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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 19:05

L’élection présidentielle, en France, suscite un grand intérêt dans le monde. Les réactions des responsables de la planète sont à la hauteur des enjeux, car cette année, la présence de Marine Le Pen au second tour a provoqué de sérieuses inquiétudes.

Comme attendu, le message de notre chef de l’État ne manque pas à cette langue liste. En effet, pour qu’il puisse y avoir des relations apaisées entre les deux pays –dans la configuration du second tour –, l’élection d’Emmanuel Macron pourrait les garantir. D’où les félicitations chaleureuses en son nom personnel et au nom de tout le peuple algérien.

Au-delà des vœux d’une coopération avec la France, il n’échappe pas aux Algériens qu’entre les deux pays, la démocratie n’a pas la même acception. Si les Français ont pu sanctionner les partis traditionnels, il n’en est pas de même de notre régime inamovible.

Par ailleurs, bien que l’âge ne soit pas le premier critère d’un homme politique, il faut rappeler qu’à la naissance d’Emmanuel Macron, Abdelaziz Bouteflika avait, derrière lui, une décennie et demie d’expérience ministérielle.

Au moment où il brigue un second mandat présidentiel, Emmanuel Macron vient tout juste de finir ses études. Et si Dieu lui prête encore la vie, il se peut que le nouveau président ne soit pas aux responsabilités, alors que les responsables algériens tenteraient de vendre le énième mandat présidentiel. En tout cas, c’est cet acharnement à ne pas quitter le pouvoir qui explique en grande partie le maintien des octogénaires aux responsabilités.

Dans ces conditions, s’il y a un seul vœu à formuler, c’est de voir notre modèle se rapprocher de la démocratie française. Car, sur une multitude de projets présidentiels, le peuple français a tranché lequel lui convenait, alors que notre pays n’a jamais connu d’alternance depuis 1962.

Enfin, si Emmanuel Macron est un vrai ami de l’Algérie, il devra expliquer aux dirigeants algériens comment les pays démocratiques donnent la chance à tous ses enfants. En revanche, s’il trouve normal qu’un pays, dont 75% de la population ne dépasse pas les 30 ans, soit gouverné par les octogénaires, c’est qu’il n’est qu’un ami du régime.

Aït Benali Boubekeur

   

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 17:30

Dans la vie politique d’un pays, le changement et l’alternance ne surviennent pas par la volonté divine. Il faut vraiment ne pas avoir la foi pour faire cet amalgame. Comme le montrent les exemples des pays stables, ce sont les citoyens qui imposent le cadre constitutionnel et institutionnel.

L’élimination des partis traditionnels, en France, lors de l’élection présidentielle, remportée par Emmanuel Macron, inconnu il y a trois ans sur la scène politique, révèle la capacité du peuple français à maîtriser son destin.

En Algérie, les élections sont prises en otage par le clan qui dirige le pays depuis 1962. Bien qu’il y ait une innovation dans les méthodes de tricherie, les mêmes partis se maintiennent au pouvoir. En effet, depuis la reprise du processus électoral, après son interruption brutale en janvier 1992 par le haut commandement militaire, l’alliance FLN-RND reste aux commandes.

Bien évidemment, cette majorité ne reflète pas la volonté populaire. Du bourrage des urnes en 1997 à la mobilisation de ses seuls fidèles –la clientèle du régime fait payer son soutien au prix fort –, le régime bloque toute évolution de l’Algérie vers la démocratie réelle. En renvoyant le changement aux calendes grecques, c’est l’avenir du pays qui est hypothéqué.

Toutefois, à l’examen des résultats législatifs, est-ce que la responsabilité incombe seulement au régime ? En tournant le dos aux institutions –assimilées à tort à la propriété du régime –, les Algériens ne sont pas exempts de tout reproche. Quand 15 sur 23 millions d’électeurs, soit un taux de 62%, refusent de se rendre aux urnes, quand 2 sur 8 millions glissent un bulletin blanc, cela ne contrarie nullement le régime, et ce, bien que ce dernier puisse admettre une forme de rejet de sa politique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux attitudes –le verrouillage des institutions et le boycott – ne permettraient pas le changement.

En somme, il va de soi que les perdants sont les boycotteurs et l’opposition qui aspire au changement. Il ne s’agit ni d’accabler aucune partie. Car, si on additionne les voix de l’opposition à celles des abstentionnistes, c’est plus de 75% des Algériens qui ne cautionnent pas la politique du régime. Et c’est tout ce beau monde qui doit se parler en vue de peser dans les choix futurs de notre pays.

Comment peuvent-ils s’entendre ? Il est évident que les ¾ ne sont pas tous d’accord sur le projet de société. Mais une fois que le choix du changement pacifique est retenu, le dénominateur commun pourrait être trouvé : garantir les compétitions électorales libres et crédibles. À moins que certains ne soient intéressés que par la politique spectacle ou attendent que le régime leur transmette les rênes du pouvoir sans mouiller le maillot, comme diraient les sportifs.

Aït Benali Boubekeur

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 21:22

Les résultats des élections législatives ne révèlent pas seulement les scores des participants. À ceux qui jubilent du score du FFS, le parti n’a fait que proposer sa solution de sortie de crise. Qu’on le veuille ou non, les Algériens n’ont pas évidemment fait sienne cette proposition. Le parti et les militants qui ont mené une campagne digne vont tirer les conclusions qui s’imposent.

Toutefois, bien que cette joute maintienne le statu quo mortifère, on ne peut pas reprocher au FFS d’avoir essayé une alternative. À l’abstention très forte –ce qui est attendu –, la campagne des anciens du FFS ne peut pas être étrangère à ce mauvais résultat. Cela dit, il faut tout assumer quand on s’engage sur l’arène politique.

Mais, là où les détracteurs ne saisissent pas la philosophie du FFS, c’est que le parti a annoncé d’emblée que sa victoire n’était pas d’ordre arithmétique. Bien évidemment, cela ne va pas empêcher les commentateurs de parler d’un échec cuisant. Il faut juste rappeler qu’un parti qui s’assigne pour mission de politiser les enjeux électoraux ne peut pas perdre.

Dans la réalité, ceux qui devraient avoir un problème de conscience, ce sont ces donneurs de leçons qui s’agitent pour ne rien faire. Car, si vous aimez l’Algérie, il ne serait ce qu’un instant, vous ne laisserez pas le pays entre les mains de ces dirigeants inhumains. Et puisque vous êtes majoritaires -62% voire plus –, ça ne devrait pas être une mer à boire pour vous.

Quant à la réaction du mouvement MAKAK, malgré notre défaite électorale, nous resterons dignes. Aucun sentiment de racisme ni de haine ne réussira à s’emparer de nous. Jusqu’à l’ultime effort, nous défendrons les valeurs de tolérance, les solutions pacifiques, etc. Comme à l’égard du FN en France, un parti sosie de votre mouvement, nous constituerons toujours un bloc pour ne pas laisser l’extrémisme s’installer en Kabylie.

Pour conclure, il va de soi que la démarche à laquelle appelle le FFS demeure la solution politique idoine pour sortir le pays de la crise. Hélas, par la large abstention, la clientèle du régime reconduit la même coalition. En parti responsable, j’espère que le FFS continuera à s’opposer au régime. Est-ce que les donneurs de leçons en feront autant ? Ce n’est pas sur. Ils vont surement attendre les prochaines échéances pour s’opposer aux partis d’opposition. De façon contradictoire, ce sont également les premiers à parler du changement. Mais, chiche !

Aït Benali Boubekeur

 

 

  

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 18:14

L’appel du chef de l’État à la population pour qu’elle vote massivement aux élections du 4 mai 2017 n’est que la confession d’un régime qui tente de paraître démocratique. Dans la pratique, ce message est loin de correspondre à la réalité. En effet, entre le comportement de son entourage et son message selon lequel la révision constitutionnelle a parachevé le processus démocratique, il y a un énorme écart.

En tout cas, la réaction des imprimeries publiques refusant d’imprimer le journal Echourouk sous prétexte que Salima Ghezali, candidate du FFS, a critiqué la déclaration burlesque du premier ministre, Abdelmalek Sellal, à Sétif, en est la preuve. Bien que cette interview intervienne à quelques heures de la fin officielle de la campagne électorale, il n’en reste pas moins que le régime et ses alliés n’acceptent pas le langage de vérité.

De la même manière, ce qui devient de plus en plus insupportable, c’est le mélange des genres. Ceci crée évidemment un brouillage incompréhensible. Ainsi, le fait d’imposer les portraits du chef de l’État dans les rencontres de l’opposition est en soi antidémocratique. Mais, s’il est facile de faire avaler cette couleuvre aux formations sans fond démocratique, il n’en est pas de même du FFS.

Pour Salima Ghezali, si le drapeau national constitue notre dénominateur commun –d’ailleurs, dans tous les meetings du FFS, l’hymne national et le drapeau sont les symboles les plus mis en valeur –, le portrait présidentiel ne bénéficie pas du même consensus.

Hélas, pour le régime et ses partisans, la frontière entre l’État et le pouvoir est inexistante. Mais, en entretenant cette confusion, est-ce qu’on peut prétendre que la démocratie est effectivement ancrée dans le pays ? Dans le cas où les dirigeants ne savent pas comment les campagnes libres se déroulent, ils devraient regarder les meetings des candidats en France, aux USA, en Allemagne, etc.

Enfin, s’il est normal que les partis de l’alliance présidentielle exhibent le portrait présidentiel, on ne peut pas obliger un parti d’opposition d’en faire pareil, car il défend un autre projet de société. En tout cas, les deux points traités précédemment montrent que le pouvoir ne veut rien concéder. Il s’acharne sur tout sauf à résoudre les problèmes des Algériens. C’est pour ça que le FFS constitue une vraie alternative. Et c’est pour ça in fine qu’il faudra voter en masse en sa faveur le 4 mai 2017.

Aït Benali Boubekeur  

 

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 10:24

L’attaque du journal El Watan contre la candidate du FFS, Salima Ghezali, n’est autre qu’une réaction au communiqué du FFS sur l’alliance des patrons de la presse contre les intérêts des salariés du journal liberté. Pour court-circuiter la grève, le journal El Watan, rappelons-nous, a pris en charge l’impression du journal liberté.

Comme à l’époque de la décennie noire, El Watan reprend ses réflexes de la loi du talion. Sauf qu’en ouvrant la page douloureuse de la décennie noire, le journal El Watan oublie que son rôle était des plus néfastes. C’est pour ça que, dans son billet d’hier, le journaliste arrange son récit. À vrai dire, s’il faut parler de la décennie noire, la presse devra d’abord faire mea culpa avant de reprocher quoi que ce soit aux autres.

Pour berner ses lecteurs, le journal El Watan choisit l’année 1993 comme étant le point de départ. Or, à ce moment-là, le cercle infernal s’est déjà imposé au peuple algérien. Pourquoi le journal El Watan ne remonte pas à 1991 pour expliquer la crise ?

Bien que les partisans du tout sécuritaire réduisent le conflit à sa seule dimension armée, il n’en reste pas moins que l’origine de la guerre a pour point de départ l’arrêt du processus électoral.

Bien évidemment, le parti vainqueur, en l’occurrence le FIS, ne défendait pas sur tous les toits la démocratie. Mais, lors de cette consultation électorale, le parti islamiste était majoritaire, et ce, grâce au mode de scrutin et au nouveau découpage électoral imposé par le premier ministre de l’époque.

Contrairement aux affirmations de Saïd Rabia, il n’y avait pas une seule forme d’extrémisme. Certes, le courant islamiste radical aurait plongé le pays dans une profonde régression, s’il avait accédé au pouvoir. Mais, il faut dire aussi que ceux qui voulaient fermer la parenthèse démocratique n’étaient pas des chantres de la démocratie. Et ce n’est pas parce que le journal a soutenu ce deuxième groupe que sa version des faits est la plus véridique.

En tout cas, contrairement aux éradicateurs qui ont soutenu la guerre en créant des milices civiles, le FFS, par la voix de Hocine Aït Ahmed, a cherché une issue à la crise politique. En s’attaquant à Salima Ghezali, conseillère du président du FFS, El Watan rouvre la plaie en perpétuant les tensions entre les va-t-en-guerre et les partisans de la paix.

Enfin, il va de soi que la responsabilité de la presse dans l’enlisement de la crise n’est pas si éloignée de ceux qui ont mis le feu au pays. Bien que le recours aux armes ait desservi la cause des vainqueurs du scrutin législatif de décembre 1991, la presse algérienne, en soutenant sans ambages la solution militaire, n’a aucune leçon à donner. Et si le journal « La Nation » n’a pas pu survivre au chantage des services, c’est parce qu’il ne restait à la presse qu’un seul rôle : être porte-parole des seigneurs de la guerre.

Quant à la candidature de Salima Ghezali, elle est celle d’un parti qui se démène pour rechercher la solution à la crise. Au fond, rien n’a changé aux positions de principes : encourager les solutions politiques au détriment des choix aventuriers. C’est cela probablement qui gêne une certaine presse.

Aït Benali Boubekeur

 

 

 

 

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 20:58

Depuis sa création, le FFS n’a jamais attendu un rendez-vous électoral pour défendre ses thèses. Durant son riche parcours, le FFS s’est opposé et s’oppose résolument à toutes les politiques qui excluent le peuple algérien. Bien que les détracteurs du parti veuillent brouiller les cartes, l’histoire du FFS est indissociable de la lutte.

Dans le programme de campagne pour les élections législatives du 4 mai 2017, il est clairement dit que « notre programme n’est pas un programme de gouvernement. C’est un programme de lutte. »

En effet, dans un contexte politique chaotique, la participation au processus électoral ne suffit pas à garantir une sortie de crise. Contrairement à ce que colportent les adversaires du parti sur ses intentions, le FFS se bat pour construire « des luttes sociales et politiques indispensables au changement pacifique et ordonné des conditions de gouvernance. »

Pour mieux comprendre l’esprit du combat du FFS, il est requis de rappeler quelques événements clés. La naissance du FFS est avant tout une réaction à une vision autoritaire, incarnée par les usurpateurs de la victoire du peuple algérien sur le colonialisme. Le fait que le FFS continue à revendiquer le retour à l’Assemblée constituante, c’est que les dirigeants successifs n’ont pas réparé cet affront fait au peuple algérien.

En tout cas, depuis la violence à l’égard de la représentation nationale, le FFS résiste autant que faire se peut en vue de « construire la lutte pour la démocratie et l’État de droit en redonnant sa dignité et sa place à l’engagement militant au service de la société. »

À chaque phase cruciale de notre histoire –tout au long des 55 ans de gâchis –, le FFS n’a jamais abdiqué. Que ce soit au moment de la dictature la plus inhumaine, que ce soit après l’ouverture, par effraction, du champ politique, l’obsession du FFS vise à rendre sa dignité au peuple algérien.

Hélas, la fermeture de la parenthèse démocratique en 1992 a amené le FFS à revoir sa stratégie. En effet, quand la vie nationale est régentée par les armes, la vie politique se retrouve obligatoirement reléguée au second plan.

Cela dit, malgré ce climat vicié, le FFS n’a pas été muselé. Rejetant à la fois les violences officielles et officieuses, le chef charismatique, Hocine Aït Ahmed, s’est battu sans relâche pour la reprise du processus démocratique.

Cependant, bien que le processus politique demeure bridé, depuis 2011, la donne a radicalement changé. Et pour cause ! En laissant l’initiative aux régimes autocratiques et autoritaires, les changements ont entrainé les dislocations nationales. Et c’est la raison pour laquelle le FFS tente, depuis ces événements, de relancer le processus politique, seul rempart contre les aventures.

Mais, force est de constater que la tâche n’est pas anodine, car le régime a miné le terrain. Ainsi, malgré les efforts incommensurables du FFS, son initiative de reconstruction du consensus politique national bute sur le phénomène de dépolitisation. « La régression et la dépolitisation que vivent les sociétés qui ont été livrées à la violence et à la déstructuration sociale et économique sauvages des dernières décennies ont érodé les recours », dissèquent les rédacteurs du programme du FFS la politique suicidaire du régime.

Néanmoins, contrairement aux partisans de la résignation, le FFS adopte un choix responsable : critiquer le régime sur le fond tout en lui déniant le droit de privatiser les institutions du pays. C’est pour cette raison que les rédacteurs du programme estiment que la participation « aux élections sous ce système de pouvoir, conçu et pensé contre les intérêts du peuple, n’a pas au FFS pour finalité de partager le pouvoir, mais se fixe ouvertement l’ambition de consolider les conquêtes de la lutte politique. »

Pour conclure, il va de soi que la dépolitisation a troublé le jeu politique. Sinon comment expliquer que des commentateurs zélés et des anciens militants dépassés par les enjeux s’en prennent à la seule formation réformatrice ? Cela dit, ces attaques ne doivent en aucun cas décourager le parti. Un parti responsable ne renonce pas à son idéal. En dépit de l’hostilité des partisans du statu quo, la marche vers l’instauration de la deuxième République doit se poursuivre. C’est ça la victoire essentielle du FFS.

Aït Benali Boubekeur

      

   

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 19:02

Depuis sa création, le FFS n’a jamais attendu un rendez-vous électoral pour défendre ses thèses. Durant son riche parcours, le FFS s’est opposé et s’oppose résolument à toutes les politiques qui excluent le peuple algérien. Bien que les détracteurs du parti veuillent brouiller les cartes, l’histoire du FFS est indissociable de la lutte.

Dans le programme de campagne pour les élections législatives du 4 mai 2017, il est clairement dit que « notre programme n’est pas un programme de gouvernement. C’est un programme de lutte. »

En effet, dans un contexte politique chaotique, la participation au processus électoral ne suffit pas à garantir une sortie de crise. Contrairement à ce que colportent les adversaires du parti sur ses intentions, le FFS se bat pour construire « des luttes sociales et politiques indispensables au changement pacifique et ordonné des conditions de gouvernance. »

Pour mieux comprendre l’esprit du combat du FFS, il est requis de rappeler quelques événements clés. La naissance du FFS est avant tout une réaction à une vision autoritaire, incarnée par les usurpateurs de la victoire du peuple algérien sur le colonialisme. Le fait que le FFS continue à revendiquer le retour à l’Assemblée constituante, c’est que les dirigeants successifs n’ont pas réparé cet affront fait au peuple algérien.

En tout cas, depuis la violence à l’égard de la représentation nationale, le FFS résiste autant que faire se peut en vue de « construire la lutte pour la démocratie et l’État de droit en redonnant sa dignité et sa place à l’engagement militant au service de la société. »

À chaque phase cruciale de notre histoire –tout au long des 55 ans de gâchis –, le FFS n’a jamais abdiqué. Que ce soit au moment de la dictature la plus inhumaine, que ce soit après l’ouverture, par effraction, du champ politique, l’obsession du FFS vise à rendre sa dignité au peuple algérien.

Hélas, la fermeture de la parenthèse démocratique en 1992 a amené le FFS à revoir sa stratégie. En effet, quand la vie nationale est régentée par les armes, la vie politique se retrouve obligatoirement reléguée au second plan.

Cela dit, malgré ce climat vicié, le FFS n’a pas été muselé. Rejetant à la fois les violences officielles et officieuses, le chef charismatique, Hocine Aït Ahmed, s’est battu sans relâche pour la reprise du processus démocratique.

Cependant, bien que le processus politique demeure bridé, depuis 2011, la donne a radicalement changé. Et pour cause ! En laissant l’initiative aux régimes autocratiques et autoritaires, les changements ont entrainé les dislocations nationales. Et c’est la raison pour laquelle le FFS tente, depuis ces événements, de relancer le processus politique, seul rempart contre les aventures.

Mais, force est de constater que la tâche n’est pas anodine, car le régime a miné le terrain. Ainsi, malgré les efforts incommensurables du FFS, son initiative de reconstruction du consensus politique national bute sur le phénomène de dépolitisation. « La régression et la dépolitisation que vivent les sociétés qui ont été livrées à la violence et à la déstructuration sociale et économique sauvages des dernières décennies ont érodé les recours », dissèquent les rédacteurs du programme du FFS la politique suicidaire du régime.

Néanmoins, contrairement aux partisans de la résignation, le FFS adopte un choix responsable : critiquer le régime sur le fond tout en lui déniant le droit de privatiser les institutions du pays. C’est pour cette raison que les rédacteurs du programme estiment que la participation « aux élections sous ce système de pouvoir, conçu et pensé contre les intérêts du peuple, n’a pas au FFS pour finalité de partager le pouvoir, mais se fixe ouvertement l’ambition de consolider les conquêtes de la lutte politique. »

Pour conclure, il va de soi que la dépolitisation a troublé le jeu politique. Sinon comment expliquer que des commentateurs zélés et des anciens militants dépassés par les enjeux s’en prennent à la seule formation réformatrice ? Cela dit, ces attaques ne doivent en aucun cas décourager le parti. Un parti responsable ne renonce pas à son idéal. En dépit de l’hostilité des partisans du statu quo, la marche vers l’instauration de la deuxième République doit se poursuivre. C’est ça la victoire essentielle du FFS.

Aït Benali Boubekeur

      

   

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 21:14

Il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas constater la montée du MAK, en Kabylie. Ce constat traduit évidemment l’échec du régime. Comme le Front national en France, le MAK progresse en exploitant la haine et la colère.

Or, pour contrer la politique désastreuse du régime, est-ce qu’il fallait proposer un projet sérieux ou se contenter d’un contre-projet ? De toute évidence, le rejet n’a jamais permis la résolution des problèmes. Sans vouloir dénigrer les potentialités de ma région natale, le repli compliquerait davantage la crise.

Par ailleurs, au moment où dans tous les pays, les peuples cherchent à créer des grands espaces en vue de faire face à la mondialisation sauvage, Ferhat Mehenni ne songe qu’à détruire l’union sacrée du peuple algérien, scellée par le sang de ses meilleurs fils.

Pour autant, est-ce qu’il faudrait escamoter le débat ? Évidemment, il ne faudrait pas que les responsables politiques éludent la discussion. Dans une certaine mesure, c’est leur silence qui a fait croire aux jeunes désemparés qu’un autocrate comme Ferhat Mehenni pourrait être la solution à leurs problèmes.

En tout cas, tant que la majorité silencieuse ne remet pas les pendules à l’heure, la minorité bruyante continuera à se croire détentrice de la volonté populaire. De quelle volonté s’agit-il au fond ? Hélas, de celle de détruire un pays.

Bien que le régime inamovible ait découragé l’ensemble du peuple algérien –à l’exception de la clientèle qui se gave à satiété –, il n’en reste pas moins que le pays n’est nullement responsable des agissements du régime.

Cependant, après avoir planifié la destruction de son pays natal, Ferhat Mehenni utilise le même chantage en France, son pays d’accueil. Alors que la République française ne reconnait aucune communauté –ses partisans ont la nationalité française ou aimeraient l’avoir –, il somme les candidats de se prononcer en faveur de son projet scissionniste sous peine de mobiliser sa communauté contre les candidats récalcitrants.

Néanmoins, bien qu’il soit proche idéologiquement de Marine Le Pen, le roi sans trône de Kabylie soutient Emmanuel Macron, et ce, après avoir fait les mêmes démarches envers François Fillon au lendemain de la primaire de la droite.

Comment peut-il soutenir un partisan de l’alliance des pays européens  alors qu’il veut se replier sur les montagnes kabyles ? Pourquoi il n’opte pas pour Marine Le Pen, une candidate qui revendique le repli de la France sur ses frontières nationales ? Pour certains, les principes évoluent selon les circonstances et la situation géographique.

Enfin, est-il raisonnable d’être Français et de défendre les intérêts d’un autre pays ? Personnellement, si je prends la nationalité française, je cesserai toute activité politique sur l’Algérie. C’est pour cette raison que le seul rendez-vous qui m’intéresse est celui des élections législatives du 4 mai 2017.  

Aït Benali Boubekeur

  

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 14:12

Cette semaine, le torchon brûle entre le MAK et le RCD. La surenchère consiste à savoir qui va exploiter sans vergogne la question culturelle. Pour disqualifier leur ancienne formation politique, les partisans de Ferhat Mehenni l’accusent d’avoir trahi « le peuple kabyle ».

Dans le fond, l’histoire va juger tous ceux qui ont parié la scolarité des jeunes innocents en vue de peser sur les luttes de clans au sein du régime. Ainsi, que ce soit lors de la création du RCD par Saïd Sadi et Ferhat Mehenni en tentant de faire une OPA sur le MCB ou lors du lancement du boycottage scolaire dans des conditions malhonnêtes jusqu’à la conclusion des accords de la honte, on a assisté à une série de coups bas.

Bien que le site séparatiste ne dise aucun mot sur la responsabilité de leur dieu vivant, il n’en reste pas moins que le nom de Ferhat Mehenni est associé à cette période la plus terne que la région ait connue. Pour mieux comprendre cette période où les écoliers sont uniment pris en otage, il faudrait rappeler le contexte politique de l’époque.

Après avoir soutenu le coup d’État militaire contre la volonté populaire –les vainqueurs des élections législatives auraient sans doute malmené les institutions s’ils avaient pris le pouvoir –, le RCD appuyait la politique du tout sécuritaire.

En 1994, après l’arrivée de Liamine Zeroual au pouvoir, une tendance du régime a montré des velléités de dialogue. « Pour certains animateurs du mouvement culturel, l’agitation et le désordre qui résulterait de ces événements[le boycott scolaire] n’auraient d’autres buts que de faire échouer la solution politique recherchée par les négociations en cours entre le clan présidentiel –Zeroual et Betchine – et les responsables du FIS. Échec qui profiterait aux tenants de la solution militaire », écrit Alain Mahé, auteur de l’histoire de la Grande Kabylie.

Comment peser sur les luttes du sérail? Cinq ans après avoir décrété la mort du MCB, le RCD ne pouvant plus mobiliser en son nom crée en janvier 1994 le MCB-coordination nationale. La présidence est confiée à Ferhat Mehenni. Et c’est lui qui se présente devant les téléspectateurs de l’ENTV, le 28 août 1994, pour annoncer le boycott scolaire illimité. Est-ce que tous les élèves et les étudiants de la région sont logés à la même enseigne ? La réponse est non. À commencer par le lanceur de l’appel dont les enfants sont scolarisés en France.

Pour revenir à la stratégie machiavélique des initiateurs du boycottage scolaire, un événement inattendu ou un concours de circonstance s’est produit : l’enlèvement de Matoub Lounès. Bien que cet immense artiste soit adoré dans la région, il n’en reste pas moins que la mobilisation en vue de sa libération ne devrait pas provoquer un bain de sang.

Habitué à parler au nom de toute la région sans qu’il ait le mandat pour ça, Ferhat Mehenni adresse un ultimatum aux ravisseurs –jusqu’à aujourd’hui leur identité reste mystérieuse – « leur laissant 48 heures pour libérer Matoub Lounès, faute de quoi la Kabylie déclarerait la guerre aux islamistes. » Heureusement, grâce à l’intelligence de la population locale, le fou furieux n’est pas suivi dans son délire.

Toutefois, pour des raisons tenues secrètes, l’entente entre Ferhat Mehenni et Saïd Sadi se fissure en janvier 1995. Exclu du RCD et remplacé à la tête de la coordination nationale par Ould Ouali El Hadi, Ferhat Mehenni maintient ses activités. À titre personnel, il ouvre les négociations en février 1995 avec le gouvernement Mokdad Sifi. En mars 1995, un accord est signé. Les deux points importants sont : la reprise des cours et la création d’un haut conseil à l’amazighité.

Après avoir dénoncé avec une virulence inouïe l’accord de Ferhat Mehenni, le MCB-coordination nationale signe un nouvel accord le 22 avril 1995 avec le même gouvernement. « En fait, il n’y aurait eu aucune différence entre l’accord proposé par Ferhat et dénoncé par la coordination nationale et celui que celle-ci finira par avaliser. Le seul changement réside dans le nom de l’organisme créé pour promouvoir l’amazighité : haut conseil dans la formule de Ferhat et haut commissariat dans celle de la coordination nationale », note Alain Mahé.

Dans la foulée, la coordination se lance dans une autre bataille : la campagne de Saïd Sadi pour les élections présidentielles de novembre 1995. Où est la trahison et où est la sincérité dans tout ça ? Seule l’Histoire en jugera.     

Aït Benali Boubekeur

   

     

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 11:38

Malgré la force de conviction, il arrive que le militant ou le sympathisant doute. Surtout, dans le contexte politique actuel où la médiocrité prend le pas sur la sincérité. Habituée à des messages politiques de très haut niveau, force est de reconnaître que la base militante du FFS est quelque peu orpheline depuis la disparition de son charismatique président, Hocine Aït  Ahmed. 

Complétant les autres documents du parti, cette interview a le mérite d’expliciter le projet politique du FFS. En tout état de cause, s’il y a un point sur lequel la famille politique du FFS est d’accord, c’est immanquablement sur le diagnostic. Bien que les tenants du pouvoir aient présenté leur maintien comme une nécessité, il n’en reste pas moins que ni le pays ni la démocratie n’ont gagné au change.

Toutefois, si la crise politique s’est exacerbée ces dernières années, sa genèse remonte à la prise du pouvoir par la force au lendemain de l’indépendance. « Un processus de décomposition sociale a commencé il y a longtemps avec une trop grande pénétration dans la société des pratiques frauduleuses, de la corruption, de l’informel, de l’argent sale et de la criminalité », résume-t-elle les conséquences de la gestion hasardeuse des affaires du pays. Du coup, avant d’entamer les réformes, il faudrait établir le constat de la faillite politique.

Devant cette situation, il y a deux choix possibles : adopter la politique de l’autruche ou investir l’arène politique. Bien qu’une certaine lecture simpliste assimile ce dernier engagement à la compromission, Salima Ghezali démontre le contraire. En effet, si le FFS se préoccupe de l’avenir du pays, il ne se soucie pas particulièrement du sort du régime. Cela dit, le régime arrivant en bout de course, il est dangereux de confondre les personnes et le régime. Comment recycler ce personnel ? Le scénario idéal interviendrait dans le cadre d’un dialogue sans exclusive où chaque Algérien aurait sa place.

Dans cette dynamique de reconstruction du consensus national, l’édification devra se poursuivre en maintenant les institutions. Hélas, confondant sciemment institutions et régime, certains tombent dans le panneau. Bien que le régime donne cette impression dans ses discours, cette confusion n’est entretenue qu’en leurrant les citoyens. Et c’est cet état de fait que récuse le FFS. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet de consensus national définirait le rôle entre les institutions et le personnel dirigeant.

Pour conclure, il va de soi que personne ne détient les clés. Se comportant en parti politique responsable, le FFS propose une alternative qui éviterait au pays de sombrer dans l’abime. « Nous proposons le consensus parce que nous estimons que personne n’a les instruments de la gouvernance dans l’état de crise actuelle », soutient-elle. Mais, le plus grave risque est de laisser perdurer le statu quo dévastateur. En tout cas, c’est le scénario que le FFS tente autant que faire se peut d’éviter à notre pays. Il appartient désormais au peuple de donner le contenu à ce projet.

Aït Benali Boubekeur

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité
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