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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:45

Plus grave que le différend, étalé dans la presse, entre le chef du gouvernement et le président du FCE est la proximité assumée du chef de la centrale syndicale, l’UGTA, avec le patronat. Ce qui est inconcevable, voire irréalisable, dans les sociétés qui se respectent –qui peut en effet imaginer une accointance entre la CGT et le Medef en France, par exemple –devient, en Algérie, une chose banale.

Bien que la centrale syndicale soit caporalisée au lendemain de l’indépendance, le double soutien au patronat et à l’exécutif est uniment une insulte à ceux qui ont risqué leur vie pour créer le syndicat révolutionnaire en février 1956. Car, si les institutions fonctionnent normalement, le rôle de la centrale syndicale devra être du côté de la classe ouvrière.

Hélas, en Algérie, on est habitué à cette dépravation de la pratique politique. Après avoir annihilé toute chance d’alternance au pouvoir, les minis crises à l’intérieur du système donnent lieu à des luttes d’une violence parfois inouïe. Il faut rappeler, en effet, que tous ces acteurs partagent un seul programme. C’est celui du chef de l’État. Et chacun d’eux s’en réclame avec force et conviction.

Cela étant dit, si la société était organisée, de telles histoires n’auraient pas eu lieu. C’est la faiblesse du peuple qui fait la force de ceux qui nous gouvernent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats de la dernière élection législative montrent que le régime a encore de beaux jours devant lui.

Devant cette situation, que peuvent nous dire les moralistes et les analystes à deux balles qui nous parlaient, en mai dernier, d’un choix fondé sur des convictions de la part de presque 70% des électeurs? Force est de constater, malheureusement, que le sommeil dans lequel est plongé le peuple algérien ne véhicule aucun message politique.  

Aït Benali Boubekeur

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 21:08

La tenue du conseil national du FFS, deux mois après les élections législatives, est un choix judicieux. Bien qu’une certaine tendance revancharde, composée essentiellement des ex-militants du parti, attende que ce rendez-vous débouche sur l’implosion du parti, il n’en reste pas moins que le fait de le repousser comporte plusieurs avantages. Ainsi, toutes les lectures faites à chaud sont uniment évitées.

Toutefois, malgré la tenue du conseil national dans un climat serein, cela n’empêche pas de faire un diagnostic cohérent. Mais, avant de tirer toute conclusion hâtive, il faudrait rappeler le contexte dans lequel s’est déroulée la joute législative. Bien que le FFS n’ait eu aucun doute sur son issue, pendant toute la période électorale, le FFS a essayé d’élever le niveau et de poser les vraies questions politiques.  

Hélas, le parti pris de l’administration –quels que soient les joueurs et quelle que soit la volonté du peuple, ce sont toujours les mêmes qui gagnent – et l’hibernation du peuple –depuis au moins 1992 –réduisent toutes les chances de l’opposition de constituer une alternative à la politique en place.

Cependant, en 2012 et en 2017, une prise de conscience minime aurait pu mettre le régime dans l’embarras. À titre d’exemple, si les bulletins nuls avaient été exprimés contre les partis du pouvoir, l’issue du scrutin aurait été différente. Dans ce cas, ou bien le régime accepte le verdict et ce sera la première alternance postindépendance, ou bien il recourt au coup d’État et là le régime perdra tout le crédit vis-à-vis de ses soutiens occidentaux.

Dans ces conditions, quelle est la part de responsabilité du FFS dans la crise politique qui secoue le pays depuis l’indépendance ? Malgré l’acharnement de quelques ex-militants à imputer la crise à leur ancienne formation politique, la crise multidimensionnelle que traverse le pays ne peut être incombée à un seul parti.

Enfin, si l’on examinait les projets de tous les partis, la reconstruction du consensus national devrait susciter l’intérêt et l’adhésion citoyens. D’ailleurs, si la solution politique du FFS était si mauvaise, le chef du gouvernement ne tenterait pas de la copier. Malheureusement, avec le régime, à chaque fois qu’il reprend les idées du FFS, il les vide préalablement de leur sens et de leur contenu.

Aït Benali Boubekeur    

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 19:04

Plusieurs localités du nord du pays, à l’instar de Tizi Ouzou, Tissemsilt, Bejaia, ont connu une fin de semaine infernale. La propagation des feux a atteint des maisons. En plus des pertes matérielles colossales, il y a eu aussi des pertes humaines.

Incontestablement, c’est l’une des situations les plus dramatiques dues au déchainement de la nature. Bien que les gens du terrain, notamment les pompiers et les éléments de l’ANP présents sur place, aient fait leur devoir convenablement, il n’en reste pas moins que l’insuffisance des moyens a été un grand handicap. En effet, quelle que soit la volonté des humains, personne ne peut arrêter la progression des flammes.

Face à ce drame, les réactions devraient être mesurées. Certes, bien que le régime ne puisse être d'aucuns secours aux populations qui souffrent, une surenchère politique est tout aussi répréhensible. Hélas, ces malheurs représentent le pain béni pour le mouvement séparatiste.

Alors que les causes des incendies peuvent provenir de différentes situations, les sites séparatistes arrangent le récit pour qu’il convienne à leur propagande. En gros, leur présentation est à peu près la suivante : « l’armée algérienne barbare veut détruire la Kabylie pour avoir voulu son indépendance. »

Cette description est en soi une insulte à la Kabylie, laquelle Kabylie n’a pas besoin de tuteur. De la même manière, la mobilisation citoyenne n’est pas forcément un soutien au mouvement séparatiste. La Tiwiza existe depuis la nuit des temps en Kabylie. Hélas, cette solidarité a perdu un peu de terrain depuis la destruction de nos valeurs, entreprise par les arrouchs, dans le premier temps, et le MAK ensuite.

Pour conclure, il va de soi que le régime n’est pas et n’a jamais été à la hauteur des événements. En l’absence de toute communication et des annonces de prises en charge des victimes, le régime laisse le terrain à ceux qui font le commerce sur le malheur des citoyens. Cela dit, malgré le laxisme, les citoyens de la région de Kabylie ne devraient pas céder à un certain son des sirènes. Notre Algérie triomphera un jour de tous ceux qui essaient de la traîner dans la boue.

Aït Benali Boubekeur 

 

 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 07:51

« Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes », Benjamin Disraeli, ancien premier ministre britannique au XIXe siècle.

Cette sentence s’applique évidemment à tous les pays issus des colonies. Contrairement aux autres pays, dans le cas de l’Algérie, la crise politique aurait pu être évitée s’il n’y avait pas eu l’acharnement de l’armée des frontières à vouloir imposer sa vision tyrannique.

En effet, la République étant issue du référendum d’autodétermination, la souveraineté nationale aurait dû dépendre uniquement de la volonté populaire. Ainsi, sans le coup de force contre l’instance légitime de la révolution algérienne, en l’occurrence le GPRA, dans le premier temps, et l’exclusion du peuple, dans le second temps, les jalons de la République ont été posés dès le 1er juillet 1962, à l’occasion du référendum d’autodétermination.

Malgré la résilience des autorités politiques et grande partie des maquis de l’intérieur, le soutien de quelques figures de proue au clan d’Oujda, à l’instar d’Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Rabah Bitat, Ferhat Abbas, a été décisif dans le processus de la prise du pouvoir par l’état-major général, commandé par Houari Boumediene.

Dans son ultime tentative, les organisations intérieures ont tenté de sauver la victoire du peuple algérien. Dans une réunion regroupant les forces vives de la nation, les congressistes, réunis à Zemmorah, les 24 et 25 juin 1962, ont recommandé des sanctions contre les menées illégales de l’EMG.

Après leur rencontre avec le président du GPRA, Ben Youcef Ben Khedda, le 30 juin 1962, des sanctions ont été prises à l’encontre du chef de l’EMG et de ses adjoints. Hélas, la détermination de l’armée des frontières, soutenue par ses alliés civils, conjuguée à l’épuisement du peuple algérien a facilité la prise du pouvoir. Suréquipée et dotée d’un matériel neuf, l’armée des frontières a écrasé tout sur son passage. Environ 1000 combattants y ont laissé leur vie dans les affrontements avec les troupes dirigées par Houari Boumediene.

Aujourd’hui, le discours officiel minimise cette violence commise à l’encontre du peuple algérien. On tente même de justifier que si la crise est là, c’est parce que le peuple algérien n’a pas assez joué son rôle. Cette façon de présenter les choses vise à disculper la classe dirigeante qui n’a jamais été renouvelée.

Pour conclure, il va de soi que ce sont la prise violente du pouvoir et la mainmise sur toutes les institutions –des trois institutions qui existent partout dans le monde, en Algérie, seul le pouvoir exécutif a le droit de cité –qui ont provoqué l’exclusion du peuple. Bien qu’il y ait des efforts d’une certaine opposition en vue de la conscientisation du peuple, ce dernier reste à l’écart. En témoignent d’ailleurs les résultats des législatives de mai 2017.

Cette désaffection –qu’on le veuille ou non –est consécutive à la politique poursuivie depuis 1962. Et s’il faut appeler le peuple algérien à consentir des efforts, il faudra d’abord changer les règles de jeu politique.

Aït Benali Boubekeur

  

 

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 08:28

À l’occasion du 55eme anniversaire de l’indépendance nationale, le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, adresse un long message au peuple algérien. On peut distinguer trois temps. Immanquablement, le rappel historique est celui qui peut faire un large consensus.

En effet, c’est grâce aux meilleurs fils de l’Algérie, qui ont sacrifié leur vie pour que tous les Algériens vivent en liberté, que notre pays recouvre son indépendance en juillet 1962. Est-ce que tout le monde est logé à la même enseigne ? De Ben Bella à Bouteflika, il n’est pas sûr que cette égalité soit respectée.

Toutefois, sur les deux autres thèmes, à savoir le bilan postindépendance et les perspectives d’avenir, il est difficile de partager la même vision. Et pour cause ! Si le pays traverse de multiples crises depuis 1962, la responsabilité incombe à ceux qui gèrent les affaires par la force. D’ailleurs, depuis 1962, la relation entre gouvernants et gouvernés n’a jamais été apaisée.

Bien que le chef de l’État parle d’une volonté inébranlable des dirigeants de construire des institutions justes, cette vision ne peut pas être partagée par le citoyen lambda. En effet, même si l’indépendance de notre pays reste l’une des plus belles œuvres du siècle dernier, tous les Algériens ne profitent pas des fruits de l’indépendance.

D’ailleurs, avant d’exiger de la France des excuses –même les dirigeants français admettent que la colonisation était une œuvre injuste et inhumaine –, ne faudrait-il pas, au préalable, que les Algériens fassent le bilan de l’indépendance ? Ainsi, les dirigeants ne pourraient pas essuyer tous les échecs sur le dos de la colonisation.

En outre, bien qu’il y ait incontestablement des réalisations qui ont été accomplies, est-ce que le résultat est satisfaisant compte tenu des moyens dont dispose le pays ? Cette question se pose, sans discontinu, sur toute la période postindépendance.

Et lorsque le chef de l’État affirme que c’est la décennie noire qui a freiné le développement de notre pays, cette explication paraît très légère. Le mal algérien remonte au lendemain de la signature des accords du cessez-le-feu. Le refus de l’état-major de l’armée de respecter la légalité révolutionnaire explique tous les balbutiements postindépendance.

Cela étant dit, le propos ici n’est pas de disculper la violence islamiste ni leur idéologie –en exploitant la religion à des fins politiques, ces hommes politiques tentent de ressusciter les pires dictatures de l’histoire de l’humanité –qui sont à l’origine de beaucoup de malheurs dans la totalité ou peu s’en faut des pays musulmans.

Enfin, malgré le discours d’autosatisfaction, les bons résultats économiques ne sont obtenus que lorsque les prix du pétrole sont élevés. Et dès lors que ces prix dégringolent, le pays rentre aussitôt de plain-pied dans la crise. Cela se vérifie à deux reprises ; en 1986 et 2015.

Pour redresser la situation, le chef de l’État exhorte les Algériens à consentir des efforts. Ceci est évidemment un devoir. Mais, avant de se tourner vers les faibles revenus, ne faut-il pas demander davantage de participation aux grandes fortunes dont la provenance n’est pas forcément saine

Aït Benali Boubekeur

      

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 19:55

Six mois après le recours au service du chef historique, Mohamed Boudiaf, le sauveur a été assassiné probablement par ceux ceux-là mêmes qui ont fait appel à lui. Bien que la thèse islamiste soit retenue –une certaine version parle même d’un acte isolé –, il n’en reste pas moins que son assassinat ressemble davantage à une liquidation planifiée qu’un acte isolé.

Mais, avant de traiter de l’affaire proprement dite, il faudrait rappeler le contexte politique précédant le recours à l’un des plus prestigieux chefs historiques, Mohamed Boudiaf. Depuis les événements d’octobre 1988, le régime a été contraint d’ouvrir le champ politique, et ce, après prés de trois décennies de pire dictature.

Au sein du régime, deux tendances s’affrontent. Il y a d’un côté les réformateurs qui souhaitent une ouverture réelle et de l’autre côté des conservateurs qui digèrent mal les concessions faites au peuple algérien.

Et ce sont ces derniers qui ont fait appel à Mohamed Boudiaf, après la victoire du FIS aux élections législatives de décembre 1991. Bien évidemment, le fait même de penser confier les destinées du pays au parti extrémiste constituait un danger. Mais, si le parti vainqueur ne peut pas exercer le pouvoir, à quoi ça sert d’organiser les élections ?

En tout état de cause, bien que le chef de l’État de l’époque, Chadli Bendjedid, soit prêt à cohabiter avec le parti vainqueur, il n’en demeure pas moins que le véritable pouvoir n’est jamais exercé, en Algérie, par les personnes désignées à cet effet.

Alors que la constitution prévoit des solutions claires, le haut commandement militaire, à sa tête le général Khaled Nezzar, crée un organisme d’exception, le HCE (haut comité d’État). Après une hésitation, et en considérant que les intérêts du pays sont au-dessus de toute autre considération, Mohamed Boudiaf accepte de présider ce comité.

Comme son prédécesseur, Mohamed Boudiaf constate très vite que la réalité du pouvoir lui échappe.  Cela dit, contrairement à Chadli Bendjedid, Mohamed Boudiaf ne baisse pas les bras. Bien qu’il n’ait aucune légitimité en vue de peser dans cette bataille, il ne cède pas non plus à la pression.

Mais, en voulant tenir tête à ceux qui ne souhaitent que quiconque se mêle de leurs affaires, Mohamed Boudiaf s’expose au danger. Bien que le discours officiel maquille cette liquidation en parlant d’un attentat islamiste, voire d’un acte isolé, aucun Algérien épris de justice n’y a cru cette version.

Sans vouloir reprendre la version de ceux qui cherchent à régler leurs comptes avec l’institution militaire, il y a, quand même, des incohérences dans le dispositif censé assurer la sécurité du président du HCE, Mohamed Boudiaf.

De la même manière, les résultats de la commission d’enquête, mise en place le 4 juillet 1992, sont orientés de sorte à disculper les membres du haut commandement militaire pour ne pas avoir garanti la sécurité du chef de l’État.

D’ailleurs, les conclusions ne permettent nullement de lever les zones d’ombre sur les questions que pose la rue algérienne. « Boumaarafi a agi seul, mû par les convictions islamistes », écrivent les rédacteurs de la commission d’enquête.   

Dans ce cas, pourquoi un tel élément se trouve-t-il dans l’équipe assurant la garde du président ? Est-ce que Boumaarafi a été ajouté à la dernière minute sur la liste des éléments accompagnant le président à Annaba ? Lors de la parodie de procès, pourquoi le juge de veut pas laisser parler Boumaarafi ? Ces questions ne peuvent trouver de réponse tant que la justice est aux ordres.

Aït Benali Boubekeur

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 19:56

Malgré la tentative malsaine de privatiser, voire de politiser, la mémoire de Matoub Lounès, son héritage ne peut être qu’un fond commun. En plus, il faut rappeler d’emblée que le chanteur populaire s’est toujours battu pour que l’Algérien, quelle que soit sa région, recouvre sa dignité.

Est-ce que, comme le prétendent les séparatistes, la mémoire de Matoub Lounès doit être confinée à la région de Kabylie ? Bien que le régime tente autant que faire se peut de circonscrire le combat de Matoub Lounès à une seule région, il n’en demeure pas moins que le grand chanteur a une dimension et une stature dépassant largement sa région natale.

En tout cas, de son vivant, ces tentatives de minimiser son combat n’ont pas eu l’effet escompté. D’ailleurs, au pire moment des menaces qui le guettaient, il n’a jamais dévié sa trajectoire d’un iota. « Je sais que je vais tomber entre leurs mains, il est probable qu’ils m’auront un jour ou l’autre. Cependant, quoi qu’il arrive, l’Algérie est ma patrie, je préfère mourir parmi les miens et si on m’assassine, qu’on me couvre du drapeau national », a-t-il levé toute ambigüité.

Cependant, là où le bât blesse, c’est cette exploitation effrénée de la mort de Matoub Lounès pour une cause qui n’était pas la sienne de son vivant. Bien évidemment, personne ne peut empêcher une partie de la population de se réclamer de lui.

Mais, pourquoi veulent-ils faire de Matoub Lounès un symbole de l’indépendance, alors que l’Algérie était sa préoccupation principale ? Hélas, il est difficile de faire entendre raison à ceux qui se considèrent les seuls héritiers de Matoub Lounès et d’autres événements, tels que le printemps berbère, le printemps noir, etc.

Pour conclure, il va de soi que la mémoire de Matoub Lounès dépasse le cadre restreint de la seule région de Kabylie. Ses valeurs sont à la fois rassembleuses et universelles. Réduire son combat à sa seule région natale, ce serait ignorer son rayonnement et son aura à travers l’Afrique du Nord.

Enfin, il est regrettable que les partis et les associations laissent le terrain au MAK pour la célébration d’un événement aussi capital. Cela dit, leur silence est compréhensible dans la mesure où une présence massive serait exploitée par Ferhat Mehenni pour renforcer son discours sur la prétendue unité politique de la Kabylie.  

Aït Benali Boubekeur

   

   

 

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 21:36

« L’Anavad doit construire son autorité, nous devons avoir des hommes qui seront capables de décréter ville morte et la population devra s’y soumettre sans discuter, sinon, ceux qui ne marcheront pas avec nous, devront assumer leur responsabilité », extrait d’un passage diffusé sur le site séparatiste kabyle.

Ces phrases ne sont pas prononcées par les pires despotes du XIXe ou du  XXe siècle, mais ce sont celles prononcées par le monarque sans trône, Ferhat Mehenni. Envers qui il dirigera sa violence ? Ce n’est sans doute pas à l’encontre des forces de l’ordre qu’il adresse ce message. Et pour cause ! Ses militants claironnent à chaque manifestation qu’ils sont pacifiques.

À vrai dire, ce message s’adresse à des paisibles citoyens qui ne demandent rien ni au régime ni au mouvement séparatiste. Le citoyen lambda sait que ses dirigeants, quel que soit le choix entre les deux concurrents, feront tout pour le priver de ses libertés.

Bien que les partisans de Ferhat Mehenni tentent de minimiser ces déclarations, il n’en reste pas moins que la violence des propos donne le gout de ce que serait le pouvoir sous Ferhat Mehenni.

En tout cas, pour leur roi à la recherche du trône, son mouvement est assez puissant pour imposer d’ores et déjà sa loi. « Nous avons atteint une étape où, quand l’Anavad kabyle décrète que chaque Kabyle doit appliquer ses décisions et ses paroles, celui-ci doit s’y soumettre, autrement il n’a qu’à en assumer les conséquences », menace-t-il.

Encore une fois, ces déclarations nous rappellent les pires périodes de l’Algérie indépendante. À deux reprises, en 1962 et en 1965, les deux despotes ont pris le pouvoir en s’appuyant sur les mêmes arguments en vue d’imposer leur pouvoir monstrueux.

Alors que cette période terne est derrière nous, et ce, au prix d’un grand sacrifice, Ferhat Mehenni souhaite au mieux qu’on revive la période des années cinquante et au pire la période médiévale. Est-ce que les citoyens de la région l’approuvent ? Il existe seulement une partie.

Or, dans une interview au journal Algérie Focus –la rédaction a bien raison de ne pas la publier –, le chef séparatiste déclare que le sort de la Kabylie est scellé. Ainsi, bien qu’il n’y ait aucun débat pour passer du statut de l’autonomie à celui de l’indépendance, le chef autoproclamé estime que ce qui est bon pour lui est forcément bon pour la Kabylie.

Pire encore, il ne devrait même pas y avoir d’opposition. Alors que la scène politique régionale est plurielle, Ferhat Mehenni somme les partis les mieux implantés de rentrer dans le rang. Quant à ceux qui ont le malheur d’adhérer aux partis du pouvoir –il faut rappeler que le parti de Ferhat Mehenni était en première ligne en 1992 en vue de sauver le régime contre la volonté du peuple algérien –, leur cas pourrait être compliqué.

Dans ces conditions, une question se pose légitimement. À partir du moment où un tel mouvement risquerait de supprimer les libertés s’il parvenait au pouvoir, est-ce que les démocrates doivent dénoncer la répression dont font l’objet ses militants. Honnêtement, le choix est cornélien. Mais, au nom des droits de l’homme, toute violence commise contre un humain doit être condamnée.

Enfin, si les citoyens de la région ne veulent pas que la région sombre dans l’anarchie, il faudra qu’il prenne leurs responsabilités. Quant aux partis, tout en gardant leur autonomie et en faisant du pluralisme une valeur définitivement acquise, ils devront réfléchir à une riposte politique. Sinon, des innocents payeront un lourd tribut.  

Aït Benali Boubekeur

      

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 20:47

Lorsque les anciennes plumes de la politique du tout sécuritaire se mettent à décortiquer les résultats des élections législatives du 4 mai 2017, la lecture politique a peu varié. Il y a certes un changement d’approche, mais ils n’osent jamais se départir de cette logique. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la contribution de Rachid Tlemçani, intitulée « élections de 2017 et partis des insoumis ».

Dans ces conditions, faut-il s’étonner que le vote ne puisse rien apporter de nouveau ? En effet, le fait de mener une campagne contre toute participation au processus institutionnel, le résultat ne devrait pas étonner ces observateurs.

De toute évidence, bien que la transparence électorale fasse défaut à chaque consultation, il n’en reste pas moins que notre fausse élite ne souhaite pas qu’il y ait la participation des Algériens au processus politique. Cette approche est aussi celle du régime qui se contente de mobiliser sa clientèle en vue de se pérenniser.

Incontestablement, c’est cette double attitude qui fait éloigner les Algériens de la chose politique. Malgré les efforts déployés par des partis responsables, à l’instar du FFS, les scrutins se suivent et se ressemblent.

Et s’il en reste un infime espoir, la dernière révision constitutionnelle en janvier 2016 l’a achevé. En effet, quel que soit l’issu du scrutin législatif, c’est le chef de l’État qui choisit le premier ministre. Pire encore, sa mission se limite à l’application du programme présidentiel.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est le FFS n’a pas eu tort d’insister sur les enjeux politiques lors de la campagne électorale. Dans plusieurs sorties de ses candidats, les insuffisances de l’APN ont été pointées du doigt.

Est-ce que cela justifie le boycott ? Pas du tout. Profitant de cette tribune, le FFS a proposé un projet politique en vue de définir des nouvelles règles, notamment la séparation des pouvoirs. Ce qui ne pouvait pas plaire à l’entourage du chef de l’État dont tous les pouvoirs sont confondus.

Pour conclure, il va de soi que le régime et une partie de l’élite « Taïwan » ne veulent pas d’un changement réel. Car, cela remettra en cause leurs intérêts. D’où le découragement des citoyens par le pouvoir et des analyses à deux balles de ces pseudos élites.

Pour se consoler, certains penseurs essaient de nous convaincre que les abstentionnistes, qui représentent certes 70%, représentent un véritable pôle. Hélas, cette majorité silencieuse –à vrai dire, elle démissionné depuis belle lurette – ne joue et ne jouera aucun rôle. Il faut attendre les prochaines échéances pour que la partie la plus bruyante des abstentionnistes se manifeste. Pendant ce temps-là, l’Algérie continue de s’enfoncer dans la crise.  

Aït Benali Boubekeur

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 19:59

En Algérie, on peut juger les partis sur tout sauf peut-être sur la base électorale. En effet, depuis l’arrêt brutal du processus électoral en janvier 1992, les Algériens ont été empêchés, dans le premier temps, d’exercer leurs droits politiques et, dans le second temps, découragés par le développement d’un système de fraude sophistiqué. Le but sous-jacent est évidemment de dépolitiser la société.

Dans ce contexte marqué par la désaffection générale à toute la chose politique, comment peut-on parler de l’échec de l’opposition sans parler de la démission du peuple ? Malheureusement, les anciens du FFS jugent le parti sur les résultats, mais ils font abstraction du contexte politique. Pour le professeur Mohamed Lahlou, dans une lettre aux militants, les résultats des élections législatives du 4 mai 2017 constituent une déroute sans précédent.

En fait, bien que le FFS ne parvienne pas à conserver le même groupe par rapport à la précédente mandature, je ne crois pas personnellement à un échec. Car, la participation du FFS n’a pas eu pour but de remporter une quelconque victoire. Et qui plus est, tout le monde sait que tant que les Algériens ne sont pas maitres du jeu, les élections demeureront sans enjeux.

Cependant, après chaque étape, il est nécessaire que le parti fasse le point. Cette évaluation ne doit pas virer aux règlements de compte. Or, pour cet ancien cadre éminent, les militants doivent  organiser une opération de sauvetage du parti. De quelle manière ? Il faudrait, selon lui, que les militants imposent le départ de l’instance présidentielle, laquelle ne peut pas « exercer normalement les missions qui lui ont été fixées par les congressistes ».

Hélas, ce que l’on constate, c’est que cette demande vient principalement des personnes se trouvant en dehors des structures. Or, cet avis n’est pas partagé par les militants encartés qui, eux, respectent les mandats. Ainsi, lorsqu’une équipe est élue pour un mandat donné, il n’y a rien qui justifie la fin de son mandat, sauf si les statuts prévoient ce cas de figure. Ce sont donc les statuts qui définissent les conditions de l’accomplissement dudit  mandat. Ce sont là les rudiments de la pratique démocratique.

Malheureusement, pour les anciens militants, leur requête ne fera pas avancer le parti, car en transgressant les règles démocratiques, ils ne feront qu’exacerber la crise. De la même manière, le fait de s’attaquer à la ligne du parti, en remettant en cause notamment la reconstruction du consensus national, ne rendra pas la ligne politique plus claire.

Qu’on le veuille ou non, sur le papier, le projet du FFS est le plus raisonnable. En effet, depuis 2011, du vivant de Si Lhocine, le FFS a acquis la conviction que les changements brutaux délogent certes les tyrans, mais ils détruisent en même temps les institutions. En exposant son programme devant les partis et en le défendant devant les citoyens lors de la campagne électorale du printemps, le FFS ne commet donc aucune faute. Et si jamais il faut sanctionner les responsables de la crise politique, il faudra diriger les attaques contre les tenants du pouvoir.

Aït Benali Boubekeur  

 

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