4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 17:50
Le peuple algérien est comme tous les peuples de la terre.

Par Saïd Radjef. Le 4 mai 2016.

Souvent pour expliquer le malaise qui ronge le pays, on accuse le peuple et l'armée.
Je suis un militant. Je ne peux pas accuser un ministre, simple commis de l'Etat, lorsque la responsabilité de la faillite de mon pays est collective, est engendrée par ses propres élites. Insultez-moi, accusez-moi et dites ce que vous voulez sur ma personne, je ne changerai pas d'avis sur cette question.

Ce n'est pas le peuple algérien qui manque de courage et de volonté de changement. Mais l'échec de notre pays dans la voie du développement, tient essentiellement à la faiblesse de ses élites politiques, militaires, administratives, intellectuelles, universitaires... Mais comment une société carrefour des cultures et civilisations, aux traditions hospitalières et solidaires réputées peut-elle secréter des élites qui font preuve d'un égocentrisme sans comparaison, d'une ignorance aveugle en livrant leur peuple à la mort certaine, à la division, au séparatisme, au moment où les grandes puissances se regroupent en blocs hermétiques ?

On voit bien qu'en Algérie rien n'a fondamentalement changé dans les relations interhumaines depuis la soi-disant indépendance de notre pays. L'Occident continue d'y être roi et de se comporter en maître nostalgique d'un passé récent avec la complicité des élites qui n'arrêtent pas de fuir leur passé douloureux et leurs responsabilités historiques. Le manque de confiance et de respect notoires des Algériennes et des Algériens en eux-mêmes, est entretenu par les autorités politiques.

Quel que soit le secteur considéré du développement (culture, éducation, santé, agriculture, économie), on assiste partout à l'incurie notoire des élites, absolument aveuglées par la course au pouvoir, la recherche des prestiges, de la gloire perdue depuis novembre 1954 et très enclins à s'approprier les richesses publiques pour une consommation immédiate incontrôlée.

C'est tout juste aujourd'hui si le parti des zouaves, des fils d'Agha, de Bachagha et de harkis n'est pas agréé par l'Etat algérien...Nos élites appartiennent au règne des Hérodiens, une race qui n'aime ni sa patrie ni son peuple, une race qui ne trouve sa satisfaction que lorsque elle devient l'esclave des autres...

3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 17:47
Djurdjura: La gendarmerie frappe au cœur de la contrebande

Par Saïd Radjef. Le 3 mai 2016.
Près de 2000 bouteilles d'alcool (vins et whisky) destinées à la contrebande, parfois soigneusement dissimulées dans des caisses de limonade , ont été saisies hier par les éléments de la gendarmerie nationale en Kabylie maritime, plus exactement à Iflissen, dans la wilaya de Tizi ouzou.

Un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes, indique cependant une source de la gendarmerie nationale. Plusieurs personnes ont été arrêtées. Cette opération est la quatrième du genre après celles de Boghni, Ait Koufi, Tizi Ghennif...

Ces résultats s'expliquent par la « présence permanente des gendarmes» sur le terrain. Mais aussi à une meilleure coopération des populations locales, a expliqué notre source.
La traque des trafiquants d'alcool et de drogue a été particulièrement fructueuse cette année, alors que la gendarmerie ne fonctionne qu'avec la moitié de ses effectifs en Kabylie.

30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 15:53
Le peuple algérien ne vit pas dans la pauvreté et la misère.

Par Saïd Radjef. Le 30 avril 2016.
Le peuple algérien vit mieux que la majorité des peuples européens.Il m'arrive souvent de bourlinguer à travers les villages du Djurdjura ou il n'y a ni usines ni infrastructures économiques...Les villageois mènent un genre et un niveau de vie largement supérieurs à ceux des espagnols, des grecs, des maltais, des français, des portugais...Des villas somptueuses se chiffrant à des milliards de dinars sont construites sur les cimes majestueuses du Djurdjura, alors que le parc automobile de la dernière commune en Kabylie fait le double d'un arrondissement français...Dans chaque village on peut compter jusqu'à une vingtaine de boucheries, alors que les marchands de légumes et fruits ne cessent de prospérer...A la sortie des universités et établissements scolaires, les étudiants et les collégiens que l'on croise sont tous habillés à la dernière mode occidentale dont le coût s’élève en moyenne à dix millions de centimes...

22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 12:24
KABYLIE joker du pouvoir ?

Saïd Ould Oulhadj Le 22 avril 2016.

En essayant de me soustraire pendant un moment du courant politique auquel j’appartiens, en l’occurrence le FFS, je tente de me mettre dans la peau d’un impartial observateur et il en sort ceci :Voici dans un langage simple quelques questions qui doivent être élucidées en tenant compte de la nature de ce pouvoir depuis l’indépendance à ce jour. Reprenons brièvement le fil de l’histoire depuis les accords d’Évian! Pour consolider leur pouvoir, les coalisés du clan d’Oujda font un coup d’état au GPRA. Profitant de la vacance de toutes les institutions, ils distribuent des postes à leur clientèle. Sous leur contrôle, quelques historiques acceptent le fait accompli dans le seul souci est de bâtir le pays, mais ils se rebellent contre leur dictature(le clan d’Oujda) après s’être rendus compte qu’ils confisquent les acquis du peuple.

Monsieur Ait Ahmed dénonce les dérives, crée le FFS avec d’autres compagnons. Un soulèvement armé a lieu avec son lot de martyrs. Le pouvoir de Ben Bella alimente un conflit contre le Maroc, sous couvert d’une menace territoriale, il sensibilise les maquisards du FFS sous les ordres du chef historique, le colonel Mohand Oulhadj qui rejoint l’ANP, abandonnant de ce fait son compagnon Ait Ahmed au nom du soi-disant nationalisme! C’est ainsi que le régime en place s’offre le luxe de désigner du doigt le FFS comme étant un parti séparatiste, ce qui estompe l’élan de solidarité qui se manifestait à travers les autres régions du pays.

Depuis ces événements, le pouvoir dictatorial qui se régénère par lui-même se focalise sur la Kabylie et la garde comme option afin de retrouver la consolidation de leur pouvoir à chaque fois que leur règne se sent menacé. En 1980, un mouvement spontané est né, revendiquant la démocratie (questions identitaires, liberté d’expression, droits de l’homme, multipartisme etc.,)

La Kabylie est réprimée violemment. Voilà qu’ils brandissent à nouveau leur option dorée en faisant de la Kabylie un objet de fixation dans l’optique de dissuader le reste du peuple d’être solidaire avec la Kabylie. En plus de plusieurs qualificatifs attribués au mouvement et ses militants tels que " réactionnaires , manipulés , le parti de la France etc, les qualifiant de séparatistes à tel point que leur peur les amène jusqu'à brûler le livre du saint coran dans une foule à la télévision montée de toutes pièces par la SM afin de désigner les Kabyles comme des anti islam.

Idem, en 1988, le régime change de stratégie en tentant de mettre dos à dos les Kabyles et les islamistes afin de se placer en arbitre. Cette fameuse ruse du pouvoir est déjouée par le FFS qui n’est pas né de la dernière pluie en dénonçant aussi bien le régime des généraux que leurs relais en Kabylie.

En 1992, ce régime est sur le point de tomber si ce n’est un large soutien de ses relais en Kabylie contribuant à l’arrêt du processus électoral. Encore une fois, sur le dos de 200 000 morts et d’une perte immense en matière d’économie, le régime s’est consolidé à nouveau enfin. Nous constatons jusque-là que rien n’aurait réussi pour ce pouvoir s’il n’y avait pas eu l’option de la Kabylie.

Nous voilà en 2001, un Mouvement citoyen est né spontanément suite aux assassinats de jeunes innocents dont le tort est de dénoncer l’assassinat de Feu Garmah Massinissa. Une opportunité s’est offerte derechef au peuple de s’unir face au régime en place, d’autres régions bouillonnent telle que (Oran, les Aurès el Tarf) et se solidarisent avec la Kabylie. Hélas, nous voilà surpris par la création du Mak en pleine effervescence, pendant que des jeunes tombent au nom de la liberté et de la démocratie et une Algérie unie.

La création de mouvement autonomiste est la joie du pouvoir qui se retrouve renforcé par des atouts considérables afin d’isoler le mouvement citoyen du reste des régions du pays. La suite est connue de tous. Nous revoilà en 2014, le régime sort la même option de la Kabylie avec plus ou moins une autre stratégie. Après avoir organisé ses élections truquées, il
actionne à nouveau son plan dans le but d’isoler la Kabylie de l’action politique nationale en la désignant du doigt grâce aux bienfaits du Mak qui lui sert de soupape.

Aujourd’hui, plus que jamais la Kabylie doit rester vigilante. Les forces politiques ancrées dans la région ont l’obligation devant l’histoire de regarder dans la même direction dans la perspective de contribuer au rassemblement de toutes les énergies nationales. Il incombe au FFS surtout de canaliser avec prudence l’élan qui se manifeste dans la région de Kabylie et sur le reste du territoire nationale suite au décès d’Aït Ahmed ........
Saïd Ould Oulhadj.(Ex membre du conseil national FFS1996/2000)

21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 18:00
Nous devons organiser une marche pour l'unité de l'Algérie à partir de Tizi ouzou.

Par Saïd Radjef. Le 21 avril 2016.

La marche du MAK hier à Tizi reflète beaucoup plus la faillite et l'incompétence des médias algériens qu'autre chose.
C'est ce que j'ai dit à des camarades dirigeants FLN, FFS, islamistes, PT, RND, anciens cadres du MCB...Nous devons mobiliser tout le monde et montrer que la marche d'hier à Tizi organisée par des officiers dissidents de l'ex DRS au nom du MAK et soutenue par les monarchies arabes, BHL et l'Etat sioniste, n'est rien d'autre qu'un accident de parcours. Nous devons rassembler tout le monde et dépasser nos petites querelles...
Les autorités algériennes doivent comprendre une bonne fois pour toutes que ce n'est pas avec les chaouchs et les bachaghas de la presse actuelle que l'on pourra gagner la guerre de communication que les puissances qui veulent démembrer l'Algérie, maîtrisent de bout en bout...Le pays regorge de talents, de compétences et de génies qui peuvent rivaliser avec n'importe quel média occidental...J'exhorte le président de la république, le chef du gouvernement et les généraux Tartag, Hamel et Nouba à réfléchir à une nouvelle stratégie de communication...

20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 19:44
 Pourquoi marcher à Tizi et Bejaia?

Par Saïd Radjef. Le 20 avril 2016
Tamazighit est langue nationale et officielle. Alors pourquoi marcher ce 20 avril en Kabylie? Quel est l'objectif de cette marche et ses revendications?
Le MAK fort de son chat et demi, l'Etat sioniste de BHL et les monarchies arabes sponsor officiel de Daesch ont prévu des marches à Tizi et Bejaia à l'occasion du 20 avril parce qu'ils ont un objectif clair et précis: montrer au monde qu'il existe une région différente du reste de l'Algérie et que réclamer son indépendance est une revendication démocratique qui s'inscrit dans le respect de la charte des droits de l'homme.... Or l’indépendance de la Kabylie veut dire la fragmentation de l'Algérie. Est ce que cet objectif est partagé par le FFS, le FLN, le RCD, le PT, le RND et les militants de villages?

20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 07:12

Par Mouloud Idir. Le 20 avril 2016

Il est impossible d’aborder la question des rapports entre langue et nation en Algérie, et plus particulièrement celle de la revendication culturelle et linguistique berbère (ou, comme on le dit maintenant, tamazight), tant celle-ci est l’objet de malentendus et surdéterminée politiquement, si l’on ne commence pas par évacuer un certain nombre de stéréotypes qui ont entouré les problèmes linguistiques en Algérie. Parmi ceux-ci, on trouve – notamment en Occident – l’opposition fréquente entre les « Arabes » et les « Kabyles », ou bien les « Berbères » et les « Arabes », ou encore les « Algériens » et les « Berbères », comme s’il s’agissait de peuples distincts… Aussi, on ne peut traiter de la revendication linguistique berbère si l’on ne restitue pas le contexte historique de l’émergence de ce problème et si l’on n’essaye pas de reconstituer les conditions dans lesquelles cette question a été forgée et dans lesquelles elle a évolué.

L’effet colonial

Dans l’Algérie contemporaine, on a très tôt associé le fait berbère à la colonisation. Or, le fait berbère n’a pas été créé par la colonisation, même si le fait colonial a largement contribué à le révéler, et, en le révélant, il a semé une confusion dans un dessein bien précis. En effet, parmi les problèmes importés (et imposés) par les colonisations européennes dans les pays du tiers-monde se trouve celui des minorités, que celui-ci soit vu sous l’angle politique ou sans l’angle culturel, les deux étant du reste souvent mêlés ou, en tout cas, inférant l’un sur l’autre. Les minorités berbères sont un exemple particulièrement apparent du phénomène. L’effet de la colonisation a été dans ce cas doublement négatif : d’abord parce qu’en faisant sporadiquement du fait berbère un instrument d’action politique (le fameux « diviser pour régner » des Romains), les pouvoirs coloniaux l’ont en quelque sorte compromis, ensuite parce que les pouvoirs nationaux issus de la décolonisation ont adopté la conception jacobine de l’unité nationale telle qu’elle a été élaborée en Europe depuis le XIXe siècle (ainsi la République française « une et indivisible » aux termes mêmes de sa constitution). D’où le résultat paradoxal d’États nationaux d’Afrique et d’Asie issus de la décolonisation traitant leurs minorités comme les autorités coloniales avaient traité l’ensemble du peuple colonisé.

Depuis les indépendances, les populations berbérophones du Maghreb n’ont guère le statut de minorités, sinon au sens où elles sont minorées, réduites à l’état de minorités dominées par les États. En réalité, elles sont des minorités sur le plan culturel et non en tant que minorités démographiques, puisqu’au Maroc, par exemple, les Berbères forment la majorité du peuple marocain (ce qui n’empêche pas que leur langue et leur culture aient été minorées puisqu’elles n’ont eu aucune existence officielle).

L’Algérie et le rôle des Kabyles

Un autre élément est intervenu avec la colonisation française en Algérie : l’ouverture d’un assez grand nombre d’écoles dans certaines localités de Kabylie [1] , rendant nécessaire la formation par la France d’instituteurs kabyles qui ont diffusé l’usage du français. Dans ces zones, cet enseignement a été beaucoup plus massif que l’enseignement traditionnel des marabouts [2] , qui n’avaient pas de souci d’éducation de masse, mais uniquement le souci de leur propre relève, ce qui les amenait à transmettre leur savoir, notamment de la langue arabe, à une petite frange de la population, tandis que la langue vernaculaire parlée par la masse de la population restait la langue berbère. Mais avec l’école française, l’enseignement s’est donc développé brusquement dans certaines zones (bien que l’école n’ait jamais été rendue obligatoire pour les garçons et que seule une petite minorité de filles l’ait fréquentée) et il a rendu nécessaire la formation en assez grand nombre d’instituteurs indigènes, dont les affectations se cantonnaient aux écoles rurales (ces instituteurs arabes n’avaient pas le même statut que les autres). Parmi eux, Amar Saïd Boulifa [3] et bien d’autres. Ces instituteurs indigènes enseignaient aux élèves le français, mais à aucun moment, ils ne leur interdisaient de parler le berbère. Ce sont les premiers qui ont recueilli la poésie orale et qui ont eu le souci de préserver la culture orale, car tout en reprenant à leur compte les idées laïques qu’ils avaient reçues dans les écoles normales, ils revendiquaient une identité culturelle différente de celle du colonisateur. Autre élément encore : le phénomène de l’émigration vers la France qui s’est développée dans les années 1920. Cette immigration s’est syndiquée, s’est ouverte sur la culture politique française et elle a ramené en Kabylie une partie de l’expérience et des connaissances qu’elle avait acquises.

Tout cela a conduit à ce que les Kabyles ont occupé une place prépondérante dans l’histoire du nationalisme algérien. Et certains d’entre eux ont été les premiers à poser la question identitaire au sein du mouvement nationaliste algérien et à revendiquer la diversité du patrimoine culturel et linguistique et du passé historique de l’Algérie, face aux Oulémas [4] (savants religieux), d’une part, et face, d’autre part, à d’autres courants nationalistes qui revendiquaient la seule identité algérienne réduite à l’arabité et à l’islamité et ne voulaient voir dans la revendication de la reconnaissance de la diversité culturelle qu’un argument de la colonisation. Ce déni mena à diverses frictions au sein du nationalisme algérien. Malgré ces frictions, les promoteurs de la berbérité au sein du nationalisme algérien furent d’ardents défenseurs de la cause nationale algérienne et de la longue marche pour l’autodétermination du peuple algérien.

Le combat berbère et le pluralisme dans l’Algérie indépendante

À ce jour, l’affirmation berbère soulève trois enjeux. D’abord, elle révèle une définition de la nation algérienne fondée sur des critères culturels et religieux. Deuxièmement, cette demande de reconnaissance vient heurter le jacobinisme sur le plan identitaire en jetant les bases d’un pluralisme qui cherche à concilier l’égalité, la cohésion sociale et la reconnaissance des différences. Enfin, ce combat exige une démocratisation élargie et une remise en cause des positions de pouvoir détenues par une oligarchie tirant pour son grand profit les revenus de la rente pétrolière : on pense ici à la haute hiérarchie militaire et à la police politique qui cooptent et caporalisent toutes les institutions signifiantes de la société.

Depuis 1989, plusieurs partis politiques et mouvements de la société civile portent explicitement dans leurs statuts la demande de reconnaissance constitutionnelle de la langue et de la culture berbères. Cela coïncide avec la fin de la période du parti unique et avec le multipartisme. Jusque-là, la revendication était portée par des associations à caractère culturel, principalement par le Mouvement culturel berbère. De courageux intellectuels y ont aussi contribué en apportant un soutien public à la berbérité : on pense à Mouloud Mammeri et à Kateb Yacine. Sans parler du soutien de nombreux militants en exil. Le régime algérien, par le biais d’alliés inavoués, est d’ailleurs préoccupé par une volonté de domestication de toute velléité d’opposition existant au sein de la communauté établie à l’étranger.

Le fait que des partis politiques posent désormais explicitement la question berbère sur la place publique est un acquis à mettre au compte du militantisme acharné prévalant depuis le début du siècle et consolidé par le travail clandestin des décennies 1970-1980.

La reconnaissance de la légitimité d’une telle revendication culturelle est un acquis symbolique considérable. Cependant, le fait que ces partis s’accordent sur la question berbère n’est pas un élément de convergence suffisant entre eux. On y trouve des libéraux sur le plan économique, des sociaux-démocrates, des marxisants… Certains prônent l’autonomie (c’est le cas du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) ; d’autres prônent une décentralisation qui coïncide souvent avec la volonté de remettre en cause les fonctions régaliennes de l’État ; d’autres enfin œuvrent pour un système confédéral visant un meilleur équilibre régional en Algérie. Autant de visions qui témoignent de la nature hétéroclite du discours actuel sur la situation berbère en Algérie.

À ce jour de nombreux gains symboliques peuvent être décelés. L’opprobre qui a souvent été jeté sur les militants de la berbérité trouve de moins en moins d’échos dans la société. De plus, un grand soulèvement a eu lieu, en 2001, dans la région berbérophone de Kabylie ; celui-ci s’est soldé par l’assassinat de 123 jeunes. Les manifestations ont mis l’accent non pas sur la seule dimension identitaire et linguistique, mais sur la gangrène sociale et politique rongeant toute l’Algérie (le chômage, l’accès au logement, la corruption, le mépris de la vie humaine, etc.). La population de cette région, très sensible à la revendication démocratique du fait d’un déni culturel entretenu par le régime, a pourtant toujours su rester à l’écart aussi bien du pouvoir militaire que des intégristes. Et cela, malgré les manipulations de certains groupes qui n’ont de cesse, depuis 1989, de chercher à diviser la population pour mieux pérenniser un régime inique et autoritaire.

Cela a forcé le pouvoir algérien à reconnaître le berbère comme langue nationale au niveau constitutionnel. Il reste à obtenir sa reconnaissance officielle et à la doter des moyens juridiques et institutionnels nécessaires à son épanouissement académique, culturel et médiatique. Cela sera long et ardu, mais pas impossible.


Mouloud Idir

Membre de l’équipe du Centre justice et foi

[1] Et non pas dans toute la Kabylie, puisque dans certaines régions, le taux de scolarisation est resté très faible : il n’était que de 2 % en 1957 dans le pourtour sétifien.

[2] Membres de confréries religieuses lettrées en langue arabe.

[3] Tassadit Yacine, « Relire Boulifa » dans Les voleurs de feu. Eléments d’anthropologie sociale et culturelle, Paris, La Découverte/Awal, 1993, p. 17-47.

[4] Tardivement acquis à la cause de l’indépendance totale avec l’occupant français. Lire à ce sujet : Amar Ouerdane, La question berbère dans le mouvement national algérien, Sillery, Éditions du Septentrion, 1990.

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 17:48
Les arouchs et le MAK assomment définitivement la Kabylie.

Par Saïd Radjef. Le 19 avril 2016

Après la mort d'Ait Ahmed, plus personne ne peut mobiliser et rassembler la Kabylie.

Les Kabyles ont-ils oublié leurs traditions de lutte contre l'injustice et l'arbitraire? Non! Ont -ils changé? Non! Ont-ils oublié l'épopée du 20 avril 1980? Non!

Alors pourquoi la Kabylie se mure dans le silence et l'indifférence?

Depuis le conclave de Yakouren en 1985 lorsque Said Saadi a décidé de poignarder dans le dos l'opposition, la Kabylie se cherche, sans jamais se retrouver. Préférant les querelles d’ego aux débats d’idées, incapable de se dégager du système dominé le plus souvent par la guerre des clans que se livrent les vieux barons par kabyle interposé, elle anéantit elle-même, jour après jour, manipulation après manipulation, tout espoir de mobilisation et de rassemblement.
Le général Med Lamari par sa trouvaille des arouchs, accentue la logique de la division, de la dissidence, du déclin politique, de la baronnie en Kabylie, alors que la grève du cartable décidée, quelques années auparavant, à l'insu et contre la volonté des populations du Djurdjura a profondément pollué le climat...
Mais la déconfiture touche son paroxysme lorsque le MAK vient avec son chat et demi prodiguer la séparation et l'indépendance à une Kabylie souverainiste et algérienne jusque dans sa respiration...

18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 18:02
Kabylie: ces enfants qui battent et violentent leurs parents.

Par Saïd Radjef. Le 19 avril 2016

Selon la gendarmerie, le Djurdjura ne cesse d'enregistrer une augmentation sensible des parents agressés par leurs enfants.
La plupart de ces parents agressés, violentés et maltraités ne savent plus a qui s'adresser tant la question demeure tabou dans notre société. A l'origine de ce fléau: l'argent (les retraites en devises et les pensions d'ancien (ne)s moudjahid (ates).
Le cas le plus récent nous vient de la vallée du Djurdjura ou une jeune enseignante a séquestré sa mère qui touche trois pensions... La culture du gain facile provoque des tensions familiales. Elle privilégie la course aux plaisirs immédiats. En mettant l’individu en avant, elle casse les structures conviviales et solidaires. Elle a totalement détruit la famille traditionnelles. Il s’en suit une désintégration des structures de la famille: villages, lieux de socialisation et quartiers où l’on profitait du moindre espace pour communiquer, cercles de rencontres partageant des activités communes...tout cela s'est désintégré ces dernières années sans être remplacé par une politique qui assurerait le maintien et la cohésion de la famille...Toutes les valeurs qui entouraient et protégeaient la familles ont été détruites...
Quand les parents sont pauvres on les jette dans des asiles de retraite, quand ils sont riches on les maltraite au point de commettre des parricides...Et ils disent que la Kabylie est le poumon politique de l'Algérie, la gardienne des valeurs ancestrales, toz ! quelle flagornerie!

12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 17:32
 Le populisme des élites algériennes.

Par Saïd Radjef. Le 12 avril 2016

Ce n'est pas l'Occident qui est en train de recoloniser à nouveau l'Algérie, ce sont nos pseudos élites qui sont en train de la perdre...

Au lieu d'éclairer le peuple et de construire l'avenir commun du Maghreb, elles se cachent derrière les idéaux de l'Islam, de la démocratie, de la laïcité, de l'identité, de la langue, de l'universalité...pour mieux dissimuler leur ignorance, leur soif du pouvoir et leur façon de s’accommoder de l’injustice et de l’inégalité sociales croissantes...

Elles pensent que mettre à mal l'Etat dans la conjoncture actuelle est une marque d'intelligence, de militantisme qui va les légitimer aux yeux du peuple...

Mais comme disait ce brave Che, un pays où tous les dirigeants sont honnis par le peuple est un pays facile à conquérir et à domestiquer...

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