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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 16:49

images-copie-3.jpgLa population du Sud vient de donner une leçon de dignité à un régime obsolète et grabataire. Bien que les vieillards d’Alger assimilent toute revendication des Algériens tendant à vivre convenablement dans leur pays à un complot ourdi, la manifestation, organisée par la coordination nationale des chômeurs, s’est déroulée dans le calme, et ce, contrairement aux provisions. Ainsi, malgré leur jeune âge, les organisateurs sont à la hauteur de l’événement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette manifestation populaire, bien qu’elle remette en cause la politique désastreuse du régime, s’est passée sans aucun débordement.

 

De toute évidence, avant même sa préparation, les organisateurs savaient à quoi s’attendre de la part d’un régime diabolisant systématiquement les doléances de la jeunesse de son pays. Résultat des courses : le fossé ne cesse de s’élargir, comme le soutient Tahar Belabbès, entre le régime et la population qui souffre : « Les jeunes et les chômeurs n’en sont que plus conscients de ce qui se trame contre leurs revendications légitimes. D’ailleurs, ils ne croient plus ni aux promesses ni aux décisions des responsables qui ne cherchent qu’à absorber la colère des jeunes. »
En tout état de cause, aux revendications légitimes des jeunes du Sud, le régime, fidèle à ses pratiques, recourt à l’action psychologique. Alors que le pillage des ressources de l’État s’organise au vu et au su de tout le monde, on accuse les jeunes de malfaiteurs guidés par une force occulte. « Moi je dis qu’il n’y a pas de mafia plus grande que celle qui vole les richesses du pays et exploite les hommes de ce pays. Ce sont eux qui sont complices avec les sociétés étrangères qui pillent les richesses de ce pays en hypothéquant l’avenir des générations futures », rétorque Tahar Belabbès à ses détracteurs.

 

 Par ailleurs, voyant le mal partout, le régime et ses relais vilipendent tous les acteurs de la société qui soutiendraient la cause des chômeurs. Il faut dire que le statu quo arrange les profiteurs qui s’accrochent à la mamelle de la rente pétrolière. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la réaction de certains pions du système visant le FFS après avoir envoyé ses parlementaires sur place. Un député du FLN n’a-t-il pas dit que les députés du FFS n’ont rien à faire dans le Sud. Bien que leur mandat soit national, les courtisans du système veulent absolument les cantonner dans les circonscriptions où ils sont élus. Tout compte fait, cela ne doit pas déranger les dirigeants de la formation de Hocine Ait Ahmed. Car il s’agit de la mission que le FFS s’est fixée et qui consiste à œuvrer pour un changement pacifique dans le pays. Et ce vent venant du Sud réunit les conditions pour accomplir une pareille dynamique.

 

En somme, il va de soi que cette mobilisation, enclenchée dans le Sud, doit gagner le territoire national. En œuvrant dans l’intérêt du pays tout entier, et surtout en usant de moyens pacifiques, les Algériens doivent reprendre le contrôle de leur souveraineté. Car « la conscience politique, l’unité nationale, le nationalisme, ce n’est pas Khelil and Cie qui l’incarne, ni Louiza Hanoune, ni le FLN, ni « les services », ni l’Administration,  ni Ennahar, ni la propagande, ni Amar Ghoul. Ce sont des jeunes chômeurs du Sud et du reste », écrit Kamel Daoud dans une chronique. Et c’est à ce prix que l’Algérie retrouvera son prestige.
Par Ait Benali Boubekeur
    

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:40

images-copie-1.jpgCertaines personnes sont incapables de se faire une place sur la scène politique nationale. Pour exister médiatiquement, elles s’attaquent sans vergogne à des hommes honnêtes de la trempe de Hocine Ait Ahmed. Ainsi, le 3 mars 2013, l’écrivaillon Lounis Aggoun s’en prend éhontément au président du FFS. Bien que cette ruade [il s’agit de la considérer en tant que telle] ne puisse pas atteindre le dernier chef historique en vie, force est de reconnaitre que cette volonté délibérée de salir des hommes probes ne fera hélas que reculer la cause démocratique.

En tout état de cause, au moment où les scandales de corruption s’enchainent en Algérie, Lounis Aggoun tente de court-circuiter le débat. S’attaquant à un homme dont la stature dépasse son imagination, le plumitif étale, au grand jour, sa haine envers un homme respectueux. Bien que l’invective déshonore en premier lieu son auteur, certains imbéciles sont prêts à faire des sales besognes pourvu qu’ils se fassent connaitre. En tout cas, à en croire ce minable, tout le malheur de l’Algérie découle de l’engagement politique d’Ait Ahmed. Ainsi, en dépit des 70 ans de militantisme sans répit, le rôle de Hocine Ait Ahmed est réduit à néant. Quoi qu’il en soit, partant d’un constat selon lequel le pays est à la dérive [ce que Hocine Ait Ahmed dénonce depuis plusieurs décennies], Lounis Aggoun, sous prétexte que la droiture d’Ait Ahmed est reconnue par les grands chercheurs en histoire, veut coute que coute l’écorner. N’étant pas épaulé cette fois-ci par Jean Baptiste Rivoire, grâce à qui il s’est fait connaitre, l’écrivaillon se perd dans les dates. « Écarté de la direction de l’OS, le déclenchement des hostilités par le FLN le prend de court. Il est alors envoyé au Caire en compagnie de Khider et Ahmed Ben Bella, tous trois chargés d’assurer la logistique des maquis en formation », note-t-il. Quelle méconnaissance de l’histoire ? Oublie-t-il que les trois membres cités sont membres fondateurs du FLN ? De plus, ils sont partis prenants dans la mise en œuvre du projet insurrectionnel, et ce, bien qu’ils n’aient pas participé à la réunion des 22, tenue le 25 juin 1962.

Cependant, minimisant systématiquement l’apport d’Ait Ahmed à la lutte pour la libération nationale, ce vaurien omet volontiers de parler de l’essor de la diplomatie algérienne entre 1955 et 1956. Hélas, le rapt aérien de la délégation extérieure du FLN le 22 octobre 1956 va mettre un terme à l’action de Hocine Ait Ahmed. D’ailleurs, ce voyou de la plume n’épargne pas Ait Ahmed même lorsqu’il s’attaque aux autres chefs de la révolution. « Approché en prison par les services français, Ait Ahmed les éconduit sèchement. Ben Bella lui n’en demande pas tant… » Pour lui, même si c’est Ben Bella qui trahit, Ait Ahmed est quand même le responsable de la félonie. Peut-on être plus ridicule comme l’est Lounis Aggoun ? La réponse est évidemment non.  

De toute façon, après les accords de cessez-le-feu, malgré la dénonciation sans équivoque du coup de force du bureau politique (BP) proclamé le 22 juillet 1962 à Tlemcen, Ait Ahmed, selon Aggoun, est à l’origine de l’instauration de la dictature en Algérie. Cela dit, se contredisant de paragraphe en paragraphe, veut-il plaire à ses missionnaires ? En tout cas, sans avoir la moindre honte, il affirme que Hocine Ait Ahmed a contrecarré l’initiative du « groupe de Tizi Ouzou », animé par Krim Belkacem et Mohamed Boudiaf. Or, cinq lignes plus hautes, il dit qu’Ait Ahmed n’a joué aucun rôle pendant la crise de l’été 1962. Ce que ce plumitif ne dit pas, c’est que le 2 aout 1962 le groupe de Tizi Ouzou a trouvé un accord avec le groupe de Tlemcen sur la formation d’un bureau politique d’une durée d’un mois. D’ailleurs, Mohamed Boudiaf est chargé au sein du BP des Affaires extérieures. Voilà comment est mort le CDLR auquel fait allusion Lounis Aggoun.

Quant à la création du FFS, tu n’es pas si honnête, eu égard notamment à la haine que tu éprouves envers Ait Ahmed, pour en parler des conditions qui ont présidé à sa naissance. En effet, bien que Hocine Ait Ahmed ait tenté, tout au long de son mandat parlementaire, de rappeler au duo Ben Bella-Boumediene l’impérieuse nécessité de respecter le peuple algérien, la cécité politique de ces derniers va pousser les opposants à se radicaliser. « Le 29 septembre, un grand meeting populaire antigouvernemental est organisé à Tizi Ouzou par Ait Ahmed et le colonel Mohand Ou El Hadj, chef de la 7ème région militaire, rejoints par de nombreux députés kabyles, en particulier le colonel Sadek (Slimane Dehilès), ancien chef de la wilaya IV ; Ali Yahia Abdenour, ancien secrétaire général de l’UGTA ; Omar Oussedik, Arezki Hemouche », écrit le politologue Amar Ouredane

Cependant, ne respectant aucune règle éthique, Lounis Aggoun va jusqu’à incomber la palinodie de certains membres fondateurs du FFS à Ait Ahmed. Or, d’après Ouredane, après avoir affirmé sa détermination le 4 octobre 1963 de continuer le combat, Mohand Ou El Hadj signe un accord avec Ben Bella le 13 novembre 1963. La déclaration de ralliement à Ben Bella est également signée par Ali Yahia, Hermouche, le commandant Si Lakhdar et le lieutenant Allouache. Là aussi, le reniement de certains est endossé à Ait Ahmed. Heureusement que le ridicule ne tue pas. De la même façon, confondant sciemment la revendication démocratique avec l’esprit régionaliste de certaines personnalités, dont Boussaoud Mohand Arab, Lounis Aggoun considère que le refus d’Ait Ahmed de cautionner cette dérive raciste est synonyme du rejet de l’identité berbère.

Tout compte fait, en parcourant son texte, aucune initiative d’Ait Ahmed n’a de sens à ses yeux. Ni ses prises de position fermes en 1980, ni sa dénonciation systématique de la dictature algérienne n’ont le mérite d’être signalées. Même son retour, après 23 ans d’exil, est travesti par l’écrivaillon. Bien qu’Ait Ahmed ait agi en fin connaisseur de la politique algérienne en vue de mobiliser les Algériens sur la nécessité de construire un État juste, égalitaire et démocratique, cela n’a aucune valeur pour Aggoun. En outre, malgré le slogan du FFS renvoyant dos à dos les partisans de l’État intégriste et ceux de l’État policier, l’écrivaillon inscrit la participation du FFS en décembre 1991 dans une stratégie concoctée par les généraux afin de stopper le processus démocratique. « Le général Khaled Nezzar n’a aucun mal à truquer la marche organisée par le FFS [2 janvier 1992] en appel à l’armée en vue de suspendre le processus électoral. L’appel au putsch, avec Ait Ahmed à l’image, dans les haut-parleurs le son enregistré dans les laboratoires déjà opérationnels du DRS, et les télévisions du monde entier pour porter le message », déforme-t-il pusillaniment la  réalité.

Ainsi, à en croire Lounis Aggoun, Ait Ahmed est de mèche avec les militaires pour assener un coup fatal aux islamistes. Or, quelques lignes plus loin, l’écrivaillon défend une thèse diamétralement opposée.  En 1995, Ait Ahmed en compagnie d’autres chefs politiques [FIS, FFS et FLN plus des personnalités incontestables, dont les suffrages e 1991 ont représenté presque 100% de l’électorat], dont la représentativité est plus au moins équivoque, d’après lui, tente de sortir l’Algérie de la spirale meurtrière, mais en s’alliant cette fois-ci avec les islamistes. Bien que les congressistes de Sant Egidio en appellent au respect des principes démocratiques [ne pas accéder au pouvoir par la force et ne pas se maintenir par la violence], Lounis Aggoun ne voit qu’une initiative superflue.

En somme, sur les huit pages, Lounis Aggouna fait preuve d’une malhonnêteté incommensurable.  Citant Saïd Sadi et le RCD en termes élogieux, l’auteur du texte veut-il séduire le parti de Sadi ? Si tel est le cas, il peut emprunter une voie plus noble. Cela dit, s’engager en politique ne doit pas supposer une guerre contre ceux qui ne pensent pas comme nous. En effet, pour bâtir, on doit apporter sa contribution à l’édifice et non pas démolir l’œuvre des autres. Enfin, cette contribution montre l’incapacité de certaines personnes à sortir le combat politique de la diatribe. Et dire que cette personne est auteur de deux livres.

Par Ait Benali Boubekeur

 

 

    

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:25

image0909sLa situation de la femme algérienne, malgré les cinquante ans qui nous séparent du recouvrement de l’indépendance, est confrontée à des blocages tous azimuts. Cela dit, bien que la société en général soit sous le contrôle d’un pouvoir inamovible, il n’en reste pas moins que le statut de la femme algérienne est indigne par rapport à sa contribution lors de la guerre de la libération.

 


 Mais là où le bât blesse, c'est qu'à chaque fois que le débat est soulevé, les dirigeants répondent benoitement.  En fait, bien que la constitution algérienne reconnaisse l’égalité entre le citoyen et la citoyenne, dans les faits, les responsables ne croient pas aux principes égalitaires. Promulgué le 9 juin 1984, le code de la famille est en contradiction avec l’article 29 de la constitution, énonçant l’égalité entre l’homme et la femme. « Le code de la famille de 1984 institutionnalise l’inégalité homme femme et impose que la femme obéisse à son époux. Ce n’est pas la femme qui conclut le mariage, mais un tuteur matrimonial. À cela s’ajoute l’inégalité devant le divorce », énumère Feriel Lalami, auteure du livre « les Algériennes contre le code de la famille », les obstacles que rencontre la femme algérienne. 

Et pourtant, lorsqu’il s’agissait de subir les outrances du régime colonial, la femme algérienne a supporté autant que l’homme les agissements de ce système honni. En tout cas, malgré les entraves inhérentes aux traditions, la femme algérienne a joué un rôle important lors de la phase cruciale que le pays ait traversé, en l’occurrence la guerre de libération nationale. Bien que l’histoire ne retienne pas son apport décisif, elle n’a pas failli à son devoir. Ainsi, en 1954, sur les 1000 soldats que compte l’ALN (armée de libération nationale), 50 sont des moudjahidates. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur nombre ne cessera d’augmenter dans les mois et les années suivants.  En plus, son engagement est doublement puni. D’abord, par l’armée française qui ne fait pas de distinction entre le combattant et la combattante et, ensuite, par les réprimandes de ses proches. « Le départ au maquis est l’acte qui marque le plus profondément et de manière irréversible la coupure avec la famille et le mode de vie traditionnel. Ces jeunes filles, dont la moindre sortie était contrôlée par leurs parents, font preuve d’un courage et d’une volonté  exemplaires en décidant d’abandonner leur vie protégée pour la lutte dans les maquis », décrit Djamila Amrane, dans « les femmes au combat », le sacrifice des Algériennes.

Quoi qu’il en soit, bien qu’elle n’ait pas pu s’imposer à un échelon élevé au sein de la direction, au moment de la terrible bataille d’Alger, la femme algérienne a assumé des responsabilités énormes. Soumise à un bouclage extraordinaire, après l’octroi des pouvoirs de police au général Massu, à la tête de la Xème division parachutiste, la capitale est totalement quadrillée. Du coup, les arrestations des militants du FLN se multiplient à foison. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que plusieurs militants ont laissé leur vie lors des séances de torture. Pour venger les militants exécutés, le réseau FLN d’Alger décide de faire appel aux jeunes militantes. En effet, ces dernières disposent d’un atout imparable : elles ont une allure qui ne les différencie guère des Européennes. Et ce sont elles qui vont venger les victimes des ultras, notamment celles de la Casbah déchiquetées par une bombe, qui a fait au moins 70 morts le 10 aout 1956 et les guillotinés. 
Hélas, la fin du système colonial n’apporte pas l’émancipation tant attendue pour la femme algérienne. Bien que la victoire sur le système colonial ait permis des avancées notables, l’instabilité politique relègue son affranchissement au second plan.  De toute façon, la femme algérienne est victime de l’accaparement du pouvoir au même titre que l’ensemble de la société. En outre, dans une société patriarcale, il est évident que la femme morfle davantage. Enfin, bien que les Algériennes ne renient pas leur appartenance à un espace culturel imprégné par l’islam, il va de soi que les revendications égalitaires ne sont pas en contradiction avec la religion musulmane. Sinon, comment expliquer que la femme tunisienne par exemple –espérant que son statut ne sera pas modifié –n’est pas soumise aux mêmes contraintes? Comme sa voisine, la femme algérienne, comme elle l’a montré par le passé, est capable de se conduire en citoyenne modèle sans qu’elle ait un dispositif juridique qui la guide.  

 

Ait Benali Boubekeur
Jeudi 7 Mars 2013
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 13:56

Hocine-Malti.jpgDeux semaines après l’envoi d’une lettre au général Mediene, Rab Dzayer, un qualificatif qu'il s'est donné lui-même en 1999, par Hocine Malti, le destinataire ne juge pas nécessaire de répondre. Et pour cause ! La transparence n’est pas la marque de fabrique de la maison. En plus, à qui va-t-il rendre des comptes ? Au peuple algérien qu’ils ont réduit depuis l’indépendance à un statut subalterne. Surement pas ! De son côté, le peuple algérien, après moult désillusions, ne doit pas attendre non plus grand-chose. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis deux décennies le peuple s’est résigné lui aussi. Frôlant la pusillanimité, il accepte la répartition suivante des rôles : les milliards de dollars pour les dirigeants et la misère pour lui.

Quoi qu’il en soit, malgré la fatalité, faut-il que tous les Algériens baissent les bras ? En tout cas, les hommes de principes, à l’instar de Hocine Malti, n’abdiquent pas. Bien que certaines réactions, dans la presse écrite ou sur le net, tentent de discréditer l’initiative de Hocine Malti en l’inscrivant dans le cadre de la lutte des clans au sein du pouvoir, il n’en reste pas moins que sa portée dépasse largement ce qu’on lui prête. D’une façon générale, sans prendre parti pour tel ou tel clan, Hocine Malti dénonce tout bonnement, au moins dans cinq lettres ouvertes aux chefs, dont une au président de la République en 2005, le pillage organisé des richesses nationales. En fait, l’aisance financière dont dispose l’Algérie donne lieu à des détournements colossaux. Bien que la perception des commissions ait été inaugurée en même temps que l’instauration de la dictature en Algérie, l’augmentation vertigineuse des prix du pétrole depuis les années 2000 rend cette pratique incontrôlable.

Par conséquent, profitant de cette aubaine, « certains hommes clés du pouvoir algérien, à savoir le réseau de commissionnement et les dessous de table perçus dans le cadre des contrats de vente du pétrole et de gaz », pour reprendre Hocine Malti, se gavent sans scrupules. C’est comme si cette rente, acquise grâce aux sacrifices des meilleurs fils d’Algérie entre 1954 et 1962, leur revenait, à eux seuls, de droit. Et si l’on doit retenir un enseignement dans la démarche de Hocine Malti, ce sera celui de la dénonciation de la voracité des dirigeants impliqués dans les détournements des biens de tous les Algériens. Au lieu de manifester la même colère pour exiger de l’ordre dans la maison Algérie, certains doutent de la sincérité du consciencieux Hocine Malti. Et pourtant, cette dernière lettre ouverte, adressée à Rab Edzayer, est la suite des lettres de janvier 2010 et de décembre 2012. En fait, il y a trois ans, les services secrets ont ouvert une enquête sur les malversations au sein de la société nationale des hydrocarbures, la Sonatrach.

Néanmoins, bien que cette volonté puisse s’apparenter à une prise de conscience des enquêteurs, force est de reconnaitre que l’investigation ne concerne que des affaires mineures. « Ces affaires que vous avez mise au jour concernent des marchés d’importance secondaire », écrit Hocine Malti aux enquêteurs du DRS en janvier 2010. Pour lui, s’il y avait une volonté de juguler le phénomène de corruption, ils devraient s’intéresser aux ventes de pétrole par la Sonatrach. C’est là que les pertes pour l’Algérie se chiffrent en milliards de dollars. Car, jusque-là, les affaires traitées ne concernent que des contrats dont les sommes, d’après Hocine Malti, varient entre quelques dizaines de milliers et quelques centaines de milliers de dollars.

En outre, constate-t-il, bien que l’enquête soit ouverte soi-disant sur instruction du président de la République, il n’en demeure pas moins que les personnes impliquées font partie du clan présidentiel. Cela révèle en tout cas les rivalités au sommet de l’État. « Jusqu’à quand l’Algérie restera-t-elle prisonnière de ces combats de coqs et de ces relations incestueuses entre hommes assoiffés de pouvoir et leurs affairistes », s’interroge-t-il.

Cependant, après le lancement de la nouvelle enquête le 10 février 2013 par le parquet d’Alger, Hocine Malti choisit alors de s’adresser carrément à l’homme le plus puissant de l’Algérie, le général Mohamed Mediene. Doutant du courage des magistrats algériens à aller jusqu’au bout de l’affaire, Hocine Malti interpelle Rab Dzayer pour qu’il dise « où se situe la limite que les magistrats ne peuvent pas franchir ». « S’ils ont déclenché cette nouvelle enquête, c’est que vous, Rab Dzayer, avez donné votre feu vert. Est-ce un feu net, éclatant et permanent que vous avez donné ou est-il furtif, délavé et clignotant ? Est-ce que les magistrats en charge de l’affaire pourront lancer toutes les investigations nécessaires, …, procéder aux perquisitions adéquates, faire défiler devant les enquêteurs puis à la barre toute personne impliquée de près ou de loin à ce dossier », se demande Hocine Malti.

Hélas, dans un système bridé comme celui qui est imposé à l’Algérie, il est peu probable que des hommes du premier plan soient inquiétés par la justice. En tout cas, peut-être dans celle de l’au-delà, mais pas sur la justice algérienne. En effet, à moins que cela relève du miracle, il est difficile d’imaginer que « des généraux ou généraux-majors, certains ministres, certains hommes d’affaires véreux, certaines personnes qui évoluent dans la coupole dont vous êtes le point culminant [sous entendant le général Mediene] ainsi que certains membres d’une certaine fratrie » soient déférés devant la justice.

En somme, il est peu probable que le pays soit moralisé, alors que depuis 50 ans le régime fait tout pour faire perdre à l’Algérie tous ses repères. Néanmoins, la balle est désormais dans le camp du peuple. S’il ne veut pas que le sang des Chouhadas ne soit versé pour rien, le peuple doit reprendre l’initiative. Dans le cas contraire, bien que les scandales s’enchainent, ce régime va encore perdurer. En tout cas, ce n’est pas ce énième scandale qui va les gêner. Mais il peut être le point de départ d’une mobilisation pacifique en vue d’un changement de régime. Lequel nouveau régime devra être construit sur de nouvelles bases, notamment la séparation des pouvoirs. Ainsi, il n’y aura plus de Rab Dzayer ni de super citoyen. Tout responsable devra recevoir son mandat du peuple et rendra des comptes à n’importe quel moment de son action. Pour ce faire, l’Algérie a besoin de plusieurs Hocine Malti.

Par Ait Benali Boubekeur

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 14:03

ob_f1373f_552231-443804865679341-343696085-n.jpgAprès la tenue de plusieurs conseils fédéraux, la commission de stratégie politique, présidée par le sénateur Moussa Tamadartaza, rend public son rapport de synthèse le 22 février dernier. Bien que les questions inhérentes à la vie du parti ne soient pas négligées, l’actualité régionale suscite un intérêt particulier chez les militants du FFS. Et le moins que l’on puisse dire, c’est la gestion de la prise d’otage de Tiguentourine par le régime algérien soulève des inquiétudes majeures. 

De la même manière, la nouvelle guerre au Mali n’est pas de nature à apaiser les Algériens en général et les militants du FFS en particulier. De toute évidence, bien que le pouvoir fasse la sourde oreille, le conflit à nos frontières n’est pas un événement anodin. Hélas, comme toutes les affaires précédentes, le citoyen algérien, pour s’informer, doit chercher l’information sur les chaines de télévisons étrangères ou suivre les conférences de presse des responsables d’autres pays tenant à informer leurs concitoyens.

Quant à l’intervention française au Mali, il va de soi que son action ne vise pas seulement à sauver  le peuple malien menacé par les groupes islamistes, mais à reprendre le contrôle sur cette région riche. Parlant de démons néocoloniaux, Lahouari Addi affirme que « l’objection n’est pas totalement infondée dans une région dont le sous-sol recèle des matières premières comme l’uranium et les hydrocarbures, qui attisent les appétits de puissances occidentales inquiètes de l’implantation économique grandissante chinoise en Afrique ».

Quoi qu’il en soit, bien que le danger soit tout près de nous, le régime algérien s’en fout éperdument de la détresse des Algériens. De son coté, avec le peu de moyens, le FFS essaie de mobiliser autant que faire se peut les citoyens sur les questions de la souveraineté nationale. Et paradoxal que cela puisse paraitre, ceux qui sont aux responsabilités ne semblent pas partager cette inquiétude. Pour le sociologue Lahouari Addi, c’est la faiblesse du pouvoir civil qui donne cette impression. En revanche, poursuit-il, bien que le commandement militaire détienne le vrai pouvoir, les généraux sont divisés sur la voie à emprunter, car  « chaque officier supérieur a ses propres opinions sur la politique intérieure et extérieure ». 

De toute façon, depuis le coup d’État de janvier 1992, le régime fait en sorte que le peuple algérien ne se mêle pas de la politique. En effet, depuis le vote sanction de décembre 1991, la rupture entre le peuple et le pouvoir est consommée. Du coup, la marginalisation de celui-là garantit la pérennisation de celui-ci. C’est ce que constatent d’ailleurs les militants du FFS lors des rencontres de février. « À ce propos, des intervenants [lors des rencontres fédérales] ne s’expliquent pas les silences du chef de l’État, comme ils ont déploré le fait que les partis politiques, le parlement et la société en général, étaient tenus à l’écart », déplorent-ils.

En tout état de cause, bien que la démocratisation soit la solution idoine en vue de remédier à cette situation, force est de reconnaitre que les conditions ne sont pas, pour l’heure, réunies. En effet, il est un secret de polichinelle que la lutte au sommet de l’État, comme le montre si bien Lahouari Addi, hypothèque les chances de la restitution du pouvoir au peuple. Pour lui, le pouvoir réel est désormais entre les mains du DRS. Exerçant une pression sur la presse, à travers le chantage à la publicité, les services de secrets mobilisent aussi « les petits partis « faits maison » pour lancer une campagne contre Bouteflika qui rappelle celle contre le président Liamine Zeroual le poussant à la démission en automne 1998 », étaie-t-il la lutte permanente au sommet de l’État.

En somme, pour parvenir à inverser la donne, il ne reste qu’une seule solution : faire un travail de mobilisation en tentant de réhabiliter l’action politique au sein de la société. C’est le pari du FFS depuis des années. Cela dit, bien que le combat risque de ne pas aboutir à court terme, cela ne doit pas démotiver les férus du changement en Algérie. « Allons vers les militants, allons vers la population et la population viendra à nous. Nous avons des choses à nous dire, nous avons des choses à faire ensemble », conclut Moussa Tamadartaza. Et cette mission, in fine, ne sera pas une sinécure.     

Par Ait Benali Boubekeur

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 20:40

images-copie-1.jpgUn mois après l’intervention française au Mali, la situation reste ambigüe. En effet, lancée sans une concertation en France et sans avoir recouru préalablement à d’autres voies, notamment le dialogue,  l’issue de l’opération militaire –et c’est le moins que l’on puisse dire –est pour l’heure incertaine. De toute évidence, bien que les Maliens saluent « les sauveurs », les risques de dislocation du Mali ne sont pas pour autant écartés. D’ailleurs, l’ancien premier ministre socialiste, Michel Rocard, dont le soutien à François Hollande est indéfectible, admet que le Mali, en tant qu’État, n’existe pas.

Et pourtant, modèle africain d’une transition démocratique réussie, l’État malien s’écroule en un laps de temps infinitésimal. Cela dit, la crise politique ne date pas de janvier 2013. En effet, le président légitime, Amadou Touré, a été renversé le 22 mars 2012. D’après certains observateurs, le président déchu n’a pas été sauvé à cause de ses choix « quant à l’attribution des marchés d’exploitation pétrolière », selon Tariq Ramadan.

De toute façon, la déstabilisation du Mali crée indubitablement une atmosphère viciée dans la région. Conséquence directe de la chute du régime de Kadhafi, le Sahel est convoité par les islamistes pour l’immensité de son territoire et par les Occidentaux pour ses richesses du sous-sol. Du coup, le mouvement des Touareg, MNLA (mouvement national pour la libération de l’Azawad), a été dépassé. En fait, les enjeux sont tellement énormes que la question identitaire n’a pas de place dans cette zone où la course aux ressources minières est effrénée. Apportant leur soutien, dans le premier temps, au mouvement des autochtones, ces extrémistes religieux imposent à la population locale, sans que celle-ci les ait choisis, des lois scélérates.

Cependant, bien que la France n’ait pas adhéré au projet de « sahélistan », d’après l’analyste Samir Amin, les velléités anglo-américaines visant à répartir, entre eux, les ressources souterraines auraient encouragé l’intervention française. D’où d’ailleurs l’interrogation du député écologiste de la Gironde, Noel Mamère, sur le vrai but de cette guerre. Pour lui, « François Hollande a pris une décision d’une extrême gravité, seul dans le palais de l’Élysée, sans avoir préalablement consulté le parlement, comme la gauche s’y était pourtant engagée ».

 Quoi qu’il en soit, en dépit de l’appel de détresse des autorités maliennes, il n’en demeure pas moins que les motifs ne sont pas dénués d’arrière-pensée. En fait, bien qu’on s’ingénie en France à présenter cette intervention, comme le fait si bien l’ancien premier ministre, Michel Rocard, sous un angle purement humanitaire, l’engagement militaire, au moment où la France traverse une crise économique aiguë, peut dissimuler des intérêts inavouables. Mais, si cette intervention a pour seul but de sauver les peuples en danger, on devra applaudir sans réserve l’appui français. « Bonne nouvelle pour les Palestiniens ! L’armée française est là pour défendre les droits des peuples musulmans à vivre en paix avec ceux qui ne prient pas comme eux », écrit l’éditorialiste Salima Ghozali.

Cela étant dit, pour revenir à la réalité, cette hypothèse ne dépasse pas l’instant d’un rêve. En effet, bien que l’opération militaire puisse être présentée sous une forme généreuse, les observateurs savent que les « intérêts économiques » priment sur l’amitié dans le cadre des relations internationales. D’ailleurs, l’exemple libyen étaie, si besoin se fait sentir, la thèse de la course pour la répartition des ressources de son sous-sol après la chute de l’ancien régime. En plus, la politique française à l’égard des dictatures africaines n’est plus à démontrer. La ministre des Affaires étrangères en 2011, Michèle Alliot Marie, n’a-t-elle pas proposé le savoir-faire français en vue de maitriser les manifestations contre le régime de Benali ?

En somme, il va de soi que l’intervention française au Mali, sans être pour autant philanthropique, ne doit pas être assimilée, par exemple, à l’œuvre de George Bush en Irak. Et quoi qu’on puisse épiloguer sur les arrière-pensées françaises, il n’en reste pas moins que la défaite des fanatiques n’est pas à déplorer. Pour reprendre Samir Amin, on espère que la guerre sera gagnée contre les terroristes et permettra la restauration au plus vite de l’État malien. Mais faut-il aussi que les puissances occidentales laissent les pays africains exploiter leurs ressources librement ? Ce qui est sur, c’est que cette perspective n’est pas, pour le moment, à l’ordre du jour. « La France amie est surtout amie de ses intérêts et sa façon d’intervenir sélectivement (el Lybie et au Mali et non en Syrie ou en Palestine) n’est pas nouvelle », conclut Tariq Ramadan.

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 10:14

imageait ahmedsLors de la tenue d’un congrès national, le parti politique associe évidemment tous ses militants, et ce, à travers la participation de leurs représentants à ses travaux. S’il y a des petites divergences d’idées, les congressistes réduiront l’écart au maximum. À ce titre, le cas du parti socialiste français constitue le meilleur exemple. Divisés sur le traité européen en 2005, les socialistes français ont pu s’entendre ensuite. Sept ans plus tard, ils sont à la tête de toutes les institutions nationales : présidence, gouvernement, régions, département et mairie.

Toutefois, contrairement à ce qui s’est passé au PS, les contestataires du FFS s’opposent carrément aux choix du parti. Du coup, le prochain congrès fixera pour objectif de regrouper les militants dont les choix fondamentaux ne sont pas aux antipodes de la ligne politique du parti. En tout cas, pour le premier secrétaire national, Ali Laskri, dont l’avis est partagé par l’ensemble ou peu s’en faut des militants, le congrès national du FFS se tiendra sans les frondeurs. Rappelons-nous quand même que ces derniers mènent, depuis maintenant un an, une campagne, sans répit, de dénigrement à l’encontre du parti.

Cependant, bien qu’ils crient sur tous les toits leur attachement au FFS, sur le terrain, ils développent –et l’observateur peut le constater aisément –un discours visant à discréditer le parti. Refusant de rejoindre les structures du parti, ils se contentent de dicter la marche à suivre. Et en dépit du soutien des militants aux instances du parti, les frondeurs ne cessent de réclamer le départ de l’actuelle direction. Bien que les statuts du parti soient clairs sur l’attribution des tâches, les frondeurs « exigent » l’installation d’un comité provisoire en vue de préparer le prochain congrès. Quels seront les membres de ce comité ? Qui les désignera ?  Les frondeurs n’avancent pas –et c’est le moins que l’on puisse dire –d’arguments solides.

Quoi qu’il en soit, après avoir attendu longtemps le passage de l’orage, la direction, par la voix de son premier secrétaire national, passe à la contre-attaque. Ainsi, lors de la rencontre avec les élus de Tizi Ouzou, Ali Laskri répond sans fard ni acrimonie aux dissidents. Pour lui, « ces personnes se réclamant du FFS ne sont plus militants et ils ont même été radiés par mesures disciplinaires ». De toute évidence, bien que l’appartenance au FFS ne puisse pas se résumer au fait d’être encarté ou pas, il n’en demeure pas moins que pour se réclamer d’un parti politique, il faudrait au minimum que ses grandes orientations soient partagées. Or, ces frondeurs, depuis l’annonce de la participation du FFS aux élections législatives du 10 mai 2012, investissent le terrain non pas pour aider le parti, mais pour le discréditer. D’ailleurs, les militants du FFS n’ont connu leur position qu’à travers des contributions publiées par la presse nationale.

Pour ces raisons, bien que le FFS ne se réjouisse pas d’avoir perdu des cadres compétents –en plus, ils ont leur propre mouvement –, le parti ne peut pas non plus être dépendant d’un quelconque responsable, compétant soit-il. D’ailleurs, même le meilleur d’entre nous, pour paraphraser Jacques Chirac, a décidé récemment de ne plus briguer la présidence du FFS à la fin de son mandat. Et c’est pour ça que la décision consistant à ne pas associer les frondeurs au prochain congrès parait conforme aux principes du FFS. Le parti a besoin in fine de tout le monde, mais nul n’est indispensable.      

Par Ait Benali Boubekeur

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 12:43

images-copie-18.jpgLe dénouement dramatique de la prise d’otage, survenue sur le complexe gazier d’In Amenas, renseigne davantage sur les dangers qui guettent l’Algérie. Ainsi, à un mouvement terroriste aveugle, il s’ajoute une gestion autoritaire des affaires publiques par un pouvoir atteint de cécité. En fait, bien que la nébuleuse islamiste veuille imposer coute que coute sa vision par la violence, force est de reconnaitre que le régime algérien adopte quasiment la même attitude : gérer par la violence et dans l’opacité. Car, dans un pays où le peuple est respecté, celui-ci devrait être informé en permanence de l’évolution de la crise. Or, pour qu’un Algérien puisse savoir ce qui se passe dans son pays, il faudrait qu’il attende les conférences de presse des chefs occidentaux en regardant bien évidemment les chaines de télévision étrangères.  

Cependant, pour revenir à la genèse de la crise, bien que le pouvoir algérien ait été hostile, au tout début,  à l’intervention militaire au Mali, après la visite de François Hollande en Algérie, la position algérienne –et c’est le moins que l’on puisse dire –va changer littéralement. Considérée comme un levier ou comme l’arrière cour, d’après Lahouari Addi, la région du Sahel est exploitée par le régime algérien en vue de faire taire les Occidentaux sur leur gestion despotique du pays.

Néanmoins, nourrissant un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’ex puissance coloniale, le chef de l’État algérien [car un président élu par son peuple explique constamment ses choix aux citoyens] autorise le survol de l’espace algérien par l’aviation militaire française. Et malgré les résolutions de l’ONU insistant sur la nécessité impérieuse de favoriser une solution politique au Mali, les tenants de l’option guerrière passent à l’action. D’où les réserves de certaines formations politiques en Algérie, à l’instar du FFS. En tout cas, pour ce dernier, cette guerre aurait eu un sens, si la France avait essayé de s’impliquer, depuis la formation des groupes terroristes dans le Sahel, en vue de trouver une solution politique à la crise. Normalement, si lorsque la communauté internationale constate l’échec de l’approche politique que l’option militaire devra être envisagée.

Quoi qu’il en soit, dans un monde où la puissance militaire l’emporte sur l’emploi des moyens pacifiques, les conséquences se payent cash. Ainsi, bien que les services secrets algériens aient la réputation de contrôler, à travers les infiltrations, des groupes islamistes, l’Algérie est frappée au cœur de son système névralgique. D’ailleurs, il est un secret de polichinelle que le pouvoir algérien n’est debout que grâce au contrôle de la rentre des hydrocarbures. Du coup, la façon dont est gérée la prise d’otage d’In Amenas montre que le régime algérien ne dispose que d’une seule méthode, la violence.

Or, d’une façon générale, la première victime dans cette affaire est d’abord le peuple algérien. Et pour cause ! Les gens qui gouvernent à sa destinée n’ont cure de ce qu’il endure ou de ce qu’il pense. Pour étayer cette thèse, Lahouari Addi cite un exemple frappant : « les médias français ont relayé le fait que le président Hollande a cherché à joindre hier [17 janvier 2013] son homologue algérien, mais en vain. Faut-il comprendre que Bouteflika n’a rien à lui dire, ou que la situation lui échappe totalement ? Ou peut-être, veut-il ainsi signifier à la communauté internationale qu’il n’a aucune autorité sur ses généraux et qu’il demande de l’aide. »

En tout état de cause, quelle que soit la rivalité des clans au sein du pouvoir, le peuple algérien a le droit de demander des comptes. En effet, dans une crise concernant tout le peuple algérien, comment se fait-il que ce dernier soit informé par des responsables politiques et par des chaines de télévision étrangers ? Y’a-t-il eu la création d’une cellule de crise après la prise d’otage ? Qui sont ses membres ? Voilà quelques questions qui taraudent les observateurs de la scène politique algérienne.

Enfin, bien qu’on ne se réjouisse pas de l’existence d’une crise, il va falloir que les Algériens se ressaisissent en prenant les choses en main. Que ce peuple se montre enfin mature en exigeant des dirigeants de servir les intérêts de l’Algérie au lieu de chercher à se pérenniser vaille que vaille au pouvoir. En tout cas, sans une pression continuelle de la population, et dans une situation d’instabilité permanente à ses frontières, l’Algérie risque de sombrer dans le grand désordre. Et tout le monde sera perdant.    

Par Ait Benali Boubekeur         

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 16:45

djamel zenatiDésormais, les casques sont tombés. Le groupe contestataire, emmené par Zenati et Bouhadef, ne cache plus ses intentions hégémoniques sur toute la mouvance démocratique. À travers une déclaration, reprise essentiellement par les médias qui avaient toujours pour mission de déstabiliser le FFS, en l’occurrence TSA et la dépêche de Kabylie, ils affirment vouloir créer un mouvement politique. Et paradoxal que cela puisse paraitre, ce mouvement politique ne pourra pas être transformé en parti politique.

Dans l’ère de pluralisme, bien que celui-ci soit bridé, l’idée de créer un mouvement ou un parti politique ne constitue pas un événement majeur. Quoi qu’il en soit, si le mouvement en question ne contrarie pas le bon fonctionnement du FFS, tout le monde applaudira l’avènement d’un nouveau groupe politique en Algérie. Mais là où le bât blesse, c’est que ce mouvement, pour se développer, ne compte pas sur ceux qui partagent sa vision, mais il tient absolument à ce que le FFS soit mis à genoux.

Cependant, bien que le FFS n’en ait cure de ces agitations, d’autant plus que les meneurs ne sont pas dans ses rangs, force est de reconnaitre que les coups d’estocades répétitifs commencent à perturber –et c’est le moins que l’on puisse dire –les instances du parti. En effet, dans un texte d’orientation politique, suite à la programmation des rencontres régionales avec les élus du parti, la direction du FFS réagit à ces menées des ex-militants du FFS.

De toute évidence, sans montrer un quelconque signe de panique, la direction s’en tient au calendrier fixé par le président Hocine Ait Ahmed, et ce, conformément aux statuts  du parti. « Le président du parti, Mr Hocine Ait Ahmed, a décidé souverainement de ne pas briguer la présidence du parti au 5ème congrès ; il s’en explique clairement dans son message. Ce message se suffit à lui-même et toutes autres supputations ne sont que des supputations », lit-on dans le document politique.

Alors que les contestataires créent leur propre mouvement (le mouvement pour l’alternative démocratique), ouvert, d’après eux, à tous les Algériens, à l’égard du FFS, ils se prennent pour des tuteurs. A ce stade de réflexion, on peut affirmer qu’il y a, dans leur langage, des visées saugrenues. En effet, comment peut-on être tuteur de la formation politique présidée par Hocine Ait Ahmed ? « L’appareil du FFS doit être dessaisi de la préparation du congrès. Celle-ci doit être confiée à une commission transitoire qui regroupera, sans exclusive, les compétences et fonctionnera dans la collégialité », suggèrent les contestataires.

Par ailleurs, bien qu’ils soient les maitres incontestés de leur mouvement, quand il s’agit du FFS, ils ne se gênent pas à dicter la voie. Obnubilés par l’audience de leur déclaration sur TSA, ils se croient habilités à s’immiscer dans la conduite de leur ancienne formation politique. En tout état de cause, bien que personne ne nie leur passé militant au sein du FFS, cela ne leur donne pas le droit de revendiquer un quelconque droit sur le FFS, d’autant plus qu’ils l’ont quitté depuis des lustres.

De toute façon, même contre vents et marées, le FFS est condamné à poursuivre son chemin. Ainsi, quoi qu’il advienne, l’avenir de l’Algérie doit être placé au dessus du FFS et des ego. Bien que l’annonce du président du FFS du 21 décembre 2012 puisse aiguiser des appétits, la sagesse recommande que chacun mette son orgueil de côté afin d’œuvrer pour le changement pacifique en Algérie, un vœu cher à Hocine Ait Ahmed.

Par ailleurs, que signifie ce chantage permanent des contestataires, si ce n’est pour contrarier la dynamique lancée par le FFS après les changements intervenus en Afrique du Nord. Alors que le FFS se démène pour associer les acteurs de la société civile à son combat, voilà qu’un groupe d’ex-militants, en rupture de ban avec le parti, tente de saper son initiative en claironnant que le FFS, à sa tête Hocine Ait Ahmed, a abandonné ses valeurs contre des avantages. Confondant sciemment la participation électorale avec une compromission, ces ex-militants du FFS, dont certains ont été députés du FFS dans un passé pas si lointain que ça, s’arrogent le droit de dicter leur vision au FFS.

Bien que leurs rangs soient clairsemés [environ 200 personnes ont assisté à la réunion du 5 janvier 2013], ces frondeurs, aidés sur le plan de la communication par des médias réputés pour leur haine envers le FFS, ne désarment pas. Or, pour que ces contestataires soient un tant soit peu sincères, et dans la mesure où ils affirment leur attachement au FFS, pourquoi ne le rejoignent-ils en vue d’apporter leur pierre à l’édifice ? Peut-on d’ailleurs construire un parti tout en étant en dehors de ses structures ? Voici quelques questions qu’on aimerait leur poser.

Enfin, je connais l’argument qui va m’être opposé : je suis un vendu à la direction et j’ignore les vrais enjeux, etc. Sur les groupes facebook, cette rengaine convainc encore. Mais, auprès des militants du FFS, ces arguments ne font plus recette. En tout cas, aux militants qui vont lire ce texte, je les rassure que ce travail est une simple réflexion d’un militant de base. Et c’est seulement en tant que tel que je donne mon point de vue.

Par Ait Benali Boubekeur

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 21:49

602877_105416479633049_686199670_n.jpgSur certains thèmes, il y a des contributions inusables tant le sujet reste toujours d’actualité. Celle d’Amar Ouredane, publiée le 24 septembre 1997, dans le journal canadien « La Presse », en fait indubitablement partie. En quelques lignes, l’auteur de « la question berbère dans le mouvement national algérien » parvient à cerner les contours de la crise algérienne et à proposer une également une issue.

Il va sans dire que la crise des années 1990 est la conséquence de la gabegie dont le régime algérien est totalement responsable. Ainsi, de coup de force en coup de force, la dictature algérienne va accoucher d’un monstre, en l’occurrence le FIS (Front islamique du salut). Quoi qu’il en soit, après les massacres, commis dans des bourgades isolées, Amar Ouredane estime que la solution réside inéluctablement dans le recours à un vrai dialogue. « Il va falloir un jour non seulement s’asseoir à une table de négociations, mais se résigner à partager le pouvoir politique et les leviers économiques sous-jacents », affirme-t-il.

D’une façon générale, bien que le régime puisse engager un simulacre de dialogue [le belligérant n’est pas associé et les autres partis doivent se prononcer sur ce qu’entend entreprendre le pouvoir], il n’en reste pas moins que cette méthode est vouée d’emblée à l’échec. En effet, tout le monde sait que la condition sine quo none d’un retour à la paix durable en Algérie est tributaire au fait de renoncer  à toute forme de violence. Bien que les islamistes et le pouvoir se battent pour le contrôle exclusif des rênes du pouvoir, l’Algérie ne connaitra l’apaisement que si les exclusions sont bannies.

Ainsi, au lieu de définir un calendrier consistant à restituer le pouvoir au peuple, le régime algérien, en recourant aux magouilles, privilégient des fausses solutions, et ce, pour peu que les géants occidentaux soient contents. En outre, pour Amar Ouredane, la représentation politique algérienne ne se limite pas aux courants islamiste et conservateur, mais il y a aussi la mouvance démocratique. Bien qu’une partie ait failli à son devoir en soutenant sans ambages le coup d’État de janvier 1992, l’avenir de l’Algérie doit reposer sur elle. En tout cas, pour Ait Ahmed, la meilleure alternative est de parvenir à supplanter les deux courants en question. D’ailleurs, le slogan du FFS ne renvoie-t-il pas les deux courants au même titre : « non à l’État intégriste, non à l’État policier ».

De toute évidence, ces deux courants ont les mêmes racines. En effet, le courant conservateur et le courant islamiste, selon Amar Ouredane, sont issus de la même matrice. « Cette réalité historique et sociologique, vérifiable par quiconque d’en donne la peine, a toujours été occultée par les dirigeants algériens successifs pour diverses raisons : stratégiques, pendant la guerre de libération nationale ; idéologiques, pendant la guerre froide et la construction du socialisme ; et enfin politiques, pour sauver le système de la rente », étaie-t-il sa thèse.    

Cela dit, en excluant tout le peuple, après l’indépendance, de toute la gestion des affaires nationales, l’explosion est simplement retardée. Et bien que le régime lâche du lest après octobre 1988, les contradictions et les grenouillages politiques aggravent immanquablement la situation. Plus grave encore, malgré la parenthèse démocratique [1989-1991], le régime ne compte pas céder la moindre parcelle du pouvoir. Au contraire, dès avril 1990, le régime accentue son contrôle sur les collectivités locales.

En somme, dans sa magistrale contribution, Amar Ouredane préconise carrément l’adoption du système fédéral en Algérie, une solution moins couteuse et plus prometteuse, d’après lui. Pour ce faire, il propose l’organisation de l’Algérie en six régions, celles que les valeureux révolutionnaires algériens ont créées en novembre 1954. D’autant plus, estime-t-il, que les trois courants, cités précédemment, existent concomitamment dans les six régions. En tout cas, une façon de permettre aux Algériens de participer activement à la construction du pays.

Ait Benali Boubekeur

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