21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 14:41

imagesCAECMH1Q.jpgDans une déclaration des ex-cadres du FFS [et non pas des cadres du FFS], Djamel Zenati et Mustapha Bouhadef s’en prennent éhontément à leur ancienne formation politique. En effet, quand on démissionne publiquement du parti, comme c’est le cas de Bouhadef, on ne peut pas, me semble-t-il, se réclamer de lui, sans qu’on l’ait rejoint entre-temps. En plus, l’éthique politique veut qu’un revenant ne puisse pas saisir la moindre occasion pour descendre en flamme son parti.

Cependant, après avoir abandonné la vie politique depuis presque une décennie, Djame Zenati, dans la déclaration cosignée avec Bouhadef, constate qu’il est « de notre responsabilité et de celle de tous les patriotes du pays de se rassembler pour imposer un changement pacifique et radical ». Sans verser dans la polémique, on peut dire qu’il a dix de retard sur les militants du FFS ou bien toute une vie par rapport au combat d’Ait Ahmed. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas si longtemps, lorsque le FFS a mis en avant les mêmes arguments, Zenati a écrit une déclaration, publiée par le journal El Watan, dans laquelle ses propos ne furent pas clairs sur ce grand rassemblement afin de mettre les partis du régime en minorité. Et si on lisait entre les lignes, on conclurait à une solution se rapprochant plus du modèle libyen. Quatre mois plus tard, ils se rendent, tous les deux, compte que la solution passe inéluctablement par la mobilisation pacifique du peuple algérien.

Par ailleurs, bien que la déclaration soit signée par « les cadres du FFS », il n’en reste pas moins que les rédacteurs tirent à boulet rouge sur le même FFS. « Les partis d’opposition, notamment le FFS, sont réduits, à travers l’action conjuguée d’officines du pouvoir », écrivent-ils. Or, n’est-il pas plus judicieux  de signer la déclaration au nom des militants œuvrant à déstabiliser le FFS. Néanmoins, bien qu’ils sachent que le FFS ne sera pas lâché par ses militants, ils continuent, tout de même, à se placer en « dignes représentants du FFS ».

Tout compte fait, pour que les choses soient claires, un bref retour en arrière est nécessaire. Concernant Bouhadef, on se rappelle tous, lorsque le président du FFS l’a désigné en 2007 à la tête du secrétariat national, il n’a pas résisté une semaine avant de jeter l’éponge. Quant à Zenati, après la fin de son mandat parlementaire en 2002, il s’est tout bonnement éclipsé. Il n’est réapparu qu’en début de l’année 2011 aux cotés des initiateurs de la CNCD. Pour rappel aussi, bien que le FFS soit convié à rejoindre l’organisation, le parti d’Ait Ahmed a décliné simplement l’invitation. Quand on lutte pour la démocratie, il est normal qu’on choisisse ses partenaires. Car dans cette structure, il y avait des politiques qui croyaient, il n’y a pas si longtemps que ça, à la culture de coup d’État. À partir de là, le FFS a estimé que cette entreprise ne pouvait pas déboucher sur un changement démocratique.   

De toute évidence, le temps a donné raison au FFS. En effet, les Algériens n’ont pas répondu à l’appel de la CNCD, dont Zenati était membre. Quoi qu’il en soit, bien que les membres de cette structure justifient plus tard leur échec par des empêchements itératifs des services de sécurité bloquant ainsi le passage à la place du 1er mai, il n’en demeure pas moins que l’argument n’est pas convaincant. Car, en Égypte, en dépit de la répression des services de Moubarak, les Égyptiens ont forcé l’accès à la place El Tahrir.

Cependant, en mars de la même année, le FFS, par la voix de son président, montre la voie à suivre en tirant les enseignements des expériences passées. Connaissant la nature répressive du régime algérien, Ait Ahmed estime que les Algériens ne peuvent pas supporter une seconde tragédie. D’où la démarche du FFS visant à remobiliser les citoyens en vue de concrétiser le changement pacifique. En tout cas, c’est dans cet esprit que le FFS décide de participer aux élections législatives dont le but ne réside pas dans le nombre sièges à gagner, mais pour sensibiliser les Algériens sur l’importance d’un changement sans heurts.

Cela dit, malgré la participation du FFS aux élections du 10 mai 2012, Ait Ahmed n’omet pas de souligner ce qui sépare la démarche du FFS de celle du pouvoir. « Notre conception de la participation n’est pas la même que la leur : nous nous investissons dans la mobilisation des citoyens en vue d’une finalité politique alors qu’ils s’investissent dans la promotion des clientèles en vue d’un intérêt privé », argue-t-il. Que le changement ne soit pas intervenu, le constat est incontestable. Mais on ne peut pas remettre en cause le bien-fondé de la démarche du FFS. Car bien que le chef de l’État se soit engagé sur un certain nombre de mesures, quatre mois après les élections, on peut dire que le régime algérien n’est pas prêt de placer l’intérêt du pays avant ses propres intérêts.

En somme, bien que le FFS se démarque et combatte sans vergogne la politique du régime, les « nouveaux messies du FFS » nous affirment l’inverse. « Oula dayen walant walen-iw ar k qaren tashitrifedh », aurait dit Matoub Lounès s’il était de ce monde. En d’autres termes, le rejet de la politique du pouvoir n’est valable que s’il est prononcé par Zenati. Enfin, bien que la réorganisation du FFS puisse être jugée insuffisante, aux yeux de Zenati et de Bouhadef, ce redéploiement ne consiste qu’à mettre en place des « structures de base factices ». Comment faire pour que ce travail soit bien fait ? Ils opteraient, en ce qui les concerne, à casser d’abord le parti présidé par Ait Ahmed avant d’envisager quoi que ce soit. Et pour ceux qui ont une bonne mémoire, rappelons-nous de ce qu’a déclaré Zenati sur BRTV en mai 2012 : « Je ne peux pas m’enfermer dans une structure ». Comment bâtir alors ? Le militant du FFS peut deviner le reste.

commentaires

H
le parti et tu le sais n'est plus commandé par ait ahmed depuis fort longtemps, ceux qui se cachent derrière lui seront démasqués tôt ou tard
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