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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 19:46

Troisième partie : la période de clandestinité

À vrai dire, cette période s’étale de la proclamation du FFS jusqu’à 1989. Bien que la négociation avec le régime de Ben Bella débouche sur sa reconnaissance le 16 juin 1965, il n’en reste pas moins que le coup d’État du 19 juin 1965 remet tout en cause. D’ailleurs, à en croire le politologue, Abdelkader Yafsah, c’est ce rapprochement avec le FFS qui a précipité la chute de Ben Bella.

De toute évidence, la période qui s’ouvre après juin 1965 ne permet aucune activité politique. Elle plonge tout simplement le pays dans une dictature innommable. Bien que le coup d’État vienne réparer, selon Boumediene, les dérapages de son prédécesseur, force est de reconnaître que toutes les portes et tous les horizons sont à présent bouchés. En suspendant toutes les institutions, tout le règne de Boumediene se résume à la volonté d’un seul homme.

Cependant, malgré la mise au pas de la société, le FFS ne se résigne pas. Après l’évasion de Hocine Aït Ahmed de la prison d’El Harrach, le 1er mai 1966, le parti s’adapte autant que faire se peut à la nouvelle ère. Cela dit, en dépit d’un discours mobilisateur, force est de constater que, sous Boumediene, le parti peine à réaliser ses objectifs. En juin 1967, un rapport du parti parle même de déclin. Il faut rappeler aussi que dans une période où les liquidations physiques sont monnaie courante, le maintien des activités exposerait les militants à des représailles très sévères de la part du régime.

Du coup, le centre de l’activité est uniment déplacé. Désormais, les principales activités se déroulent en exil. Mais, cela n’empêche pas des comités restreints, au centre du pays, de nourrir la flamme. En France, la principale activité a lieu en mars 1979. Un plan d’action est exposé par Ali Mécili, bras droit de Hocine Aït Ahmed. La pluaprt des militants présents au séminaire –ils sont pour certains des acteurs décisifs lors du printemps 1980 –joue, sur le terrain, un rôle capital.

Cette reprise des activités du FFS en Algérie crée évidemment une panique au sommet de l’État. Ainsi, après l’organisation de la conférence de Londres en décembre 1985, dont le but, à moyen terme, est de rassembler toute l’opposition, le régime algérien renoue avec sa politique diabolique de liquidation physique. Le 7 avril 1987, le grand opposant et ami inséparable de Hocine Aït Ahmed, en l’occurrence Ali Mécili, est assassiné à Paris sur les ordres de la sécurité militaire (SM). En effet, après l’arrestation du tueur, un proxénète sinistrement connu à Paris, un ordre de mission de la SM a été retrouvé dans ses poches.

Quant aux événements d’octobre 1988, ceux-ci surprennent toute la classe politique. Et pour cause ! c’est la lutte interne au sein du régime, entre réformateurs et conservateurs, qui en est la cause. Toutefois, après avoir dénoncé les violences commises contre les jeunes algériens, Hocine Aït Ahmed exhorte le régime à procéder à une réelle ouverture politique. Finalement, le charismatique chef historique ne s’est pas trompé en accusant une partie politisée de l’armée de ne pas vouloir jouer le jeu démocratique.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 18:45

Deuxième partie : vers la naissance du FFS

Malgré la toute-puissance de l’exécutif incarné par le duo Ben Bella-Boumediene, l’Assemblée nationale constituante (ANC) est court-circuitée. En effet, à côté du projet constitutionnel que prépare l’ANC, Ben Bella charge une équipe « d’experts » en vue d’élaborer le texte fondamental.

Le premier à réagir à cet abus de pouvoir, c’est l’homme de conviction, Hocine Aït Ahmed. « Après avoir critiqué, le 2 juillet 1963, la politique de la dictature personnelle de Ben Bella, un homme tout puissant, aveugle et buté, Aït Ahmed traite de monstre constitutionnel le projet de constitution approuvé par les cadres du FLN et exhorte les citoyens réfléchis à dire non au régime chaotique de la médiocrité, de l’improvisation et de l’arbitraire », écrit l’auteur de la « question berbère », Amar Ouredane.

À partir de cet instant, la rupture semble inéluctable entre l’exécutif et l’opposition. Cela dit, bien qu’il soit amené à jouer un rôle de premier ordre, force est de reconnaître que Hocine Aït Ahmed doit se démener d’abord à créer un courant de l’opposition unifié. En effet, deux visions s’affrontent au sein de l’opposition.  D’un côté, il y a le projet politique d’opposition incarné par Hocine Aït Ahmed et de l’autre côté, le projet de renversement du régime par la force, incarné par l’UDRS (union pour la défense de la révolution socialiste), regroupant Krim Belkacem, Ali Yahia Abdenour, Mohand Oulhadj, etc.

En tout cas, s’il y a une seule incohérence dans le projet de l’UDRS, c’est évidemment l’objectif qu’elle s’est fixé. En effet, l’UDRS prévoit de lancer une attaque rapide sur Alger en vue de renverse le régime et s’engage à ne pas mener aucune action militaire en Kabylie. Avec quel effectif ?  Elle compte mobiliser la VIIème région militaire (ex wilaya III). Hélas, l’histoire a toujours prouvé que les terrains de combat ne se décrétaient pas. (Je reviendrai plus loin sur cet épisode).

Pour revenir au contexte politique du mois de juillet 1963, le choix de la base –bien qu’il soit cornélien –penche vers la solution de Hocine Aït Ahmed. Et c’est ainsi que le 29 septembre 1963 l’alliance de plusieurs courants de l’opposition donne naissance au Front des forces socialistes. Dans leur déclaration, les acteurs politiques s’engagent à « mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose pour arrêter net ce processus de fascisation, de mettre fin au pouvoir dictatorial et au régime personnel… »

Hélas, la seule réponse du régime à l’annonce de la création du FFS consiste à envoyer la troupe en vue de neutraliser le parti. Ainsi, dès le 3 octobre 1963, l’ANP, sous les ordres de Houari Boumediene, se lance dans une guerre impitoyable contre les militants politiques de l’opposition. Saisissant également cette occasion, Ahmed Ben Bella suspend toutes les institutions et s’arroge, par la même occasion, les pleins pouvoirs.

Enfin, pour revenir à l’histoire de l’UDRS, il est évident que la stratégie de ses fondateurs ne tient pas la route. Car, s’il y a un conflit armé, personne ne peut fixer, à lui tout seul, le terrain des combats. En plus, après la neutralisation des wilayas historiques lors de la crise de l’été 1962, les capacités militaires de l’ANP dépassent largement celles de la VIIème région militaire. Et encore, faut-il que les soldats de la région acceptent de faire une guerre insensée. Pour clore ce sujet, le projet de l’UDRS n’est pas sérieux, car, à l’exception de Krim Belkacem,  ses membres fondateurs sont les premiers à rejoindre le régime du duo Ben Bella-Boumediene, un mois après le début des hostilités. Quant au FFS, malgré les rudes épreuves, la résilience est définitivement intégrée dans son vocabulaire.

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 14:14

Première partie : le contexte politique historique

S’il y a une idée reçue à bien éclaircir, ce sera le contexte qui a présidé à la naissance du FFS. Bien que le régime et ses acolytes –parfois, ces derniers claironnent qu’ils sont en rupture avec le régime –mettent en avant, à chaque évocation du FFS, l’affrontement armé, la mission historique du FFS dépasse largement cette présentation tronquée. Le repli dans les montagnes est une réaction à l’envoi des compagnies de l’ANP par le pouvoir exécutif. Mais, qu’importe ! Le but de cette note n’est pas de convaincre ceux qui ont pris le FFS pour leur ennemi.

Quoi qu’il en soi, pour mieux saisir le sens de la mission historique du FFS, il faudrait remonter jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie. En effet, si la direction révolutionnaire n’était pas déstabilisée par l’État-major général (EMG), le GPRA aurait respecté la volonté populaire. Selon les accords d’Evian qu’il avait ratifiés, l’Assemblée nationale constituante (ANC) devait être élue trois semaines après le référendum d’autodétermination, prévu le 1er juillet 1962.

Hélas, dans l’esprit de certains dirigeants, le peuple algérien doit demeurer –dans le sens où il ne doit jouer aucun rôle –dans l’asservissement. Ainsi, trois semaines après le référendum, le tandem Ben Bella-Boumediene proclame unilatéralement la formation d’un bureau politique dont la mission est d’assurer la direction du pays.

Malgré ce coup de force et dans le but d’éviter au pays une épreuve douloureuse, la plupart des opposants au groupe de Tlemcen ne désertent pas le terrain. En dépit du contexte explosif, marqué notamment par la volonté du pouvoir exécutif de dominer la vie politique nationale, les opposants tentent autant que faire se peut de contribuer à l’édification des institutions.

En tout cas, c’est dans cet esprit que Hocine Aït Ahmed et quelques figures de proue du mouvement national acceptent de siéger à l’ANC. Élue le 20 septembre 1962, l’ANC a pour mission principale de doter le pays de sa première constitution, et ce, au bout d’un mandat d’une année.

Bien qu’une partie des députés ne veuille pas exercer ses prérogatives, un groupe emmené par Hocine Aït Ahmed entend jouer son rôle législatif jusqu’au bout. Ses interventions au parlement sont autant de leçons politiques. Hélas, une hirondelle ne fait pas le printemps. Malgré les applaudissements nourris à chacune de ses interventions, la majorité des députés accepte de s’effacer devant le pouvoir exécutif. En dépit d’une majorité aux ordres, le duo Ben Bella-Boumediene ne respecte même pas les règles les plus élémentaires de démocratie.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:45

Plus grave que le différend, étalé dans la presse, entre le chef du gouvernement et le président du FCE est la proximité assumée du chef de la centrale syndicale, l’UGTA, avec le patronat. Ce qui est inconcevable, voire irréalisable, dans les sociétés qui se respectent –qui peut en effet imaginer une accointance entre la CGT et le Medef en France, par exemple –devient, en Algérie, une chose banale.

Bien que la centrale syndicale soit caporalisée au lendemain de l’indépendance, le double soutien au patronat et à l’exécutif est uniment une insulte à ceux qui ont risqué leur vie pour créer le syndicat révolutionnaire en février 1956. Car, si les institutions fonctionnent normalement, le rôle de la centrale syndicale devra être du côté de la classe ouvrière.

Hélas, en Algérie, on est habitué à cette dépravation de la pratique politique. Après avoir annihilé toute chance d’alternance au pouvoir, les minis crises à l’intérieur du système donnent lieu à des luttes d’une violence parfois inouïe. Il faut rappeler, en effet, que tous ces acteurs partagent un seul programme. C’est celui du chef de l’État. Et chacun d’eux s’en réclame avec force et conviction.

Cela étant dit, si la société était organisée, de telles histoires n’auraient pas eu lieu. C’est la faiblesse du peuple qui fait la force de ceux qui nous gouvernent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats de la dernière élection législative montrent que le régime a encore de beaux jours devant lui.

Devant cette situation, que peuvent nous dire les moralistes et les analystes à deux balles qui nous parlaient, en mai dernier, d’un choix fondé sur des convictions de la part de presque 70% des électeurs? Force est de constater, malheureusement, que le sommeil dans lequel est plongé le peuple algérien ne véhicule aucun message politique.  

Aït Benali Boubekeur

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 21:08

La tenue du conseil national du FFS, deux mois après les élections législatives, est un choix judicieux. Bien qu’une certaine tendance revancharde, composée essentiellement des ex-militants du parti, attende que ce rendez-vous débouche sur l’implosion du parti, il n’en reste pas moins que le fait de le repousser comporte plusieurs avantages. Ainsi, toutes les lectures faites à chaud sont uniment évitées.

Toutefois, malgré la tenue du conseil national dans un climat serein, cela n’empêche pas de faire un diagnostic cohérent. Mais, avant de tirer toute conclusion hâtive, il faudrait rappeler le contexte dans lequel s’est déroulée la joute législative. Bien que le FFS n’ait eu aucun doute sur son issue, pendant toute la période électorale, le FFS a essayé d’élever le niveau et de poser les vraies questions politiques.  

Hélas, le parti pris de l’administration –quels que soient les joueurs et quelle que soit la volonté du peuple, ce sont toujours les mêmes qui gagnent – et l’hibernation du peuple –depuis au moins 1992 –réduisent toutes les chances de l’opposition de constituer une alternative à la politique en place.

Cependant, en 2012 et en 2017, une prise de conscience minime aurait pu mettre le régime dans l’embarras. À titre d’exemple, si les bulletins nuls avaient été exprimés contre les partis du pouvoir, l’issue du scrutin aurait été différente. Dans ce cas, ou bien le régime accepte le verdict et ce sera la première alternance postindépendance, ou bien il recourt au coup d’État et là le régime perdra tout le crédit vis-à-vis de ses soutiens occidentaux.

Dans ces conditions, quelle est la part de responsabilité du FFS dans la crise politique qui secoue le pays depuis l’indépendance ? Malgré l’acharnement de quelques ex-militants à imputer la crise à leur ancienne formation politique, la crise multidimensionnelle que traverse le pays ne peut être incombée à un seul parti.

Enfin, si l’on examinait les projets de tous les partis, la reconstruction du consensus national devrait susciter l’intérêt et l’adhésion citoyens. D’ailleurs, si la solution politique du FFS était si mauvaise, le chef du gouvernement ne tenterait pas de la copier. Malheureusement, avec le régime, à chaque fois qu’il reprend les idées du FFS, il les vide préalablement de leur sens et de leur contenu.

Aït Benali Boubekeur    

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 19:04

Plusieurs localités du nord du pays, à l’instar de Tizi Ouzou, Tissemsilt, Bejaia, ont connu une fin de semaine infernale. La propagation des feux a atteint des maisons. En plus des pertes matérielles colossales, il y a eu aussi des pertes humaines.

Incontestablement, c’est l’une des situations les plus dramatiques dues au déchainement de la nature. Bien que les gens du terrain, notamment les pompiers et les éléments de l’ANP présents sur place, aient fait leur devoir convenablement, il n’en reste pas moins que l’insuffisance des moyens a été un grand handicap. En effet, quelle que soit la volonté des humains, personne ne peut arrêter la progression des flammes.

Face à ce drame, les réactions devraient être mesurées. Certes, bien que le régime ne puisse être d'aucuns secours aux populations qui souffrent, une surenchère politique est tout aussi répréhensible. Hélas, ces malheurs représentent le pain béni pour le mouvement séparatiste.

Alors que les causes des incendies peuvent provenir de différentes situations, les sites séparatistes arrangent le récit pour qu’il convienne à leur propagande. En gros, leur présentation est à peu près la suivante : « l’armée algérienne barbare veut détruire la Kabylie pour avoir voulu son indépendance. »

Cette description est en soi une insulte à la Kabylie, laquelle Kabylie n’a pas besoin de tuteur. De la même manière, la mobilisation citoyenne n’est pas forcément un soutien au mouvement séparatiste. La Tiwiza existe depuis la nuit des temps en Kabylie. Hélas, cette solidarité a perdu un peu de terrain depuis la destruction de nos valeurs, entreprise par les arrouchs, dans le premier temps, et le MAK ensuite.

Pour conclure, il va de soi que le régime n’est pas et n’a jamais été à la hauteur des événements. En l’absence de toute communication et des annonces de prises en charge des victimes, le régime laisse le terrain à ceux qui font le commerce sur le malheur des citoyens. Cela dit, malgré le laxisme, les citoyens de la région de Kabylie ne devraient pas céder à un certain son des sirènes. Notre Algérie triomphera un jour de tous ceux qui essaient de la traîner dans la boue.

Aït Benali Boubekeur 

 

 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 07:51

« Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes », Benjamin Disraeli, ancien premier ministre britannique au XIXe siècle.

Cette sentence s’applique évidemment à tous les pays issus des colonies. Contrairement aux autres pays, dans le cas de l’Algérie, la crise politique aurait pu être évitée s’il n’y avait pas eu l’acharnement de l’armée des frontières à vouloir imposer sa vision tyrannique.

En effet, la République étant issue du référendum d’autodétermination, la souveraineté nationale aurait dû dépendre uniquement de la volonté populaire. Ainsi, sans le coup de force contre l’instance légitime de la révolution algérienne, en l’occurrence le GPRA, dans le premier temps, et l’exclusion du peuple, dans le second temps, les jalons de la République ont été posés dès le 1er juillet 1962, à l’occasion du référendum d’autodétermination.

Malgré la résilience des autorités politiques et grande partie des maquis de l’intérieur, le soutien de quelques figures de proue au clan d’Oujda, à l’instar d’Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Rabah Bitat, Ferhat Abbas, a été décisif dans le processus de la prise du pouvoir par l’état-major général, commandé par Houari Boumediene.

Dans son ultime tentative, les organisations intérieures ont tenté de sauver la victoire du peuple algérien. Dans une réunion regroupant les forces vives de la nation, les congressistes, réunis à Zemmorah, les 24 et 25 juin 1962, ont recommandé des sanctions contre les menées illégales de l’EMG.

Après leur rencontre avec le président du GPRA, Ben Youcef Ben Khedda, le 30 juin 1962, des sanctions ont été prises à l’encontre du chef de l’EMG et de ses adjoints. Hélas, la détermination de l’armée des frontières, soutenue par ses alliés civils, conjuguée à l’épuisement du peuple algérien a facilité la prise du pouvoir. Suréquipée et dotée d’un matériel neuf, l’armée des frontières a écrasé tout sur son passage. Environ 1000 combattants y ont laissé leur vie dans les affrontements avec les troupes dirigées par Houari Boumediene.

Aujourd’hui, le discours officiel minimise cette violence commise à l’encontre du peuple algérien. On tente même de justifier que si la crise est là, c’est parce que le peuple algérien n’a pas assez joué son rôle. Cette façon de présenter les choses vise à disculper la classe dirigeante qui n’a jamais été renouvelée.

Pour conclure, il va de soi que ce sont la prise violente du pouvoir et la mainmise sur toutes les institutions –des trois institutions qui existent partout dans le monde, en Algérie, seul le pouvoir exécutif a le droit de cité –qui ont provoqué l’exclusion du peuple. Bien qu’il y ait des efforts d’une certaine opposition en vue de la conscientisation du peuple, ce dernier reste à l’écart. En témoignent d’ailleurs les résultats des législatives de mai 2017.

Cette désaffection –qu’on le veuille ou non –est consécutive à la politique poursuivie depuis 1962. Et s’il faut appeler le peuple algérien à consentir des efforts, il faudra d’abord changer les règles de jeu politique.

Aït Benali Boubekeur

  

 

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 08:28

À l’occasion du 55eme anniversaire de l’indépendance nationale, le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, adresse un long message au peuple algérien. On peut distinguer trois temps. Immanquablement, le rappel historique est celui qui peut faire un large consensus.

En effet, c’est grâce aux meilleurs fils de l’Algérie, qui ont sacrifié leur vie pour que tous les Algériens vivent en liberté, que notre pays recouvre son indépendance en juillet 1962. Est-ce que tout le monde est logé à la même enseigne ? De Ben Bella à Bouteflika, il n’est pas sûr que cette égalité soit respectée.

Toutefois, sur les deux autres thèmes, à savoir le bilan postindépendance et les perspectives d’avenir, il est difficile de partager la même vision. Et pour cause ! Si le pays traverse de multiples crises depuis 1962, la responsabilité incombe à ceux qui gèrent les affaires par la force. D’ailleurs, depuis 1962, la relation entre gouvernants et gouvernés n’a jamais été apaisée.

Bien que le chef de l’État parle d’une volonté inébranlable des dirigeants de construire des institutions justes, cette vision ne peut pas être partagée par le citoyen lambda. En effet, même si l’indépendance de notre pays reste l’une des plus belles œuvres du siècle dernier, tous les Algériens ne profitent pas des fruits de l’indépendance.

D’ailleurs, avant d’exiger de la France des excuses –même les dirigeants français admettent que la colonisation était une œuvre injuste et inhumaine –, ne faudrait-il pas, au préalable, que les Algériens fassent le bilan de l’indépendance ? Ainsi, les dirigeants ne pourraient pas essuyer tous les échecs sur le dos de la colonisation.

En outre, bien qu’il y ait incontestablement des réalisations qui ont été accomplies, est-ce que le résultat est satisfaisant compte tenu des moyens dont dispose le pays ? Cette question se pose, sans discontinu, sur toute la période postindépendance.

Et lorsque le chef de l’État affirme que c’est la décennie noire qui a freiné le développement de notre pays, cette explication paraît très légère. Le mal algérien remonte au lendemain de la signature des accords du cessez-le-feu. Le refus de l’état-major de l’armée de respecter la légalité révolutionnaire explique tous les balbutiements postindépendance.

Cela étant dit, le propos ici n’est pas de disculper la violence islamiste ni leur idéologie –en exploitant la religion à des fins politiques, ces hommes politiques tentent de ressusciter les pires dictatures de l’histoire de l’humanité –qui sont à l’origine de beaucoup de malheurs dans la totalité ou peu s’en faut des pays musulmans.

Enfin, malgré le discours d’autosatisfaction, les bons résultats économiques ne sont obtenus que lorsque les prix du pétrole sont élevés. Et dès lors que ces prix dégringolent, le pays rentre aussitôt de plain-pied dans la crise. Cela se vérifie à deux reprises ; en 1986 et 2015.

Pour redresser la situation, le chef de l’État exhorte les Algériens à consentir des efforts. Ceci est évidemment un devoir. Mais, avant de se tourner vers les faibles revenus, ne faut-il pas demander davantage de participation aux grandes fortunes dont la provenance n’est pas forcément saine

Aït Benali Boubekeur

      

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 19:55

Six mois après le recours au service du chef historique, Mohamed Boudiaf, le sauveur a été assassiné probablement par ceux ceux-là mêmes qui ont fait appel à lui. Bien que la thèse islamiste soit retenue –une certaine version parle même d’un acte isolé –, il n’en reste pas moins que son assassinat ressemble davantage à une liquidation planifiée qu’un acte isolé.

Mais, avant de traiter de l’affaire proprement dite, il faudrait rappeler le contexte politique précédant le recours à l’un des plus prestigieux chefs historiques, Mohamed Boudiaf. Depuis les événements d’octobre 1988, le régime a été contraint d’ouvrir le champ politique, et ce, après prés de trois décennies de pire dictature.

Au sein du régime, deux tendances s’affrontent. Il y a d’un côté les réformateurs qui souhaitent une ouverture réelle et de l’autre côté des conservateurs qui digèrent mal les concessions faites au peuple algérien.

Et ce sont ces derniers qui ont fait appel à Mohamed Boudiaf, après la victoire du FIS aux élections législatives de décembre 1991. Bien évidemment, le fait même de penser confier les destinées du pays au parti extrémiste constituait un danger. Mais, si le parti vainqueur ne peut pas exercer le pouvoir, à quoi ça sert d’organiser les élections ?

En tout état de cause, bien que le chef de l’État de l’époque, Chadli Bendjedid, soit prêt à cohabiter avec le parti vainqueur, il n’en demeure pas moins que le véritable pouvoir n’est jamais exercé, en Algérie, par les personnes désignées à cet effet.

Alors que la constitution prévoit des solutions claires, le haut commandement militaire, à sa tête le général Khaled Nezzar, crée un organisme d’exception, le HCE (haut comité d’État). Après une hésitation, et en considérant que les intérêts du pays sont au-dessus de toute autre considération, Mohamed Boudiaf accepte de présider ce comité.

Comme son prédécesseur, Mohamed Boudiaf constate très vite que la réalité du pouvoir lui échappe.  Cela dit, contrairement à Chadli Bendjedid, Mohamed Boudiaf ne baisse pas les bras. Bien qu’il n’ait aucune légitimité en vue de peser dans cette bataille, il ne cède pas non plus à la pression.

Mais, en voulant tenir tête à ceux qui ne souhaitent que quiconque se mêle de leurs affaires, Mohamed Boudiaf s’expose au danger. Bien que le discours officiel maquille cette liquidation en parlant d’un attentat islamiste, voire d’un acte isolé, aucun Algérien épris de justice n’y a cru cette version.

Sans vouloir reprendre la version de ceux qui cherchent à régler leurs comptes avec l’institution militaire, il y a, quand même, des incohérences dans le dispositif censé assurer la sécurité du président du HCE, Mohamed Boudiaf.

De la même manière, les résultats de la commission d’enquête, mise en place le 4 juillet 1992, sont orientés de sorte à disculper les membres du haut commandement militaire pour ne pas avoir garanti la sécurité du chef de l’État.

D’ailleurs, les conclusions ne permettent nullement de lever les zones d’ombre sur les questions que pose la rue algérienne. « Boumaarafi a agi seul, mû par les convictions islamistes », écrivent les rédacteurs de la commission d’enquête.   

Dans ce cas, pourquoi un tel élément se trouve-t-il dans l’équipe assurant la garde du président ? Est-ce que Boumaarafi a été ajouté à la dernière minute sur la liste des éléments accompagnant le président à Annaba ? Lors de la parodie de procès, pourquoi le juge de veut pas laisser parler Boumaarafi ? Ces questions ne peuvent trouver de réponse tant que la justice est aux ordres.

Aït Benali Boubekeur

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 19:56

Malgré la tentative malsaine de privatiser, voire de politiser, la mémoire de Matoub Lounès, son héritage ne peut être qu’un fond commun. En plus, il faut rappeler d’emblée que le chanteur populaire s’est toujours battu pour que l’Algérien, quelle que soit sa région, recouvre sa dignité.

Est-ce que, comme le prétendent les séparatistes, la mémoire de Matoub Lounès doit être confinée à la région de Kabylie ? Bien que le régime tente autant que faire se peut de circonscrire le combat de Matoub Lounès à une seule région, il n’en demeure pas moins que le grand chanteur a une dimension et une stature dépassant largement sa région natale.

En tout cas, de son vivant, ces tentatives de minimiser son combat n’ont pas eu l’effet escompté. D’ailleurs, au pire moment des menaces qui le guettaient, il n’a jamais dévié sa trajectoire d’un iota. « Je sais que je vais tomber entre leurs mains, il est probable qu’ils m’auront un jour ou l’autre. Cependant, quoi qu’il arrive, l’Algérie est ma patrie, je préfère mourir parmi les miens et si on m’assassine, qu’on me couvre du drapeau national », a-t-il levé toute ambigüité.

Cependant, là où le bât blesse, c’est cette exploitation effrénée de la mort de Matoub Lounès pour une cause qui n’était pas la sienne de son vivant. Bien évidemment, personne ne peut empêcher une partie de la population de se réclamer de lui.

Mais, pourquoi veulent-ils faire de Matoub Lounès un symbole de l’indépendance, alors que l’Algérie était sa préoccupation principale ? Hélas, il est difficile de faire entendre raison à ceux qui se considèrent les seuls héritiers de Matoub Lounès et d’autres événements, tels que le printemps berbère, le printemps noir, etc.

Pour conclure, il va de soi que la mémoire de Matoub Lounès dépasse le cadre restreint de la seule région de Kabylie. Ses valeurs sont à la fois rassembleuses et universelles. Réduire son combat à sa seule région natale, ce serait ignorer son rayonnement et son aura à travers l’Afrique du Nord.

Enfin, il est regrettable que les partis et les associations laissent le terrain au MAK pour la célébration d’un événement aussi capital. Cela dit, leur silence est compréhensible dans la mesure où une présence massive serait exploitée par Ferhat Mehenni pour renforcer son discours sur la prétendue unité politique de la Kabylie.  

Aït Benali Boubekeur

   

   

 

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