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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:33
Retour sur l’avènement du multipartisme en Algérie

Le refus du haut commandement militaire de se soumettre à la volonté populaire soumet le pays à un règne autoritaire. Se cachant derrière le parti historique –le FLN a été, à vrai dire, dévié de sa trajectoire avant l’indépendance du pays, car un parti libérateur ne peut pas être un instrument de l’oppression –, sa domination dure alors près de trois décennies.

Cependant, bien que le régime paraisse solide sur ses appuis, tant les citoyens sont uniment tenus en laisse, il n’en reste pas moins que les querelles internes, entre les réformateurs et les conservateurs, rendent fragile la cohabitation entre les clans.

À l’approche de l’échéance présidentielle de décembre 1988, des voix au sommet du sérail contestent la reconduction « du roi fainéant », Chadli Bendjedid, à la tête de l’État. Profitant d’un climat explosif, les instigateurs des troubles exploitent la détresse de la jeunesse pour déstabiliser le groupe rival soutenant le troisième mandat présidentiel.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en dépit de la puissance des conservateurs, les réformateurs gagnent la bataille politique. Bénéficiant de l’appui du chef de l’État, ces derniers préparent, à l’insu du clan rival, des grandes réformes.

Cela dit, bien qu’ils prennent de vitesse leurs adversaires en organisant, dans la foulée des événements d’octobre 1988, un référendum sur la révision constitutionnelle, les caciques du FLN ne comptent pas lâcher la pression.

Selon Myriam Aït Aoudia, dans « l’expérience démocratique en Algérie (1988-1992) », un livre paru en avril 2016, « les responsables du FLN adressent deux types de critiques à la réforme. Tout d’abord, ils s’inquiètent du contenu des modifications constitutionnelles : ils interprètent ces transformations (la disparition des références au socialisme, à la charte nationale et parti-État, la reconnaissance des ACP (associations à caractère politique) comme une menace de dissolution des ressources qu’ils détiennent en tant que membres du parti unique. »

Bien évidemment, la préoccupation des caciques du FLN ne concerne nullement l’avenir du pays, mais la perte de leurs privilèges. Leur chantage ne cesse que lorsque leurs intérêts immédiats sont tout simplement menacés. « Il leur apparaît trop coûteux de s’opposer frontalement au projet d’un président qui vient d’être largement réélu et qui contrôle encore les mécanismes d’allocations des postes et des ressources dans l’État comme au sein du parti », écrit Myriam Aït Aoudia.

Ainsi, tout en étant contre l’ouverture démocratique, les conservateurs refusent l’affrontement avec le chef de l’État. Pour Myriam Aït Aoudia, « il ne reste au FLN qu’à mener une campagne timorée, en espérant le rejet de la réforme lors du référendum. » C’est dans ce climat que s’ouvre enfin la période démocratique en Algérie.

Pour conclure, il va de soi que l’ouverture démocratique en Algérie est bâtie sur les sables mouvants. Bien que la société veuille se délivrer de l’emprise d’un pouvoir illégitime, force est de reconnaître que le peuple algérien n’a ni les moyens ni les ressources de porter un projet de changement. Du coup, la démocratisation est imposée par le haut. Hélas, un processus mal engagé ne peut aboutir qu’à une fausse démocratisation.

Aït Benali Boubekeur

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 19:24
Quelle attitude face aux échéances électorales à venir ?

À quelques mois du rendez-vous électoral législatif du printemps prochain, la scène politique est d’ores et déjà en effervescence. Dans les démocraties normales, la question de la participation ne se pose même pas. La compétition étant saine, la préoccupation des partis est de savoir quelle serait la nouvelle majorité.

Or, dans notre pays, le véritable enjeu est le suivant : est-ce que la participation va être au service du pays au va-t-elle permettre de légitimer un processus biaisé ? De toute évidence, bien que les élections ne reflètent pas la volonté populaire, il n’en reste pas moins que les enjeux varient d’une formation politique à une autre.

Hormis le FFS de Hocine Ait Ahmed, où chaque participation a été jusque-là mûrement réfléchie, la plupart des formations prenaient part au scrutin dans un intérêt strictement partisan. En d’autres termes, si pour les uns la participation répondait à la stratégie du parti, il n’en est pas de même du FFS.

En tout cas, du temps où le chef charismatique, feu Hocine Ait Ahmed, était à la tête du parti, il annonçait la couleur bien avant le scrutin. Pour lui, le régime en place ne pouvait organiser ni des élections libres ni honnêtes. Mais si jamais le pays était menacé par un plan de déstabilisation, il faudrait penser à l’intérêt suprême du pays.

C’est le cas notamment en 2012, au moment où toute la région était en proie à l’ingérence des puissances occidentales guettant la moindre occasion de s’immiscer des affaires internes du pays. Ainsi, en dépit d’un discours au vitriol à l’encontre du régime, le FFS a jugé utile de faire passer le patriotisme avant les autres considérations.

Qu’en est-il cinq ans plus tard ? Tout d’abord, l’homme qui sait fixer le cap n’est plus de ce monde. Ensuite, contrairement à 2012, le contexte n’est plus le même. Après les discours d’ouverture de 2011 et 2012, le régime semble revoir de fond en comble ses plans. Lors du dernier message présidentiel du 20 août 2016, le chef de l’État exclut toute remise en cause de ses réformes. Pour lui, le processus démocratique est achevé. Donc, pas de dialogue avec l’opposition.

Cela étant dit, est-ce que la question de changement concerne uniquement les partis ? La réponse est mille fois non. Dans tous les pays qui se respectent, c’est le peuple qui organise les pouvoirs à travers les mandats qu’il octroie aux élus. Hélas, en Algérie, le peuple dort sur ses lauriers depuis l’indépendance.

Certes, bien que le régime ait exercé une violence incommensurable en vue de le réduire au silence, il faudrait avoir l’honnêteté de dire que le peuple algérien n’est pas, tout simplement, à la hauteur de la mission qui était la sienne au lendemain de l’indépendance.

En effet, du congrès de Tripoli de fin mai début juin 1962 à la révision constitutionnelle de janvier 2016, son destin lui échappe entièrement. Et s’il avait fait face au coup de force du duo Ben Bella-Boumediene –le 22 juillet 1962, ils mettent en place le bureau politique supplantant l’instance légitime de la révolution algérienne, le GPRA –, l’Algérie aurait échappé à la destruction systématique de ses repères.

Au jour d’aujourd’hui, si les Algériens veulent avoir un État comme tous les peuples, il faudra qu’il sorte de leur sommeil qui dure depuis 54 ans. Surtout, ils n’ont pas besoin de demander l’instauration de la commission indépendante de surveillance des élections, car si chacun refuse qu’on détourne sa voix, le pouvoir politique ne pourra pas tricher. Mais, si le peuple poursuit sa politique de l’autruche, les partis ne pourront, au mieux, que limiter les dégâts. Dans ces conditions, au risque de dislocation nationale, menacée par le MAK, il faudra participer quitte à prolonger la durée de vie de ce régime injuste.

Aït Benali Boubekeur

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 18:55

Dans une déclaration au vitriol, un groupe d’anciens maquisards de la révolution 1954-1962 s’en prend avec une rare violence à l’actuel secrétaire général du FLN, Amar Saidani. Mélangeant sciemment la période historique et la période postindépendance, les signataires de l’appel commettent une erreur de jugement grave. En effet, si le FLN historique a été le mouvement de libération d’un peuple opprimé, celui de 1962 à nos jours a emprunté le chemin inverse.

De toute évidence, bien que les Algériens vouent un respect incommensurable aux libérateurs –après l’indépendance, certains d’entre eux ont subi les pires brimades que même le système colonial n’a pas osé leur infliger –, il n’en reste pas moins que leur appréciation a totalement changé s’agissant des chefs qui ont instrumentalisé le parti révolutionnaire en vue d’asseoir leur domination. En ce sens, cet appel a au moins 54 ans de retard.

Toutefois, pour ne pas endosser la responsabilité aux seuls dirigeants, force est d’admettre que si le peuple algérien avait été à la hauteur des défis postindépendance, aucun dirigeant n’aurait pu lui imposer quoi que ce soit. D’où l’interrogation suivante : comment se fait-il que le parti qui a été jadis un mouvement de libération des opprimés devienne aujourd’hui un instrument d’enrichissement au profit d’une bande d’irresponsables ?

À vrai dire, ce résultat n’est qu’un cheminement logique de la démission du peuple algérien au lendemain du recouvrement de l’indépendance nationale. Pour avoir consenti des efforts colossaux, pendant sept langues années de guerre, le peuple algérien a commis une erreur grave en croyant que la disparition du système colonial signifiait la fin de leur mission. Or, l’étape la plus cruciale n’était pas la guerre, mais la mise en place et le contrôle des institutions. En d’autres termes, le chantier qui devait commencer en 1962 était plus alambiqué que celui de 1954 à 1962.

Par ailleurs, pour revenir à la déclaration des anciens maquisards, il est évident que leur action est louable. Dans une Algérie scindée entre deux principaux groupes, à savoir ceux qui profitent et ceux qui se taisent, une telle démarche mérite d’être saluée. Mais, s’ils croient que le FLN actuel –pour les Algériens qui croient à l’égalité des chances, un tel parti devait cesser d’exister en tant que parti en 1962 –a encore un rôle à jouer, ils se trompent lourdement. Un parti gangréné par le mal de la base au sommet ne peut pas se réformer.

En somme, ce qu’il faudrait pour l’Algérie, ce serait un nouveau départ en se débarrassant des fausses légitimités. Pour ce faire, la fondation d’une deuxième République est plus que jamais nécessaire. Cela dit, ce rêve ne sera possible que si le peuple sort enfin de son hibernation, longue de 54 ans. 

Aït Benali Boubekeur

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 18:53

La comparaison, faite par Ahmed Ouyahia devant les étudiants de l’UGEA d’Oran, entre le système colonial et le régime postindépendance révèle à quel point les dirigeants sont en panne d’idées. En effet, en n’ayant aucun projet de société à proposer aux Algériens, le directeur de cabinet de la présidence justifie le maintien du système –de façon sous-jacente bien sûr – en estimant que l’Algérie a connu par le passé un pire système.

Par ailleurs, profitant de la méconnaissance de l’histoire de notre pays par les jeunes –la version officielle enseignée à l’école manque d’objectivité dans la mesure où elle glorifie les homes forts du moment –, Ahmed Ouyahia fait des parallèles anachroniques. Or, si les dirigeants étaient réellement des bâtisseurs, une telle comparaison ne devrait même pas avoir lieu, car le but des indépendances consiste justement à faire oublier la période coloniale abhorrée.

Mais puisque le chef de cabinet de la présidence tient à en parler, il faudrait pousser la comparaison à tous les domaines. Bien que le régime colonial ait construit des infrastructures et une agriculture viable au profit des Français d’Algérie, il n’en reste pas moins qu’à leur départ, en 1962, l’Algérie était la première de la classe en Afrique, et ce, dans tous les domaines.

Qu’en est-il 54 ans après l’indépendance ? Alors que le pays était exportateur en 1962, aujourd’hui l’Algérie importe tout ce qu’elle consomme. Sur le plan politique, le constat est plus qu’amer. Bien que l’action révolutionnaire de novembre 1954 ait pour objectif de libérer le pays de l’injustice, de l’oppression et de tous les défauts du système colonial, force est de reconnaître que l’équipe qui s’est installée au pouvoir, grâce au coup de force de l’armée des frontières, dirigée par Houari Boumediene, n’a pas fait mieux.

Quoi qu’il en soit, en dépit de la disparition du système de « khemassa », il n’en demeure pas moins que l’égalité entre les Algériens, telle que rêvée par les novembristes, est loin d’être effective. Pour étayer cette thèse, plusieurs exemples peuvent être cités. Ainsi, les fils ou les filles de la nomenklatura achètent des appartements dans les villes luxueuses où ils s’installent. À titre d’exemple, la fille de Sellal, l’actuel premier ministre, a acheté un appartement aux champs Élysée pour une somme astronomique de 860000euros, et ce, sans qu’elle ait la moindre activité professionnelle. D’ailleurs, cet exemple peut être extrapolé à la totalité ou peu s’en faut de la classe dirigeante.

Cependant, même si la conjoncture financière est favorable, comme c’est le cas des années 2000, le bilan économique est mitigé. Bien que cette occasion ait dû être exploitée pour sortir le pays de sa dépendance aux hydrocarbures, le régime n’a fait aucun investissement utile. Du coup, dès la dégringolade des prix du pétrole, le régime parle de caisses vides, d’austérité, etc.

Cela dit, ce tour de vis ne concerne que le malheureux peuple. La classe dirigeante continue à vivre dans le faste, comme le montrent certaines vidéos où des chanteuses du moyen Orient sont payées à des prix exorbitant en vue d’amuser la galerie. Et pourtant, ces sommes auraient pu être utilisées pour soulager des milliers de familles nécessiteuses. En un mot, comme il a existé deux Algérie (s) avant 1962, il en existe autant aujourd’hui.

Pour conclure, il va de soi que l’indépendance de notre pays reste une grande victoire. Aucun Algérien sérieux ne peut regretter ce succès. Mais, une fois que le constat est fait, il faudrait dresser le bilan de l’indépendance sans complaisance. En fait, il n’y a aucun domaine où l’on peut être fier des réalisations postindépendance, hormis les dirigeants et leurs clientèles qui se gavent et pressurent le pays comme au temps colonial.

Aït Benali Boubekeur

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 18:47

Le putsch raté, en Turquie, la semaine dernière, n’est possible que grâce à l’intervention salutaire du peuple. C’est lui seul qui a arbitré entre les putschistes et le pouvoir légitime, incarné par Erdogan. Ainsi, une bonne fois pour toutes, l’avenir de la Turquie ne peut être que démocratique.

Dans ce processus, sauvegardé encore une fois grâce à la vigilance du peuple turc, la majorité –le temps d’un mandat –pourra conduire, sans qu’il y ait la moindre crainte d’un renversement, les affaires du pays. Quant à la minorité, si elle veut accéder aux responsabilités, elle devra, lors des prochaines joutes électorales, préparer un programme susceptible de convaincre l’électorat.

De toute évidence, bien que l’équipe gouvernementale en place puisse être critiquée, est-ce que la solution, en cas de désaccord, est de déposer le chef issu des élections ? À cette question, les Turcs répondent que désormais l’alternance se fera uniquement par les urnes.

Et qui plus est, le refus du peuple turc de confier les rênes du pays au commandement militaire va immanquablement renforcer l’État de droit. Après avoir subi le règne militaire à plusieurs reprises, en 1960, en 1971 et en 1980, où la dictature a suspendu tous les droits, les Turcs refusent dorénavant d’hypothéquer leur avenir.

Cependant, au lieu de saluer le courage et l’abnégation du peuple turc, une certaine frange éradicatrice algérienne regrette l’échec du coup d’État. Certains vont jusqu’à souhaiter l’application des méthodes Tartag en vue de mettre à genoux le peuple turc.

Paradoxalement, ce sont ces mêmes personnes qui donnent, à longueur de journée, et notamment sur les réseaux sociaux, des leçons en démocratie. Cela étant dit, pour les observateurs avisés, ne catégorie ne trompe désormais personne. En fait, celle-ci ne croit à la démocratie que lorsqu’elle entend imposer son propre jeu.

Bien que ces partisans appartiennent à des formations différentes, ces derniers sont identifiables à travers leurs appels itératifs à l’armée pour qu’elle perpètre le coup d’État. Heureusement, ces appels sont ignorés par le peuple algérien, car personne ne souhaite revivre l’épisode sanglant des années 1990.

Pour conclure, il va de soi que la démocratie en Algérie est encore au stade de balbutiement. Du coup, si le peuple algérien veut tirer un seul enseignement du coup d’État avorté en Turquie, il devra se dire que la force d’un peuple uni dépasse toutes les forces cherchant à l’asservir.

La différence, hélas, entre les deux peuples, turc et algérien, c’est que leurs élites ont des acceptions différentes de la démocratie. Si, pour les Turcs, celle-ci doit être protégée par le peuple –Erdogan a appelé le peuple pour qu’il mette en échec la tentative de coup d’État –, en Algérie, les soi-disant intellectuels ne ratent aucune occasion pour inciter l’armée à prendre le pouvoir en appliquant l’ancien article 88, devenu article 102 dans la nouvelle constitution.

Pour toutes ces raisons, le rêve démocratique, en Algérie, doit être raisonnable. En effet, ni le régime, dans ses différentes composantes, ni les éradicateurs et encore moins la clientèle du régime qui se gave, n’ont intérêt à ce que la démocratie voie le jour. Et si on ajoute à cela la démission du peuple, il faudra prendre son mal en patience.

Aït Benali Boubekeur  

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:45

En l’espace de dix-huit mois, la France est la cible de trois attentats terroristes. À chaque fois, l’intention criminelle prédomine. À Nice comme à Paris, les auteurs des attentats cherchent à faire le maximum de victimes.

Néanmoins, si ces attentats se distinguent par la haine d’autrui, il n’en serait pas de même des motivations. En effet, si les deux premiers attentats de Paris, du 7 janvier et du 13 novembre 2015, sont le fait de terroristes islamistes, l’attentat de Nice ne pourrait pas, a priori, être classé comme tel.

Ainsi, bien que les officiels Français parlent, dans les premières minutes suivant l’attentat, d’un acte terroriste « islamiste », il n’en reste pas moins que le profil du criminel ne correspond pas au combattant de Daech.

D’ailleurs, si le criminel tunisien avait partagé, il ne serait-ce que pendant un temps relativement court, le même territoire que les ennemis de Dieu, en l’occurrence les criminels de Daech, il aurait été exécuté, et ce, dans la mesure où il ne faisait ni la prière, ni le ramadan.

Cela dit, que ce soit un acte isolé on un acte planifié, ce genre d’individu ne mérite même pas le qualificatif d’humain. Et pour cause ! Massacrer presque cent personnes, dont dix enfants, sans qu’il y ait aucun motif –d’ailleurs peut-il y en avoir un–ne peut être observé que chez les animaux sauvages. Et encore, ces derniers tuent leurs proies pour se nourrir.

Quoi qu’il en soit, dans ce malheur du peuple français, le seul vainqueur –sans qu’il provoque forcément l’événement –est le front national (FN). Par le comportement indigne de certains binationaux, qui insultent à longueur de journée leur pays de naissance, le FN était déjà un challenger sérieux pour les élections présidentielles de 2017.

Avec ces actes terroristes à répétition, ces barbares ne feront que garantir la victoire du parti extrémiste. Ce jour-là les innocents payeront le prix consécutif aux comportements irresponsables de ces ennemis de l’humanité.

Pour conclure, il va de soi que les personnes assassinées sont victimes d’une folie meurtrière qu’aucun prétexte ne peut justifier. En tout cas, les motifs invoqués par ces monstres assassins ne sont pas fondés, car, bien que les religions aient des défauts, aucune d’elle n’appelle au massacre des Innocents.

Hélas, dans le contexte actuel, où il y a une surenchère sécuritaire, même si le motif religieux est infondé, le pouvoir politique –le gouvernement comme l’opposition d’ailleurs –emprunte des raccourcis et adopte leur discours pour ne pas laisser le monopole et le terrain au parti d’extrême droite, le FN.

Aït Benali Boubekeur

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 18:43

Désormais, les messages présidentiels, à l’occasion des fêtes nationales, semblent s’ancrer définitivement dans le paysage politique. Entre rappels historiques et perspectives d’avenir, le chef de l’État tente de défendre, autant que faire se peut, son bilan.

Bien qu’il ne faille pas contester l’ensemble des éléments contenus dans le message, il n’en reste pas moins que le trait est un peu forcé. De la même manière, dans cette description, plusieurs choses sont passées sous silence. Exclu de la vie politique de son pays, le peuple algérien est le grand absent.

D’ailleurs, dès les premières lignes, le chef de l’État remercie les hommes qui font la force du régime, en l’occurrence les forces de sécurité. Cela dit, la critique ne doit pas viser spécialement ces hommes. Dans tous les pays, les forces de sécurités obéissent aux ordres. Ce qui est répréhensible, c’est l’usage qu’en font les détenteurs du pouvoir.

Par ailleurs, si le passé le colonial continue à être exploité –en 1962, l’Algérie a tourné définitivement cette page –, c’est que le bilan de l’indépendance, de façon générale, n’est pas aussi reluisant. En effet, compte tenu des richesses du pays, le régime aurait pu faire oublier aux Algériens jusqu’à l’existence même de ce système monstrueux.

Or, bien que les deux périodes, coloniale et postindépendance, soient incomparables, beaucoup de compatriotes osent des parallèles farfelus. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le statut de super citoyenneté se pose avec acuité. En effet, entre les enfants de la nomenklatura et ceux du peuple, les portes ne s’ouvrent pas de la même façon.

Pour les plus pessimistes, certains parleraient de l’existence de deux Algérie (s). L’une opulente, réservée aux dirigeants et à leur clientèle, et une autre pauvre, regroupant le reste des Algériens, comme au temps du second collège.

Et pourtant, l’Algérie a vécu des périodes fastes où la situation des citoyens aurait pu être améliorée. Ainsi, bien que le chef de l’État défende son bilan en invitant les sceptiques à constater les réalisations sur le terrain, il n’en reste pas moins que le véritable problème ne se pose pas en termes de réalisations accomplies, mais en termes d’efficacité.

En outre, si l’on compte les détournements, les gaspillages, les bakchichs, on pourra dire que le bilan de l’ère Bouteflika est négatif. Avec 1000 M$ engrangés lors de la décennie 2000, l’Algérie aurait pu intégrer le club des pays émergents si l’argent avait été bien géré.

En tout cas, si le pays accède « au statut légitime de pays émergent », comme le souligne le chef de l’État, il faudra engager des réformes s’inscrivant en totale rupture avec les pratiques actuelles. Et ce n’est sans doute pas la nouvelle révision constitutionnelle qui permettra une réelle ouverture, et ce, dans la mesure où celle-ci est confectionnée sur mesure pour permettre la pérennité du régime.

Pour conclure, il va de soi que l’Algérie a accompli une grande révolution ayant mené à la libération du territoire. Est-ce que cette condition est sine qua non pour réaliser le développement du pays ? Malgré le discours d’autosatisfaction, force est de reconnaître que les bases du pays sont uniment fragiles.

Doit-on incomber l’échec au seul phénomène colonial ? En partie seulement. Car, depuis 1962, ce sont des Algériens qui empêchent d’autres Algériens d’accéder au statut de citoyen à part entière. Enfin, qu’il en déplaise au régime et à ses courtisans, cela est contraire à l’esprit de novembre 1954.

Aït Benali Boubekeur

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 15:28
Le constat sans concession du premier secrétaire national du FFS

Pour sa première intervention publique, le nouveau premier secrétaire national du FFS, Abdelmalek Bouchafa, remet les pendules à l’heure en clarifiant les positions du parti. En retraçant laconiquement le parcours du pays depuis l’indépendance, il décrit, sans fard ni acrimonie, les facteurs qui empêchent le pays de retrouver la stabilité.

Et pour peu que l’on ne veuille pas cacher le soleil avec un tamis, la principale raison de notre échec incombe à ceux qui ont exercé une violence sans vergogne contre le peuple algérien depuis 1962. En effet, au sortir de la longue nuit coloniale, un groupe d’officiers s’est emparé illégalement des commandes de l’État, brisant par la même occasion le rêve de millions d’Algériens.

Alors qu’en 1962 le peuple algérien, dans son ensemble, était prêt à soutenir n’importe quelle équipe gouvernementale –aucun gouvernement au monde ne peut prétendre bénéficier d’une telle solidarité où la quasi-totalité de la population serait derrière lui –, les usurpateurs du pouvoir ont pris une décision grave de sens : casser l’élan populaire.

Par conséquent, après une œuvre de destruction des repères qui ont guidé le peuple algérien à reconquérir sa liberté, aujourd’hui, estime le premier secrétaire du FFS, « nous vivions dans un pays sans projet commun, sans vision commune, sans initiatives fortes de ses gouvernants pour trouver une issue à une crise complexe depuis plusieurs décennies… »

Cela dit, bien que le régime verrouille le champ politique, il y a eu et il y a toujours des forces qui résistent. Celui qui symbolise cette résilience par excellence, c’est incontestablement feu Hocine Ait Ahmed. Anticipant la crise avant tout le monde, le chef charismatique a préconisé, le 27 juillet 1962, à Paris, lors d’une conférence de presse, le départ de toute la direction. Pour lui, la solution résidait dans la mise en place des institutions contrôlées directement par le peuple algérien. Hélas, le visionnaire a été marginalisé dans le premier temps, emprisonné ensuite et enfin forcé à l’exil.

Cependant, au fur et à mesure que le pouvoir se renforce, la société perd sa cohésion et devient, du même coup, amorphe. Petit à petit, elle agit comme le personnage antique, Ponce Pilate, en fuyant uniment ses responsabilités. Résultat des courses : les fléaux et les vices gangrènent la société, à l’instar de la Hogra, la corruption, etc.

Et paradoxal que cela puisse paraître, les forces qui sont censées constituer le contre-pouvoir se déchirent. D’ailleurs, certaines initiatives des années 90 ou plus tard, ne font que prolonger la durée de vie du régime. Le seul parti qui se distingue par sa cohérence, c’est le FFS. Et s’il avait été écouté en 2013, quand il a proposé la tenue d’une conférence nationale de consensus national, les dirigeants actuels auraient évité à notre pays de s’enliser davantage dans la crise.

Ainsi, au lieu de saisir cette chance pour organiser un cadre politique sain, le régime refuse toute idée d’associer les Algériens à la gestion de leurs affaires. À la place, le régime propose un consensus biaisé. Bien que certains membres de la direction du FFS aient mis du temps à tirer les enseignements requis, le nouveau premier secrétaire national tranche enfin la question. « Nous ne consentirons jamais à un consensus des dupes tel que proposé par le pouvoir et ses démembrements », dit-il. Désormais, il appartient à chaque partie de prendre ses responsabilités en honorant le serment des hommes de novembre 1954.

En somme, malgré ce constat d’échec, le FFS ne doit rien se reprocher. Car, s’il y a un échec à sortir le pays de la crise, la défaite est celle de tout le pays. Et le principal responsable, c’est indubitablement l’équipe qui dirige le pays. En revanche, l’histoire jugera sévèrement ceux qui abandonneront le combat.

Aït Benali Boubekeur

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 17:15
Les inquiétudes du général Nezzar sont fondées, mais…

Le drame de la classe politique, notamment celle qui a dirigé en Algérie, c’est qu’elle souffre du problème d’amnésie. En effet, ces acteurs oublient très vite leur passage à la tête des institutions du pays. La dernière sortie médiatique du général Nezzar en est la preuve.

Bien que ces inquiétudes puissent être comprises –cela dit, tout le monde comprend aisément que le général se préoccupe de sa propre situation et non de celle du peuple algérien –, il n’en reste pas moins que durant toute sa carrière il n’a jamais songé à mettre en œuvre les principes qu’il prétend défendre aujourd’hui.

Bien évidemment, le propos ici n’est pas de soutenir les lois injustes sous prétexte que l’ancien homme fort du régime les dénonce. Mais, là où on ne le croit pas, c’est quand il fait semblant d’épouser la cause démocratique. Un proverbe ne dit-il pas : chasser le naturel, il revient vite au galop. Et même si certains veulent être indulgents envers lui, son passé de tyran le rattrapera toujours.

En effet, au moment où les Algériens ont commencé à avoir la parole, et ce, après trois décennies de dictature ayant refusé systématiquement tout compromis avec la société, le chef des armées de l’époque a tout fait pour que les acquis d’octobre 1988 soient littéralement annihilés.

Et quand il dit aujourd’hui que Gaid Salah a tort d’engager l’armée dans la bataille politique –ce qui n’est pas, encore une fois, faux –, dans les années 1990, le haut commandement militaire ne faisait que ça. D’ailleurs, à en croire les mémoires du général Nezzar, n’est ce pas l’armée qui a ramené Bouteflika au pouvoir ?

De quel droit une institution, prestigieuse soit-elle, peut décider, toute seule, de l’avenir d’un pays ? Il y a une seule explication : le haut commandement de l’armée n’a pas veillé sur la démocratie. Nonobstant le retrait des officiers de l’armée du comité central du FLN en mars 1989, comme le rappelle si bien le général Nezzar, il n’en demeure pas moins que le haut commandement –à ne pas confondre avec la quasi-totalité des soldats qui font leur boulot avec abnégation –n’a jamais renoncé à l’activité politique. L’omniprésence des services secrets, à travers l’infiltration de toutes les organisations, dénote de la surveillance sans vergogne de la vie politique du pays.

À l’examen de ces éléments, comment peut-on apprécier la déclaration du général Nezzar appelant les députés à ne pas cautionner le projet liberticide que propose le gouvernement ? Tout le monde sait que le parlement n’a jamais eu le courage de réprouver la moindre décision de l’exécutif. Hormis les députés du FFS et quelques autres courageux, la grande majorité votera le texte sans rechigner.

Cependant, ce que feigne d’ignorer le général Nezzar, c’est que sa responsabilité dans le comportement pusillanime des parlementaires est engagée. En effet, depuis le règne du parti unique jusqu’à nos jours, les décideurs successifs ont tous exercé un chantage intenable afin qu’ils aient une assemblée de godillots.

Pour conclure, il va de soi que la réaction du général Nezzar au nouveau projet de loi réglementant la conduite des anciens officiers de l’armée aurait pu trouver le soutien populaire nécessaire si, durant son règne, il avait garanti les droits élémentaires des citoyens. Hélas, il n’en fut rien. Aujourd’hui, bien qu’il ne faille pas agir comme les ennemis de la démocratie d’hier, la meilleure attitude serait de combattre ladite loi tout en dénonçant les nouveaux convertis à la démocratie.

Aït Benali Boubekeur

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 07:39
 Affaire Matoub : quelle issue sans une justice autonome ?

Dans l’affaire Matoub Lounès, lâchement assassiné le 25 juin 1998, il est inutile de chercher les raisons qui empêchent l’éclosion de la vérité. En Algérie, on a l’habitude. Les enquêtes sur les assassinats politiques n’aboutissent jamais. Cela ne veut pas dire que la vérité ne jaillira pas un jour.

Mais, dans l’état actuel des choses, il est difficile d’imaginer un dénouement probable. Et pour cause ! Pour qu’une instruction soit crédible ou qu’il ait simplement une chance d’aller à son terme, il ne faudrait pas que les éléments de l’enquête soient d’emblée imposés.

Or, dans l’affaire Matoub, la justice ne veut rien entendre en dehors de la version des partisans du « tout sécuritaire » des années 1990. En fait, à peine Matoub Lounès ait rendu l’âme, le responsable de la milice en Kabylie, Nourredine Ait Hamouda, a imputé le crime aux islamistes, en nommant le GIA comme étant le responsable de l’assassinat.

A-t-il des preuves, quelques minutes après le crime, pour qu’il avance le nom du groupe coupable ? Bien que le propos ici ne soit en aucune façon de disculper ceux qui ont réagi par la violence au coup d’État des militaires, il est difficile, dans le contexte de violence de l’époque, d’identifier –sans une enquête impartiale –les véritables auteurs du crime.

Hélas, à en croire deux journalistes de Libération, Florence Aubenas et José Garçon, toute la procédure judiciaire repose sur les déclarations des responsables du RCD et de celles des proches, notamment la veuve Matoub et ses sœurs, lesquels pointeront du doigt plus tard des anomalies dans la procédure.

Par ailleurs, bien qu’un procès, dit Matoub, ait lieu en 2011, les observateurs affirment que cette parodie de justice vise au préalable à clore un dossier politique, en l’occurrence l’amnistie générale. En d’autres termes, l’institution judiciaire se préoccupe avant tout de rendre crédible les décisions politiques, mais elle se soucie moins de rendre justice.

Qu’en est-il de l’affaire, 18 ans après l’odieux assassinat et cinq ans après le procès factice ? Il va de soi que tous ceux qui rêvent d’une justice équitable ne peuvent se satisfaire ni de la parodie de justice ni du jugement préfabriqué.

Malheureusement, du côté des insatisfaits, la recherche de la vérité n’est pas forcément le but final. En effet, il y a quelques jours, la veuve Matoub signe une déclaration dans laquelle elle s’insurge contre la justice en lui reprochant de ne pas avoir jugé le chef du GIA, Hassan Hatab.

La question qui se pose naturellement est la suivante : peut-on regretter que la justice n’ait pas fait son travail, d’un côté, et lui demander de juger le coupable désigné par les responsables politiques locaux dès le quart d’heure suivant le crime, de l’autre côté ? La réponse est évidemment non. Sans vouloir remettre en cause la bonne foi de la veuve Matoub, il n’y a qu’une façon de chercher la vérité : ne pas imposer les éléments d’enquête.

Pour conclure, il va de soi que la procédure de justice ne doit pas être biaisée. Pour ce faire, l’enquête doit inclure tous les éléments. Et ce n’est pas en voulant remettre sur le devant de la scène des acteurs politiques, comme le fait consciemment ou inconsciemment Nadia Matoub, que la vérité se saura un jour.

Aït Benali Boubekeur

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  • Je consacre beaucoup de mon temps libre à la recherche de la vérité sur le mouvement national.
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