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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 07:55

Depuis quelques jours, la polémique enfle entre les partisans de l’article 102 de la constitution et les soutiens du chef de l’État. Dans le fond, bien que ce dernier soit dans l’incapacité d’exercer ses fonctions constitutionnelles, la question qui se pose réellement est la suivante : le départ du chef de l’État ouvrira-t-il une nouvelle ère de changement ?

Pour ceux qui ne veulent pas se mentir à eux-mêmes, il est difficile d’envisager un tel scénario. En effet, l’organisation du pouvoir en Algérie a toujours échappé au pouvoir apparent. Depuis l’indépendance, la fonction présidentielle est utilisée pour fédérer les différents clans composant le pouvoir.

Dans le cas où un différend subsiste, le pouvoir revient toujours au clan qui détient la force. Cela dit, en quatre mandats, Abdelaziz Bouteflika a sans doute acquis des pouvoirs au fur et à mesure de l’exercice de la fonction présidentielle. Les derniers remaniements à la tête de l’institution militaire en font foi.

Malgré cette suprématie, est-ce que le pouvoir est toujours partagé ? Des spécialistes bien placés, à l’instar de Lahouari Addi, défendent cette thèse. Du coup, même s’il y a le départ du chef de l’État, en vertu de l’article 102, il y aura indubitablement une continuité.

Or, à écouter les partisans de l’article 102, le départ du chef de l’État est la clé de voute. Ils oublient juste un détail : si les rédacteurs de la constitution de 2016 avaient douté un instant que cet article ait pu être appliqué, ils l’auraient supprimé tout bonnement.

C’est pour ces raisons que la revendication des partisans de l’article 102 n’est pas la panacée. Car, si leur appel est entendu, cela supposera l’intervention par la force de l’armée, et ce,  compte tenu du verrouillage de la constitution.

Dans la réalité, c’est cette intervention qui risquerait de plonger le pays dans le désordre. Et pour cause ! Les coups de force de 1962, 1965 et 1992 sont à l’origine des blocages actuels. En d’autres termes, un nouveau coup de force ne fera que prolonger la dictature de quelques années.

Quant au changement –bien qu’il soit impératif –, il ne peut intervenir que de façon pacifique et ordonnée. Des propositions de dialogue sans exclusive sont sur la table. En tout cas, le vrai changement n’interviendra que le jour où les Algériens auront pris conscience de la nécessité du changement. Le reste ne fera que prolonger la crise.

Aït Benali Boubekeur

 

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 19:40

Après quatre ans de lutte, les dirigeants du FLN décident de créer un gouvernement provisoire, le 19 septembre 1958. Cette idée a germé depuis début 1957. Dans un rapport fort documenté, Hocine Aït Ahmed a préconisé la création d’un gouvernement d’unité nationale.

Bien que cette décision soit motivée par le souci de doter la révolution algérienne d’un organisme plus efficace, cette proposition est également motivée par le souci de surmonter la crise interne. En effet, depuis la tenue des assises de la Soummam, deux groupes s’opposent frontalement. Le premier a pour chef de file Abane Ramdane et le second Ahmed Ben Bella.

D’ailleurs, sans le rapt aérien de l’avion transportant la délégation extérieure, la révolution algérienne aurait implosé. Hélas, malgré son arrestation, Ahmed Ben Bella ne désarme pas. En réussissant à détacher quelques chevilles ouvrières du congrès de la Soummam des thèses qu’ils ont défendues une année plus tôt, la pire ligne politique l’emporte sur la ligne soummamienne.

En effet, une année après l’adoption des résolutions de la Soummam, les anciens alliés d’Abane Ramdane changent le fusil d’épaule. En réécrivant les deux principes phares de la plateforme de la Soummam, les hommes forts du CCE (comité de coordination et d’exécution), en l’occurrence les 3B, détruisent les assises républicaines de la révolution. Le second CCE s’en charge du reste en réduisant les institutions provisoires à un rôle médiocre.

Au moment des grandes décisions, le sort est malheureusement scellé. A l’opposé, si la proposition de Hocine Aït Ahmed avait été retenue dès le début de l’année 1957, la révolution aurait poursuivi son cheminement normal. Il n’en est rien. En décembre 1957, les 3B commettent l’une des fautes aux conséquences désastreuses : l’assassinat de l’architecte du congrès de la Soummam, Abane Ramdane.

De toute évidence, deux ans après le congrès de la Soummam et une année et demi après la proposition Hocine Aït Ahmed de former le gouvernement provisoire, la révolution algérienne change littéralement de visage. Et pour cause ! La formation du GPRA, le 19 septembre 1958, se fait sans la convocation de l’organisme censé lui donner naissance, le CNRA (conseil national de la révolution algérienne).

Décrivant cet épisode dans ses mémoires « pour l’indépendance de l’Algérie : mission accomplie », Saad Dahlab relate : « Il est à signaler que le premier GPRA n’a pas été désigné par le CNRA. C’est le CCE qui s’est transformé d’autorité en gouvernement provisoire. » Revenant sur la répartition des tâches, il poursuit : « Krim pensait naturellement présider ce gouvernement. Mais Boussouf et Ben Tobbal s’y opposaient. On nous a dit que les cinq membres du 2eme CCE emprisonnés opposaient leur véto à la désignation du Dr Lamine Debaghine. On se mit d’accord sur Ferhat Abbas qui était représentatif et ne concurrençait personne. »

Cela dit, malgré le piétinement de statuts, le GPRA accomplira, de sa création jusqu’au cessez-le-feu, un travail formidable. Le caractère autoritaire des 3B ne découragera pas les meilleures volontés de contribuer efficacement à l’œuvre de l’indépendance.

Malheureusement pour l’Algérie, cette histoire va lui coller à la peau. En 1962, l’organisme qui succède au GPRA, en l’occurrence le BP (bureau politique), ne bénéficie d’aucun vote du CNRA. D’où la question énigmatique suivante : comment se fait-il que des révolutionnaires chevronnés aient pu vaincre la grande puissance coloniale, mais ils sont incapables de mettre en place des organismes légaux ? Répondre à cette question, c’est avoir le début d’explication à la crise politique postindépendance.

Aït Benali Boubekeur   

 

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 08:35

À chaque retour d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement, il est évident que la crise au sommet de l’État frôle l’irréparable. En effet, le départ d’Abdelmadjid Tebboune ne peut être interprété que par le désaccord entre les différents cercles détenant les rênes du pouvoir.

Bien que la presse nationale mette en exergue des considérations superflues, il n’en reste pas moins que la crise dépasse largement les querelles médiatisées, opposant l’ex-premier ministre au président du FCE.

Selon le politologue Lahouari Addi, la vraie raison du limogeage de Tebboune s’explique par son incapacité à concilier les divers centres du pouvoir. Pour étayer cette thèse, il suffit juste de se demander si la mission de son successeur est différente? La réponse est évidemment non.

Ainsi, pour Tebboune comme pour Ouyahia, leur mission consiste à « mettre de l’ordre dans les importations et résoudre la question difficile des subventions aux produits de première nécessité », explique le politologue.

Toutefois, la problématique épineuse n’est ni le départ de Tebboune ni même l’arrivée d’Ouyahia au poste de premier ministre, mais la manière dont est organisée la question du pouvoir.

En passant par la chaine privée, El Nahar, au lieu du canal officiel, en l’occurrence l’APS, en vue d’annoncer le changement à la tête du gouvernement révèle, selon Lahouari Addi, un signe de malaise. Pour lui, « la réponse est que le centre de décision qui contrôle l’APS aurait refusé de publier cette directive parce qu’elle n’avait pas le consentement de tous les centres de décisions. »

Bien que cette lecture soit prudente, du fait de l’emploi du conditionnel, il n’en reste pas moins que la réalité du pouvoir, dans notre pays, reflète cette présentation. Hélas, cela ne soulève ni l’indignation ni la colère des citoyens.

En tout cas, si le régime se permet une telle gestion, c’est par ce qu’en face il n’y a que du vide. À moins que les donneurs de leçons du mois de mai dernier créent enfin une surprise. Ce qui est très peu probable.

Aït Benali Boubekeur  

 

   

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 08:06

Quatrième partie : ouverture et fermeture de la parenthèse démocratique.

Née par effraction, la démocratie algérienne balbutie dès sa naissance. Pour Hocine Aït Ahmed, la mission des partis n’est pas une sinécure. Dans sa première déclaration à la télévision nationale, il souhaite que « le processus démocratique se redresse et s’amplifie jusqu’à ce qu’il ait atteint un point de non-retour. »

Malgré l’enthousiasme de la population qui accueille le héros de la révolution algérienne, un certain 15 décembre 1989, force est de reconnaître que les conditions de la pratique démocratique sont loin d’être réunies. En effet, alors que la logique institutionnelle recommande que le premier chantier soit le renouvellement du pouvoir législatif –dans l’idéal, il fallait reprendre le jeu politique là où il s’est arrêté en 1963 –, le pouvoir propose le renouvellement des Assemblées locales. Pire encore, la loi du 1er avril 1990 prive les maires de toutes prérogatives.

Sentant la manigance, Hocine Aït Ahmed appelle au boycottage des élections locales du 12 juin 1990. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’histoire, quelques années plus tard, donnera raison à Si Lhocine. En effet, à en croire l’enfant sulfureux du système, Sid Ahmed Ghozali, des hauts responsables lui ont expliqué leur démarche machiavélique en ces termes : les APC étant déficitaires, il fallait les confier à l’opposition pour qu’elle se casse les dents.

Mais, quand il s’agit du scrutin législatif, le FFS manifeste aussitôt sa volonté d’y prendre part. Par ailleurs, bien que l’opinion publique retienne le calendrier électoral de décembre 1991, les premières législatives sont prévues au départ six mois plus tôt, c’est-à-dire en juin 1991. À ces élections, toutes les prévisions donnent la victoire à l’alliance FFS (Hocine Aït Ahmed) et FLN réformateur (Mouloud Hamrouche et Abdelhamid Mehri). Favorisée par un découpage électoral certes injuste, cette alliance républicaine aurait pu isoler le courant islamiste, dont le poids électoral ne dépassant pas le quart de l’électorat.

Or, certains militaires politisés voient dans cette alliance un grand danger. Encouragés par un Majlis Echourra –sorte de conseil national –largement infiltré, à en croire les propos de Hocine Aït Ahmed lors d’une conférence-débat, tenue en mars 2009, à Genève, les chefs de l’ex-FIS appellent à une grève insurrectionnelle. Bien que l’impact de la grève soit limité, le cercle le plus conservateur du régime ne cesse de manœuvrer jusqu’à ce qu’il obtienne le départ du gouvernement Hamrouche, le 5 juin 1991.

À partir de cette date, les choses s’accélèrent. Le successeur de Hamrouche accède à toutes les demandes des responsables de l’ex-FIS. Résumant cette période en quelques phrases, Hocine Aït Ahmed affirme : « l’arrivée des intégristes au pouvoir, c’est quoi ? C’est le premier ministre (Sid Ahmed Ghozali) qui a signé un accord avec le président de l’Assemblée nationale sur le mode du scrutin à deux tours qui les a amenés. » En revoyant le découpage électoral de fond en comble de sorte à favoriser les régions à ancrage islamiste, le pouvoir remet, par ricochet, les clés de l’Assemblée au parti islamiste.

Hélas, ce qu’ignore le citoyen lambda, c’est que les enjeux sont ailleurs. Le fameux plan B, dont a parlé le général Nezzar en décembre 1990, est probablement la clé qui pourrait expliquer l’issue de cette échéance. Ainsi, lorsque le résultat du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991 est rendu public, le plan B devient inéluctable. En comptant sur le ralliement de toute la classe politique, le général Nezzar ne s’attend à ce qu’il trouve devant lui un os nommé Hocine Aït Ahmed. « J’ai rencontré Khaled Nezzar après la victoire du FIS. Je lui ai dit qu’il fallait, dans un premier temps, aller au deuxième tour qui va se dérouler dans la ferveur. Vous allez voir, les Algériens, dès qu’ils voient d’une manière concrète le danger, vont s’engager », raconte-t-il.

Fidèle à ses convictions de démocrate, Hocine Aït Ahmed refuse donc tout marchandage. Et c’est probablement de là qu’est née la haine de Nezzar envers lui. On se rappelle que lors du décès du dernier chef historique, tout le peuple algérien a salué sa mémoire à l’exception de Khaled Nezzar.

En tout cas, en ce début de l’année 1992, la préoccupation principale de Hocine Aït Ahmed est d’éviter au pays une effusion de sang. Bien que les jeux soient déjà faits, il appelle, tout de même, à la marche de l’espoir –une grandiose manifestation rassemblant plus d’un million de personnes à Alger –, le 2 janvier 1992. Pour lui, « l’espoir est encore permis et la démocratie n’a pas perdu. » Hélas, ce message ne change rien. Le coup d’État a bien lieu le 11 janvier 1992. Avec ce coup de force, c’est la parenthèse démocratique qui se referme.

Enfin, après la suspension du processus démocratique, l’activité politique du FFS se résume à trouver la solution à la crise politique. À ce titre, plusieurs initiatives sont prises par Hocine Aït Ahmed. On peut en citer au moins trois. À de Si Lhocine, en janvier 1995, les principaux partis algériens se réunissent à Rome en vue de proposer une sortie de crise. Pour rappel, cette initiative est rejetée dans le fond et dans la forme par le régime. En 1999, le régime s’inspire de la plateforme de Sant Egidio, mais il la vide au préalable de toute sa consistance. En 2007, l’initiative des trois (Hocine Aït Ahmed, Mouloud Hamrouche et Abdelhamid Mehri) bute sur la surdité du pouvoir et des autres partis soi-disant démocratiques. Depuis 2013, le FFS propose la reconstruction du consensus national. Là aussi, la proposition est combattue par le régime et ses acolytes. Mais, quoiqu’il arrive et malgré la disparition du chef historique et fondateur du FFS, le parti va continuer à travailler pour que l’Algérie retrouve sa stabilité politique.

Aït Benali Boubekeur

 

 

  

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 19:46

Troisième partie : la période de clandestinité

À vrai dire, cette période s’étale de la proclamation du FFS jusqu’à 1989. Bien que la négociation avec le régime de Ben Bella débouche sur sa reconnaissance le 16 juin 1965, il n’en reste pas moins que le coup d’État du 19 juin 1965 remet tout en cause. D’ailleurs, à en croire le politologue, Abdelkader Yafsah, c’est ce rapprochement avec le FFS qui a précipité la chute de Ben Bella.

De toute évidence, la période qui s’ouvre après juin 1965 ne permet aucune activité politique. Elle plonge tout simplement le pays dans une dictature innommable. Bien que le coup d’État vienne réparer, selon Boumediene, les dérapages de son prédécesseur, force est de reconnaître que toutes les portes et tous les horizons sont à présent bouchés. En suspendant toutes les institutions, tout le règne de Boumediene se résume à la volonté d’un seul homme.

Cependant, malgré la mise au pas de la société, le FFS ne se résigne pas. Après l’évasion de Hocine Aït Ahmed de la prison d’El Harrach, le 1er mai 1966, le parti s’adapte autant que faire se peut à la nouvelle ère. Cela dit, en dépit d’un discours mobilisateur, force est de constater que, sous Boumediene, le parti peine à réaliser ses objectifs. En juin 1967, un rapport du parti parle même de déclin. Il faut rappeler aussi que dans une période où les liquidations physiques sont monnaie courante, le maintien des activités exposerait les militants à des représailles très sévères de la part du régime.

Du coup, le centre de l’activité est uniment déplacé. Désormais, les principales activités se déroulent en exil. Mais, cela n’empêche pas des comités restreints, au centre du pays, de nourrir la flamme. En France, la principale activité a lieu en mars 1979. Un plan d’action est exposé par Ali Mécili, bras droit de Hocine Aït Ahmed. La pluaprt des militants présents au séminaire –ils sont pour certains des acteurs décisifs lors du printemps 1980 –joue, sur le terrain, un rôle capital.

Cette reprise des activités du FFS en Algérie crée évidemment une panique au sommet de l’État. Ainsi, après l’organisation de la conférence de Londres en décembre 1985, dont le but, à moyen terme, est de rassembler toute l’opposition, le régime algérien renoue avec sa politique diabolique de liquidation physique. Le 7 avril 1987, le grand opposant et ami inséparable de Hocine Aït Ahmed, en l’occurrence Ali Mécili, est assassiné à Paris sur les ordres de la sécurité militaire (SM). En effet, après l’arrestation du tueur, un proxénète sinistrement connu à Paris, un ordre de mission de la SM a été retrouvé dans ses poches.

Quant aux événements d’octobre 1988, ceux-ci surprennent toute la classe politique. Et pour cause ! c’est la lutte interne au sein du régime, entre réformateurs et conservateurs, qui en est la cause. Toutefois, après avoir dénoncé les violences commises contre les jeunes algériens, Hocine Aït Ahmed exhorte le régime à procéder à une réelle ouverture politique. Finalement, le charismatique chef historique ne s’est pas trompé en accusant une partie politisée de l’armée de ne pas vouloir jouer le jeu démocratique.

Suite …

 

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 18:45

Deuxième partie : vers la naissance du FFS

Malgré la toute-puissance de l’exécutif incarné par le duo Ben Bella-Boumediene, l’Assemblée nationale constituante (ANC) est court-circuitée. En effet, à côté du projet constitutionnel que prépare l’ANC, Ben Bella charge une équipe « d’experts » en vue d’élaborer le texte fondamental.

Le premier à réagir à cet abus de pouvoir, c’est l’homme de conviction, Hocine Aït Ahmed. « Après avoir critiqué, le 2 juillet 1963, la politique de la dictature personnelle de Ben Bella, un homme tout puissant, aveugle et buté, Aït Ahmed traite de monstre constitutionnel le projet de constitution approuvé par les cadres du FLN et exhorte les citoyens réfléchis à dire non au régime chaotique de la médiocrité, de l’improvisation et de l’arbitraire », écrit l’auteur de la « question berbère », Amar Ouredane.

À partir de cet instant, la rupture semble inéluctable entre l’exécutif et l’opposition. Cela dit, bien qu’il soit amené à jouer un rôle de premier ordre, force est de reconnaître que Hocine Aït Ahmed doit se démener d’abord à créer un courant de l’opposition unifié. En effet, deux visions s’affrontent au sein de l’opposition.  D’un côté, il y a le projet politique d’opposition incarné par Hocine Aït Ahmed et de l’autre côté, le projet de renversement du régime par la force, incarné par l’UDRS (union pour la défense de la révolution socialiste), regroupant Krim Belkacem, Ali Yahia Abdenour, Mohand Oulhadj, etc.

En tout cas, s’il y a une seule incohérence dans le projet de l’UDRS, c’est évidemment l’objectif qu’elle s’est fixé. En effet, l’UDRS prévoit de lancer une attaque rapide sur Alger en vue de renverse le régime et s’engage à ne pas mener aucune action militaire en Kabylie. Avec quel effectif ?  Elle compte mobiliser la VIIème région militaire (ex wilaya III). Hélas, l’histoire a toujours prouvé que les terrains de combat ne se décrétaient pas. (Je reviendrai plus loin sur cet épisode).

Pour revenir au contexte politique du mois de juillet 1963, le choix de la base –bien qu’il soit cornélien –penche vers la solution de Hocine Aït Ahmed. Et c’est ainsi que le 29 septembre 1963 l’alliance de plusieurs courants de l’opposition donne naissance au Front des forces socialistes. Dans leur déclaration, les acteurs politiques s’engagent à « mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose pour arrêter net ce processus de fascisation, de mettre fin au pouvoir dictatorial et au régime personnel… »

Hélas, la seule réponse du régime à l’annonce de la création du FFS consiste à envoyer la troupe en vue de neutraliser le parti. Ainsi, dès le 3 octobre 1963, l’ANP, sous les ordres de Houari Boumediene, se lance dans une guerre impitoyable contre les militants politiques de l’opposition. Saisissant également cette occasion, Ahmed Ben Bella suspend toutes les institutions et s’arroge, par la même occasion, les pleins pouvoirs.

Enfin, pour revenir à l’histoire de l’UDRS, il est évident que la stratégie de ses fondateurs ne tient pas la route. Car, s’il y a un conflit armé, personne ne peut fixer, à lui tout seul, le terrain des combats. En plus, après la neutralisation des wilayas historiques lors de la crise de l’été 1962, les capacités militaires de l’ANP dépassent largement celles de la VIIème région militaire. Et encore, faut-il que les soldats de la région acceptent de faire une guerre insensée. Pour clore ce sujet, le projet de l’UDRS n’est pas sérieux, car, à l’exception de Krim Belkacem,  ses membres fondateurs sont les premiers à rejoindre le régime du duo Ben Bella-Boumediene, un mois après le début des hostilités. Quant au FFS, malgré les rudes épreuves, la résilience est définitivement intégrée dans son vocabulaire.

Suite …

  

 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 14:14

Première partie : le contexte politique historique

S’il y a une idée reçue à bien éclaircir, ce sera le contexte qui a présidé à la naissance du FFS. Bien que le régime et ses acolytes –parfois, ces derniers claironnent qu’ils sont en rupture avec le régime –mettent en avant, à chaque évocation du FFS, l’affrontement armé, la mission historique du FFS dépasse largement cette présentation tronquée. Le repli dans les montagnes est une réaction à l’envoi des compagnies de l’ANP par le pouvoir exécutif. Mais, qu’importe ! Le but de cette note n’est pas de convaincre ceux qui ont pris le FFS pour leur ennemi.

Quoi qu’il en soi, pour mieux saisir le sens de la mission historique du FFS, il faudrait remonter jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie. En effet, si la direction révolutionnaire n’était pas déstabilisée par l’État-major général (EMG), le GPRA aurait respecté la volonté populaire. Selon les accords d’Evian qu’il avait ratifiés, l’Assemblée nationale constituante (ANC) devait être élue trois semaines après le référendum d’autodétermination, prévu le 1er juillet 1962.

Hélas, dans l’esprit de certains dirigeants, le peuple algérien doit demeurer –dans le sens où il ne doit jouer aucun rôle –dans l’asservissement. Ainsi, trois semaines après le référendum, le tandem Ben Bella-Boumediene proclame unilatéralement la formation d’un bureau politique dont la mission est d’assurer la direction du pays.

Malgré ce coup de force et dans le but d’éviter au pays une épreuve douloureuse, la plupart des opposants au groupe de Tlemcen ne désertent pas le terrain. En dépit du contexte explosif, marqué notamment par la volonté du pouvoir exécutif de dominer la vie politique nationale, les opposants tentent autant que faire se peut de contribuer à l’édification des institutions.

En tout cas, c’est dans cet esprit que Hocine Aït Ahmed et quelques figures de proue du mouvement national acceptent de siéger à l’ANC. Élue le 20 septembre 1962, l’ANC a pour mission principale de doter le pays de sa première constitution, et ce, au bout d’un mandat d’une année.

Bien qu’une partie des députés ne veuille pas exercer ses prérogatives, un groupe emmené par Hocine Aït Ahmed entend jouer son rôle législatif jusqu’au bout. Ses interventions au parlement sont autant de leçons politiques. Hélas, une hirondelle ne fait pas le printemps. Malgré les applaudissements nourris à chacune de ses interventions, la majorité des députés accepte de s’effacer devant le pouvoir exécutif. En dépit d’une majorité aux ordres, le duo Ben Bella-Boumediene ne respecte même pas les règles les plus élémentaires de démocratie.

Suite…   

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:45

Plus grave que le différend, étalé dans la presse, entre le chef du gouvernement et le président du FCE est la proximité assumée du chef de la centrale syndicale, l’UGTA, avec le patronat. Ce qui est inconcevable, voire irréalisable, dans les sociétés qui se respectent –qui peut en effet imaginer une accointance entre la CGT et le Medef en France, par exemple –devient, en Algérie, une chose banale.

Bien que la centrale syndicale soit caporalisée au lendemain de l’indépendance, le double soutien au patronat et à l’exécutif est uniment une insulte à ceux qui ont risqué leur vie pour créer le syndicat révolutionnaire en février 1956. Car, si les institutions fonctionnent normalement, le rôle de la centrale syndicale devra être du côté de la classe ouvrière.

Hélas, en Algérie, on est habitué à cette dépravation de la pratique politique. Après avoir annihilé toute chance d’alternance au pouvoir, les minis crises à l’intérieur du système donnent lieu à des luttes d’une violence parfois inouïe. Il faut rappeler, en effet, que tous ces acteurs partagent un seul programme. C’est celui du chef de l’État. Et chacun d’eux s’en réclame avec force et conviction.

Cela étant dit, si la société était organisée, de telles histoires n’auraient pas eu lieu. C’est la faiblesse du peuple qui fait la force de ceux qui nous gouvernent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats de la dernière élection législative montrent que le régime a encore de beaux jours devant lui.

Devant cette situation, que peuvent nous dire les moralistes et les analystes à deux balles qui nous parlaient, en mai dernier, d’un choix fondé sur des convictions de la part de presque 70% des électeurs? Force est de constater, malheureusement, que le sommeil dans lequel est plongé le peuple algérien ne véhicule aucun message politique.  

Aït Benali Boubekeur

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 21:08

La tenue du conseil national du FFS, deux mois après les élections législatives, est un choix judicieux. Bien qu’une certaine tendance revancharde, composée essentiellement des ex-militants du parti, attende que ce rendez-vous débouche sur l’implosion du parti, il n’en reste pas moins que le fait de le repousser comporte plusieurs avantages. Ainsi, toutes les lectures faites à chaud sont uniment évitées.

Toutefois, malgré la tenue du conseil national dans un climat serein, cela n’empêche pas de faire un diagnostic cohérent. Mais, avant de tirer toute conclusion hâtive, il faudrait rappeler le contexte dans lequel s’est déroulée la joute législative. Bien que le FFS n’ait eu aucun doute sur son issue, pendant toute la période électorale, le FFS a essayé d’élever le niveau et de poser les vraies questions politiques.  

Hélas, le parti pris de l’administration –quels que soient les joueurs et quelle que soit la volonté du peuple, ce sont toujours les mêmes qui gagnent – et l’hibernation du peuple –depuis au moins 1992 –réduisent toutes les chances de l’opposition de constituer une alternative à la politique en place.

Cependant, en 2012 et en 2017, une prise de conscience minime aurait pu mettre le régime dans l’embarras. À titre d’exemple, si les bulletins nuls avaient été exprimés contre les partis du pouvoir, l’issue du scrutin aurait été différente. Dans ce cas, ou bien le régime accepte le verdict et ce sera la première alternance postindépendance, ou bien il recourt au coup d’État et là le régime perdra tout le crédit vis-à-vis de ses soutiens occidentaux.

Dans ces conditions, quelle est la part de responsabilité du FFS dans la crise politique qui secoue le pays depuis l’indépendance ? Malgré l’acharnement de quelques ex-militants à imputer la crise à leur ancienne formation politique, la crise multidimensionnelle que traverse le pays ne peut être incombée à un seul parti.

Enfin, si l’on examinait les projets de tous les partis, la reconstruction du consensus national devrait susciter l’intérêt et l’adhésion citoyens. D’ailleurs, si la solution politique du FFS était si mauvaise, le chef du gouvernement ne tenterait pas de la copier. Malheureusement, avec le régime, à chaque fois qu’il reprend les idées du FFS, il les vide préalablement de leur sens et de leur contenu.

Aït Benali Boubekeur    

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 19:04

Plusieurs localités du nord du pays, à l’instar de Tizi Ouzou, Tissemsilt, Bejaia, ont connu une fin de semaine infernale. La propagation des feux a atteint des maisons. En plus des pertes matérielles colossales, il y a eu aussi des pertes humaines.

Incontestablement, c’est l’une des situations les plus dramatiques dues au déchainement de la nature. Bien que les gens du terrain, notamment les pompiers et les éléments de l’ANP présents sur place, aient fait leur devoir convenablement, il n’en reste pas moins que l’insuffisance des moyens a été un grand handicap. En effet, quelle que soit la volonté des humains, personne ne peut arrêter la progression des flammes.

Face à ce drame, les réactions devraient être mesurées. Certes, bien que le régime ne puisse être d'aucuns secours aux populations qui souffrent, une surenchère politique est tout aussi répréhensible. Hélas, ces malheurs représentent le pain béni pour le mouvement séparatiste.

Alors que les causes des incendies peuvent provenir de différentes situations, les sites séparatistes arrangent le récit pour qu’il convienne à leur propagande. En gros, leur présentation est à peu près la suivante : « l’armée algérienne barbare veut détruire la Kabylie pour avoir voulu son indépendance. »

Cette description est en soi une insulte à la Kabylie, laquelle Kabylie n’a pas besoin de tuteur. De la même manière, la mobilisation citoyenne n’est pas forcément un soutien au mouvement séparatiste. La Tiwiza existe depuis la nuit des temps en Kabylie. Hélas, cette solidarité a perdu un peu de terrain depuis la destruction de nos valeurs, entreprise par les arrouchs, dans le premier temps, et le MAK ensuite.

Pour conclure, il va de soi que le régime n’est pas et n’a jamais été à la hauteur des événements. En l’absence de toute communication et des annonces de prises en charge des victimes, le régime laisse le terrain à ceux qui font le commerce sur le malheur des citoyens. Cela dit, malgré le laxisme, les citoyens de la région de Kabylie ne devraient pas céder à un certain son des sirènes. Notre Algérie triomphera un jour de tous ceux qui essaient de la traîner dans la boue.

Aït Benali Boubekeur 

 

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité
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