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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 19:56

Malgré la tentative malsaine de privatiser, voire de politiser, la mémoire de Matoub Lounès, son héritage ne peut être qu’un fond commun. En plus, il faut rappeler d’emblée que le chanteur populaire s’est toujours battu pour que l’Algérien, quelle que soit sa région, recouvre sa dignité.

Est-ce que, comme le prétendent les séparatistes, la mémoire de Matoub Lounès doit être confinée à la région de Kabylie ? Bien que le régime tente autant que faire se peut de circonscrire le combat de Matoub Lounès à une seule région, il n’en demeure pas moins que le grand chanteur a une dimension et une stature dépassant largement sa région natale.

En tout cas, de son vivant, ces tentatives de minimiser son combat n’ont pas eu l’effet escompté. D’ailleurs, au pire moment des menaces qui le guettaient, il n’a jamais dévié sa trajectoire d’un iota. « Je sais que je vais tomber entre leurs mains, il est probable qu’ils m’auront un jour ou l’autre. Cependant, quoi qu’il arrive, l’Algérie est ma patrie, je préfère mourir parmi les miens et si on m’assassine, qu’on me couvre du drapeau national », a-t-il levé toute ambigüité.

Cependant, là où le bât blesse, c’est cette exploitation effrénée de la mort de Matoub Lounès pour une cause qui n’était pas la sienne de son vivant. Bien évidemment, personne ne peut empêcher une partie de la population de se réclamer de lui.

Mais, pourquoi veulent-ils faire de Matoub Lounès un symbole de l’indépendance, alors que l’Algérie était sa préoccupation principale ? Hélas, il est difficile de faire entendre raison à ceux qui se considèrent les seuls héritiers de Matoub Lounès et d’autres événements, tels que le printemps berbère, le printemps noir, etc.

Pour conclure, il va de soi que la mémoire de Matoub Lounès dépasse le cadre restreint de la seule région de Kabylie. Ses valeurs sont à la fois rassembleuses et universelles. Réduire son combat à sa seule région natale, ce serait ignorer son rayonnement et son aura à travers l’Afrique du Nord.

Enfin, il est regrettable que les partis et les associations laissent le terrain au MAK pour la célébration d’un événement aussi capital. Cela dit, leur silence est compréhensible dans la mesure où une présence massive serait exploitée par Ferhat Mehenni pour renforcer son discours sur la prétendue unité politique de la Kabylie.  

Aït Benali Boubekeur

   

   

 

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 21:36

« L’Anavad doit construire son autorité, nous devons avoir des hommes qui seront capables de décréter ville morte et la population devra s’y soumettre sans discuter, sinon, ceux qui ne marcheront pas avec nous, devront assumer leur responsabilité », extrait d’un passage diffusé sur le site séparatiste kabyle.

Ces phrases ne sont pas prononcées par les pires despotes du XIXe ou du  XXe siècle, mais ce sont celles prononcées par le monarque sans trône, Ferhat Mehenni. Envers qui il dirigera sa violence ? Ce n’est sans doute pas à l’encontre des forces de l’ordre qu’il adresse ce message. Et pour cause ! Ses militants claironnent à chaque manifestation qu’ils sont pacifiques.

À vrai dire, ce message s’adresse à des paisibles citoyens qui ne demandent rien ni au régime ni au mouvement séparatiste. Le citoyen lambda sait que ses dirigeants, quel que soit le choix entre les deux concurrents, feront tout pour le priver de ses libertés.

Bien que les partisans de Ferhat Mehenni tentent de minimiser ces déclarations, il n’en reste pas moins que la violence des propos donne le gout de ce que serait le pouvoir sous Ferhat Mehenni.

En tout cas, pour leur roi à la recherche du trône, son mouvement est assez puissant pour imposer d’ores et déjà sa loi. « Nous avons atteint une étape où, quand l’Anavad kabyle décrète que chaque Kabyle doit appliquer ses décisions et ses paroles, celui-ci doit s’y soumettre, autrement il n’a qu’à en assumer les conséquences », menace-t-il.

Encore une fois, ces déclarations nous rappellent les pires périodes de l’Algérie indépendante. À deux reprises, en 1962 et en 1965, les deux despotes ont pris le pouvoir en s’appuyant sur les mêmes arguments en vue d’imposer leur pouvoir monstrueux.

Alors que cette période terne est derrière nous, et ce, au prix d’un grand sacrifice, Ferhat Mehenni souhaite au mieux qu’on revive la période des années cinquante et au pire la période médiévale. Est-ce que les citoyens de la région l’approuvent ? Il existe seulement une partie.

Or, dans une interview au journal Algérie Focus –la rédaction a bien raison de ne pas la publier –, le chef séparatiste déclare que le sort de la Kabylie est scellé. Ainsi, bien qu’il n’y ait aucun débat pour passer du statut de l’autonomie à celui de l’indépendance, le chef autoproclamé estime que ce qui est bon pour lui est forcément bon pour la Kabylie.

Pire encore, il ne devrait même pas y avoir d’opposition. Alors que la scène politique régionale est plurielle, Ferhat Mehenni somme les partis les mieux implantés de rentrer dans le rang. Quant à ceux qui ont le malheur d’adhérer aux partis du pouvoir –il faut rappeler que le parti de Ferhat Mehenni était en première ligne en 1992 en vue de sauver le régime contre la volonté du peuple algérien –, leur cas pourrait être compliqué.

Dans ces conditions, une question se pose légitimement. À partir du moment où un tel mouvement risquerait de supprimer les libertés s’il parvenait au pouvoir, est-ce que les démocrates doivent dénoncer la répression dont font l’objet ses militants. Honnêtement, le choix est cornélien. Mais, au nom des droits de l’homme, toute violence commise contre un humain doit être condamnée.

Enfin, si les citoyens de la région ne veulent pas que la région sombre dans l’anarchie, il faudra qu’il prenne leurs responsabilités. Quant aux partis, tout en gardant leur autonomie et en faisant du pluralisme une valeur définitivement acquise, ils devront réfléchir à une riposte politique. Sinon, des innocents payeront un lourd tribut.  

Aït Benali Boubekeur

      

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 20:47

Lorsque les anciennes plumes de la politique du tout sécuritaire se mettent à décortiquer les résultats des élections législatives du 4 mai 2017, la lecture politique a peu varié. Il y a certes un changement d’approche, mais ils n’osent jamais se départir de cette logique. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la contribution de Rachid Tlemçani, intitulée « élections de 2017 et partis des insoumis ».

Dans ces conditions, faut-il s’étonner que le vote ne puisse rien apporter de nouveau ? En effet, le fait de mener une campagne contre toute participation au processus institutionnel, le résultat ne devrait pas étonner ces observateurs.

De toute évidence, bien que la transparence électorale fasse défaut à chaque consultation, il n’en reste pas moins que notre fausse élite ne souhaite pas qu’il y ait la participation des Algériens au processus politique. Cette approche est aussi celle du régime qui se contente de mobiliser sa clientèle en vue de se pérenniser.

Incontestablement, c’est cette double attitude qui fait éloigner les Algériens de la chose politique. Malgré les efforts déployés par des partis responsables, à l’instar du FFS, les scrutins se suivent et se ressemblent.

Et s’il en reste un infime espoir, la dernière révision constitutionnelle en janvier 2016 l’a achevé. En effet, quel que soit l’issu du scrutin législatif, c’est le chef de l’État qui choisit le premier ministre. Pire encore, sa mission se limite à l’application du programme présidentiel.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est le FFS n’a pas eu tort d’insister sur les enjeux politiques lors de la campagne électorale. Dans plusieurs sorties de ses candidats, les insuffisances de l’APN ont été pointées du doigt.

Est-ce que cela justifie le boycott ? Pas du tout. Profitant de cette tribune, le FFS a proposé un projet politique en vue de définir des nouvelles règles, notamment la séparation des pouvoirs. Ce qui ne pouvait pas plaire à l’entourage du chef de l’État dont tous les pouvoirs sont confondus.

Pour conclure, il va de soi que le régime et une partie de l’élite « Taïwan » ne veulent pas d’un changement réel. Car, cela remettra en cause leurs intérêts. D’où le découragement des citoyens par le pouvoir et des analyses à deux balles de ces pseudos élites.

Pour se consoler, certains penseurs essaient de nous convaincre que les abstentionnistes, qui représentent certes 70%, représentent un véritable pôle. Hélas, cette majorité silencieuse –à vrai dire, elle démissionné depuis belle lurette – ne joue et ne jouera aucun rôle. Il faut attendre les prochaines échéances pour que la partie la plus bruyante des abstentionnistes se manifeste. Pendant ce temps-là, l’Algérie continue de s’enfoncer dans la crise.  

Aït Benali Boubekeur

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 19:59

En Algérie, on peut juger les partis sur tout sauf peut-être sur la base électorale. En effet, depuis l’arrêt brutal du processus électoral en janvier 1992, les Algériens ont été empêchés, dans le premier temps, d’exercer leurs droits politiques et, dans le second temps, découragés par le développement d’un système de fraude sophistiqué. Le but sous-jacent est évidemment de dépolitiser la société.

Dans ce contexte marqué par la désaffection générale à toute la chose politique, comment peut-on parler de l’échec de l’opposition sans parler de la démission du peuple ? Malheureusement, les anciens du FFS jugent le parti sur les résultats, mais ils font abstraction du contexte politique. Pour le professeur Mohamed Lahlou, dans une lettre aux militants, les résultats des élections législatives du 4 mai 2017 constituent une déroute sans précédent.

En fait, bien que le FFS ne parvienne pas à conserver le même groupe par rapport à la précédente mandature, je ne crois pas personnellement à un échec. Car, la participation du FFS n’a pas eu pour but de remporter une quelconque victoire. Et qui plus est, tout le monde sait que tant que les Algériens ne sont pas maitres du jeu, les élections demeureront sans enjeux.

Cependant, après chaque étape, il est nécessaire que le parti fasse le point. Cette évaluation ne doit pas virer aux règlements de compte. Or, pour cet ancien cadre éminent, les militants doivent  organiser une opération de sauvetage du parti. De quelle manière ? Il faudrait, selon lui, que les militants imposent le départ de l’instance présidentielle, laquelle ne peut pas « exercer normalement les missions qui lui ont été fixées par les congressistes ».

Hélas, ce que l’on constate, c’est que cette demande vient principalement des personnes se trouvant en dehors des structures. Or, cet avis n’est pas partagé par les militants encartés qui, eux, respectent les mandats. Ainsi, lorsqu’une équipe est élue pour un mandat donné, il n’y a rien qui justifie la fin de son mandat, sauf si les statuts prévoient ce cas de figure. Ce sont donc les statuts qui définissent les conditions de l’accomplissement dudit  mandat. Ce sont là les rudiments de la pratique démocratique.

Malheureusement, pour les anciens militants, leur requête ne fera pas avancer le parti, car en transgressant les règles démocratiques, ils ne feront qu’exacerber la crise. De la même manière, le fait de s’attaquer à la ligne du parti, en remettant en cause notamment la reconstruction du consensus national, ne rendra pas la ligne politique plus claire.

Qu’on le veuille ou non, sur le papier, le projet du FFS est le plus raisonnable. En effet, depuis 2011, du vivant de Si Lhocine, le FFS a acquis la conviction que les changements brutaux délogent certes les tyrans, mais ils détruisent en même temps les institutions. En exposant son programme devant les partis et en le défendant devant les citoyens lors de la campagne électorale du printemps, le FFS ne commet donc aucune faute. Et si jamais il faut sanctionner les responsables de la crise politique, il faudra diriger les attaques contre les tenants du pouvoir.

Aït Benali Boubekeur  

 

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 19:26

Si dans certains pays, les élections provoquent les changements et le renouvellement de la classe dirigeante, il n’en est pas de même en l’Algérie. Quel que soit le résultat du scrutin –d’ailleurs, il n’y a plus de suspense, depuis la reprise du processus électoral en novembre 1995, sur le verdict des urnes –, les mêmes profils sont toujours aux commandes.

Alors que les ¾ de la population ont moins de 30 ans, les postes de responsabilité sont entre les mains des octogénaires. À la limite, si les résultats et les performances économiques étaient au rendez-vous, les Algériens devraient être reconnaissants et applaudir l’exploit.

Hélas, mis à part la gestion des revenus des hydrocarbures, dont le pays est dépendant, il n’y a aucun cap fixé. Les dirigeants ne commencent à parler de solutions alternatives que lorsque le cours du pétrole dégringole. Et si le marché repart à la hausse, toutes ces propositions seront remises au placard.

Malheureusement, bien que le bilan soit catastrophique, le régime se maintient sans anicroche. Bien évidemment, cette pérennité s’explique, entre autres, par la démission-désaffection du peuple. Malgré l’autosatisfaction des boycotteurs des législatives de mai 2017, force est de reconnaitre que les peuples réellement engagés peuvent porter au pouvoir un jeune président de39 ans à la tête de la cinquième puissance économique mondiale.

Plus que pour les participants aux élections, la question qui se pose est la suivante : comment peut-on arriver au changement ? Bien que le système verrouille certes le jeu politique, il serait difficile de concevoir le même scénario en Algérie, si les citoyens boudaient les urnes.

Cela dit, en parlant du cas Macron, la question d’âge ne peut pas être le seul critère. Dans un article d’Abed Charef, l’auteur explique que l’atout d’un homme politique réside dans le projet qu’il porte. « Le député Baha Eddine Tliba aura 39 ans, l’âge de Macron, lors de la prochaine présidentielle, en 2019. Il est pourtant difficile d’envisager que des jeunes aillent s’extasier devant les prouesses de M. Tliba, ou de voir en lui un homme capable d’entrainer les foules », écrit-il.

Enfin, cette réflexion part du principe que le changement ne peut être que pacifique. Les cas syrien et libyen ne doivent-ils pas convaincre les plus réticents sur l’inanité d’un changement hasardeux ?

En tout cas, si pour les participants, il fallait engager leur action en vue de mobiliser les citoyens, ceux qui se proclament des 65% des abstentionnistes n’expliquent pas leur démarche. À moins qu’ils soient là uniquement pour discréditer l’opposition. Ce qui compliquerait davantage la tâche des opposants lors des prochaines échéances.

Aït Benali Boubekeur

      

 

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 19:02

« La nature populiste fascisante de ce mouvement s’est trahie en jouant sur la surenchère du consensus communautaire, c’est-à-dire sur l’unité de la Kabylie à travers son unité politique. Le dessein maquillé étant de détruire le dernier bastion de toutes les formes de pluralisme arrachées de haute lutte », extrait de la note de Hocine Aït Ahmed sur le mouvement des aarouchs.

En effet, il faut vraiment être naïf pour croire que cette organisation rétrograde, en l’occurrence les aarouchs ou son alter ego le MAK –jusqu’à son extinction, Ferhat Mehenni refusait de gêner cette organisation –, puisse apporter une valeur ajoutée à la démocratie. Et ce, à quelque niveau que ce soit.

Bien évidemment, il ne faudrait pas confondre cette organisation avec les comités de village, dont la mission première consistait à éteindre le feu et canaliser la dissidence citoyenne dans le respect des valeurs inculquées par nos aïeux. En effet, au lendemain du lâche assassinat du jeune lycéen, Guermah Massinissa, les comités de village ont créé des cellules locales en vue de déjouer une manœuvre occulte visant à mettre la Kabylie à feu et à sang.

Pour rappel, à deux reprises, en 1994 lors du vrai faux ou du faux vrai enlèvement de Matoub Lounès et en 1998 lors de sa liquidation physique, les forces politiques de la région ont déjoué des plans machiavéliques concoctés dans les laboratoires des services. Hélas, bien que le jeune Guermah soit moins connu que Matoub, la troisième tentative s’est avérée la bonne.

Contrairement aux précédentes machinations, celle de 2001 s’est appuyée sur un encadrement local professionnel. Selon Hocine Aït Ahmed, il y avait « des troupes politiques importantes intégrant les divers appareils militaro-sécuritaires déguisés en civil (gendarmes, militaires). La DRS offrant un quadrillage professionnel renforcé de ses structures locales et wilayales. » Tout ce beau monde –au sens péjoratif du terme évidemment – est encadré par les associations ACT et ACB (associations citoyennes de Tizi Ouzou et Bejaia).

De toute évidence, bien que l’émergence de l’organisation des aarouchs n’ait pas suscité la méfiance dans le premier temps, peu à peu, le vrai visage de ses délégués autoproclamés a révélé l’existence d’un plan visant à étouffer toute voix politique en Kabylie. En jouant sur le plan émotionnel et en exploitant sans vergogne le sang des jeunes innocents, les aarouchs réussissent à détruire le dernier bastion démocratique de l’Algérie.

Pour couronner le tout, le 14 juin 2001, ils appellent à une marche à Alger. Si la plupart des citoyens sont effectivement pacifiques, il n’en est pas de même d’une infime partie des perturbateurs au service des amis de Belaid Abrika. N’attendant que le moment propice en vue de rétrécir les libertés, le gouvernement de l’époque, par la voix d’Ali Benflis, interdit sine die toute manifestation à Alger. Cette mesure est toujours en vigueur, et ce, malgré la levée de l’État d’urgence depuis 2011.

Hélas, la fin de l’aventure des aarouchs n’annonce pas la fin de l’aventurisme. Et pour cause ! Le mouvement de Ferhat Mehenni va encore plus loin que les aarouchs. Surfant sur le marasme social –son mouvement est la photocopie couleur du FN français –, il veut instaurer sa propre monarchie. En effet, dans toutes ses déclarations, il ne parle que de l’unicité politique de la Kabylie, dont il est le seul à imprimer la ligne.

Enfin, pour étayer la thèse de la continuité entre les aarouchs et le MAK, la date du 14 juin est choisie comme le symbole de la « nation kabyle ». Or, ce choix pose problème. Comment bâtir l’avenir sur une journée marquée par la manipulation et la violence ? Apparemment, cela ne gêne pas Ferhat Mehenni, car, en 1994 déjà, il a déclaré la guerre, au nom de la Kabylie, aux groupes islamiques armés (GIA). En revanche, il appartient à l’ensemble de la population, qui refuse les fausses solutions, de s’opposer à ces choix pernicieux.

Pour conclure, il va de soi que le régime est responsable de cette impasse. En voulant neutraliser le dernier bastion démocratique, les officines occultes ont créé des événements malheureux ayant permis l’avènement de telles organisations. Aujourd’hui, malgré le discours raisonnable du FFS, le face à face risque d’opposer les partisans de Ferhat Mehenni à un régime qui ne croit qu’à la violence. Finalement, comme dans les années 1990, le rejet de ces deux blocs doit se faire sans aucune hésitation. Il faudrait juste reformuler le slogan « non à l’État policier, non à l’État intégriste. »

Aït Benali Boubekeur     

 

     

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 18:46

Un mois après les élections législatives, il n’y a que les anciens militants du FFS qui éprouvent un malin plaisir à dénigrer encore leur ancienne formation politique. En partant à chaque fois d’un mauvais diagnostic, certains, à l’instar de Youcef Belil, considèrent que le FFS a commis une erreur en participant au scrutin législatif du printemps dernier.

Bien que les positions des partis puissent être critiquées, force est de reconnaître que ces anciens militants confondent sciemment leur ego avec la stratégie du parti. D’ailleurs, si aujourd’hui ils sont, pour la plupart, en dehors de toutes les structures, c’est parce qu’ils ne conçoivent la politique que sous le prisme des lectures personnelles.

Dans le fond, la stratégie électorale du FFS s’inscrit dans une logique politique ne souffrant d’aucune ambigüité. En effet, les participations de 2012 et 2017 consistent à renouer avec le processus politique en vue de parvenir à un changement pacifique.

 Après les événements nord-africains de 2011, il s’est avéré que les changements désordonnés et brutaux ne conduisent pas uniquement à la chute des régimes autoritaires, mais provoquent aussi l’effondrement des institutions (Libye et Syrie) ou le retour de l’extrémisme militaire (Égypte).

Malheureusement, malgré la tragédie noire, il existe une tendance qui souhaite le départ du régime quitte à plonger le pays dans une aventure innommable. À l’inverse, tout en souhaitant le départ du régime, le FFS ne veut pas que les institutions s’effondrent.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’incriminer les anciens militants du FFS, mais le fait qu’ils ne partagent pas ce projet ne leur donne pas le droit de discréditer leur ancienne formation politique.

Désormais, ils sont proches du camp des boycotteurs. Leur seule action se résume à dire que toute initiative n’est pas bonne à prendre. Enfin, ils ne se manifestent qu’à l’approche des élections non pas pour s’en prendre au régime, mais ils s’attaquent de façon éhontée aux partis d’opposition.

Une fois le scrutin passé, les plus hargneux continuent de s’acharner contre le parti. Pour satisfaire Youcef Belil, il faudrait que toute la direction parte. Cette revendication n’a évidemment aucun sens politique. Car, si la ligne politique du parti doit changer, il faudra intégrer les sections, lesquelles sections pourraient peser sur les décisions du futur congrès. Le reste n’est que vision autoritaire.

Aït Benali Boubekeur     

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 18:57

À chaque commémoration d’une date historique, le chef de l’État s’adresse aux citoyens via des responsables de son entourage. La journée du 19 mai 1956 ne déroge pas à la règle. Cette présidence par procuration crée évidemment un vide constitutionnel.

Bien que ses partisans soutiennent la capacité du chef de l’État à gérer les affaires de la nation, l’opinion a du mal à gober cette version. En tout cas, les indices ne peuvent pas étayer cette thèse. À commencer par la capacité du chef de l’État à rédiger tous ces messages.

Cela dit, dans le message présidentiel, on peut partager, sans aucune réserve, le rappel historique. En effet, ceux qui ont quitté les bancs de l’école pour rejoindre les maquis méritent tous les hommages. Malgré le climat de suspicion, « les étudiants avaient apporté une plus-value à la révolution sur tous les plans. »

Et le moins que l’on puisse dire, c’est cette génération avait une conscience et un esprit de résilience plus important par rapport à la nôtre, c’est-à-dire celle qui est née après l’indépendance.

Quand le chef de l’État appelle la nouvelle génération à assumer les mêmes responsabilités, il oublie que l’exploitation de l’école a créé un vide ne permettant pas à notre jeunesse de jouer les premiers rôles. Depuis plusieurs années, on sent que l’école régresse.

Dans ce cas, comment voulez-vous, monsieur le chef de l’État, que les deux générations jouent des rôles similaires? Pour revenir au même niveau de conscience que nos ainés, il faudrait réformer l’école pour que le savoir soit au cœur de la formation.

Sur le plan historique par exemple, est-il logique d’exclure du récit national les figures qui ont permis la résurrection nationale au profit des mouvements assimilationnistes du temps colonial ? Comment voulez-vous que l’école transmette le vrai savoir quand la version officielle refuse de rétablir la vérité sur la mort d’Abane Ramdane ?

Ce sont donc ces éléments –il y en a d’autres plus graves –qui empêchent l’avènement d’une véritable élite. Et quand une petite catégorie parvient à exister, le régime soit l’enrôle soit l’étouffe.

Du coup, lorsque le chef de l’État attend de l’élite d’aujourd’hui d’expliquer la crise et de proposer une voie salvatrice, il se trouve hélas que cette élite n’existe que dans l’imaginaire.

Enfin, malgré les meilleures volontés du monde, la sortie de crise n’est pas l’affaire d’une catégorie, mais réside dans les choix osés en partant du bon diagnostic. C’est ce devoir de vérité qu’il faudrait faire.

Aït Benali Boubekeur

 

     

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 18:16

Dans le cas où un peuple rejette un choix politique, il ne devrait pas être difficile de capitaliser cette colère en la transformant en dynamique politique. En tout cas, dans le cas où il y avait un message politique, cette majorité –plus de 62% – ne devrait pas continuer à dormir sur ses deux oreilles. Or, depuis le 4 mai, on ne voit rien à l’horizon.

Bien que les analystes et les commentateurs s’ingénient à récupérer cet événement, l’histoire contemporaine a montré que le peuple algérien a toujours subi les événements. C’est pourquoi le choix du FFS d’aller à la rencontre des citoyens en vue de les mobiliser sur l’urgence de s’activer le popotin paraitrait le plus raisonnable.

En effet, dans l’état actuel des choses, il faudrait reconnaître que le peuple algérien ne joue aucun rôle depuis des lustres. Sa principale erreur remonterait à 1962 lorsqu’il a refusé de s’affirmer. En se contenant de scander dans la rue « sept ans, ça suffit », le peuple algérien a dit, par la même occasion, adieu à sa souveraineté.

Malgré l’esprit de résilience des militants révolutionnaires, le régime a eu la main sur toutes les institutions. Bien qu’il ne soit pas coupable, le peuple algérien était –et c’est le moins que l’on puisse dire –complice.

À partir des années 1990, le peuple algérien a-t-il été à la hauteur du rendez-vous avec l’histoire ? Alors qu’il fallait construire une alternative crédible au parti unique, les Algériens ne pensaient qu’à sanctionner le régime. Résultat des courses : si le FIS avait pris le pouvoir, l’Algérie aurait régressé sur tous les plans.

En voulant sauver le régime au nom de la démocratie –jusqu’à nos jours, la démocratie n’est présente que dans les discours –, le haut commandement militaire a plongé le pays dans le chaos. Pour bénéficier de la protection du pouvoir, les Algériens ont troqué leurs libertés contre la sécurité.

C’est dans ce contexte que les élections se suivent. Alors que des partis nous sortent des programmes irréalisables, le FFS est le seul à partir du constat que la crise est avant tout politique. Le consensus national permettrait de rendre plus lisible l’exercice du pouvoir. Mais, si les personnes qui parlent au nom des 62% croient que cette majorité défend un quelconque projet, il faudra qu’ils le mettent en œuvre.

Aït Benali Boubekeur   

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 07:31

Dans certains titres nationaux, on lit des papiers où les militants-journalistes appellent au retrait des élus de l’APN avant même leur investiture. Cela veut dire que l’Assemblée sera acquise à 100% au régime. À la limite, si cet appel était accompagné d’un plan détaillé en vue de forcer le régime à revoir sa copie, cette démarche aurait pu avoir un écho.

Hélas, cet appel ressemble étrangement à la démarche du pouvoir tendant à réduire autant que faire se peut le rôle des partis. D’ailleurs, le climat politique vicié dans lequel s’est déroulée la campagne électorale révèle le mépris du pouvoir et de la presse envers la classe politique. Pourquoi cet acharnement contre les partis de l’opposition ? En quoi la fin des partis garantirait-elle un meilleur exercice du pouvoir ? Pour le moment, aucune piste n’est donnée.

Bien que ces donneurs de leçons s’inscrivent dans l’opposition à un seul clan du régime, force est de reconnaître qu’ils ne rajoutent aucune valeur à l’action politique. À l’œuvre de destruction entreprise par le régime depuis 1962, la classe bien-pensante propose simplement de laisser le régime seul sur le terrain.

Du coup, la question qui se pose est la suivante : malgré la faiblesse de l’opposition, faut-il renoncer au combat ? En d’autres termes, en quoi le retrait des élus de l’opposition pourrait-il avancer le combat démocratique ? Il faudrait sans doute plus qu’un appel pour convaincre les partis de se lancer dans une aventure sans lendemain.

Toutefois, bien que la réponse revienne aux élus et aux partis, un éventuel retrait aurait des conséquences fâcheuses. En effet, si la présence des députés de l’opposition n’empêche pas la majorité présidentielle de voter des lois antisociales, son absence privera les plus vulnérables de défenseurs. Les dénonciations de toutes les lois scélérates par les députés du FFS lors de la précédente mandature ont démontré l’utilité du combat à l’intérieur des institutions, lesquelles institutions ont été usurpées par le pouvoir contre la volonté populaire.

Pour conclure, il va de soi que si la lutte pacifique est retenue comme le moyen de combat, la désertion des institutions hypothéquerait les chances du changement. Pire encore, cette orientation laisserait le champ libre aux aventuriers.

Or, dans le cas de notre pays, après une décennie de violence inouïe, il faudrait s’employer à éloigner autant que possible ce spectre. C’est dans cette optique que les propositions sont attendues. L’Algérie a besoin d’un changement pacifique et ordonné. Que ces donneurs de leçons nous expliquent alors leur projet. Mais, s’il s’agit juste de l’agitation, telle la mouche du coche, il faudra qu’ils arrêtent de tromper l’opinion.    

Aït Benali Boubekeur

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