniversaire de la disparition de l’emblématique chef historique, Hocine Aït Ahmed.

Aït Benali Boubekeur

 

    

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 09:47

Après l’adoption du principe de la participation du FFS aux prochaines élections législatives, des ex-militants et des adversaires de la participation s’en prennent, de façon éhontée, au FFS. Et pourtant, ceux qui ont voté cette résolution politique ne sont autres que les membres du conseil national, lesquels sont issus des différentes sections.

Dans ce cas, il existe deux scénarios possibles. Ou bien les membres du conseil national n’ont pas accompli leur travail de consultation de la base, dans ce cas, il aurait fallu exiger de leurs représentants de les consulter avant d’aller au conseil national ; ou bien les contestataires sont minoritaires. Dans les deux cas, les faux rebelles, me semble-t-il, ont tort. Et si jamais ils sont en rupture avec le parti, cela confère un caractère encore plus injuste à leurs réactions.

D’autant plus que, cette fois-ci, le FFS joue gros dans cette élection. En décidant de mener la campagne sur le thème du consensus national, les Algériens trancheront, dans un cas comme dans l’autre, cette question. Ainsi, s’ils lui accordent une large confiance, cette solution s’imposera comme celle du peuple.

Toutefois, bien que le processus électoral soit discrédité depuis janvier 1992, n’est-il pas temps que les Algériens renouent enfin avec le processus électoral ? De toute évidence, si les Algériens considèrent que les élections sont celles du régime, cela signifie qu’ils abandonnent uniment le pays. En revanche, s’ils considèrent que l’équipe dirigeante n’organise les élections que pour permettre la désignation des élus, à ce moment-là, le peuple algérien devra reprendre ce qui lui revient de droit : la possibilité d’octroyer le mandat aux élus.

Cela étant dit, le boycott demeure une option défendable et respectable. Mais si le boycott ressemble aux précédents, il ne faudra pas s’attendre à ce qu’il provoque le moindre changement. C’est pour cette raison qu’il est préférable d’inviter les Algériens à participer au processus politique –qui aboutira tôt ou tard –que de l’encourager à rester chez eux ou à envisager de détruire les infrastructures du pays.

Pour conclure, il va de soi que ceux qui attaquent le FFS se trompent lourdement, car ce dernier se soumet au verdict du suffrage universel. Si les Algériens ne lui accordent pas sa confiance, il ne siègera pas. Et qui plus est, le FFS cherche à légitimer sa stratégie en cherchant le soutien populaire. Enfin, ceux qui votent –et ce, jusqu’à preuve du contraire –ne sont pas moins Algériens que ceux qui boycottent. En d’autres termes, personne n’a le monopole de la représentation ni celui du bon sens.

Aït Benali Boubekeur 

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 15:46

Au moment du recouvrement de l’indépendance, les facteurs de développement sont réunis. Bien que les plaies de la guerre soient béantes, force est de reconnaître que l’engouement populaire et les richesses du sous-sol sont autant d’atouts pouvant assurer un bon départ.

Hélas, l’équipe dirigeante n’a pas été à la hauteur des enjeux. En effet, au lieu de constituer un facteur de développement, le pouvoir politique, par ses choix irrationnels, a conduit le pays à la dérive. Du coup, toutes les ressources et le capital humain sont marginalisés. Pour reprendre l’expression de Smail Goumeziane, dans « le mal algérien », « pour que le développement réussisse, il ne suffit pas de trouver une source de financement ; il faut aussi que celui-ci s’articule avec l’organisation économique et sociale en place. »

À cette organisation économique et sociale, il faudrait aussi ajouter un climat politique apaisé. En effet, si le chef tient son mandat en vue d’exécuter la mission pour laquelle il est désigné, il fera tout pour honorer ses engagements. Un manquement de sa part serait sanctionné aux prochains scrutins.

Or, en Algérie, le dirigeant se substitue à la volonté populaire. Et en pensant constamment à la pérennité du système, la question de développement devient, par conséquent, secondaire. Ce qui explique la mauvaise exploitation de la rente pétrolière. Selon Smail Goumeziane, bien que cette rente ait été mobilisée au début des années 1970 pour engager des grands investissements, il n’en reste pas moins que les résultats sont en deçà des attentes. Et pour cause ! Pour l’économiste, « il aurait fallu que la rente soit investie dans les activités générant un profit. Or, entre les mains de l’État, elle ne génère que la spéculation. »

Pour conclure, il va de soi que l’abandon de la politique agricole –l’Algérie était exportatrice en 1962 –est une erreur très grave. En Europe, à en croire Smail Goumeziane, c’est l’agriculture qui a assuré le financement des grands projets industriels. En plus du secteur agricole, l’Algérie en 1962 avait un atout supplémentaire : la rente pétrolière.

Hélas, sa mauvaise utilisation deviendra un frein au développement. En 1989, 75% de cette formidable rente ne sert qu’à payer les services de la dette. En 1994, avec la chute des prix du pétrole, 100% des recettes couvrent les services de la dette. D’où la situation de cessation de paiement. Voila comment un règne qui s’en passe de la concertation et du respect du mandat populaire peut amener son pays à demeurer en perpétuelle crise.  

Aït Benali Boubekeur       

 

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 13:01

En parlant de putsch au FFS, Rachid Halet rend la séparation inévitable. Bien qu’il tienne toujours à son statut jusqu’aux prochaines assises, il n’en reste pas moins que sa sortie médiatique –si l’on s’en tient au fonctionnement des partis –ne fait qu’aggraver son cas. Du moins, je crois que cette sortie rendrait son cas indéfendable.

Et pourtant, il y a quelques jours, un tel positionnement était uniment injuste. En fait, le conflit oppose des responsables capables de se défendre devant les instances du parti et devant les militants. Bien évidemment, il ne s’agit pas, en disant cela, de charger Rachid Halet.

Mais, en donnant l’occasion à une presse –hostile par essence à la formation de feu Hocine Ait Ahmed – et à tous ceux qui attendent la moindre occasion pour descendre en flammes le FFS, Rachid Halet choisit, me semble-t-il, une mauvaise voie. En d’autres termes, il aurait dû aller à la rencontre des militants. Et s’il fallait tirer la sonnette d’alarme, les militants la comprendraient mieux.

Toutefois, une fois qu’on a dit ça, la vraie question qui se pose est la suivante : comment se fait-il que les héritiers d’un même combat –je ne crois pas que ce soit la ligne politique du parti  qui pose problème –en arrivent là ? Et qui plus est, tout le monde sait que pour réaliser un grand rassemblement, il faudrait que les divergences soient aplanies par le débat.

Pour ceux qui sont attachés aux valeurs de la démocratie, les primaires en France ou aux États-Unis sont des moments qui cimentent les liens entre les militants. Bien que certaines divergences puissent paraitre insurmontables, à la fin, le vainqueur parvient à fédérer les courants au sein de son parti.

Est-ce qu’on est incapable, en Algérie, de reproduire ce genre d’expérience ? Malgré les entreprises de déstabilisation du régime, un parti, comme le FFS, qui a de surcroit montré de belles choses par le passé, doit montrer l’exemple. Ainsi, à l’approche des élections législatives –si le conseil national opte pour la participation –, la base doit être associée amplement.

En d’autres termes, la seule stratégie qui vaille, à mon sens, est celle qui consiste à montrer que le FFS n’est préoccupé que par l’intérêt suprême de la nation, une conduite qui a guidé feu Hocine Ait Ahmed. Et c’est aussi la meilleure façon pour la direction collégiale de se montrer au-dessus de la mêlée.

Pour conclure, il va de soi que cette crise ne doit pas faire régresser le parti. Tout en veillant au respect des fondamentaux, les autres divergences ne doivent pas être, à chaque fois, une pomme de discorde.  Enfin, à quelques jours du 1er anniversaire du décès de Hocine Ait Ahmed, le meilleur hommage que sa famille politique puisse lui rendre est de cesser les invectives et les querelles inutiles.

Ps : Ce texte est l’avis d’un citoyen et sympathisant du FFS. Je ne cherche ni les responsabilités ni un mandat. Dans ce texte, il n’y a aucun calcul, si ce n’est celui de voir le FFS une formation capable de rassembler les forces de changement.

Aït Benali Boubekeur

    

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:08

Pour la première, en France, le président sortant ne concourt pas à sa propre succession. Et pourtant, le bilan de François Hollande n’est pas aussi désastreux. En tout état de cause, quelles que soient les raisons, ce retrait du président français encore en exercice ne fera que renforcer la démocratie française. De la même manière, cette leçon doit servir d’exemple à tous les dirigeants inamovibles que l’exercice du pouvoir n’est pas une fin en soi.

En effet, pour qu’un pays soit stable, il faudrait que la préservation des institutions soit la préoccupation première. Et c’est le sens du retrait de François Hollande. « Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche qui ne rassemblerait pas autour de moi », affirme-t-il.

Certains internautes algériens se précipitent alors en comparant cette démarche à celle de Liamine Zeroual en 1998. Bien que le refus du général Zeroual de se soumettre au dictat du haut commandement militaire mérite d’être salué, il n’en demeure pas que ces deux démarches sont distinctes. Car, si François Hollande a été élu démocratiquement en 2012, il n’en était pas de même de Liamine Zeroual en janvier 1994.

Et si Abdelaziz Bouteflika avait accepté le poste, Liamine Zeroual serait resté ministre de la Défense. En plus, François Hollande ne jette pas l’éponge, car il est empêché d’exercer ses fonctions. Il renonce, car il ne s’estime pas le meilleur candidat de la gauche. En effet, face à une droite unifiée et une extrême droite qui se renforce sans cesse, François Hollande ne s’estime pas en mesure de fédérer « les progressistes ».  

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette attitude est quasiment absente chez la quasi-unanimité des dirigeants du Tiers Monde. En Afrique –et à des rares exceptions –, les dirigeants comme les opposants se distinguent par une longévité démesurée aux responsabilités.

Il est évident, enfin, que ce retrait constitue avant tout une grande leçon d’humilité. En effet, il est très rare qu’un homme politique cède la place en vue de permettre à sa famille politique de choisir le candidat le plus susceptible de rassembler largement.

Comment se fait-il que ce comportement soit inconcevable dans un pays comme le nôtre ? La réponse découle de la façon dont sont organisées les institutions. Si en France le président n’est qu’un simple acteur politique à qui on confie un mandat, en Algérie, par exemple, le chef se substitue aux institutions à l’instant où il accède au pouvoir.

Du coup, quand l’alternance s’impose, le successeur envisage, dans le premier temps, la réorganisation des institutions en vue d’asseoir son pouvoir. C’est ce qui explique l’enchainement des mandats du chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika. Il faut juste rappeler, in fine, que lorsqu’Abdelaziz Bouteflika était ministre en 1962, François Hollande avait à peine 8 ans. Comme quoi la longévité ne s’accompagne pas forcément de résultat.  

Aït Benali Boubekeur   

 

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 19:04

A chaque débat de la primaire de la droite française, les réseaux sociaux s’enflamment. D’emblée, il faut dire que les Algériens sont mal placés pour juger un tel événement. L’indigence du débat politique, dans notre pays, devrait plutôt interpeller ces commentateurs zélés en vue d’élever un peu le niveau.

A la limite, le seul argument qui puisse être recevable, ce serait le fait de ne pas partager idéologiquement les programmes de la droite. Or, sur les réseaux sociaux, certains commentateurs vont jusqu’à dénigrer les candidats. C’est là, me semble-t-il, une erreur très grave. Car, avant de récuser la procédure des autres, il faudrait balayer devant sa porte.

Ainsi, bien que les programmes des deux finalistes, Alain Juppé et François Fillon, soient libéraux –certaines mesures remettent en cause le modèle social à travers l’augmentation de la TVA et la suppression de l’ISF –, il n’en demeure pas moins que cette austérité est une simple écharde comparée à celle qui attend les Algériens en 2017. Et qui plus est, nos dirigeants sont uniment inclassables sur la cartographie politique.

Par conséquent, au lieu de se préoccuper de la démocratie française –qui, de surcroît, fonctionne convenablement –, ces commentateurs feraient mieux de se battre, sur le terrain, pour changer les conditions de vie de leurs compatriotes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce combat serait doublement bénéfique aux plans politique et social. Quant à la France, les Français veillent, comme des grands, sur leurs acquis.

Aït Benali Boubekeur

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 21:36

Les conditions d’une participation aux élections législatives, au sens où l’entendent les partis dans les démocraties occidentales, ne sont évidemment pas réunies. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu, si un parti justifie sa participation dans le but de prendre en charge les problèmes du peuple algérien, il se déchantera au moment où il sera confronté à la réalité.

Dans ces conditions, la participation ne peut être que tactique. Bien que le sens soit galvaudé par les médias algériens, il n’en reste pas moins que le parti qui a utilisé ce concept en premier, en l’occurrence le FFS, il l’a fait pour ne pas être hypocrite. En effet, dans le sens que lui a donné feu Hocine Aït Ahmed en 2012, la participation aux élections législative avait pour seul but d’éviter le chaos. Les exemples libyen et syrien nous ont appris que les départs violents des systèmes entrainaient forcément la dislocation de la nation dans son ensemble.

Quid de la situation cinq ans plus tard ? Il est évident que le spectre libyen ne se profile pas à l’horizon. Mais, est-ce qu’il existe d’autres menaces ? En partie oui. Dans la région de Kabylie, par exemple, un chef autoproclamé cherche à diviser la nation. Bien que les responsables politiques feignent d’ignorer ce danger, le risque est tout de même réel. Il me semble que la participation aux joutes nationales –bien que, dans l’immédiat, il y ait peu de chance que l’urne soit porteuse de changement –est une réponse franche au mouvement séparatiste sur la volonté des habitants de la région de demeurer dans le giron national.  

Pour ces raisons, la participation des partis de la mouvance démocratique ne peut être assimilée à celles des partis soutenant sans vergogne le régime. Pour étayer cette thèse, l’examen des positions des députés du FFS tout au long de leur mandature confirme le fossé existant entre les partis d’opposition et ceux du régime. Il existe tout de même un petit bémol : pour paraître plus proches du peuple –comme l’est toujours le FFS –, les députés auraient pu ou dû renoncer à la prime de fin de mandature, car elle représente la récompense du régime à la soumission des partis de la chekara.

Cela étant dit, les partisans du boycott ont des arguments défendables. En effet, depuis l’échec des réformes démocratiques (1989-1992), le régime ne cesse d’étouffer la société. Mais, une fois qu’on a dit ça, est-ce que le militant a accompli sa mission ? Ce n’est, sans doute, pas suffisant. Et l’argument selon lequel il suffit de laisser le pouvoir seul pour le discréditer à l’extérieur ne tient pas la route. Ils oublient que pendant trois décennies, le régime ne tolérait même pas l’existence des partis. Ils oublient aussi que son maintien arrange des puissances occidentales.

Pour conclure, il va de soi que ni la participation ni le boycott ne peuvent concrétiser le changement tant attendu. Le seul adversaire du régime, c’est indubitablement la dégringolade des prix du pétrole. Et à moindre degré, l’implication des citoyens dans le processus démocratique. Et si à chaque fois, comme en 1991, les Algériens votent pour les candidats en dehors du système, le régime sera dans l’embarras : ou bien il dissout l’Assemblée ou bien il compose avec un parlement hostile. Pour cette dernière alternative, il faudra « le serment de la paume ».

Aït Benali Boubekeur  

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 22:25

Entre le débat stérile sur le cinquième mandat et les implications ravageuses de la loi de finances 2017, il faut être un grand optimiste pour croire au lendemain enchanteur de l’Algérie. En effet, au moment où l’on demande au peuple algérien de se serrer la ceinture –ce qui suppose une mobilisation et une implication générales des acteurs politiques responsables de la crise en vue de raccourcir au mieux la période de takachouf –, le nouveau responsable du FLN se préoccupe des questions superflues.

De toute évidence, bien qu’il n’y ait rien à attendre du FLN –ce parti a d’être cessé proche du peuple en 1962 lorsque les décideurs ont décidé de l’écarter de la gestion de ses propres affaires –, il n’en reste pas moins que, dans une période cruciale que traverse le pays, la candidature du chef de l’État en 2019 n’intéresse personne.

Et qui plus est, tout le monde sait aujourd’hui que la gestion hasardeuse des affaires, à laquelle on a assisté depuis près de 20 ans, ne nécessite ni une maitrise des sciences politiques ni des sciences économiques. Et pour cause ! Tout le sort du pays est suspendu au cours des hydrocarbures.

En tout état de cause, s’il existe encore des gens qui croient au génie de nos dirigeants, la politique d’austérité, contenue dans la loi de finances 2017, en apporte le démenti formel. Par ailleurs, ceux qui voulaient nous faire croire en 2014 que le candidat Bouteflika était « plus intelligent que tous les Algériens réunis », il est temps que leur tête d’affiche fasse appel à son génie pour sortir le pays de la gadoue.  

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le pays a tant besoin d’une orientation politico-économique à la hauteur de la crise. Quant à ceux qui prennent les choses à la légère, la lecture de la formidable analyse de la loi de finances 2019 par l’économiste Ferhat Aït Ali rend compte à quel point les petits ménages vont morfler. C’est-à-dire, les faibles revenus vont subir les choix irresponsables du gouvernement Sellal.

En effet, pour apporter aux caisses de l’État 250 milliards de dinars, le gouvernement Sellal demande les mêmes efforts aux riches qu’aux nécessiteux. Bien que la justice sociale soit optionnelle même lorsque les caisses étaient pleines, les grands efforts devraient être supportés par les plus aisés, d’autant plus que la nouvelle bourgeoisie n’était pas irréprochable sur la provenance de ses richesses.  

Pour conclure, il va de soi que les préoccupations de la majorité des Algériens sont ailleurs. L’échéance de 2019 est assez loin pour que le peuple algérien en fasse sa priorité. À deux ans et demi de l’échéance présidentielle, le chef de l’État et ses soutiens devraient plutôt se mettre au travail. Hélas, si avec près de 1000 milliards de dollars l’équipe dirigeante n’a pas mené le pays sur la voie de développement, on se demande comment elle pourrait relever le défi avec les caisses vides ? À moins qu’elle dispose d’une baguette magique. Ce qui relève de l’irréel dans la vraie vie.

Aït Benali Boubekeur

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 22:03

Dans le dernier message présidentiel, il y a des choses qui peuvent rassembler tous les Algériens. En effet, le passage à l’action des hommes de novembre 1954 vise incontestablement à libérer le peuple algérien de la domination sans partage du système colonial. « La nuit coloniale a été jalonnée de massacres proches du génocide. Elle a généré aussi une spoliation massive de nos terres au profit des colons étrangers, alors que des milliers d’Algériens subissaient la déportation », écrit le chef de l’État à la veille de la célébration du 1er novembre 1954.

Cela étant dit, si cette période révolutionnaire constitue le dénominateur commun, il n’en est pas de même de la période postindépendance. Car, si le régime colonial a certes dépossédé les Algériens de leurs meilleures terres, depuis le recouvrement de l’indépendance, le secteur agricole va de régression en régression. Or, la solidité d’un pays peut se mesurer à sa capacité à produire ce qu’il consomme.

Par ailleurs, bien que le pouvoir ait des chances inouïes, notamment dans les années 2000, de remettre le pays sur les bons rails –le pays a engrangé près de 1000 milliards de dollars –, la gestion hasardeuse des deniers publics a conduit, deux ans après la chute des prix du pétrole, à une grave crise. Le recours à la politique d’austérité en est la preuve. Mais, est-ce que celle-ci s’applique à tous les Algériens ? Ce n’est pas sûr.

En effet, le train de vie des dirigeants et leurs soutiens ne semble pas être bouleversé. La dernière mesure en faveur des députés –un cadeau injustifié de 260 millions pour la fin de mandature –est injuste à tous les points de vue. Simple chambre d’enregistrement, le parlement algérien n’a jamais joué et ne joue toujours pas son rôle constitutionnel.

Quant à la stabilité politique qu’évoque le chef de l’État, les désaccords peuvent être profonds. Car, la vraie stabilité politique ne se décrète pas. Elle devient palpable lorsqu’un pays gère des alternances sans heurts. En Algérie, on a plutôt affaire à un régime qui domine la société depuis 1962. En plus, malgré le respect du calendrier électoral, ceci n’est pas le gage d’une compétition saine.

Pour conclure, il va de soi que le véritable élan démocratique a été stoppé en 1992. En disant cela, ça ne veut pas dire que le parti vainqueur des élections législatives de décembre 1991 a été le meilleur défenseur de la démocratie. Et s’il avait pris le pouvoir, il aurait sans doute porté des coups d’estocade au processus démocratique.

Cela étant dit, il faut avoir l’honnêteté de dire que la différence entre les élections de décembre 1991 et celles d’avril 2017 réside dans la crédibilité du scrutin. Si les électeurs de 1991 croyaient réellement élire leurs représentants, il ne serait pas le cas de ceux d’avril 2017. L’enjeu, in fine, est de parvenir à rétablir cette confiance.

Aït Benali Boubekeur      

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