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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 09:59

Depuis l’arrivée d’Abdelmalek Bouchafa à la tête du secrétariat national du FFS, le parti affiche une radicalité qui a, dans le passé, fait sa grande force. Bien que ses prédécesseurs n’aient pas démérité, le nouveau premier secrétaire national se distingue par son discours de fermeté.  Pour ceux qui se rappellent des messages incisifs de feu Hocine Aït Ahmed, la dernière réponse du FFS à la correspondance de la présidence de la République s’inscrit indubitablement dans la même logique.

En tout cas, conformément à la ligne politique chère au fondateur de l’opposition algérienne, le FFS ne réduit jamais un problème politique à l’échelle d’une personne, et ce, bien que la responsabilité des hommes puisse être engagée. En effet, la nomination d’Abdelwahab Derbal à la tête de la haute commission de surveillance des élections n’est ni à l’origine de la crise et ni le début du dénouement de la crise politique que vit le pays depuis des décennies.

Par ailleurs, bien que le chef de l’État évoque le texte fondamental en vue de justifier cette nomination, il n’échappe à personne que la révision de la constitution n’a pas mobilisé au-delà du cercle présidentiel. Car, le chef de l’État n’avait aucune volonté d’associer la classe politique.

De toute évidence, ce qui importe au FFS, c’est le traitement objectif de la situation politique du pays. Bien que le régime claironne que tout va bien, les Algériens ressentent les effets néfastes de la gestion chaotique des affaires de l’État. « Le FFS considère l’absence de consensus national sur les conditions d’exercice du pouvoir et sur les conditions de la gouvernance du pays comme la cause principale des dysfonctionnements qui sapent la confiance des citoyens dans la représentation sociale et politique », regrette Abdelmalek Bouchafa.

Plusieurs exemples peuvent étayer la thèse défendue par le FFS. Depuis l’indépendance, les dirigeants sont choisis sur leur capacité à pérenniser le système et non sur leur aptitude à mener le pays sur la voie du développement. Bien que les meilleures occasions se multiplient à foison en 54 ans d’indépendance, force est de reconnaître qu’à chaque effondrement des prix du pétrole, le pays se retrouve fragilisé.

Par ailleurs, si dans tous les pays réellement démocratiques, le pouvoir politique exécute le mandat octroyé par le peuple, en Algérie, le pouvoir s’appuie sur une clientèle –laquelle crie si fort pour qu’on la prenne pour le peuple –ne donnant son soutien qu’en contrepartie financière.

Quant aux élections que le régime compte organiser, elles ne peuvent être ni propres ni honnêtes, pour reprendre l’expression de feu Hocine Ait Ahmed en 2012. De la même manière, il est illusoire de croire qu’elles puissent contribuer d’une façon ou d’une autre à résoudre la crise politique. Pour ceux qui ont compris les messages de Hocine Aït Ahmed en 2012, la participation du FFS ne tendait ni à changer la donne ni à cautionner la fausse élection. Pour lui, la seule raison résidait dans le souci d’éviter l’effondrement de la nation et non celle du régime.

Du coup, pour rester fidèle à la ligne politique définie depuis des lustres par feu Hocine Aït Ahmed, le fait que le FFS refuse de commenter la nomination de Derbal ne signifie pas le boycottage systématique des prochaines échéances électorales. Au moment opportun, le conseil national du FFS décidera en toute autonomie sur la participation au non du parti aux futures législative.

Comme en 2012, les arguments de la participation et de la non-participation se valent. Comme en 2012, le patriotisme et la défense de la démocratie doivent aller de pair. Hélas, ces dernières années, les risques de dislocation nationale incitent les formations patriotiques à adopter des choix difficiles. C’est incontestablement une pilule dure à avaler. Mais, s’il faut éviter l’effondrement de l’Algérie, elles devront participer. En ma qualité de sympathisant du FFS, si le parti décide de participer, je voterai avec enthousiasme.

Pour conclure, il va de soi que les élections en Algérie, dans l’état actuel des choses, ne constituent pas la garantie d’un changement tant souhaité par les Algériens. Toutefois, les risques de dislocation nationale sont tels que la participation est plus souhaitable que le boycott. L’exemple du voisin libyen ou le cas syrien nous enseigne que s’il y a l’effondrement de l’État, il n’y aura ni régime ni opposition. La destruction va broyer tout.

Aït Benali Boubekeur

         

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 20:19

Dans moins d’une semaine, les États-Unis d’Amérique vont élire leur président(e) le ou la  plus controversé(e) de leur histoire. Et pour cause ! Ces derniers temps, l’argent sale et le contrôle de la vie politique par des lobbies font que l’élection présidentielle devient un enjeu entre les hommes forts, lesquels ne se présentent jamais devant le suffrage universel.

En plus, contrairement aux précédentes joutes, les deux candidats en lice ne suscitent pas le grand enthousiasme. Certains sondages parlent même d’un taux d’abstention record. Environ 60%.

Bien évidemment, la colère des Américains est relative à l’incapacité des deux candidats à améliorer leurs conditions. Ils ne se soucient guère de la politique étrangère qui pourrait être dévastatrice. Ainsi, que ce soit Hilarry Clinton ou Donald Trump, il y aura des milliers et des milliers de victimes à cause de leurs guerres injustes.

Cela étant dit, il existe une différence notable entre les deux candidats. Bien qu’Hillary Clinton soit une va-t-en-guerre, il n’ira pas jusqu’à mettre en danger la paix planétaire. En d’autres termes, même s’elle est loin des positions pacifistes des candidats démocrates lors du conflit vietnamien, à l’instar de McCarthy en 1968, elle sera plus prudente que Donald Trump.

En revanche, pour ce dernier, tout différend avec la politique américaine se traduirait par une guerre sans pitié. Sur le plan interne, les Américains les plus modestes souffriront des lois antisociales et surtout de la xénophobie envers les communautés latine et musulmane. Mais, le plus grave, c’est de mettre les codes nucléaires entre les mains de ce dangereux. En tout cas, ça serait l’une des plus graves situations de ce début du XXIème siècle.  

Pour conclure, il va de soi que les quatre ans à venir seront porteurs de tous les dangers si par malheur Donald Trump accède à la responsabilité suprême. Par ailleurs, bien que toutes les démocraties occidentales –en Afrique, des Donald Trump se multiplient à foison –n’ignorent pas le danger Trump, aucune réserve n’a été émise jusque-là. Désormais, la balle est dans le camp des non-bellicistes américains afin d’éviter au Monde des drames regrettables.

Aït Benali Boubekeur      

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 20:40

Depuis l’indépendance du pays, l’histoire du FLN se résume aux complots et aux coups de force. À l’exception de la parenthèse « Abdelhamid Mehri », le FLN présente une piètre image. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci est en contradiction flagrante avec les valeurs qui ont présidé à la fondation du FLN historique.

En fait, à chaque nomination ou destitution à la tête du FLN, le parti s’éloigne davantage du fonctionnement démocratique. D’ailleurs, peut-il être considéré comme un parti lorsque l’on sait que le FLN postindépendance se contente de soutenir le clan régnant ? En effet, bien que le jugement soit sévère, force est de reconnaître qu’il ne possède ni ligne ni programme politiques.

Pour cela, on peut dire que ni le départ de Saidani ni l’arrivée d’Ould Abbès ne peuvent tirer le FLN vers le haut. Car, depuis belle lurette, le FLN est devenu le parti où les affaires prennent toute la place de la politique.

De toute évidence, bien que le pays soit à la croisée des chemins, au FLN, les intérêts du régime passent bien avant ceux du pays. D’ailleurs, qui peut parier, une semaine avant le limogeage de Saidani, sur un tel départ ? Comme à son arrivée, le 29 août 2013, dans des conditions ambigües, son départ ne déroge pas non plus à la même règle.

Cependant, ce qui est regrettable, c’est incontestablement l’incapacité de cet appareil –le parti a cessé d’exister en 1962, et ce, après avoir réussi à mener, avec brio, le peuple algérien à son indépendance –à s’adapter aux règles démocratiques. Et pourtant, la parenthèse réformatrice du FLN, entre 1989 et 1991, où deux hommes, Hamrouche et Mehri, ont tenté de soustraire leur parti à l’emprise des services, a failli conduire à la fermeture de la page sombre du parti unique.

Malheureusement, cette tentative a été stoppée aussitôt. Pire encore, en 1996, la police politique reprend le contrôle du parti en destituant Abdelhamid Mehri. Depuis ce « coup d’État scientifique », dont le but est de détruire le parti pour en faire derechef un appareil, le régime veille à ce que le FLN revienne à sa mission initiale : servir de paravent aux dirigeants.

Depuis cette date, ce qui est bon pour le régime est forcément bon pour le FLN. Pour étayer cette thèse, il suffit de poser la question suivante : si on soumettait au comité central du FLN le nom de l’un des opposants à Saidani, est-ce qu’il voterait contre ? À vrai dire, l’histoire du FLN se résume dans la réponse à cette question.

Pour conclure, il va de soi que le départ de Saidani n’est bénéfique ni pour l’Algérie ni pour la démocratie. Et pour cause ! Cette affaire ne concerne que le clan régnant. Pour ce dernier, si un chef ne sert pas convenablement les intérêts du régime, il désignera quelqu’un d’autre. Et qui plus est, dans la situation actuelle, où l’action politique est dévalorisée, il n’est pas difficile de trouver les candidats.

Aït Benali Boubekeur     

    

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 18:34
La Kabylie n’a pas besoin de guerre.

La dernière intervention de Ferhat Mehenni nous rappelle, pour ceux qui ne connaissent pas les ravages du messalisme, la scission du PPA-MTLD. En effet, le 10 décembre 1953, Messali Hadj en appelle à la base et demande, par la même occasion, les pleins pouvoirs. L’histoire semble apparemment se répéter. À travers cette crise du MAK, les jeunes comprendront ce que le mot zaim veut dire.

Cela étant dit, la comparaison s’arrête là. Car, Messali Hadj reste le pionnier et le père fondateur du nationalisme algérien. Dans le contexte des années 1920, où Messali Hadj a fondé le premier parti nationaliste, la démocratie était partout malmenée. Même les démocraties occidentales souffraient de carences et de manque de liberté. Pour clore ce sujet, un homme comme Ben Bella, qui a présidé de 1962 à 1965 aux destinées de l’Algérie, n’était pas éloigné idéologiquement de Messali.

Quoi qu’il en soit, bien que ces méthodes aient tendance à disparaitre dans le monde, force est de reconnaître que le roi autoproclamé de la Kabylie ne compte pas s’en séparer. Dans son intervention, on a l’impression qu’il s’adresse à ses militants –tout en engageant hélas l’avenir d’une si belle région – comme un roi confondant sa volonté avec celle de son peuple. D’ailleurs, certains rois ne disent-ils pas : nous voulons.

Dans la réalité, il décide tout seul, car c’est lui seul qui imprime la ligne de son mouvement. Cette volonté est donc la sienne. D’ailleurs, certains partisans de son mouvement, d’après ses dires, lui reprochent ses méthodes staliniennes.

À mon humble avis, ces derniers n’ont pas tort. Car, depuis des années, Ferhat Mehenni ne cesse de confondre son sort personnel avec celui de la région. En 1989, avec trois autres militants du MCB, ils décrètent la mort du mouvement populaire. Cinq ans plus tard, prenant tout le monde de vitesse, il annonce à la télévision nationale le boycottage scolaire. Pour l’histoire, il faut que les gens retiennent une chose : bien que ses enfants soient en âge d’être scolarisés, force est de reconnaître que les siens n’ont pas subi les conséquences fâcheuses de cette aventure regrettable.

En tout cas, malgré son âge avancé, le dernier héritier de l’idéologie stalinienne ne veut rien changer. Au-delà des choix qu’il impose à son mouvement, sa finalité est d’imposer sa vision à toute la région. Les attaques répétées contre les deux partis les mieux implantés dans la région, en l’occurrence le FFS et le RCD, confirment ses visées hégémoniques.

Cependant, tant que le combat reste politique, cela n’est pas grave. En ce moment, en Europe, les partis d’extrême droite font une percée historique. Or, dans son dernier message, il appelle, en termes à peine voilés, ses partisans à franchir le rubican. « Nous avons le devoir de nous préparer à parer à toute éventualité », dit-il. En d’autres termes, il est prêt à faire couler le sang des jeunes innocents.

Enfin, cette dernière sortie médiatique du chef séparatiste montre à quel point il s’accroche à son projet personnel. Désormais, la balle est aussi dans le camp des partis. Après l’annonce de la participation du RCD aux élections législatives du printemps prochain, il est souhaitable que le FFS y prenne aussi part. Ainsi, en mobilisant leurs partisans sur le terrain, cela rendra inefficace le plan diabolique de Ferhat Mehenni. Que Dieu éloigne, in fine, la tragédie sur cette terre meurtrie.

Aït Benali Boubekeur

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 09:23
Qu’y a-t-il de révolutionnaire* dans les événements d’octobre 1988 ?

Pour peu que l’on analyse les événements d’octobre 1988 de façon objective, on se rend compte que bien avant la date fatidique, les désaccords au sommet de l’État paralysaient le fonctionnement normal des institutions. En effet, la tenue du sixième congrès du FLN, prévu en décembre 1988, divise les dirigeants. A tel point que Chadli Bendjedid est contraint en juillet de la même année de suspendre les préparatifs du congrès.

En tout état de cause, bien que la rue algérienne retienne a posteriori des événements d’octobre 1988 une grande mobilisation populaire, il n’en reste pas moins que ces évènements et leur prolongement découlent des tiraillements au sommet de l’État. Pour s’en convaincre, il suffit de relire le discours de Chadli Bendjedid du 19 septembre 1988. Dans ce fameux discours, le chef de l’État reproche à ses adversaires de l’avoir empêché de travailler et d’avoir entravé sa démarche.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce discours est à l’origine des troubles. « Il suffira dès lors de retirer au moment opportun les dispositifs répressifs et le tour sera joué », écrivent Lounis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire, dans « octobre 1988, le tournant ».

En outre, fonctionnant sur la base des rumeurs, l’Algérie n’échappe pas du coup aux manipulations. En effet, dès le 1er octobre 1988, la rue algéroise parle avec insistance des manifestations pour le 5 octobre. Sans préparation, la jeunesse s’apprête à se jeter dans la gueule du loup.

De toute évidence, quelles que soient les pertes matérielles causées par une jeunesse déchainée, force est de reconnaître que la répression est disproportionnée par rapport aux migres concessions du régime. En fait, du 5 au 12 octobre 1988, environ 500 jeunes sont fauchés à la mitrailleuse. Bien que les responsables de la répression, à leur tête Kahled Nezzar, tentent de se disculper, il n’en reste pas moins qu’autant de pertes humaines ne peuvent pas être dues à une simple erreur.

Dans le fond, tout le monde sait aujourd’hui qu’à chaque fois que le pouvoir est enrhumé, c’est la société qui tousse. Ainsi, pour barrer la route à Chadli Bendjedid de briguer un troisième mandat, certains irresponsables parient –comme sur une table de poker –le sang des Algériens.

Par ailleurs, alors qu’une tragédie pareille devait impliquer le départ de tout le régime, les événements d’octobre 1988 accouchent d’une souris. « Le calme revenu, Larbi Belkheir et ses alliés s’empressent de parachever leur succès en éliminant leurs principaux adversaires au sommet du pouvoir », notent les deux écrivains.

Quant aux réformes mises en place par les réformateurs, force est d’admettre que la fermeture de la parenthèse démocratique, trois ans après les événements d’octobre 1988, démontre à quel point les dirigeants ne voulaient pas, à la base, d’une ouverture effective.

Pour conclure, il va de soi que les acquis d’octobre 1988 n’ont pas survécu au coup d’État de janvier 1992. Bien que le règne du parti unique soit un modèle désuet, il n’en demeure pas moins que le régime contrôle totalement la vie politique nationale. Ainsi, même s’il n’existe aucune revendication exigeant le départ du régime –comme il n’y avait aucune revendication démocratique en 1988 –, le régime entretient le statu quo. Une situation qui rappelle la période antérieure à 1988.

Aït Benali Boubekeur

*révolutionnaire s’entend ici par un changement profond en rupture avec les pratiques en vigueur.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 14:42
La tentative malsaine de Ferhat Mehenni de récupérer la mémoire des anciens de 1963

A l’occasion du 53eme anniversaire du FFS, le chef autoproclamé de la Kabylie réduit le mouvement enclenché le 29 septembre 1963 à la seule Kabylie. Dans un tissu de mensonges que seul Ferhat Mehenni maitrise, il déclare, sans honte bue, qu’en 1963 « la Kabylie prenait les armes contre l’Algérie. »

Bien que l’homme ne soit pas à sa première tentative de tirer la couverture à soi, force est de reconnaître que cette fois-ci il va trop loin dans le dénigrement. En effet, comment peut-il penser un instant que le parti fondé par le père de l’indépendance algérienne puisse prendre les armes contre l’Algérie ? C’est tout simplement invraisemblable.

Plus grave encore, Ferhat Mehenni insulte la mémoire de Hocine Aït Ahmed en considérant que le rédacteur du rapport de Zéddine, le fondateur de la diplomatie algérienne n’était pas conscient du combat qu’il menait. Hélas, il oublie qu’en défendant le peuple algérien, Hocine Aït Ahmed défendait par la même occasion les citoyens de la région de Kabylie.

Par ailleurs, continuant sa narration étriquée de l’histoire, Ferhat Mehenni déforme à sa convenance le combat du FFS. Alors que ce dernier, sous la houlette de Hocine Aït Ahmed, a eu pour seule préoccupation la démocratisation des institutions de notre pays, Ferhat Mehenni détourne sciemment son combat en l’inscrivant dans une optique régionaliste. « Sans le coup d’État du 19 juin 1965 qui avait enterré cet accord, la Kabylie aurait eu une reconnaissance officielle par l’Algérie », ose-t-il écrire.

Enfin, bien qu’il rende hommage « aux quelques 500 morts au combat », le fait qu’il déforme leur combat, il est évident que là où ils sont, ils ne l’accueilleront pas positivement. Car, ce sont des militants qui ont consacré leur vie à la libération du pays, dans le premier temps, et à la démocratisation de l’Algérie, dans le second temps.

Pour eux, d’Annaba à Oran, d’Alger à Tamanrasset, l’Algérie ne forme qu’une seule et même terre. Et si Ferhat Mehenni avait le moindre doute sur le patriotisme de ces valeureux militants, n’importe quel militant ou sympathisant du FFS le lui confirmerait. Et s’il ne veut pas le vérifier auprès des militants du FFS, les images et les vidéos du meeting du 1er octobre 2016 lui rappelleront aisément cette vérité.

Aït Benali Boubekeur

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 20:37
Bref rappel historique de la création du FFS

Il y a 53 ans, un groupe de patriotes, à leur tête le chef charismatique, Hocine Aït Ahmed, crée le FFS (front des forces socialistes). Contrairement à une version médisante, colportée notamment par les adversaires du FFS, ce dernier est d’essence non violente. Pour ses fondateurs, la mission du parti consiste à créer une dynamique politique, seul rempart contre la dictature. Et s’il devait y avoir l’emploi de la force, celle-ci serait dans une logique défensive.

Mais, avant de revenir sur cette période cruciale, un rappel historique est requis. Bien que la révolution soit dirigée d’une main de fer par le fameux groupe « 3B », il n’y avait rien qui présageait une tournure dictatoriale de l’Algérie indépendante. Car, la principale raison qui a poussé les chefs de l’insurrection à prendre les armes le 1er novembre 1954, c’était justement la mise à mort du système de sujétion colonial.

Hélas, vers la fin de la guerre, les appétits –pour la prise du pouvoir –s’aiguisent. Oubliant les sacrifices et les souffrances du peuple algérien, un groupe d’officiers –stationnés aux frontières tunisienne et marocaine –décide de se substituer à la volonté populaire.

Cependant, n’ayant aucun ancrage dans la société, les planificateurs de la dictature cherchent au préalable une couverture. Pour ce faire, « Boumediene a envoyé Bouteflika recruter un historique. Ils voulaient d’abord convaincre Boudiaf de les rejoindre…Il a été très dur à l’égard de l’État-major. Donc out… Le nom de Boudiaf est éliminé. En ce qui me concerne, il n’était pas question de m’en parler, ils connaissaient déjà mon point de vue idéologique. Ils se sont rabattus sur Ben Bella », relate le chef historique, Hocine Aït Ahmed, le plan machiavélique du groupe d’Oujda.

Cela dit, malgré le plan diabolique se profilant à l’horizon, les hommes de bonne volonté ne cessent d’appeler à la raison. Ainsi, profitant d’un séjour au Caire, fin mars début avril 1962, Hocine Aït Ahmed sollicite l’entremise de Jamal Abdenasser. « Si jamais cette crise atteint l’Algérie –pour le moment, il atteint l’organisation extérieure –, vous ne seriez pas gagnant, Ben Bella aussi, personne ne sera gagnant. Ce sera l’atomisation. S’il vous plait, faites quelque chose… », demande-t-il au chef d’État égyptien.

Hélas, la course au pouvoir relègue toutes les autres questions au second plan. Foulant au sol les principes de la révolution algérienne, le duo Ben Bella-Boumediene impose au peuple algérien un bureau politique (BP) illégitime à tous points de vue. Du côté des opposants, la dénonciation du coup de force ne se fait pas attendre. Le groupe de Tizi Ouzou, regroupant les amis de Krim et de Boudiaf, condamne sévèrement la proclamation du BP, proclamé à Tlemcen le 22 juillet 1962.

Dans la foulée, deux figures de la révolution, Sâad Dahlab et Hocine Aït Ahmed, réagissent individuellement. Si pour le premier, il s’agit du retrait de la vie politique, le second prend l’opinion à témoin en annonçant sa démission de tous les organismes dirigeants de la révolution algérienne. Sa préoccupation est la remise des rênes du pouvoir au peuple algérien. « Elle (sa démission) répond au consensus populaire, au désir profond du peuple qui rend responsable tous les dirigeants, sans exception, de la situation actuelle et qui voudrait les voir tous s’en aller », déclare-t-il dans la conférence du 27 juillet 1962.

Cependant, après une longue nuit coloniale et une guerre qui a saigné la société, les figures de proue du nationalisme algérien acceptent de donner la chance à la paix en acceptant de jouer le rôle législatif. C’est à ce titre que les emblématiques opposants au duo Ben Bella-Boumediene intègrent l’Assemblée nationale constituante (ANC), le 20 septembre 1962, dont la durée est de 12 mois. Sa mission : doter le pays de la constitution.

Malheureusement, bien que la majorité de l’ANC soit dévouée au pouvoir en place, Ben Bella fait écrire une constitution par des cadres du parti. Rédigée dans une salle de cinéma (actuelle salle Atlas), le pseudo texte fondamentale est rejeté par les grandes figures de la révolution, à l’instar de Ferhat Abbas, Hocine Ait Ahmed, etc.

Ainsi, dans l’impossibilité de mener le combat politique à l’intérieur des institutions, les opposants au régime totalitaire songent désormais à le faire en dehors des structures. Deux voies s’affrontent alors. Celle de Krim, Ali Yahia, Mohand Oulhadj, qui consiste à renverser le régime par les armes et celle de Hocine Ait Ahmed qui prône une opposition pacifique et élargie à toutes les régions du pays.

Avec son esprit de persuasion, Hocine Ait Ahmed parvient à fédérer la majorité ou peu s’en faut des militants au sein du FFS. Créé le 29 septembre 1963, ce mouvement politique a pour seul objectif de redonner la parole au peuple. Hélas, dans le contexte des années 1960, les régimes dictatoriaux n’acceptent pas le débat. Et pour cause ! A peine la proclamation du FFS est rendue publique, la réaction du régime tombe tel un couperet. Le 3 octobre 1963, Ben Bella s’octroie les pleins pouvoirs et déclare par la même occasion la guerre au FFS.

Encore une fois, contrairement à ceux qui incombent la responsabilité du drame au FFS, dans le fond, c’est le régime qui a lancé les hostilités en réponse à la création du parti. Dans ces conditions, l’épreuve de force –bien qu’elle ne soit pas favorable au FFS, car à peine un mois et demi après sa fondation, les ténors (Mohand Oulhadj, Ali Yahia) rejoignent le régime avec armes et bagages –devient inéluctable. Justifiant la poursuite du combat, Hocine Aït Ahmed déclare : « aujourd’hui que nous avons atteint un seuil à partir duquel ou c’est la fascisation, c’est-à-dire la mort, la misère morale pour notre peuple, .., ou bien la résurrection de notre révolution. » Et c’est tout le sens du combat du FFS.

Aït Benali Boubekeur

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:10
 Les législatives du 20 avril 2017 : le choix de l’affrontement.

Au moment où l’opposition, à sa tête le FFS, se démène pour que la politique ne s’exerce pas sur le seul critère du rapport de forces, le régime algérien, à travers la programmation des élections législatives pour le 20 avril 2017, décide de perpétuer sa tradition. Et pour cause ! Le calendrier électoral ne l’oblige nullement à opter pour cette date symbolique. D’autant plus que le mandat en cours va jusqu’en mai 2017.

Ainsi, bien que le pouvoir ne veuille pas organiser les élections au cours du mois sacré –ce qui est tout à fait compréhensible –, il n’en reste pas moins que le choix du 20 avril obéit à une logique machiavélique. En effet, pour qu’il n’y ait aucun débat superflu, les dirigeants auraient pu choisir le 13 ou le 27 avril.

Hélas, il n’en est rien. Il semble même que ce choix soit amplement médité. En tout état de cause, au lieu de justifier son maintien par une politique de développement –condition sine qua none pour réduire l’influence des extrémistes de tous bords –, le régime sort ses crocs à chaque événement décisif de notre histoire postindépendance.

Du coup, au moment où le reste du pays voterait dans le calme, la Kabylie –une région qui a scellé son sort à la nation par le sang de ses meilleurs fils – serait, au moins, le théâtre d’affrontement et, au pire, le déclenchement d’une spirale infernale. « Qui osera aller voter un 20 avril en terre kabyle », avertit d’ores et déjà l’organisation séparatiste, le MAK.

De toute évidence, cela ne fait aucun doute sur les intentions des séparatistes : empêcher autant que faire se peut la tenue des élections. Bien qu’ils ne puissent pas s’opposer au rouleau compresseur du régime –envers le régime, ils se disent plus pacifiques que Ghandi –, ils n’hésiteront pas à s’en prendre aux paisibles citoyens qui vaudront voter.

Par ailleurs, sans même attendre la décision des partis qu’ils exècrent, en l’occurrence le FFS et le RCD, les séparatistes les avertissent des conséquences consécutives à leur éventuelle participation. « Si le FFS et le RCD prennent part aux prochaines législatives,…, ces deux formations creuseront leur tombes et leur existence ne sera qu’un passé dans l’histoire de la Kabylie », lit-on sur le site du MAK.

Bien évidemment, bien que le choix de la participation paraisse plus compliqué, compte tenu de la programmation provocante des élections du printemps prochain, il n’en demeure pas moins que le sort de la Kabylie ne doit pas être confié à un mouvement dont les constantes se résument à la haine de l’Algérie, de la langue arabe et de l’islam.

Ainsi, malgré un éventuel boycott, ces deux partis ne devraient pas céder la moindre concession au mouvement séparatiste. Car, dans le cas où les deux partis boycottent tout en désertant le terrain, ce mouvement séparatiste, sans honte bue, comptabilisera les voix silencieuses comme autant de soutien à son projet démoniaque. En d’autres termes, leur désertion favorisera la disparition des valeurs de tolérance chères à la Kabylie.

Pour conclure, il va de soi que ce n’est pas la première fois que le régime joue avec le feu. En programmant les législatives pour le 20 avril prochain, le régime mettra les nationalistes de la région dans l’embarras. En effet, le mouvement séparatiste étant d’essence anti national, cette programmation générait les patriotes algériens. A moins qu’en ignorant ces derniers, le régime veuille traiter avec les séparatistes. Auquel cas, les deux partis, le régime et le MAK, poursuivent la même but. Enfin, il est désormais clair qu’il ne faudrait pas compter sur le régime pour apaiser la situation ni œuvrer pour un changement pacifique.

Aït Benali Boubekeur

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:13
Le FFS n’abdique pas

Chaque année, les militants du FFS se retrouvent lors d’un rendez-vous désormais incontournable, l’université d’été. Bien qu’il soit orphelin, après la disparition de son fondateur, feu Hocine Aït Ahmed en décembre 2015, il n’en reste pas moins que le FFS est plus que jamais déterminé à poursuivre le combat.

En effet, depuis la création du parti, le 29 septembre 1963, le FFS ne cesse de prôner un pacte démocratique, seul moyen pacifique de transcender la crise politique. En ce sens, on peut dire que le FFS n’est que le prolongement naturel du FLN historique, lequel a été dévié de sa trajectoire par les usurpateurs du pouvoir au lendemain du recouvrement de l’indépendance. C’est cette constance de combat que résume le premier secrétaire national, Abdelmalek Bouchafaa, en disant : « Ce n’est pas au FFS qu’on trouvera les sceptiques qui doutent de leur pays ou qu’ils l’enterrent chaque matin. »

Par ailleurs, bien que les références historiques soient quelque peu négligées –leur exploitation par le régime fait le reste –, le FFS ne rate aucune occasion de rappeler les dates fondatrices de la nation algérienne : le 1er novembre 1954 et la restructuration de la révolution algérienne à la Soummam. Et si jamais cet esprit avait été respecté par les différents chefs d’État, l’Algérie aurait connu immanquablement un avenir nettement mieux radieux.

Car, en 1962, les Algériens étaient prêts à soutenir tous les efforts. Hélas, l’exclusion du peuple algérien a ouvert la voie à l’aventurisme. Résultat des courses : 54 ans après l’indépendance, le pays se cherche toujours. Pour éviter la catastrophe, le plus sérieux des partis en Algérie invite le régime et l’ensemble de la classe politique à s’asseoir autour d’une même table en vue d’éviter à notre pays d’aller à vau-l’eau.

Du coup, dans son discours de Souk El Tenine, Abdelmalek Bouchafa tire la sonnette d’alarme sur deux dangers concomitants : la folie des séparatistes et « ceux qui sont prêts à sacrifier l’indépendance et la souveraineté de notre nation au profit de puissances plus fortes, de centre politique et économique internationaux pour bénéficier de leur soutien et de leur protection. »

Dans ces conditions, force est de reconnaître que la mission du FFS ne pourra pas être une simple sinécure. Car, à ces dangers qui menacent la cohésion nationale, les forces sur lesquelles peuvent s’appuyer les partisans du changement s’intéressent peu à la politique. « Cette tendance est bien évidemment encouragée par une certaine presse et par le pouvoir et ses relais et tous ceux qui considèrent qu’ils n’ont pas besoin du peuple pour décider des options du pays gérer le pays. »

Quoi qu’il en soit, cela ne décourage pas le FFS d’aller à la rencontre de ces sceptiques. Mais, si les choses restent stagnées, le FFS ne devra rien se reprocher. Car, une crise multidimensionnelle, comme celle que vit notre pays, est la conséquence de deux facteurs : la violence du clan régnant et la démission du peuple. En effet, contrairement au premier secrétaire nation du FFS, il me semble que le qualificatif de peuple glorieux s’arrête en 1962. En effet, quand un peuple a son destin en main, le pays ne vit pas de crise majeure.

Pour conclure, il va de soi que le FFS par la force de ses propositions demeure le rempart contre tous ceux qui cherchent à mettre le pays à genoux. Cela dit, bien que la tenue d’une conférence nationale de consensus soit le meilleur moyen de dépasser la crise, il n’en reste pas moins que si la proposition n’a pas l’effet escompté, le FFS ne devra pas se cantonner dans ce schéma.

Aït Benali Boubekeur

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 10:28
La présidentielle française se jouera-t-elle sur des préoccupations secondaires ?

La campagne présidentielle, en France, s’annonce d’ores et déjà très chaude. Si l’alternance ne fait quasiment aucun doute, les candidats de droite doivent durcir le ton en vue de contrer les visées hégémoniques du front national (FN) sur les thèmes de la mémoire. Ainsi, bien que la crise économique soit le nœud du problème, la victoire se fera indubitablement sur les thèmes suivants : la place de l’islam en France, l’identité nationale et de façon plus générale sur les questions sécuritaires.

Cela dit, avant même le lancement officiel des différentes campagnes, certains candidats à la primaire « les républicains », ex-UMP, donnent déjà le là. Le 28 août dernier, François Fillon ressuscite le débat, clos en 2005 après l’abrogation de la loi du 23 février, sur le rôle positif de la colonisation.

De toute évidence, bien que la France de 2016 n’ait rien à voir avec celle qui a conquis injustement des territoires en vue de subjuguer les populations aborigènes, il n’en demeure pas mois qu’en provoquant le débat sur ces périodes sombres, François Fillon ne fait que rouvrir la plaie qui a déjà du mal à se cicatriser. Et la moindre des choses, c’est que si le sujet doit être abordé, il devra être traité en toute objectivité.

Faut-il rappeler que la même proposition a été contestée par l’ensemble des chercheurs en 2005. Ainsi, bien que le parlement ait voté la loi, le président de l’époque, Jacques Chirac, a répondu favorablement à l’appel des historiens réclamant le retrait du texte. Parmi les historiens, il y avait des éminents noms, tels que Benjamin Stora, Claude Liauzu, etc. Regrettant la teneur du texte de loi, Claude Liauzu a déclaré que « ce texte reste muet sur la face sombre de la colonisation, les sévices et les crimes dont furent victimes les populations des territoires colonisés. »

Que propose François Fillon dans son fameux discours du 28 août 2016 ? Il propose la glorification du passé colonial. Car, selon lui, la colonisation avait pour seule mission de partager la culture, le savoir avec les autres peuples. C’est, évidemment, à ce niveau que le bât blesse. Et qui plus est, c’est cette version que récusent les historiens.

En effet, lors des occupations, la France n’a pas envoyé ses scientifiques, mais des hommes armés jusqu’aux dents. Car, si la conquête avait été faite avec le stylo, la pacification du territoire algérien n’aurait pas coûté un lourd tribut, estimé par l’historien Olivier le Cour Grandmaison à 900000 victimes.

En guise de conclusion, il va de soi que la colonisation a réduit l’indigène à un statut subalterne et avilissant. À ce titre, les peuples colonisés ne peuvent ressentir aucun apport positif de la colonisation, car ce système a détruit tous les repères de ces sociétés.

Toutefois, pour des raisons qui échappent à toute logique scientifique, des politiques français soutiennent l’inverse. Et comme par hasard, à chaque fois, ce thème revient avec acuité à l’approche des rendez-vous électoraux. Ce qui preuve in fine que ce discours n’est que conjoncturel et ne vise qu’à flatter les nostalgiques de l’un des pires systèmes que l’humanité ait connus.

Aït Benali Boubekeur

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