23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 10:53

idir.jpgLa capitale du sud-ouest de la France, Toulouse, a organisé une semaine culturelle, dédiée cette année au Maghreb. Le festival Rio Loco, ainsi dénommé, s’est étalé sur cinq jours mémorables, et ce du 17 au 21 juin 2009. Bien que la culture maghrébine soit présente dans la partie méridionale de la France, les organisateurs ont tenu à lui donner cette année une place privilégiée. Ainsi, le quinzième festival a été une occasion pour les autres entités, présentes à Toulouse, de faire connaissance avec la culture de la rive sud de la méditerranée.  Raï, chaâbi, musiques gnawa, musique kabyle, arabo-andalous,  mais aussi rock, jazz, hip-hop, électro ont été au programme festif.

Par ailleurs, la présidente du festival a affirmé,  dés l’ouverture de ce festival, que toutes les cultures du monde auraient un jour au l’autre leur chance de se produire à la Prairie des filtres, en bord de la Garonne. Pour elle, la citation du philosophe grec, Héractile, qui disait : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », s’applique parfaitement au festival. Ainsi, après la centaine de milliers visiteurs de l’an dernier, lors du festival consacré aux Balkans, les organisateurs attendent  cette fois-ci plus de visiteurs.

En effet, cette prévision s’est révélée exacte dés le premier jour, soit le 17 juin, avec le concert de Khaled. Les Toulousains ont eu la chance de découvrir celui qui a été à l’origine de la diffusion du Rai dans les années 1980. Il a eu droit à un accueil chaleureux de la part du public. Lui aussi n’a pas hésité à mettre le feu avec des chansons reprises en chœurs par des milliers (prés de dix milles) de personnes. La première chanson a été dédiée aux immigrés. Son thème aussi traite du même sujet. Quelques minutes plus tard, les personnes qui se trouvaient prés de la scène ont brandi le drapeau algérien. Instantanément, Khaled s’est saisi du drapeau. Un moment émouvant lorsqu’il s’est couvert du drapeau vert et blanc tout en continuant à chanter. Du coup, le public a eu la grande surprise d’écouter les chansons du nouvel album intitulé « Liberté ». Lorsqu’il a annoncé le mot de la fin, avant même de chanter « Aicha », des jeunes sont montés sur scène pour le supplier de nous la jouer. Il a accepté volontiers en demandant à ses musiciens de reprendre leurs places. Et tout le monde a dansé et chanté. 

Le lendemain, c’est au tour du grand chanteur algérien, Idir, de faire vibrer la scène de la Garonne. Ainsi, en mélangeant les anciennes et nouvelles chansons, Idir a procuré une énorme joie au public. Le refrain A vava inouva (mon petit papa) a été repris en chœur par des milliers de personnes, bien que certains ne sachent pas ce que voulaient dire ces paroles. En tout cas, les gens qui ont déjà vu Idir se produire savaient pertinemment que le chanteur allait leur expliquer, dans un français châtié et roulant le r, le contenu.   Par ailleurs, comme  la veille les drapeaux algériens étaient amplement présents à la Garonne. Le seul hic c’est quand deux ou trois partisans de Ferhat M’henni, luttant pour l’autonomie de la Kabylie, ont brandi un drapeau pour tromper les non Algériens qu’il existait un autre emblème en Algérie. Or les gens de la région, présents à Toulouse, ne sont pas, pour la quasi-totalité d’entre eux, d’accord avec ce projet insensé. Un français m’a même demandé si ce drapeau était aussi le mien. Ma réponse était sans équivoque : mon seul drapeau est celui de tous les Algériens. 

Cependant, le festival ne s’est terminé que le 21 juin à une heure du matin. Pendant les trois jours, le public a vu défiler sur la  scène des artistes de renom. Biyouna, Boutaiba S’ghir, Belkacem Boutelja, Djamel Laroussi, Amazigh Kateb (le fils du célèbre écrivain Yacine), Abdelkader Chaou, Rachid taha et Akli D, ont tous régalé le public avec leurs mélodies.  

La culture du Maghreb a pris également ses quartiers dans tous les lieux de culture, les bibliothèques, les bars, les places avec des expositions, des concerts, des lectures et des projections.  Il faut dire qu’en plus de ce festival,  les Algériens ont vécu un mois de juin hilarant avec les deux victoires de l’équipe nationale face à l’Egypte et la Zambie.  Victoires fêtées comme il se doit dans les rues de la ville rose.

Ait Benali Boubekeur. 23 juin 2009

commentaires

Contactez-Moi

  • : Blog AIT BENALI Boubekeur
  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
  • Contact

  • Ait Benali Boubekeur
  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.

Recherche

Catégories