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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 10:05

« On n’est pas moins fautif en ne faisant pas ce qu’on doit faire qu’en faisant ce qu’on ne doit pas faire », Marc Aurèle, une citation reprise sur le mur facebook d’Omar Derguini.

Entre l’immobilisme et une participation active en vue de mobiliser les citoyens sur l’impérieuse nécessité de changer le système pacifiquement, le FFS opte naturellement pour la seconde alternative. Alors que la position la plus facile consisterait à boycotter les scrutins futurs, le parti fondé par feu Hocine Aït Ahmed s’engage dans un processus où il risque de laisser des plumes. Car, le régime et ses relais feront tout pour que le processus soit biaisé.

De toute évidence, en refusant la politique de l’autruche –malgré les dangers, en se cachant la tête, l’animal se croit en sécurité –, le FFS ne table pas non plus sur le renversement des tendances dans l’immédiat. Bien que le parti aille aux élections pour défendre crânement ses chances, il n’en reste pas moins que le but assigné à la participation est de rétablir le lien de confiance entre les citoyens et les institutions. Jusque-là, le régime les squatte illégalement.

À en croire le premier secrétaire national, Abdelmalek Bouchafa, la victoire du FFS se concrétiserait si le discours du parti parvenait jusqu’aux citoyens. C’est ce qu’on appelle une participation stratégique. Car, il faut le reconnaître, dans l’état actuel des choses, le peuple algérien devrait se réapproprier le processus électoral.

Contrairement à l’idée que se font les boycotteurs, les rendez-vous électoraux ne devraient plus être ceux du régime, mais ceux du peuple algérien. Bien que les séquelles du drame des années 1990 soient encore présentes, la situation du pays exige l’implication du citoyen en vue d’imposer son choix. À ce titre, en dépit des faiblesses du processus démocratique en Algérie, les élections restent tout de même le moyen le plus pacifique pouvant mettre le régime en minorité.  

Du coup, tout au long de cette campagne pour les législatives, le FFS défendra son projet de reconstruction du consensus national. Et si ce projet aboutit, la solution de sortie de crise ne pourra être que pacifique, et ce, dans la mesure où le dialogue sera au cœur du projet.

Pour conclure, il va de soi que la participation du FFS aux élections législatives est politique. Après le rejet de la conférence de consensus national par les appareils politiques, il ne reste au FFS que le choix de soumettre son projet au verdict du peuple.

Cela dit, même si les objectifs ne sont pas chiffrés, il faudra en tenir compte du résultat. Ainsi, si l’adhésion des citoyens se manifeste nettement, on pourra dire que l’idée du consensus national s’impose. En d’autres termes, elle devient une voie incontournable.

En revanche, si les résultats sont médiocres, le parti devra, de la même manière, tirer les enseignements. Dans ce cas, deux constats pourraient être faits : soit le parti n’a pas su convaincre, soit le peuple ne veut pas accorder sa confiance. Dans les deux cas, le prochain congrès devra en tenir compte.

Aït Benali Boubekeur      

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 08:55

Malgré les insuffisances, la primaire de la gauche tient toutes ses promesses. Bien que les divergences puissent donner l’impression que les deux candidats ne sont pas du même parti, la clarté du débat permettra aisément au peuple de gauche de choisir son candidat, le dimanche prochain.

En tout cas, tout porte à croire que Benoît Hamon sera désigné, dans deux jours, candidat de la gauche socialiste à l’élection présidentielle. Car, son programme correspondrait aux attentes des déçus d’un quinquennat contesté.

Alors que tous les médias présentaient, il y a quelques mois, cette primaire de superflue, en raison, selon eux, de l’incapacité du parti socialiste à avoir un candidat crédible, force est de reconnaître que le débat du 25 janvier dément ces allégations.

Cela dit, il existe tout de même un risque de fracture du parti socialiste. Et si une telle éventualité se produit, elle viendra du camp de Manuel Valls. Et pour cause ! Le programme de Benoît Hamon est tellement d’orientation de gauche que certains lieutenants de l’ancien premier ministre –voir l’après débat sur France2 –pourraient rejoindre Emmanuel Macron.

Par ailleurs, quelles que soient les positions des uns et des autres, la primaire de la gauche offre un cadre démocratique exemplaire. Car, cette dernière prive les appareils politiques de désigner le candidat à la place des militants. Désormais, seul le critère de l’adhésion au programme prévaut.

De toute évidence, la réussite de cette primaire –comme l’est aussi la primaire de la droite –doit interpeller, partout dans le monde, les formations qui se disent démocratiques. Hélas, en Algérie, ce modèle parait une chimère. Les élections –quel que soit le niveau –ne semblent pas être l’affaire des militants de façon particulière et des citoyens de façon générale.

Ainsi, à l'approche des élections législatives, on sait d’ores et déjà que les jeux sont faits. Les partis soutenant le régime feront de ces élections un événement où les affaires primeront sur le souci de transparence et de sélection des compétences.

Hormis le FFS qui fait de ces élections un moyen de sensibiliser les citoyens sur les dangers menaçant la stabilité du pays, à travers le maintien du statu quo, les autres partis vendront de faux rêves. En revanche, sur la désignation des candidats, il faudra encore plus de transparence si le plus probe des partis en Algérie veut se rapprocher du modèle démocratique occidental.

Pour conclure, il va de soi que la confrontation des candidats en vue de désigner le représentant du parti serait le modèle démocratique par excellence. En adoptant ce principe, les partis politiques français ont fait preuve d’une grande maturité. C’est au tour des autres pays de réfléchir à ce modèle.

Aït Benali Boubekeur

  

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 20:13

L’élimination de l’équipe nationale est logique compte tenu des performances en demi-teintes des verts. Sans être un expert sportif, à chaque match, on sent que nos joueurs sont surpassés par leurs adversaires. Je veux évidemment parler du collectif.

Dans ces conditions, est-ce que le supporter lambda doit attendre des miracles ? En football, bien que la chance existe, les équipes championnes sont celles qui maitrisent la compétition de bout en bout. Hélas, ce n’est pas le cas de notre équipe nationale.

Cela dit, est-ce que la faute incombe aux joueurs seuls, au staff technique ou aux dirigeants ? Bien que la responsabilité puisse être partagée, la grande part revient aux dirigeants. Car, à chaque fois que l’équipe nationale était sur la bonne dynamique, cet élan s’est arrêté. C’est le cas en 2014, après un parcours exceptionnel des verts en coupe du monde.

Or, l’inamovible président de la FAF ne se préoccupe apparemment que par son maintien à la tête de l’instance nationale de football. À l’image du régime algérien, la FAF adorerait la politique de replâtrage. Sinon comment expliquer la valse des entraineurs à l’automne 2016 ?

Comme ceux qui l’ont précédé, l’entraineur actuel va payer les frais d’une gestion hasardeuse du football algérien. Une sorte de fusible. Mais, le vrai problème est indubitablement ailleurs.

Pour toutes ces raisons, cette élimination n’est que la suite logique des erreurs commises bien avant le début de la CAN 2017. Hélas, la question à laquelle ne répondront jamais les dirigeants est la suivante : comment bâtir une équipe performante et stable sans qu’il y ait une gestion transparente du football algérien ?

Enfin, il va de soi qu’à chaque fois que l’équipe nationale a fait un bon parcours, il y avait une relative stabilité à la tête de la barre technique. C’est le cas du début des années 80, du début des années 90 et des périodes précédant les coupes du monde 2010 et 2014.

Bien évidemment, ce n’est pas la politique du football qui a changé. C’est juste qu’à chaque fois qu’il y avait une petite volonté, les résultats ont suivi. Du coup, la clé est de libérer le football pour en faire un domaine où la politique sportive échappe aux calculs politiciens.

On peut aussi dire la même chose des autres domaines. Comme quoi, il n’y a pas que le sport qui doit échapper à l’emprise des mauvais gestionnaires.    

Aït Benali Boubekeur

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 19:51

Sa dernière longue contribution au colloque d’Agadir est un tissu de contre-vérités. Bien qu’il n’ait pas vécu toutes les périodes qu’il a décrites, force est de reconnaître que même lorsqu’il est acteur, il falsifie l’histoire de sorte à ce qu’elles soient conformes aux orientations de son mouvement, le MAK. Le but est évidemment de galvaniser ses partisans, et ce, au détriment du langage de vérité.

En fait, en ne s’appuyant sur aucune base historique, le séparatiste fait d’emblée remonter l’affirmation de la « nation kabyle » à 1857. Et pourtant, à l’époque, la résistance des montagnards –je le dis au sens noble du terme –ne pouvait pas être imputée à la défense d’une nation kabyle, comme tente de nous le faire croire Ferhat Mehenni. En effet, ce concept venait à peine d’être mis en place en Europe où les nations furent au stade de balbutiement.   

En revanche, comme l’affirment la totalité ou peu s’en faut des historiens, les habitants du Djurdjura ont défendu leur territoire et d'autres l’avaient fait dès 1830 en combattant l’occupant dans les régions limitrophes.

De la même façon, et sans prendre soin de consulter les archives historiques, Ferhat Mehenni commet une erreur  en considérant la crise de 1949 comme une affirmation du courant kabyle au sein du principal parti nationaliste, le PPA-MTLD. Qu’il en déplaise à Ferhat et à ses partisans, ces militants étaient attachés à l’Algérie, pour laquelle ils étaient prêts à donner leur vie.   

Confondant sciemment l’ENA et le PPA-MTLD, Ferhat Mehenni manipule les chiffres afin de tromper les lecteurs. En effet, si celle-là avait une base principalement kabyle –née en émigration, l’ENA ne pouvait se développer que grâce à la présence des émigrés kabyles –, il n’en est pas de même du PPA-MTLD, où toutes les archives indiquent que l’Est algérien constituait le véritable noyau dur. Cela dit, terre de tolérance, la Kabylie accueillait, en plus du PPA-MTLD, tous les courants politiques, qu’ils soient réformateurs ou religieux.  

En tout état de cause, cette crise –et c’est le moins que l’on puisse dire – n’a pas emporté que des militants du district du Djurdjura. Les manœuvres machiavéliques de Messali Hadj consistaient à éliminer les activistes du parti, en s’appuyant sur les modérés du parti, connus plus tard sous le nom de « centralistes ». Sinon, comment expliquer l’élimination de Mohammed Lamine Debaghine et d’autres radicaux du groupe de Belcourt ? Cette machination ne visait pas la région, mais le courant activiste du PPA-MTLD.

Quant au rôle de la région, il faut rappeler que cette crise n’a touché que l’émigration. En Kabylie, hormis un petit noyau situé à Larbaa nath irathen et à Ain El Hammam, les sections sont restées solidaires de la direction. Le soutien dont bénéficient Rachid Ali Yahia et ses amis n’était pas un soutien politique, mais une solidarité villageoise.

Par ailleurs, sur la période postindépendance, la cible de Ferhat Mehenni est toute désignée. À la limite, qui dit Ferhat dit critique du FFS. En effet,  ne dérogeant pas à ses habitudes, Ferhat Mehenni s’attaque sans vergogne au FFS. Bien que les séquelles subies par le parti et son chef charismatique soient encore visibles, le séparatiste haineux verse son venin sans modération sur le parti qui a payé le plus lourd tribut pour que l’Algérie se démocratise.

Toutefois, confondant à tort le régime –auquel il faut certes s’opposer jusqu’à ce qu’il émane de la volonté populaire –avec les deux constantes nationales, en l’occurrence l’arabe et l’islam, l’extrémiste oublie que la région est attachée à l’une comme à l’autre. Alors que ces valeurs sont étrangères à la région, le séparatiste se proclame malheureusement chef de la région en constituant son discours sur les éléments que la région a toujours rejeté.

Cependant, pour revenir à la période où Ferhat Mehenni est connu sur la scène politique locale, son récit est à l’image de sa carrière : convaincre en trompant ses fidèles et en écœurant ses adversaires. Arrangeant la trame des événements à sa convenance, Ferhat Mehenni croit encore de nos jours que le RCD est la suite du MCB. Or, tout le monde sait que la division du MCB est actée au moins en 1987.

Dans le fond, il est un secret de polichinelle que ce parti est né d’une rencontre entre Larbi Belkheir et ses fondateurs. En effet, en pleine tempête d’octobre 1988, les proches de Saïd Sadi appellent les jeunes kabyles à ne pas investir la rue. Peine perdue, puisque la jeunesse kabyle se solidarise avec leurs compatriotes.

Dans la foulée, « le 9 novembre 1988, quatre militants –Saïd Sadi, Ferhat, Mokrane Ait Larbi et Mustapha Bacha –tiennent une conférence de presse dans l’enceinte de l’université de Tizi Ouzou. Ils convoquent les assises du Mouvement culturel berbère », écrit l’anthropologue Alain Mahé, dans « Histoire de la Grande Kabylie ».

Mais, ce que Ferhat Mehenni ne dit pas, c’est que l’affaire ne s’arrête pas là. Un groupe de militants du MCB va mobiliser toute la Kabylie pour que leur mouvement ne soit pas enterré. En quelques jours, les initiateurs de la pétition « un million de signatures » parviennent à les rassembler. Ainsi, bien que la tentative d’usurpation du sigle MCB ne s’estompe pas, le MCB est sauvé.

Alors que les amis de Ferhat Mehenni croient encore à la transformation du mouvement culturel en parti politique, les opposants aux assises du 9 et 10 février 1989 organisent, du 16 au 24 juillet 1989, à la maison de la culture Mouloud Mammeri, un séminaire de la clarification. Au cours de ces travaux, trois commissions sont mises en place. Bénéficiant de l’appui du FFS, les commissions nationales –après avoir rencontré le chef historique Hocine Ait Ahmed –appellent à une grande marche, le 25 janvier 1990, à Alger.

Contrairement aux allégations de Ferhat Mehenni, le FFS n’a jamais fait marche arrière quand il fallait défendre Tamazight.  D’ailleurs, pour faire une simple comparaison entre le FFS et le RCD, au moment de sa création, sur cette question, voilà ce qu’écrit Alain Mahé : « De fait, le parti d’Ait Ahmed réclamait le statut de langue nationale et officielle pour la langue berbère. Rappelons que, dans le programme issu du premier congrès du RCD en 1990, le parti de Saïd Sadi revendiquait seulement le statut de langue nationale pour la langue berbère. »

Par ailleurs, s’agissant du boycottage scolaire, Ferhat Mehenni manipule, comme tous les sujets qu’il développe, les événements à sa guise. Bien qu’il présente cette action comme l’ultime combat du MCB –la règle est simple pour lui : là où il ne participe pas, l’histoire ne mérite même pas d’être racontée –, dans la réalité, cette action n’est autre qu’une manœuvre du RCD.

En effet, prenant tout le monde de court, Ferhat Mehenni apparait à la télévision nationale, fin août 1994, pour appeler à la grève du cartable. Créée en janvier 1994, la coordination nationale du MCB, présidée par Ferhat Mehenni, replonge le MCB et la région dans l’ère des intrigues.

Mais, là où le bât blesse, c’est que l’auteur de l’appel ne joue que la tête des enfants des autres. Car, entre temps, les siens sont ramenés, quelques mois plus tôt, en France pour qu’ils suivent leur scolarité. Tenant ce changement de résidence en secret, le détournement de l’avion Alger-Paris révélera à tout le monde le vrai visage du politicard.   

En fait, alors que la Kabylie patauge dans ce conflit, Ferhat Mehenni déserte le terrain politique en voulant être parmi les siens pour les fêtes de Noel. Au lieu de tirer les leçons qui s’imposent, Ferhat Mehenni utilise cet événement pour tacler le FFS (voir son témoignage sur cette affaire). Ainsi, bien que les victimes de son plan machiavélique considèrent son œuvre comme l’une des plus grandes trahisons de l’histoire, Ferhat Mehenni continue de vanter sa connerie.

Toutefois, s’il y a un épisode sur lequel Ferhat Mehenni ne s’étale pas, c’est indubitablement son exclusion du RCD et son éviction comme président de la coordination nationale du MCB. En fait, en découvrant son changement de résidence, où ses enfants ne sont pas soumis au même traitement que les enfants kabyles, le chef du RCD l’aurait probablement puni en conséquence.  

Or, bien qu’il ne représente que soi-même à partir de janvier 1995, Ferhat Mehenni rentre en pourparler avec le chef du gouvernement de l’époque, Mokdad Sifi, en vue de mettre un terme au boycottage scolaire.  Dans sa longue contribution, il ne souffle aucun mot sur cet épisode. Il préfère parler du haut commissariat à l’amazighité, le HCA, issu des négociations du mois d’avril 1995 entre le RCD et le gouvernement.

Ferhat Mehenni croit, sans doute, que les gens ont oublié le haut conseil à l’amazighité que lui-même a négocié avec le pouvoir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à des détails très minimes, les deux accords se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Quant à la période allant de 2001 à nos jours, Ferhat Mehenni passe de la haine des deux constantes nationales déjà citées à la haine des partis politiques les mieux implantés dans la région. Cela dit, bien qu’il n’épargne pas son ex-parti, en l’occurrence le RCD, le parti sur lequel il se déchaine –d’ailleurs, il suffit de jeter un coup d’œil sur les sites du MAK pour mesurer leur haine envers le FFS –sur le parti fondé par le charismatique chef historique, Hocine Ait Ahmed.

Pour lui, après la disparition des arrouch, une organisation à laquelle il voue un respect énorme pour avoir voulu tuer les partis politiques en Kabylie, c’est son mouvement qui doit prendre la place. Du coup, il attaque le FFS et le RCD, car ils refusent de signer leur acte de décès. Cela étant dit, entre le RCD et le FFS, il existe des divergences de fond. Et tant mieux si les gens apprécient différemment les options politiques. Cela aidera surement la démocratie à grandir.

Hélas, comme à l’ère du parti unique, Ferhat Mehenni et ses partisans souhaitent enterrer les partis. En un mot, bien qu’il s’en prenne davantage au FFS qu’au RCD, il n’en reste pas moins que son but est d’instaurer un régime sans partis en Kabylie. En se cachant derrière les slogans, tels que « démocratie », « liberté », dans le fond, si le vœu de son mouvement est exaucé, il les supprimera aussitôt pour ses adversaires politiques.

D’ailleurs, étant un simple blogueur, dont les visites mensuelles de mon blog ne dépassent pas les deux cents, un activiste du MAK m’a fait le choix suivant : après leur victoire, il me laisse le choix entre quitter ma région natale ou demander à vivre comme immigré dans la terre de mes parents.

Pour conclure, il va de soi que le projet de Ferhat Mehenni est dangereux pour l’Algérie de façon générale et la Kabylie de façon particulière. Pour ceux qui ont le moindre doute sur les intentions du MAK, ils n’ont qu’à visiter leurs sites et lire les commentaires de partisans de Ferhat Mehenni. Plus que le pouvoir, le parti qui est pris souvent pour cible est immanquablement le FFS. Son tort : à chaque intervention de ses responsables, dont la dernière en date est celle d’Abdelmalek Bouchafa, le parti affirme son attachement à l’unité nationale.

Aït Benali Boubekeur

  

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 20:30

Si on interroge les Algériens sur l’impérieuse nécessité du renouvellement de la classe dirigeante, la réponse ne souffrira d’aucune ambigüité. En effet, après 54 ans de gestion hasardeuse, il est temps que le pays connaisse enfin sa première alternance.

Bien que le régime ne veuille rien lâcher, il faudrait que les Algériens sachent que chaque échéance électorale est une aubaine en vue de reprendre les rênes du pouvoir. Et pour cause ! Seul un processus électoral peut permettre une alternance sans qu’il y ait la moindre violence.

Cela dit, si les esprits restent figés aux expériences avortées, il y a de quoi se décourager. La douloureuse expérience des années 1990 est encore vivace. Ce qui justifie, pendant de nombreuses années, le boycottage des élections.

En dépit de la participation des faux démocrates aux échéances nationales visant à légitimer la dictature –aujourd’hui, ils sont, paraît-il radicaux –, le vieux routier de la politique, Hocine Aït Ahmed, n’a pas cédé au chantage.

Et puis, il y a eu un événement qui a chamboulé tout. En 2011, on a assisté à la chute des dictatures nord-africaines. Hélas, bien qu’il y ait des changements, force est de reconnaître que certaines violences ont détruit à la fois les régimes, mais aussi les pays. Ainsi, trois pays sur quatre ont régressé sur tous les plans.

Du coup, dès la fin de l’année 2011, le FFS, par la voix de son chef charismatique, s’engage dans une action politique visant à mettre du mouvement dans le statu quo. Dès lors, le combat assumé du FFS consiste à préserver l’État et non le régime, comme tentent de le faire croire la presse algérienne et une certaine classe politique. D’ailleurs, dans son message de mars 2011, Hocine Ait Ahmed a déclaré que si des événements pareils se produisaient en Algérie, le régime réagirait à la manière de Khadafi.

Dans ces conditions, que reste-t-il comme option pour parvenir au changement ? Fidèle à son combat en faveur de l’instauration de la démocratie en Algérie, le FFS assume pleinement sa participation aux élections de 2017 comme il l’a si bien fait en 2012.

Bien évidemment, les chemins entre le FFS et le régime vont continuer à diverger, pour reprendre l’expression de Hocine Aït Ahmed, dans son message du 2 mars 2012. Et ce, jusqu’à ce que le régime accepte le verdict du peuple algérien.

Par ailleurs, est-ce que les Algériens doivent attendre que le régime leur fasse une telle annonce ? La réponse est évidemment non. Il faudrait que les Algériens assument leur part de responsabilité. D’ailleurs, comment le régime pourrait-il se soumettre au mandat du peuple si celui-ci ne faisait rien pour récupérer son droit de mandater les élus?

Pour conclure, il va de soi que la balle est désormais dans le camp du peuple algérien. S’il estime que le régime a échoué dans la gestion des affaires du pays, il faudra qu’il le sanctionne dans les urnes. Les autres méthodes ont toutes échoué et ont causé davantage de malheur qu’autre chose. A ce titre, les élections de 2017 sont en plus une bonne opportunité. Dans le cas contraire, il faudrait accepter le fait accompli. Et surtout, ne pas s’étonner que les prochaines lois de finances soient aussi antisociales et antinationales que celle de 2017.   

Aït Benali Boubekeur

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 10:04

D’habitude, je ne réagis pas aux commentaires. Pour moi, chacun a toute la liberté de me contredire. Après tout, chacun a sa propre opinion. Or, en parcourant le site de Salah Eddine Sidhoun (LQA), je découvre un commentaire où l’auteur s’étonne que mon texte, intitulé « hommage à Hocine Aït Ahmed », ne soit pas assez commenté.

Hélas, en pensant bien faire –il se peut aussi qu’il soit un partisan de Karim Tabou –, il suggère le texte intégral de l’interview de Karim Tabou. Encore une fois, bien que je ne sois pas habilité à juger les gens, je ne crois pas que Karim Tabou –depuis son exclusion du parti –soit le mieux placé pour parler de Hocine Aït Ahmed ou du FFS.

Car, l’objectivité disparaît totalement quand l’opinion est guidée par l’esprit de vengeance. Hélas, quand il s’agit de parler du FFS, la presse fait appel aux anciens responsables du parti. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur animosité envers le FFS est pire que celle des cercles les plus conservateurs du régime.

Par ailleurs, il faut rappeler que son passage à la tête du secrétariat national est sans conteste la pire période du FFS. Durant sa gestion hasardeuse du parti, les radiations des militants ont atteint leur apogée. Dans la foulée, il s’est assigné pour mission de casser les sections locales. Sur le plan politique, son obsession était de critiquer –matin, midi et soir –les autres partis. À tel point que les militants se posaient naturellement cette question : est-ce que le parti est réduit à critiquer les autres au lieu de défendre son riche programme ?

D’ailleurs, son remplacement en 2011 est perçu par de nombreux militants et sympathisants comme un nouveau départ. Et pour cause ! Les nouvelles orientations du parti nécessitent un apaisement et une grande capacité de dialogue. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Karim Tabou ne pouvait pas assumer une telle mission. D’où la désignation d’Ali Laskri.

Se voyant plus grand malgré ses défauts rédhibitoires, son départ du FFS devient du coup une option incontournable, voire salvatrice, pour l’avenir du parti. Depuis cette séparation, Karim Tabou ne lésine pas sur la critique envers son ancienne formation politique. Bien qu’il fasse semblant de croire au combat de Hocine Aït Ahmed, dans la réalité, il ne croit qu’à ce qu’il juge bon pour lui.

Car, si on croit au combat de Hocine Aït Ahmed, on ne passe pas son temps à critiquer les autres, mais à défendre son projet de société. Pire encore, malgré son départ du parti, il a gardé son mandat de député. « Igul af aksum imcah elmarqas », dit le proverbe kabyle. Voila, grosso modo la raison pour laquelle ce commentaire me parait contraire à l’esprit de l’hommage au charismatique chef historique, Hocine Aït Ahmed.

Aït Benali Boubekeur

  

 

  

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 09:55

Désormais, à chaque occasion historique -20 avril, yennayer –, Ferhat Mehenni en fait une date fondatrice de son mouvement séparatiste. Et tous les partis, selon ses sites internet, qui n’adhèrent pas à son aventure sont des supplétifs du pouvoir. Et pourtant, si un parti veut jauger sa représentativité, il ne devra pas exploiter des dates qui rassemblent tous les habitants de la région. Plus que le 20 avril, yennayer est sans doute plus grand que les desseins malsains du roi sans trône.

D’ailleurs, même les citoyens qui fêtent yennayer ou célèbrent le 20 avril –une date référence de l’histoire de l’Algérie postindépendance –, cela n’équivaut en rien à un soutien au mouvement de Ferhat Mehenni. Du coup, en quoi ces démonstrations –quelques centaines sur plusieurs millions le 12 janvier 2017 –peuvent-elles légitimer une orientation politique ? Bien évidemment, rien ne justifie une telle exploitation.

Cela dit, pour ceux qui connaissent le parcours de Ferhat Mehenni, ce dernier n’opte pour une stratégie que pour tromper ou usurper un événement. En novembre 1988, où il annonce la mort du MCB et sa transformation en parti politique, en aout 1994, où il fait perdre aux enfants de la région une année de leur scolarité, en février 1995, où il négocie tout seul la fin du boycottage scolaire avec le gouvernement, à partir de 2001, où il se prend pour le roi de la Kabylie, chaque événement est un coup bas envers une région qui n’attend rien de lui. Et surtout, pas sur le plan politique.

Cependant, dans son message, à l’occasion de yennayer, Ferhat Mehenni affirme, sans la moindre gêne, que la Kabylie va rejeter les élections « algériennes » du 27 avril 2017. Quel mépris pour les habitants de la région? Et qui plus est, deux formations politiques traditionnelles de la région et des partis satellitaires du pouvoir –dans certaines régions, ces partis arrivent parfois en tête lors des rendez-vous électoraux – vont prendre part à ces échéances capitales de 2017.

Néanmoins, bien que les arguments du boycott soient recevables, force est de reconnaître que ces derniers ne partagent pas les revendications de Ferhat Mehenni. Car, pour partager ses idéaux, il faut détester trois choses en même temps : l’islam, la langue arabe et l’Algérie. Pire encore, le belliqueux ne cesse pas d’évoquer l’état de guerre pour inciter ses partisans à passer à l’action. Est-ce cela le courage d’un chef politique ? Bien que les assassins de son fils soient des criminels sans scrupules, faudrait-il pour autant sacrifier des vies innocentes pour châtier les coupables ?

Pour conclure, il va de soi que la Kabylie ne mérite pas le sort que lui réserve Ferhat Mehenni. En effet, elle n’a pas besoin d’aventure ni de tutelle. Cela étant dit, après un séjour de prés d’un mois en Kabylie, le mouvement séparatiste qui fait tant peur sur internet n’est que l’ombre de lui même. Hélas, cette remarque vaut aussi pour toutes les formations politiques. Est-ce que la Kabylie tourne le dos à tout ce qui est politique ? Tout porte à le croire. Dans ce cas, toute proclamation visant à se réclamer de la majorité silencieuse n’est au mieux qu’une mauvaise fois et au pire une malhonnêteté politique.    

Aït Benali Boubekeur

 

  

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 18:12

Il y a quelques jours, Djamel Zenati accorde une interview au journal liberté. Cette sortie est quelque peu attendue. Et pour cause ! À chaque crise interne du FFS, la presse –hostile par essence au FFS –se rapproche des anciens cadres du parti. Dans cette vente concomitante, chacun y trouve son compte.

Bien que le titre parle du pays en général, dès la première question, le FFS en prend pleine la tranche, pour utiliser une expression familière. « Toutefois, l’état actuel du FFS est inquiétant », dit-il d’emblée. Cela doit rassurer le journaliste-militant, Karim Kébir, pour qui la déstabilisation du FFS est une des priorités.

En tout état de cause, le journal liberté réalise, en cette fin de l’année 2016, sa meilleure affaire. En effet, Djamel Zenati gratte là où la démangeaison est la plus accentuée. « L’idéal de Hocine Aït Ahmed est aujourd’hui orphelin d’un support politique solide et crédible de nature à aider le pays et la société dans les épreuves difficiles », affirme-t-il.

Par ailleurs, en dépit de sa critique de la politique du chef de  l’État, il estime que si l’esprit de la constitution de février 2016 est respecté, cela pourra « permettre la construction d’un ordre politique démocratique ».

Alors que le FFS critique sévèrement cette constitution, car elle est façonnée de sorte à préserver la pérennité du système, Djamel Zenati soutient donc l’inverse. « Il suffit de les [réformes] traduire dans les faits. Un défi relativement facile à relever eu égard aux énormes avantages compétitifs dont dispose le pays », se confie-t-il

Et si jamais une telle déclaration –même isolée –est prononcée par un responsable du FFS, tout le monde se précipitera à annoncer le ralliement du FFS au régime. Et toutes les unes de la presse nationale relayeront l’information.

Heureusement, les militants et les sympathisants du FFS ne se fient pas à ce que dit la presse et encore moins les anciens du FFS. Ainsi, pour avoir assisté au meeting de la salle Atlas, on ne peut pas avoir le sentiment que le FFS s’apprête à ce jeu de ralliement. Le discours d’Abdelmalek Bouchafa, applaudi par l’assistance, est d’un réalisme incontestable.

Pour lui, le régime est le seul responsable de la crise actuelle. Cela dit, pour sa résolution, le premier secrétaire national du FFS estime que le pouvoir n’est qu’un acteur parmi tant d’autres. Du coup, on comprend aisément les divergences entre l’ancien député du FFS et la direction actuelle.

Est-ce qu’on peut, pour autant, nier les minis crises ou vanter un fonctionnement exemplaire du parti ? Si des crises internes sont portées à la connaissance des médias, c’est que les acteurs sont incapables d’aplanir les différends. Dans ce domaine, beaucoup de choses restent à faire.

Pour conclure, il va de soi que le FFS compte de nombreux adversaires. Entre un régime hermétique à tout dialogue et une presse prisonnière des ses positions sur de la décennie noire, le FFS fait face aussi à l’acharnement de ses anciens cadres. Dans ces conditions, c’est vraiment un miracle, pour paraphraser feu Hocine Aït Ahmed, que le FFS existe encore.

Aït Benali Boubekeur  

  

    

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 14:48

Entre l’émigration d’aujourd’hui et celle d’hier, il existe une différence fondamentale voire une  mutation profonde. Mis à part le fait de quitter sa terre natale pour rejoindre la métropole –pour ne parler que de la France –, les conditions ont changé radicalement.

Si au début du XXème siècle on arrachait les indigènes de leurs villages pour satisfaire les demandes de main-d’œuvre en métropole, de nos jours, l’accès devient très restreint. Il faut admettre aussi que chaque époque a ses exigences.

En tout cas, depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, en mai 2007, l’immigration est pointée du doigt. Bien évidemment, le reproche ne vise que la communauté maghrébine en particulier et africaine en général.

Bien que des études contredisent cette approche, la droite française donne un véritable coup de pied à la fourmilière. Mais en créant le ministère de l’Immigration et de l’identité nationale, Nicolas Sarkozy divise aussi la classe politique française.

En réponse à cette politique discriminatoire, des intellectuels de gauche répondent par des études démontant les arguments du président Sarkozy. « Si l’identité ne devait pas changer, la France ne serait pas devenue chrétienne, dans le premier temps, et laïque, dans le second temps », argue l’historien des idées Tzvetan Torodov.

Malgré l’arrivée de la gauche au pouvoir, en mai 2012, l’étau demeure toujours resserré. À l’exception des visas d’études et les visas courts-séjour, les autres types de visa sont distribués au compte goutte.

Du coup, en un siècle, la politique d’immigration passe d’un extrême à un autre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’émigration algérienne a vécu toutes ces mutations. Celle-ci a débuté en 1906 où cette main-d'œuvre a été utilisée pour remplacer les ouvriers italiens grévistes dans les raffineries et les huileries de Marseille.

Peu de temps après, les autorités coloniales sont contraintes de recourir à la main-d'œuvre indigène lors de la Grande Guerre. Ainsi, 150000 Maghrébins, dont 78500 Algériens, sont mobilisés pour assurer le fonctionnement des usines métropolitaines.

Cette tendance va à la hausse pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Dans le creuset français de Girard Noiriel, l’historien dresse un bilan de cette vague d’immigration en écrivant : « Les immigrés ont construit 90% des autoroutes françaises, une machine sur sept et un logement sur deux. »

Cela dit, malgré les rudes épreuves, l’émigration a été une chance pour l’Algérie. En effet, les émigrés ne se sont pas contentés de faire tourner les usines. Peu à peu, ils ont appris à lutter et à s’organiser. Le 7 décembre 1924, les ouvriers algériens tiennent leur premier congrès.

Ainsi, au moment où en Algérie les organisations réformistes, dont les Jeunes Algériens, réclament leur assimilation, les émigrés donnent naissance à la première organisation indépendantiste, l’ENA (étoile nord-africaine). Son attachement à la libération des peuples nord-africains lui vaut alors l’hostilité du PCF (parti communiste français) et conduit à son interdiction en 1929.

Deux ans plus tard, trois chefs charismatiques, Messali Hadj, Imache Amar et Belkacem Radjef, ressuscitent l’organisation en lui donnant le nom de glorieuse étoile nord-africaine.

En 1936, au moment où les Ulémas, le PCA (parti communiste algérien) et les Elus algériens se rassemblent au sein du congrès musulman pour soutenir le projet assimilationniste, le mouvement indépendantiste, né en France, s’y oppose de toutes ses forces. Dans un meeting à Alger, en aout 1936, Messali Hadj fait un discours mémorable en refusant que la terre algérienne soit vendue. 

C’est aussi en métropole que le parti du peuple algérien (PPA) voit le jour, le 11 mars 1937. Contrairement à l’ENA, le PPA s’installe en Algérie à partir de juin 1937. C’est enfin ce parti qui se transforme en organisation légale, le MTLD (mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques), en novembre 1946.

Pour garder une partie de ses activités clandestines, le parti maintient son ancienne appellation PPA et crée une organisation paramilitaire (OS). D’ailleurs, c’est cette organisation spéciale qui se transforme –il faut dire aussi qu’une partie de l’encadrement de l’OS est restée fidèle à Messali –en armée de libération nationale (ALN).

Pendant toute la guerre, les émigrés jouent un rôle capital. Sur le plan financier, les cotisations des émigrés représentent près de 80% du budget du GPRA. Hélas, après l’indépendance, l’émigration est marginalisée. Les articles 51et 71 de la constitution révisée en 2016 sont la preuve de  cette mise à l’écart. 

Aït Benali Boubekeur

 

 

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:32
La commémoration du premier anniversaire de la disparition de l’emblématique chef historique, Hocine Ait Ahmed, survenue le 23 décembre 2015, revêt un caractère particulier. Que ce soit à Ath Ahmed ou à la salle Atlas, l’émotion se lit sur tous les visages. Pendant deux jours, les fidèles au combat du père fondateur de la nation ont honoré la mémoire de l’un des hommes politiques les plus probes que l’Algérie ait enfantés.
Cependant, bien que l’affluence, notamment à Ath Ahmed, soit mitigée, il n’en reste pas moins que la cérémonie s’est déroulée dans une communion exceptionnelle. Et s’il y avait eu le déplacement en masse des Algériens, l’hommage aurait correspondu davantage à la stature de l’homme. En revanche, en termes de mobilisation, l’hommage qui s’est déroulé à la salle Atlas a enregistré une présence massive.
Par ailleurs, après l’interprétation de l’hymne national par des jeunes scouts –il faut rappeler que Hocine Ait Ahmed a été un scout dans sa jeunesse –, les différents témoignages ont retracé les moments les plus marquants de la carrière de feu Hocine Ait Ahmed. De son premier pas en politique où il a assisté au débarquement des alliés à Alger en novembre 1942 à son retrait de la vie politique en mai 2013, chaque souvenir constitue un moment décisif de notre histoire.
Ainsi, dans les années quarante, malgré le charisme de Messali Hadj, Hocine Ait Ahmed et Mohammed Belouizdad parviennent à avaliser le projet de la création de l’OS (organisation spéciale), en février 1947, lors du premier congrès du parti indépendantiste, le PPA-MTLD, et ce, contre une grande tendance du parti. Sept mois plus, il succédera à Mohammed Belouizdad, atteint de la tuberculose, à la tête de l’OS.
Au moment où certains dirigeants se battent pour l’hégémonie de leur groupe au sein du parti –le groupe de la Casbah contre le groupe de Belcourt –, Hocine Ait Ahmed prépare un plan minutieux, exposé au comité central élargi de Zeddine, en décembre 1948. Ce programme expose en détails les orientations et les moyens de lutte.
En vue de financer l’activité clandestine de l’OS, il prépare, quatre mois plus tard, le hold-up de la poste d’Oran. Malheureusement, au moment où le parti est quasiment fin prêt, la direction exploite une maladresse d’un groupe de militants de la fédération de France du PPA-MTLD pour renvoyer le projet révolutionnaire aux calendes grecques.
Lors de la crise du parti indépendantiste en 1953 –en décembre 1953, Messali en appelle directement à la base pour qu’elle le débarrasse des réformistes –, Hocine Ait Ahmed opte pour la neutralité. Avec huit autres révolutionnaires, ils déclenchent l’action armée contre la puissance coloniale en novembre 1954. Bien qu’une grande partie des dirigeants croie à la seule victoire militaire, Hocine Ait Ahmed accorde une place importante à l’action politique et diplomatique. Et ce n’est pas par hasard que des cinq chefs historiques emprisonnés à la Santé –Ait Ahmed, Ben Bella, Bitat, Boudiaf, Khider –, il est le seul à soutenir, sans fard ni acrimonie, les résolutions de la Soummam.
Pour dépasser la crise entre les opposants et les partisans du congrès de la Soummam, Hocine Ait Ahmed suggère en avril 1957 la formation d’un gouvernement provisoire. Hélas, les divisions sont déjà irréversibles. Résultat des courses : en 1962, la crise plonge le pays dans une dictature monstrueuse. Alors que les membres des deux groupes, Tlemcen et Tizi Ouzou, se battent pour gagner la bataille, Hocine Ait Ahmed sort de la mêlée et demande l’arbitrage du peuple.
Cependant, bien que les vainqueurs de la crise de l’été 1962 aient mis tout le monde devant le fait accompli, Hocine Ait Ahmed accepte d’intégrer l’institution législative. Encore une fois, la déception ne tarde pas à se manifester. Et pour cause ! Le duo Ben Bella-Boumediene ne donne aucune chance au développement des institutions. Ainsi, malgré le mandat accordé aux députés en vue de doter le pays d’une constitution, le pouvoir exécutif propose un autre texte, rédigé, faut-il le rappeler, dans une salle de cinéma. Ce coup de force contre le pouvoir législatif provoque une rupture entre le pouvoir et l’opposition. C’est dans ce contexte et en réponse au coup de force constitutionnel que le Front des forces socialistes est créé.
Il s’en suit alors une période de clandestinité et de violence tous azimuts à l’encontre du FFS. Sans la vigilance et la pertinence du projet du FFS, le parti n’aurait pas survécu à tant de coups d’estocade. D’ailleurs, en 2012, Hocine Ait Ahmed ne dit-il pas que le maintien du FFS est en soi un miracle. Mais, en dépit des tentatives de déstabilisation, la ligne politique du FFS a visé et vise un seul objectif : la démocratisation des institutions en faisant du peuple algérien le centre du pouvoir.
Sans citer les initiatives une par une, dans leur esprit, elles reprennent toutes l’idée d’un consensus national. C’est le sens de l’intervention du 1er secrétaire national, Abdelmalek Bouchafa, en annonçant que le FFS participera aux élections législatives et locales en vue de créer une dynamique nationale autour du projet du consensus national. Un consensus qui ne peut se concrétiser qu’en bénéficiant de la confiance du peuple, car les appareils, comme en témoigne le départ précipité de Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, de la salle Atlas, œuvrent pour le maintien du statut quo.
Désormais, la balle est dans le camp du peuple algérien et aussi dans la capacité des dirigeants du FFS de le convaincre. Pour ce faire, il faudrait qu’ils se hissent au niveau de l’enjeu crucial : rassembler les Algériens autour de son projet progressiste. Cela suppose une pratique politique weberienne.
Aït Benali Boubekeur
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