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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 17:25

Même si je reçois les meilleurs vœux du monde, il me manquera ceux de ma défunte mère. Malgré l’âge, sa disparition, le 29 juillet 2021, reste l’événement le plus triste pour moi. En plus du vide incommensurable qu’elle a laissé, le fait de ne pas assister à ses funérailles reste pour moi la plus terrible épreuve.

Comment, dans ce cas, avoir l’esprit à la célébration de la nouvelle année ? Même si je présente mes meilleurs vœux à beaucoup de personnes que j’apprécie, le cœur n’y est pas.

Et pourtant, il y a quelques années, ce fut toujours un moment agréable d’échanger de belles formules. Dans sa présentation des vœux, ma mère, paix à son âme, avait –comme toutes les mamans –une façon propre à elle de présenter les vœux. Ces derniers ne se limitaient pas à la célébration proprement dite, mais elle faisait appel à Dieu, à tous les saints, pour que la vie soit une succession d’heureux événements.

A l’approche du réveillon, ce sont donc ces mots de ma chère mère qui me viennent à l’esprit. Et je sais que là où tu es, tu continueras à nous souhaiter le meilleur. De mon côté, tu es la première pour qui j’ai une profonde pensée.

Joyeuse et heureuse année maman. Que la terre te soit éternellement légère.    

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26 décembre 2021 7 26 /12 /décembre /2021 09:54

La célébration de la disparition de Hocine Aït Ahmed devrait dépasser le cadre partisan. Car, toutes ses actions étaient dirigées dans le seul intérêt de l’Algérie. Cet engagement a commencé en novembre 1942 quand le débarquement des alliés a été perçu par de nombreux  Algériens comme une chance de se libérer du joug colonial. Véritable organisateur, il a vite gravé les échelons au sein du parti du peuple algérien, le PPA. Sans le contrordre de la direction, Hocine Aït Ahmed et ses camarades auraient lancé l’insurrection le 22 mai 1945. 

Peu à peu, ce courant radical s’est imposé en 1947. Ainsi, en contrepartie de laisser Messali participer aux élections de novembre 1946, les radicaux, à leur tête Hocine Aït Ahmed, ont réussi à imposer un congrès national. Tenu en février 1947, ce congrès a adopté le principe de la préparation de la lutte armée. Ce fut la création de l’OS (organisation spéciale), présidée par Mohamed Belouizdad. Ce dernier a choisi Hocine Aït Ahmed comme son adjoint. La disparition précoce du chef de l’OS n’a pas chamboulé l’organisation puisque ce fut l’adjoint qui a succédé au président. En décembre 1948, l’OS était prête à passer à l’action. En effet, lors du conseil national élargi du parti, tenu à Zeddine, Hocine Aït Ahmed a présenté un rapport détaillé sur le passage à l’action. Hélas, la direction a inventé une crise en 1949 où les radicaux furent chassés du parti. 

Toutefois, bien que les membres de l’OS soient éparpillés –certains pourchassés par les autorités coloniales suite à la découverte de l’OS, d’autres exclus par le parti –, ce sont eux qui ont donné naissance au FLN historique. Membre fondateur du FLN, Hocine Aït Ahmed a joué un rôle capital au sein de la délégation extérieure. Son dernier acte avant leur arrestation le 22 octobre 1956 fut le soutien aux résolutions du congrès de la Soummam, alors que les trois autres historiques de la même délégation –Khider, Boudiaf et Ben Bella –étaient contre. 

A l’indépendance, il était l’un des rares à soutenir en 1962 la mise en sourdine de toutes les institutions provisoires permettant ainsi au peuple algérien de choisir lui-même ses futures institutions. Hélas, les dés étaient jetés bien avant le cessez-le-feu. Un groupe d’officiers, installé aux frontières, à sa tête Houari Boumediene, a tout décidé à la place des Algériens. Sans trop s’attarder sur cette période, on peut résumer ce règne en une phrase : la victoire du pouvoir personnel. 

Du coup, pour que les opposants aient le droit à la parole, il a fallu attendre 1988, soit 26 ans après l’indépendance du pays. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Hocine Aït Ahmed s’est jeté corps et âme dans cette bataille pour la consolidation de la pratique démocratique dans le pays. Fidèle au serment de novembre 1954, il s’est démarqué de la dictature régnante et de la mouvance théocratique. Pour lui, de 1954 à 1962, les Algériens ne s’étaient pas battus ni pour la dictature ni pour un État théocratique. 

Cela dit, si l’un des systèmes était choisi librement par les Algériens, il se soumettrait à cette volonté. En constatant que les élections du 12 juin 1990 et celles du 26 décembre 1991 ont permis un libre choix, Hocine Aït Ahmed s’est opposé à l’interruption du processus démocratique. Car, au-delà de l’interruption du second tour des élections législatives, c’est le processus démocratique qui était visé. A-vrai-dire, les conservateurs et les caciques du régime ont accepté l’ouverture démocratique du bout des lèvres. En tout cas, ils étaient mis devant le fait accompli par les réformateurs.  

En tout cas, tout le monde sait aujourd’hui que ce n’est ni la démocratie ni l’avenir du pays qui intéressaient les auteurs du coup d’État. En maintenant un même système vicié, toutes les dérives étaient alors permises. N’est-ce pas les mêmes auteurs du coup d’État qui ont cédé les rênes du pouvoir à Bouteflika en 1999 ? Pour rappel, Hocine Aït Ahmed était candidat à cette élection. En constatant le parti pris de l’administration en faveur du candidat du régime, il s’est retiré de la course, en compagnie de cinq autres candidats, la veille du scrutin. 

Enfin, il est évident que toutes les alertes émises par Hocine Aït Ahmed étaient fondées. En 20 ans de règne de Bouteflika, le régime a dilapidé plus de 1000M$, hypothéquant ainsi l’avenir du pays. Bien entendu, il n’aurait pas été content du constat : il tirait les sonnettes d’alarme pour que le pays ne sombre pas. Donc, une telle situation ne l’aurait pas réjoui. En revanche, il aurait été, sans doute, fier des millions d’Algériens qui, durant plus de deux ans, manifestaient pacifiquement. Homme de projet, il aurait sans doute essayé de canaliser cette contestation. Malheureusement, ces têtes d’affiche n’existent plus désormais en Algérie. Donc, s’il y a un regret à émettre, c’est qu’une telle contestation ne s’est pas produite lorsque des hommes de valeur étaient en vie. 

  

  

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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 17:40

Contrairement aux avis tendancieux et irrévérencieux, la participation du FFS, aux élections locales, n’est pas catastrophique. Et pour cause ! Lorsqu’une participation obéit à une stratégie politique, les résultats importent peu. Et si jamais il fallait examiner un seul résultat, ce serait sur le taux de participation en Kabylie, motif qui a motivé la participation. Bien que l’esprit frondeur –dont tout le monde est fier –ne puisse jamais disparaître dans la région, les institutions locales sont élues ou mal élues, comme elles le sont, à des degrés divers, les assemblées locales dans le reste du pays.

Car, qu’on le veuille ou non, le but sous jacent de boycott-rejet en Kabylie visait à montrer que cette région différait du reste du pays. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le site du MAK –il ne s’agit pas ici de reprendre les arguments du pouvoir le classant comme une organisation terroriste –pour s’apercevoir que le zéro vote kabyle ne fait plus recette. Ainsi, grâce à la participation du FFS, la Kabylie n’est ni distinguée ni utilisée comme un moyen de chantage.

En tout cas, s’il est libre à chacun de défendre son projet politique, le noble combat du FFS pour le maintien du tissu politique national intact est également défendable. Or, les adversaires de cette participation ne parlent que des prérogatives des élus locaux. Est-ce que le FFS ignore la mainmise de l’administration sur les assemblées locales ? Tout le monde sait que le pouvoir local est le plus faible en Algérie. Plus grave encore, certains fonctionnaires des APC ont, sans doute, plus de pouvoir que les maires. Donc, le vrai débat ne peut être situé à ce niveau pour évaluer la participation du FFS.

Malheureusement, cette élection a révélé la haine de beaucoup d’animateurs politique –la chaine El Magharibia leur ouvre l’antenne sans limite –envers le FFS. A un moment donné, ces critiques peuvent induire des observateurs non initiés en erreur en soutenant que tous les maux du pays seraient imputables au FFS. Certaines mauvaises langues lui attribuent à tort l’échec du hirak. Ceci est archi-faux, car le régime a décrété, dès fin mai 2021, l’interdiction des manifestations.

Pour des raisons qui lui sont propres, le peuple algérien s’est exécuté gentiment. Même si des animateurs du hirak veulent poursuivre la révolution sur les réseaux sociaux, la « messe » est hélas dite.  C’est évidemment une fin regrettable, car tout le monde a souhaité la refondation d’une nouvelle République. Mais, dans le cas où le peuple algérien décide de suspendre sa révolution –l’abstention n’explique pas grand-chose puisqu’elle était la constante de ces dernières années –, les partis doivent reprendre leurs activités. Et surtout il n’appartient pas à des animateurs ou à une chaine de télévision de fixer le cap ni de monopoliser le combat politique.  

  *Avant de rédiger cette note, je tiens à préciser d’emblée un point. Je ne prétends pas jouer un rôle au sein de la formation politique pour laquelle je reste toujours fidèle ni un quelconque rôle au sein des assemblées, locale ou nationale. Donc, je ne nourris aucune ambition politique. »

 

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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 08:10

« Si s’emparer du pouvoir suprême avait été chose aisée pour les militaires, il n’en était pas de même pour les explications embarrassantes et contradictoires qu’ils devaient fournir après-coup », extrait du livre d’Abdelkader Yefsah sur la justification du coup d’État de juin 1965.

En fait, c’est la principale difficulté qu’ont éprouvé les putschistes. Car, depuis 1962 voire avant l’indépendance, ils présentaient Ben Bella comme un homme providentiel. Or, bien que Ben Bella ait sans doute des responsabilités, force est de reconnaitre qu’il les partageait avec les partisans du putsch. D’ailleurs, s’il avait eu autant de pouvoirs entre les mains –les vrais pouvoirs ne s’octroient pas –, les militaires auraient eu du mal à le déposer avec une facilité déconcertante.

En tout cas, les arguments, contenus dans la déclaration du conseil de la révolution, ne reflétaient pas la réalité. Pour Abdelkader Yefsah, ce ne furent que des alibis, « d’autant plus que, dans leur exercice du pouvoir, ils tomberont et suivront les mêmes travers politiques que ce qu’ils dénonçaient chez Ben Bella et qui avaient motivé leur intervention armée pour y mettre fin. »

Par ailleurs, malgré l’accumulation de preuves, l’histoire officielle refusait d’admettre qu’il s’agissait d’un coup d’État. Ainsi, après la déposition de Ben Bella, les arguments mis en avant faisaient état d’une correction de la trajectoire de la révolution. Pendant plusieurs décennies, le 19 juin 1965 était un jour férié et chômé. Plus grave que ça, les putschistes déniaient à quiconque le droit de comparer le renversement de Ben Bella à un coup d’État. Et pour cause ! Ils expliquaient, dans leurs différentes déclarations, que le redressement était l’œuvre de « fils de paysans, fils d’ouvriers, qui ne travaillent et ne cherchent que le bonheur du peuple et le bien de l’Algérie. » En s’identifiant au peuple,  ils justifiaient la légalité de leur acte. D’ailleurs, un peuple peut-il faire un coup d’État ?

Pour toutes ces raisons, les militaires, à leur tête Boumediene, ne parlaient que d’un redressement révolutionnaire. « Selon la terminologie officielle, A. Ben Bella, le diabolique dictateur, le tyran, le traitre, avait, par son action cynique et malsaine, figé les forces révolutionnaires que H. Boumediene, par son intervention révolutionnaire, était venu libérer », écrit l’auteur de la « question de pouvoir en Algérie ». Dans la réalité, en héritant des pouvoirs de Ben Bella, en plus du pouvoir sur l’armée qu’il possédait à lui tout seul, Boumediene a figé, plus que son prédécesseur, la vie politique algérienne. Malheureusement, quand un pouvoir de cette nature est instauré, ce régime résiste à toutes les vicissitudes de la vie politique. De Chadli à Tebboune, les successeurs de Boumediene refusent tout partage de pouvoir. Enfin, bien que les personnalités diffèrent, l’organisation du pouvoir demeure la même : la suprématie du pouvoir exécutif sur les deux pouvoirs concurrents, à savoir le législatif et le judiciaire.

            

 

 

 

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 13:14
Depuis l’annonce de la participation du FFS aux élections locales, les réseaux sociaux s’enflamment. Les détracteurs les plus acerbes, sans peser la gravité de leurs propos, parlent de trahison. Pire encore, bien qu’il n’y ait ni accord ni alliance, certaines voix accusent le FFS de fossoyeur de la révolution. Ceci n’a évidemment aucun fondement, car si le mouvement s’est arrêté, c’est parce que les Algériens se sont soumis aux nouvelles règles du régime. Jusqu’à preuve du contraire, le FFS n’a jamais empêché les manifestations hebdomadaires.
Par ailleurs, existe-t-il une différence entre un mouvement de contestation et un parti politique ? Si le hirak était un parti, il ne tiendrait pas plus d’un mois. La raison est toute simple : le parti, même en étant dans l’opposition, doit défendre un projet alternatif sans mettre en danger la pérennité de l’État. Ce qui n’est pas le cas du hirak où toutes les tendances étaient seulement d’accord dans la contestation du système de gouvernance. D’ailleurs, s’il y avait eu un projet de rassemblement, comme en 1956, les partis politiques auraient intégré le hirak en dissolvant leurs organisations. Ce n’est pas le cas. Il faut dire aussi qu’au sein du hirak, il n’y avait pas de têtes d’affiche, à l’instar de Ben Mhidi et Abane, pendant la glorieuse révolution.
D’un autre côté, heureusement que les partis n’ont pas fait cette erreur. Tout en soutenant le constat du mouvement populaire, ils ont su garder leur autonomie. Car, depuis le mois de mai, le régime a repris le contrôle de la rue. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le maintien du hirak en Kabylie n’était pas synonyme de la force du hirak, mais une tolérance à des fins inavouées.
Du coup, s’il y a un seul enseignement à tirer depuis février 2019, c’est que les marches hebdomadaires sont insuffisantes. Pour éviter toutes les tragédies, la région de Kabylie ne doit pas être offerte en offrande pour assouvir des projets politiques irréalisables. C’est la raison pour laquelle, à titre personnel, j’ai souhaité l’arrêt des manifestations en Kabylie après la reprise du contrôle de la rue par le pouvoir. Et pour cause ! Si le mouvement s’était arrêté dans les autres régions du pays, il n’y aurait eu aucune raison pour que le mouvement se poursuive uniquement en Kabylie.
De la même manière, si les élections se déroulent sans problème partout en Algérie, il faudra qu’elles aient lieu en Kabylie. Ainsi, si les conseils communaux sont élus partout en Algérie, il faudra les élire de la même manière en Kabylie. Pour toutes ces raisons, la participation du FFS est amplement justifiée. Quant aux choix des futurs conseillers communaux, cette décision appartient uniquement aux citoyens nationaux. Qu’il en déplaise à El Magharibia ou à quelques animateurs de la diaspora, la décision revient aux citoyens de chaque localité du pays d’élire ou de ne pas élire leurs conseillers communaux. Enfin, au-delà de tous ces arguments, cette participation légitime mettra fin à la singularisation de la Kabylie. Et ce sera la meilleure victoire au-delà des résultats.
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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 15:46

« Le travail politique du parti au sein des unités de l’ANP se fait par le département politique de l’armée directement contrôlé par le bureau politique. La politisation de l’armée doit tenir compte de ses conditions spécifiques, notamment en ce qui concerne la discipline et l’unicité du commandement », article 24 des statuts du FLN d’avril 1964.

Ainsi, bien avant même la prise totale du pouvoir par l’armée, la politique ne lui était pas un terrain étranger. Sans revenir sur la conduite de la guerre ou sa course au pouvoir à la veille de l’indépendance, force est de reconnaitre que l’état-major de l’armée était toujours la source décisionnelle. Ainsi, bien qu’il ait refusé de participer aux négociations, l’armée des frontières suivait de près leur déroulement. D’ailleurs, son absence, lors des rencontres bilatérales, a été exploitée pour se dédouaner des concessions, uniquement sur la forme, de la partie algérienne.

En tout état de cause, ca serait une méconnaissance de l’histoire si l’on considérait que la prise du pouvoir par l’armée datait de juin 1965. Cette date représentait uniquement l’exacerbation du pouvoir. En plus, au départ, Boumediene voulait faire participer toutes les tendances au sein du conseil de la révolution. « En prenant en main les destinées du pays, l’armée algérienne allait renforcer et accélérer le processus de la constitution en tant que groupe national hégémonique. Ayant conquis toutes les sources hégémoniques de l’État, elle put effacer toutes les variantes de légitimité et substituer au défunt CNRA (le parlement de la révolution) un mini CNRA, issu de ses propres rangs (…) qu’elle baptisa conseil de la révolution (CR) », écrit Abdelkader Yefsah, dans « la question de pouvoir en Algérie ».

Toutefois, bien qu’il y ait, au début, un semblant de respect des formes républicaines, les appétits de pouvoir de Houari Boumediene ont vite relégué ces principes au second plan. Et même le retour à la légalité au bout d’un an maximum a été « oublié ». Boumediene s’est contenté de l’ordonnance du 10 juillet 1965 « qui stipulait que le CR était le dépositaire de l’autorité souveraine ». Pire encore, les promesses du retour à la légalité n’était qu’un leurre. Dans la réalité, l’histoire nous a appris que le conseil de la révolution n’était qu’une couverture. A vrai dire, Boumediene n’a jamais réuni le conseil de la révolution dans sa totalité.  

Le refus de Boumediene de revenir à la légalité a provoqué la désapprobation de son chef d’état-major, Tahar Zbiri. Ce dernier a même tenté un coup d’État en décembre 1967. Pour le clan d’Oujda, l’échec du coup d’État était une occasion d’éloigner les dernières brebis galeuses, réfractaire à la volonté de Boumediene de bâtir la nation sur la volonté des hommes et non pas sur les institutions. D’ailleurs, à en croire Abdelkader Yefsah, le projet de service national n’a été soumis qu’après la défaite de Zbiri. « Autrement dit, une fois que Boumediene était certain de contrôler l’essentiel de l’armée », écrit-il. Quant aux institutions, il a fallu attendre 11 ans pour l’adoption d’une nouvelle constitution et 12 ans pour l’élection d’une Assemblée nationale.  

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 07:22

« Le meurtre de Abane infléchit tout destin des organismes dirigeants du FLN. Il consacra d’abord la plus regrettable des divisions entre le pouvoir légal et le pouvoir de fait », extrait de « vérités sur la révolution algérienne », de Mohamed Lebjaoui.

Cette malédiction ne s’estompe pas malheureusement avec la fin de la guerre d’Algérie. De crise en crise, les institutions de la révolution ont été prises en otage. Et l’esprit militaire qui s’est imposé ensuite ne pouvait produire mieux. Pour mieux comprendre cette fatalité, il suffit d’examiner la gestion de la guerre après l’assassinat abject d’Abane.

En effet, cinq mois après son assassinat, les militaires ont décrété que la révolution devait être leur propriété. Ce fut la naissance du pouvoir suprême des 3B (Boussouf Abdelhafid, Ben Tobbal Abedellah et Belkacem Krim ).

Toutefois, bien que les 3B aient établi leur domination, il n’en reste pas moins que la façon dont a été exercé le pouvoir ne rendait pas la situation apaisante. « C’est ainsi que, durant toute l’année 1958, un complot, visant à renverser les « Trois B » et à s’emparer du pouvoir, fut tramé grâce à l’aide des Tunisiens youssefistes et de l’Egypte », écrit Abdelkader Yefsah, dans « la question de pouvoir en Algérie ».

Malheureusement, la fin de la crise, communément appelée l’affaire Lamouri, n’a pas servi de leçons. A partir de juin 1959, les 3B ont pris une décision très grave : le limogeage du président du GPRA, Ferhat Abbas. En guise de proposition de sortie de crise qu’ils ont eux-mêmes provoquée, les 3B ont fait appel aux colonels. C’était une mauvaise idée puisque les colonels ne se sont pas contentés de débattre dans le cadre fixé par les 3B. Ce fut le colonel Lotfi qui les mettait d’emblée dans une situation embarrassante. Il demandait à ce que les 3B quittent la réunion ou appellent les autres membres du GPRA, étant donné que les 3B firent toujours partie du GPRA.

A partir de là, les conciliabules allèrent dans tous les sens. Pendant 99 jours, les colonels étaient incapables de s’entendre  sur la composition des nouveaux organismes dirigeants. Et quand au bout de trois mois ils sont parvenus à désigner les membres du CNRA –le parlement de la révolution –, les travaux du CNRA ont duré encore 33 jours pour enfin désigner les membres du GPRA.

Finalement, le CNRA a reconduit quasiment la même équipe. Mais, la décision la plus lourde de sens fut l’unification de l’armée des frontières sous la houlette de Houari Boumediene. Cette erreur monumentale n’a pas seulement condamné la révolution à demeurer en crise –les oppositions de l’état-major au GPRA lors des négociations avec la France sont légion –, mais à hypothéquer l’avenir du pays après l’indépendance. 

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 20:27

L’entente au sein du clan d’Oujda n’a pas duré si longtemps. A-vrai-dire, les membres du clan n’étaient d’accord que sur la liquidation du gouvernement provisoire. Dans ce cas, l’échec, dans la construction du pays, n’était-il pas prévisible ? En d’autres termes, était-il possible de bâtir un pays sur la haine et la loi de la force ? Les déchirements au sommet du clan d’Oujda ne corroborent pas cette thèse.

Composé entre autres de Ben Bella, de Boumediene, de Khider, de Bitat, de Ferhat Abbas, le clan d’Oujda a eu du mal à partager les responsabilités. Revenant sur les tiraillements minant le clan, Abdelkader Yefsah écrit : « l’année 1963 a vu l’éviction de M. Khider et l’effacement de R. Bitat de la vie politique algérienne. Ferhat Abbas, quant à lui, s’était démis de son poste de président de l’Assemblée nationale et fut exclu du FLN. »

En tout cas, dans l’Algérie de l’année 1962, tous les titres ou les intitulés des fonctions n’avaient pas la même importance. Ainsi, en détenant le secrétariat général du FLN, Khider ne pouvait pas participer à la construction du processus décisionnel, et ce, en dépit du pouvoir colossal réservé théoriquement au parti.  Il en était de même de Ferhat Abbas, président de l’Assemblée nationale constituante, et ce, bien que le rôle de l’Assemblée soit clairement défini : le contrôle de l’action du gouvernement. Quant à Rabah Bitat, même s’il était un historique, il n’était pas un concurrent. Il voulait juste un rôle secondaire honorifique.

Du coup, moins d’un an après la victoire du clan d’Oujda, il ne restait que deux chefs sur la scène politique. Dans la réalité, bien que Boumediene ne revendique pas, pour le moment, la totalité du pouvoir, sa position stratégique, vice-président et ministre de la Défense, le plaçait comme le détendeur du pouvoir réel. « D’où la nécessité  pour A. Ben Bella de se tailler, en dehors de l’Assemblée constituante, une constitution à la mesure de ses ambitions…Faisant fi de cette procédure, A. Ben Bella, par une initiative personnelle, chargeait dès le début de l’été 1963 une commission (constituée d’hommes à lui et choisis en dehors de l’Assemblée constituante) de la préparation d’un projet de constitution », écrit Abdelkader yefsah.

Bien entendu, ce passage en force a suscité des attaques, à l’intérieur et à l’extérieur du clan, contre Ben Bella. La démission de Ferhat Abbas et les désapprobations de Khider et Bitat ont provoqué des secousses au sein du clan. Mais, à partir du moment où Boumediene n’a pas désapprouvé, la cohésion demeurait intacte. Et pour cause ! Le centre de gravité du pouvoir n’était pas à la présidence. Selon Abdelkader Yefsah, « comme le parti, c’était A. Ben Bella (mais il n’avait aucune emprise sur la réalité politique) et le gouvernement, c’était A. Ben Bella, mais il ne pesait pas ; il restait l’armée et l’ambition sans cesse grandissante de ceux qui la dirigeaient. »

Enfin, lorsque Ben Bella s’en est aperçu de la réalité, il était déjà trop tard. La recherche des alliances en dehors du clan d’Oujda en vue de faire face à ses adversaires était vaine, puisque Boumediene et ses alliés n’ont eu aucun mal à s’emparer, cette fois-ci, de tous les pouvoirs. Ainsi, le coup d’État de juin 1965 était simplement la résultante des manœuvres qui ont commencé au lendemain de la victoire du clan d’Oujda à l’été 1962.

 

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 12:45

À quatre jours de la commémoration de la mort d’Ali Mécili, le FFS, à travers son refus de prendre part aux élections du régime, rend le meilleur des hommages à ce symbole de l’opposition algérienne. En plus, bien que le boycottage s’impose, le respect du calendrier des débats internes est également une démarche honorable. Cela ne veut pas dire que le parti devrait ignorer le mouvement populaire.

Au contraire, toute révolution a besoin de partis politiques. Si le choix, par exemple, entre 1954 et 1962, devait être la dissolution des partis au sein du FLN historique, il ne faudrait pas, dans la révolution actuelle, suivre le même modèle. Car, la recherche de l’unanimisme ne fait qu’émerger des personnalités violentes en lieu et place des compétences.

En tout cas, depuis 2 ans, les manifestants ne rejettent pas les partis. Et pour cause ! Pour la plupart, ils n’ont jamais eu de responsabilités exécutives. C’est la raison pour laquelle les manifestants dirigent leur colère contre le régime qui s’est imposé par la force depuis 1962. D’ailleurs, comment pourraient-ils s’en prendre au FFS, alors que ce dernier a payé un lourd tribut pour l’avènement de la démocratie en Algérie ?

Malheureusement, par moment, il existe quelques réactions nauséabondes de certains animateurs du hirak envers les partis. Hélas, ces derniers se contredisent sans cesse. Car, on ne peut pas dire que ce hirak ne doit pas avoir de représentants et en même temps reprocher aux partis leurs activités au nom même du hirak.

En tout cas, en maintenant ses activités –peu importe le différend que l’on puisse avoir avec les dirigeants du parti –, le FFS sauve –cette remarque vaut aussi pour d’autres partis qui maintiennent leurs activités –la place des partis dans le nouveau paysage politique. Car, la victoire du hirak ne doit pas se limiter au départ du régime, mais à la capacité des partis à proposer l’alternative.

Pour conclure, il va de soi que le boycott des élections du 12 juin 2021 est une réponse adéquate à un régime qui ne cherche que sa pérennisation. Est-ce que tous les refus doivent s’exprimer de la même manière ? Certains militants confondent le mouvement de contestation et la construction politique.

Dans le premier cas, la rue exprime sa position à travers des slogans. Dans le second cas, le parti développe une analyse politique où le pour et le contre sont pesés. Dans le cas du scrutin du 12 juin, on ne peut pas se réclamer de l’héritage de Hocine Aït Ahmed et cautionner en même temps un processus biaisé. Mais, il fallait laisser le temps au parti de l’exprimer sans pression.  

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 19:51

Depuis le début du hirak, la femme algérienne joue un rôle exemplaire. C’est ce qu’elle a démontré lors de la célébration de la journée du 8 mars 2021. Bien entendu, le combat de la femme algérienne ne se limite pas à cette journée. À chaque étape décisive de l’histoire de notre pays, elle était au rendez-vous, notamment pendant la guerre d’indépendance.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet esprit combatif a été jalousement sauvegardé. Bien que le règne du parti unique ait détruit tous ces repères, il n’en demeure pas moins que l’esprit de résilience est resté enfoui dans leur conscience. Ainsi, malgré son infériorisation par le code de la famille de la honte, dès la pseudo ouverture politique, la femme algérienne a repris sa place.

Mais, ce qui a révélé la capacité de la femme algérienne à être à la hauteur des événements était incontestablement sa mobilisation au sein du hirak, et ce, depuis le 22 février 2019. En dépit des difficultés inhérentes à sa position familiale –une avocate a résumé la situation en disant que la femme algérienne devait faire d’abord le hirak chez elle avant de sortir dans la rue –, son implication massive a permis de préserver la révolution.

Pour ces raisons, la participation active de la femme algérienne au hirak ne doit pas suivre la même trajectoire que la première révolution, 1954-1962. Car, après l’indépendance, la dictature a dénié à la femme les droits les plus fondamentaux. Cette couleur a été annoncée à la fin de la guerre. Dans une rencontre au sommet de la révolution, des machos ont décrété que la place de la femme était en cuisine. C’était évidemment une grave injustice. Mais, la grave humiliation a été atteinte lorsque la chambre d’enregistrement, composée exclusivement de cachiristes de leur époque, a rédigé un statut qui l’infériorisait à vie.

Du coup, pour que l’issue de la révolution du sourire soit différente de la première révolution, il faudrait inscrire, dans les futurs textes, l’égalité parfaite entre l’homme et la femme. Du moins, les institutions devront être claires sur ce sujet.

Dans la pratique, tout le monde sait que les pesanteurs de la société vont encore freiner son émancipation. Et sur ce sujet, les blocages ne viennent pas tout le temps du régime. Le problème est ancré dans la société. Pour dépasser cela, il faudrait peut être se poser la question la suivante : la vie d’un être humain n’est-elle pas supérieure à des considérations liées à la tradition ou à la religion ? Il est temps que la liberté soit le fruit de tous.

  

 

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  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.
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