29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 10:00

Bonne-anne-e-ait-bouyahia-2013.jpgL’année 2012 touche désormais à sa fin. Il lui reste à peine quelques heures. Comme toutes les années précédentes, l’année 2012 qui a fait durant douze mois l’actualité d’aujourd’hui deviendra le fait d’hier et l’histoire de demain en seulement quelques heures.
A l’aune de la crise économique qui secoue le monde, du printemps arabe et des grands bouleversements climatiques, la Kabylie aura vécu une année palpitante. Quand nous repenserons à 2012, nul doute que nous y verrons une année choc, une année charnière, de celles qui marquent l’histoire de son empreinte, et ce pour bien des raisons, certaines directement en lien avec ce qui se passe autour du pays, d’autres attachées à la réalité politique, économique ou sociale qui trace au jour le jour le destin de la nation. Nous pourrions nous contenter d’énumérer rapidement les « Top » et les « Flop » de l’année mais il s’est passé tellement de choses que nous ne savons plus par quoi commencer et quels sont les événements sur lesquels nous pouvons faire l’impasse. Citons dans le désordre : Localement, outre le regain des activités terroristes, la Kabylie aura vécu trois grands événements au cours de l’année 2012 : deux scrutins et la retraite du président du FFS,Hocine Ait Ahmed, de la scène politique nationale, qui intervient quelques mois après les décès successifs de ces deux compagnons, A Mehri et A Benbella. Une retraite qui marque la fin d’une époque, celle du nationalisme algérien. Nourrissant autant la controverse, la haine et le mépris que l’admiration, le charisme, l’intelligence et parfois l’adulation, Ait Ahmed aura marqué de son empreinte l’histoire de l’Algérie au cours de ces 70 dernières années et le quotidien de militants de générations différentes à travers tout le pays. On pourra lui reprocher beaucoup de choses, voire exprimer une vive animosité à son égard ou à l’encontre de son parti, mais difficile de ne pas admettre que son influence fut globale et évidente sur la politique et les questions qui nous préoccupent principalement.
Par ailleurs, l’année 2012 à été marqué également par la démission de Said Saadi de la vie politique algérienne. 2013 marquera donc une étape cruciale pour l’opposition e qui va devoir se réinventer au-delà de ces deux grandes figures de la scène politique nationale et des traditions du mouvement nationaliste. Une tâche qui ne semble pas insurmontable, mais qui alimentera sans doute de nouveaux débats enflammés entre « anti » et « pro » successeurs…
A l’extérieur, avec des impacts directs sur la vie de tous les jours, la Kabylie aura également vécu des événements majeurs. La visite du chef de l’Etat français en Algérie dans une conjoncture internationale marquée par une population mondiale qui a désormais dépassé le seuil des 7 milliards d’humains et la révolution permanente dans le secteur numérique, informatique et multimédia, ont été à coup sur les évènements marquants, frappants et/ou historiques dont les conséquences sont et seront encore visibles dans les années à venir. Mais ce n’est pas tout : outre ces faits, le réchauffement climatique qui angoisse les populations et inquiète les scientifiques, il est utile de souligner que la Kabylie, pour la première fois de l’histoire, a enregistré une température de plus de 50° C au cours de l’été dernier.
Cependant, cette Kabylie qui aura tangué tout le long de l’année 2012 entre espérances, bouleversements, belles surprises et cuisantes déconvenues, vous dit à toutes et à tous bonne année 2013.

21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:56

32419_509851625703884_814412763_n.jpgDécidemment, rien ne va plus en Kabylie ces derniers temps. Outre les élections qui se déroulent dans l’anonymat le plus total, la visite officielle du chef de l’Etat Français, François Hollande, en Algérie, n’a pas suscité la curiosité des populations kabyles. En tous les cas, l’attitude kabyle est loin de rimer avec ces faux airs d’hospitalité et de pays pleinement souverain que veut traduire l’Etat algérien à l’occasion du séjour de M.Hollande. En dépit de l’abattage « publicitaire » entamé depuis des semaines par la presse et les grands medias d’ici et d’ailleurs, le moins que l’on puisse dire, l’anonymat et l’indifférence sont les deux sentiments qui ressortent ici au Djurdjura au moment ou le président Français foulait le sol algérien. Et pourtant cette visite qui porte un cachet particulier en raison du passé douloureux qui lie les deux pays, n’est pas de nature à laisser indifférente la Kabylie qui compte, il faut le souligner, l’une des plus grandes communautés algérienne en France. Or, la venue de François Hollande, même surmédiatisée, vient de mettre en évidence une chose : le désintérêt et le mépris qu’à le Djurdjura pour la pratique politique, se sont visiblement enflés au cours de ces dix dernières années. Et à tout le moins les anachronismes d’un régime dans lequel les algériennes et les algériens refusent de se reconnaître ou de s’identifier.
A vrai dire, il n’y a pas que la visite du premier responsable Français qui est confrontée au rituel marquant de l’indifférence kabyle .Un pesant et retentissant dégoût entoure l’atmosphère depuis quelques temps déjà, au point qu’aucun événement arrive a faire sortir la région de sa torpeur pour la réconcilier avec le discours politique.
Dans la plupart des endroits ou nous nous étions rendus au Djurdjura au cours de cette semaine, la visité de M. Hollande est relatée comme un banal fait divers relevant de la rubrique des chiens écrasés. Pas un mot sur le sujet de la repentance qui chauffe les esprits sur les deux rives de la méditerranée. Eveil des consciences ou démission totale ? La frénésie qui s’est emparée des medias algériens et français, est vite, tournée en quelques commentaires de café, en dérision. « Le président algérien François Hollande rencontre Bouteflika » ou encore « le franco-algérien Hollande », traduisent l’atmosphère dans laquelle baigne le Djurdjura quelques années.
Au fait, il n’y a pas que la servilité du régime qui choque et qui pousse les algériens à avoir ces sentiments d’indifférence et d’anonymat. A la vérité, nos sociologues, nos journalistes, nos politologues et les leaders d’opinions le savent très bien, les algériens veulent en finir une bonne fois pour toutes avec la complaisance, les connivences, la courtisanerie, les faux semblants …devenus des constantes nationales si nécessaires à la survie de chacun. Alors, attention aux grands silences qui précèdent la tempête. D’autant plus le spectre du printemps arabe plane majestueusement sous le ciel d’Algérie.

Par Saïd Radjef.

15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 12:04

Bachagha.jpgA charge pour les bachagha et les chaouchs de suivre l’étiquette et d’appliquer scrupuleusement le règlement qui sépare la haute société des indigènes. Ces règles pointilleuses qui marquent les préséances et les limites humaines de l’Algérien Ce sont les bachaghas et les chaouchs qui décident qui peut approcher des colons, de M. l’administrateur, où et quand. Les attitudes et le langage sont également codifiés et varient subtilement selon les circonstances : ainsi en est-il de l'usage des titres pour s'adresser à l'un ou à l'autre, du droit de s'asseoir, d'utiliser un fauteuil, une chaise, un tabouret....pour parler à nos parents indigènes. França A m’rabi, lançaient ils du haut de leur arrogance et leur bassesse d’êtres sans la moindre dignité. A ce titre, en dépit de ses quelques mensonges sur le 1er novembre 1954, Med Boudiaf n’a pas tort de déclarer que « nos ennemis d’hier sont nos ennemis d’aujourd’hui. » A peu prés rien n’a changé depuis 1962 à ce jour. Un caporal de la gendarmerie française gère à ce jour le destin du pays… Aujourd’hui, à travers leur presse, ils se sont rappelés au beau vieux temps. Ils n’hésitent pas d’interpeller F Hollande pour lui rappeler sa mission. Certains parmi ses chaouchs n’hésitent pas de menacer les uns et les autres pour faire capoter la visite du président Français en Algérie. Comme ça soudainement, tout le monde s’est souvenu des conditions inhumaines dans lesquelles vivent les étudiants et la diaspora algérienne en France. Ils font ressurgir toutes les questions qui fachent à la une de leurs journaux. Questions subsidiaires : pourquoi sur les deux millions de bacheliers que compte le pays depuis 1962 à ce jour, plus de 60% sont contraints à l’exil ? Qui a contraint ces bataillons de bacheliers à devenir les indigènes des temps modernes ? Qui gère les réseaux de la harga ? Qui vend les visas ? Par Saïd Radjef.

10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 22:52

imagesCA1ERU4Q.jpgCesser la guerre des mémoires et réécrire une autre histoire, sur les bases d’un partenariat équitable, entre l’Algérie et la France, tel est l’enjeu de la visite que va entamer le 18 et le 19 décembre le président Français, François Hollande, en Algérie. Après un passé commun douloureux, l’Algérie et la France veulent enterrer la hache de la guerre des mémoires. L’une et l’autre refusent cependant de rater les rendez- vous de l’histoire. Cela dépend de la survie des deux pays. Mais au passage quelques souvenirs d’hier et d’aujourd’hui.
Plus de deux millions d’algériens vivent aujourd’hui en France. Leurs ancêtres mobilisés d’office durant la première et la seconde guerre mondiale, ont construit la quasi-totalité des autoroutes et des logements en France. Comme ils ont reconstruit l’industrie française tombée en ruine après la guerre de 1939-1945. Cette reconstruction a été réalisée dans des circonstances douloureuses pour la majorité écrasante des immigrés algériens.
Selon les chiffres de l'Insee, la deuxième génération est plus importante en nombre que la première. La population algérienne établie en France a augmenté de 30 % entre 2008 et 2010. Que garde-t-elle de ce passé douloureux ? Quels sont les rêves et les espérances de cette deuxième génération et quels souvenirs a-t-elle gardé du passé ?
A quel lieu se vouer quand on est nés et on a grandi dans un pays qui n'est pas celui de ses parents, ni celui de ses ancêtres et pour lequel justement les ancêtres et les parents ont été contraints de consentir des sacrifices incommensurables ? Les fêtes de fin d’années ont été une occasion pour interroger les deux générations, venues passer leurs vacances en Kabylie. Confrontation de deux identités et de deux cultures qui s’alimentent, qui s’entretiennent et que l’histoire a durablement imbriquées. Dans les fiefs messaliste en Kabylie, la densité des immigrés est plus importante que dans le reste du Djurdjura. Et comme le soulignait si bien Mouloud Feraoun, « un kabyle revient toujours à sa terre natale ». Ait Bouadou, la commune la plus peuplée de la Daïra des Ouadhias, reçoit chaque fin d’année ses immigrés. Les anciens et la nouvelle génération qui a rompu définitivement avec le mode « la bas chez nous », racontent leur vie de tous les jours et parlent des liens et des nœuds qu'ils nouent et dénouent au fil du temps, entre ici et là-bas, pour tisser la trame de leur devenir de citoyens de deux rives et construire leur monde. "Fil de soi", tissage de vie, métissage de cultures, c'est au sein de ces entrelacs d'existence que nous avons été conviés au sein de la famille K Akli. Fazia, la mère se souvient du premier jour ou elle avait à la demande de son beau père débarqué à Montpellier, en 1962. Elle parle fièrement les deux langues, kabyle et français. Elle n’a rien oublié de ses traditions religieuses de femme kabyle. « En 1963, on a habité dans un bidonville ou tout le monde était entassé à l’entrée de la ville. Mais grâce a des économies, nous avons réussi à construire une maison à Toulouse, dans la région de Montauban », dit-elle. Et d’ajouter : « Nous sommes venus offrir des présents au mausolée des Ait Oulhadj et remercier Dieu pour ces retrouvailles ». Les enfants Laura, Sabrina et Mohamed, parlent un Kabyle cassé. Sabrina, auxiliaire de la police, parle en regardant chaque fois en direction de son père comme pour souligner l’organisation sociale de la famille traditionnelle algérienne. Elle cherche l’approbation dans le regard de la famille.
Akli qui a rejoint la France au début des années 50, a plus de 70 ans aujourd’hui. Tout en se rappelant de son enfance lorsqu’il était berger, il évoque au passage la visite de François Hollande en Algérie : « Les temps sont difficiles pour tout le monde. Cela ne sert a rien de remuer le couteau dans la plaie. Il faut soigner les blessures du passé et regarder désormais vers l’avenir. » C’est ce que soutien sa fille aînée Laura, juriste à la préfecture de Toulouse. « Depuis quelques années l’Algérie va mieux. Mais pour construire de meilleures relations et avoir un respect mutuel, nous devons regarder vers l’avenir. Autant la France a besoin de l’Algérie pour faire face à la récession, autant l’Algérie ne doit pas rater les rendez vous de l’histoire a cause du passé. »
Par Saïd Radjef 

 

 

7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 09:57

morsi-egypte-freres-musulmans-manifestation.jpgL’Algérie est elle en train de soutenir l’offensive de la haute finance internationale en Egypte ? Ce qui se passe en ce moment en Egypte et ce qui s’est passé quelques mois plutôt en Libye ne semblent pas inspirer outre mesure les dirigeants algériens. Ces derniers sont beaucoup plus soucieux de la pérennité de leur pouvoir que de ce qui se passe autour d’eux.

Ce qui est rapporté quotidiennement par la presse algérienne donne une lecture en filigrane sur les préoccupations qui agitent la junte au pouvoir. Les islamistes ne sont pas les adversaires du peuple égyptien. Les adversaires de l’Egypte et des peuples arabes, en plus de l’ignorance, de la maladie, des inégalités, sont la haute finance internationale et la grosse industrie militaire qui ont toujours manifesté un soutien indéfectible à leur allié naturel, le sionisme. Ce qui se passe en ce moment en Egypte est la contre offensive du grand capital international et des grandes multinationales.

Ce qui se passe en ce moment en Egypte vient d’ailleurs. Il obéit à une logique et à une dynamique bien ficelées : Reprendre des mains d’un rais, Morsi, qui a mal manœuvré depuis son investiture, les espaces perdus en Egypte. 

Inéluctablement le printemps arabe soufflera sur l’Algérie, tard ou trop tard. Pour une raison ou une autre, l’Algérie finira comme les autres pays arabes. D’abord les dirigeants algériens refusent de regarder les choses en face. Comme l’indiquent si bien les deux derniers scrutins, le régime des généraux préfère l’intrigue et les complots pour affronter une conjoncture internationale riches en imprévus. Ensuite, La crise alimentaire et la crise énergétique sont également à l'origine de véritables explosions de révolte. En plus du manque d'emplois et de perspectives pour des couches importantes de la population, en particulier les jeunes, s'ajoutent les conséquences de l'augmentation brutale des prix des aliments au niveau mondial. Selon les données de l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation des Nations unies (FAO), la valeur sur le marché des principaux biens alimentaires a augmenté de 138% dans les huit dernières années. En décembre 2010, les prix du blé, de l'huile, du maïs, du riz, de la viande et du lait ont atteint des prix record et on s'attend à de nouveaux records cette année. Le maïs a augmenté de 60%, le blé de 43% et le sucre de 77%. 

Conséquence générale de l'aggravation de la crise structurelle du capitalisme, de telles augmentations ont eu, et continuent d'avoir, des effets dévastateurs du point de vue social dans une région qui importe près de 60 à 70% de ses aliments, en particulier dans le monde arabe, où près de la moitié des budgets des familles est réservé à l'alimentation. A cela s’joute l’épuisement progressif des ressources énergétiques. L’avenir est contre les régimes dictatoriaux.
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Dans les médias algériens, emboitant le pas à la propagande occidentale, est lancée depuis quelques jours une campagne de diabolisation du Gouvernement Morsi et d'incitation à la violence et à la rébellion morale et intellectuelle. Hormis la mouvance islamiste qu’il estime indomptable, le pouvoir algérien pense avoir domestiqué et maté toute la classe politique. Exclure les islamistes du champ politique national et les diaboliser là ou la démocratie leur permet d’accéder au pouvoir, n’est pas une réponse aux attentes du peuple algérien. C’est une fuite en avant. La réponse aux attentes du peuple est dans la construction d’une véritable démocratie, de nouveaux espaces régionaux et non dans la diabolisation d’une expérience « égyptienne » contre laquelle tous les salopards semblent se léguer à tour de rôle pour la discréditer et la faire haïr aux peuples arabes.

Par Said Radjef 

3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:52

images-copie-7.jpgUne énième parodie électorale vient de se dérouler dans l’indifférence totale. Inutile d’en commenter les résultats tant le suffrage universel est introuvable en Algérie. Sous d’autres cieux, les élections ont pour objectif de renouveler le contrat démocratique, d’assoir ou de renforcer le consensus autour de valeurs communes forgées par de longues traditions politiques et qui constituent le socle d’une Nation souveraine.

Dans l’Algérie de Bouteflika et des chefs militaires, elles ne sont qu’une technique sophistiquée destinée à remodeler le champ politique en fonction des rapports de force entre factions se disputant le pouvoir et le contrôle des hydrocarbures.
Le débat d’idées et la confrontation de projets relèvent du chimérique, voire du risible, en l’absence d’un espace public démocratique. La "chose publique" est un concept qui a du mal à percer dans l’épais brouillard formé par la corruption, l’irresponsabilité, et le "j’m’en‑foutisme" au plus haut niveau !
Mission impossible pour tous ceux, hélas peu nombreux, qui ont un sens élevé de la politique, celui de servir l’intérêt général. Mais qui désespèrent aujourd’hui de voir le pays s’enfoncer dans le chaos. Pourtant le devoir moral et civique est de résister et de continuer à faire œuvre de pédagogie en dénonçant les impostures du pouvoir et de ceux qui, y compris dans l’opposition, les alimentent, consciemment ou inconsciemment.
L’Algérie en danger !
C’est le nouveau mot d’ordre de l’opposition pour justifier ce nouveau rôle d’idiot utile du Système.
Préserver la Nation des visées néo‑impériales peut constituer un noble objectif, tout comme l’a été, pour sa libération, le 1er novembre 1954. Tout patriote a le devoir, dans des circonstances graves, de placer l’intérêt national au dessus de toutes autres considérations.
Dire cela, c’est dans un même mouvement refuser la prédominance des intérêts claniques, tribaux et régionalistes et dénoncer un détournement des institutions, devenues le terrain de jeu privilégié d'imposteurs, d'arrivistes sans scrupules, d’affairistes véreux, d’ancien et de nouveaux caïds, brefs de ces Raspoutine, sans foi ni loi, faisant et défaisant les lois, terrorisant les plus intègres de nos cadres.
C’est par exemple refuser tout compromis avec cet ancien Premier ministre, qui a poussé l'outrecuidance jusqu'à évoquer le « sens de l'État » quand il n’a fait, avec un zèle inégalé, que servir ses mentors.
C’est se démarquer d’un parti dont la mission historique s’est achevée en 1962 et qui sert aujourd’hui de bouclier au Système et dont la victoire programmée par un nouveau coup de force veut faire croire, notamment vis‑à‑vis de l’étranger, à un large consensus autour du pouvoir.
Être patriote, c’est refuser toute forme de complaisance.
C’est de l’Algérie de Bouteflika et des chefs militaires qui l’ont coopté à la tête du pays qu’il faut, en définitive, se démarquer !
Bien sur, il ne s'agit pas d'établir une corrélation entre l'intronisation de Bouteflika et la crise politique qui remonte aux premières heures de l'indépendance, et peut-être même avant. Sûrement d’ailleurs. Mais l'actuel chef d'état l’a considérablement aggravée, sapant ce qui constitue le souffle d’une Nation, son "esprit" : le "vouloir vivre ensemble". En centralisant tous les leviers décisionnels, en instrumentalisant cyniquement et en manipulant les facteurs de cohésion nationale, Bouteflika a divisé le pays et créé une situation potentiellement dangereuse pour l’unité et l’intégrité du pays.
En stigmatisant une région, la Kabylie, en refusant de faire la lumière sur les événements du printemps noir de 2001, en entravant l’investissement productif national, en faisant d’elle un espace où prolifèrent le terrorisme, les kidnappings et la délinquance pour la neutraliser politiquement, Bouteflika a fait objectivement le jeu des extrémismes et offre la possibilité aux ennemis de l’Algérie d’instrumentaliser une possible dissidence à caractère ethnique.
Responsabilité et conviction
Être patriote, c’est éviter de hurler avec les loups et de céder à l’hystérie "nationaliste" d’un pouvoir qui, paradoxe des paradoxes, n’agit que pour éloigner davantage la tâche urgente de construire un consensus national démocratique susceptible de permettre à notre pays de mieux résister à la dynamique infernale d’un capitalisme financier mondial qui sape les fondements des États‑nations partout dans le monde.
Il n’y a d’historique que la volonté du peuple algérien à exercer sa souveraineté, disait Hocine Aït Ahmed. Autrement dit, seule la volonté populaire est réellement constitutive de la Nation. L’histoire, les langues, la (ou les) religion(s), les coutumes et autres traditions en sont les ferments nourriciers.
Contrarier cette volonté, c’est ce à quoi se sont attelés depuis l’indépendance, les "nationalistes" au pouvoir. Et c’est contre ce viol historique que s’est structuré le mouvement de résistance démocratique. Un mouvement initié par le FFS en 1963 et qui, aujourd’hui, au nom d’un réalisme politique mal compris et d’un acoquinement trouble avec le clan d’Oujda, est en voie de renier ses fondamentaux politiques.
Il est vrai que la politique est rapport de force. Que le réel doit être appréhendé tel qu’il est : une terrifiante régression morale, politique et civique. Mais quand l’éthique de responsabilité se moque de l’éthique de conviction, elle dégénère en opportunisme qui, dans le désastre actuel, confine à l’immoralité.
Alors, quid du sens de l’intérêt général ? De la morale publique ? Faut‑il rejoindre cette cohorte de "politiques" qui se bousculent avec voracité aux portes blindées d’un système rentier comme jadis, du temps des pénuries, on se chamaillait devant les Souks el fellah et autres supermarchés ? Il est vrai que la rente n’est pas éternelle !
Seul le Grand Maghreb des peuples
Oui, L’Algérie est bel et bien menacée. Elle se trouve dans le collimateur de ceux qui n’ont pas digéré le processus de libération et de ceux dont elle attise la convoitise en raison de ses immenses richesses naturelles.
La sanctuarisation de l'Algérie face au processus impérial de recomposition géostratégique, autoritaire et guerrier est impossible dans le cadre du Système en place. Elle le sera d’autant moins dans ce "néo‑boumediénisme" que les décideurs envisagent de nous concocter au moment d’une succession réglée en 2014.
À vouloir faire de l'Algérie une exception qui échappe au mouvement "révolutionnaire" qualifié abusivement de « printemps arabe », le pouvoir prépare l’irréparable en condamnant le pays à l'inertie. Notre pays n'échappera pas aux stratégies mondiales et régionales de recomposition. Pour les puissances occidentales, américaines ou françaises, c'est simplement une question d'opportunité et de priorisation.
La crise au Mali – et l’intervention militaire qui se précise – participe de cette entreprise néocoloniale qui risque d’embraser toute la région et ne manquera pas d’impacter négativement une Algérie fragilisée.
Les atermoiements, les attitudes contradictoires parfois à la limite du ridicule qui passent pour de vrais chefs‑d'œuvres d'ambiguïté d'un ministre des Affaires étrangères sont à la mesure de l'incapacité d'un pouvoir à donner de la lisibilité et surtout de la crédibilité à la position officielle. Ces incohérences sont révélatrices des perversions d'un Système qui s'auto‑dérégule, affaiblissant l’État et déstructurant la société et nous ramènent brutalement à l'évidence qui veut qu'une diplomatie forte est conditionnée par un État fort, reposant sur un large consensus politique, économique et social, dynamique.
Affaibli de l’intérieur, pressé de l’extérieur, le pouvoir d’Alger est devant un dilemme cornélien : servir de sous‑traitant régional d'intérêts occidentaux ou camper sur ses supposés "fondamentaux", ceux d’une doctrine de politique étrangère héritée de la guerre froide, en totale retrait par rapport aux exigences d'un monde nouveau.
Une fausse alternative qui ne résistera pas à la dynamique historique. Tout comme jouer des contradictions entre puissances occidentales relèverait aujourd’hui du pur fantasme.
Car l’unique perspective pour les patriotes soucieux de protéger le pays tout en combattant un isolement dangereux et préjudiciable est de renouer au plus vite avec le rêve des pionniers des mouvements indépendantistes qui ont fait preuve d’une grande lucidité et d’une vision à long terme en n’imaginant pas l’achèvement du processus de décolonisation sans la construction d’un Maghreb libre et démocratique.
Ce grand idéal qui donne un vrai sens à une authentique politique de puissance régionale, historiquement pertinente car en phase avec les exigences d'un monde multipolaire et équilibré.
Plus que jamais, les intérêts nationaux de l'Algérie ne seront sauvegardés que dans le cadre d'une dynamique de construction maghrébine.
Tout le reste n'est que pure sophistique.
Par Samir Bouakouir.
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 17:50

images-copie-2.jpgSelon les observateurs, le MPA est la nouvelle carte du régime au Djurdjura. La victoire pour le moins surprenante de la formation de Amara Benyounes devant les ténors de la politique nationale n’est rien d’autre qu’un signal fort du pouvoir en direction de l’opposition pour lui signifier qu’il contrôle désormais tous les espaces en Kabylie

Quelques mois seulement après sa naissance, le MPA s’impose comme la troisième force politique du pays. C’est ce qui ressort au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin pour le renouvellement des APC et APW, tenu jeudi dernier. Que pense la Kabylie de ce résultat ? Au delà de l’argument « de la manipulation scientifique du scrutin par le régime » avancé par le FFS et le RCD, nombre d’observateurs estiment que la victoire du MPA résulte de la dynamique créée par Amara Ben younes lors de cette compagne pour le double scrutin du 29 novembre 2012.
Il a réussi à le faire probablement en raison de son propre parcours : il vient des rangs du défunt MCB et a appartenu au parti RCD ou il fut longtemps l’ombre de Said Saadi avant de créer sa formation, le MPA. En somme, il connait bien l’univers politique de la Kabylie.
Par son expérience de militant clandestin, sa verve, son savoir faire, sa capacité à mobiliser les symboles qui touchent à l'inconscient politique de la Kabylie, il est passé d'une position marginale à celle, peut être, de l’interlocuteur et du représentant, entre le pouvoir et les populations locales.
Mais son talent personnel n'explique pas tout. La nature a horreur du vide. Le FFS et le RCD, affaiblis et amoindris par de longues années d’affrontements fratricides, ont fait perdre à la Kabylie sa culture et son goût pour la résistance citoyenne. Par ailleurs, il ne faut pas oublier les séquelles laissées dans la région par le mouvement citoyen lorsque les partis d’Ait Ahmed et de Belabes ont touché le fond entre 2002 et 2007 en réalisant moins de 12% des suffrages aux différentes joutes électorales
Amara Ben younes est un homme qui a appris par cœur ses leçons. Il a appris à manier remarquablement le verbe, en ressuscitant les grandes espérances de la région. Il a réveillé l’engouement de la Kabylie en conduisant une stratégie en trois temps : Depuis sa création, il n’a pas cessé d’articuler son discours sur les inquiétudes, les angoisses et les déceptions de la région. Ensuite, il a su rassemblé une grande partie des mécontents FFS et RCD sous la bannière MPA. Ensuite, il a donné suffisamment d’assurances au régime par de nouvelles orientations politiques aux antipodes avec celles prônées jusqu’ici par le FFS et le RCD.
Il reste maintenant à savoir s’il saura réellement être à la hauteur de la tache qui lui a été confiée par le régime pour séduire cette Kabylie indécise qui constitue la majorité et effacer les formations du FFS et du RCD de l’espace politique national.


Par Said RAdjef.

25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 19:04

imagesCAEMGC40.jpgOn lui a toujours prédit la mort politique et la fin tragique, mais il est toujours là à confirmer que le temps des miracles n’est pas encore révolu.

Toutes les crises qui ont secoué cette formation politique n’ont pas pu avoir le dessus sur l’emprise psychologique qu’a ce parti sur les consciences collectives des Algériennes et les Algériens. Parler de crises avérées ou préméditées n’est pas si important devant cet attachement affectif et respectueux que manifeste une grande partie du peuple algérien, d’abord au dernier des historiques, Monsieur Hocine Ait Ahmed, puis au combat que ce parti politique mène depuis presque 50 années maintenant.
En ma qualité de militante jalouse de son objectivité , il m’est aisé de mettre en avant quelques remarques qui ont trait à la vie politique et organique d’une formation politique très particulière.
D’abord, j’insiste sur le fait que ce parti fait beaucoup plus dans la résistance que dans l’opposition. Car, il est quasiment absurde de parler d’opposition dans un pays ou tout est biaisé, galvaudé et détourné. S’opposer à quoi ? , à qui ? Et dans quelle perspective ? Surtout que toutes les expériences politiques d’ici ou d’ailleurs, montrent bien, qu’aucun projet politique, qu’aucune démarche visant à changer les choses, ne peuvent être viables sans la construction d’un vrai front populaire qui imposerait le changement et ses termes. Construire, construire, construire, rabâchait encore et toujours M Hocine Ait Ahmed .

Convaincu par cette « fatalité historique», le FFS reste malheureusement le seul parti politique à œuvrer dans ce sens, non sans y laisser des plumes.
Les opérations « scientifiques » des officines militaro-policières, relayées par des prolongements internes ou externes au parti, sont là à y faire face. L’Objectif des ces pernicieux stratagèmes, c’est d’ empêcher encore et encore le FFS de constituer cet espoir qui fait vivre les algériennes et les algériens depuis des années. L’espoir qui traduit toutes les attentes, toutes ces frustrations et tous ces rêves détruits de générations en générations. L’espoir de vivre enfin libre, de vivre heureux, de vivre tout simplement !
Depuis des années maintenant, la technique pratiquée par le pouvoir, pour contrecarrer les élans combatifs du FFS, c’est de l’affaiblir en lui limitant son champs de manœuvres et en lui fomentant des crises internes . L’épisode qu’a connu le FFS ces derniers temps l’illustre parfaitement.

De son coté, le FFS n’est pas resté sans réagir. Au moment ou tous les partis politiques sont rentrés en phase d’hibernation politique voulue ou commanditée, et ce au lendemain des législatives du 10 Mai, le FFS est resté le seul parti politique à ne pas déserter le terrain. Oui, au moment où il fut attaqué de toutes parts, surtout à travers une certaine presse aux ordres, ce parti est resté serein et imperturbable. Qui est ce parti politique algérien qui pouvait surmonter cette rude épreuve sans aucune conséquence sur sa survie ? Je dirais sans hésitation, aucun ! Heureusement et comme à chaque fois, le FFS a pu constituer l’exception.
On l’a vu durant ce terrible été et en plein mois de Ramadan partout en Algérie, animant conférences - débats, congrès, campagnes de solidarité surtout à travers ses députés envers les familles des disparus, les militants des droits de l’Homme, les greffiers, les syndicats autonomes.
Les six mois qui ont suivi les législatives du 10 Mai ont été pour le FFS, des moments d’interminables difficultés, mais aussi une période savamment exploitée pour se rapprocher du citoyen. Rétablir cet intérêt qu’avait le citoyen algérien avec l’exercice politique est la principale mission du Front des Forces Socialistes. D’ailleurs ,les élections locales prochaines seront sans doute une autre occasion pour cette formation politique de franchir un nouveau pas pour la construction d’un vrai front qui imposera un jour ou l’autre, le changement tant attendu par le valeureux peuple algérien .
Par karima Larbi , militante de Relizane

24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:29

imagesCASBU6B8.jpgAmara Ben Younes l’actuel ministre de l’Environnement, qui a fait l’impasse sur toute la wilaya de Tizi Ouzou lors des législatives, vient de faire un déplacement énigmatique à Michelet dans le cadre de la campagne électorale avec une délégation quasi ministérielle.

Le meeting n’a pas marqué les esprits.  Une foule plutôt curieuse de recevoir un de ses enfants, devenu ministre, chef d’un nouveau parti et ami de Bouteflika. Les nombreux curieux qui étaient présents n’ont nullement été intéressés par le discours qui leur a été délivré.
Ben Younes, dans un niveau politique de bas âge, haineux, a indexé les anciens maires FFS sans les nommer tout en dédouanant l’administration dont il a assuré la tutelle en tant qu’ancien ministre par deux fois par le passé.

Ben Younes qui vient d’avoir la charge de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de la ville aura maintenant tout le loisir de faire rétablir les choses et de faire mieux que les anciens maires FFS. Mais il ne faut pas se leurrer. Son déplacement a été  fait à des fins électoralistes pour tenter d’arracher la mairie d’Ain El Hammam qui semble représentée beaucoup à ses yeux. C’est légitime, dirai-je, mais Michelet n’est ni Hydra ni El Biar encore moins Staoueli.  Hélas, il y a quand même un «  mais ».

Cependant,  Ain El Hammam, de par son histoire (à l’instar des autres régions de Kabylie), les hommes qu’elle a enfantés, son rôle dans le mouvement national, la guerre d’indépendance, son combat pour la démocratie, a de tout temps suscité un intérêt particulier.

Il est tout de même curieux que le benjamin RND sans moustache se proclame comme 3ème force politique du pays sans aucun recours à la politique militante. Il est aussi tout de même paradoxal et étrange que le journal régional, « la dépêche de Kabylie », considéré comme le journal de toute une région, ait omis de relater les campagnes des autres partis politiques notamment celle du FFS.

La démocratie à l algérienne, née dans les laboratoires, continue à être gérée par ces mêmes laboratoires avec des éprouvettes qui donnent des clones au système. Les moustaches des bébés éprouvette ont encore la vie dure en Algérie.

Par Saïd Ould Oulhadj

 

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