15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 19:48

À chaque révision constitutionnelle, le pouvoir de fait justifie sa démarche en répondant, soi-disant, à la demande du peuple. Même quand le peuple demande leur départ pur et simple, il n’éprouve aucune gêne à reprendre le même argument. C’est ce que déclare le premier ministre lors de la présentation de la constitution Tebboune au parlement de Bouteflika. Il ne manquait juste à dire que le peuple a souhaité que cette constitution soit adoptée par les députés issus de l’argent sale pour que le consensus soit total.

Dans la réalité, chaque chef de l’État –représentant du clan le plus puissant et non pas le représentant du peuple comme ils essaient de le faire croire –se taille une constitution à la mesure de ses ambitions. Généralement, ils se rejoignent tous sur un point : concentrer le maximum de prérogatives.

Et pour s’assurer le contrôle du pouvoir, ils s’emparent du portefeuille du ministère de la Défense. Et ils savent très bien l’importance de ce poste. L’histoire peut en témoigner : Ben Bella a été déposé, car le ministre de la Défense n’était pas d’accord avec lui. Chadli a été aussi déposé par Nezzar. Sans oublier Mohamed Boudiaf, assassiné devant les caméras du monde entier.

Pour revenir au thème de la constitution de Tebboune, il est évident que quand le régime arrive à finaliser le projet de constitution, c’est que les clans sont fédérés. Et c’est ce consensus interne au régime que l’on extrapole ensuite à travers des élections qui n’ont aucun suspens quant au résultat.

Cela dit, qu’on le veuille ou non, le régime a une capacité extraordinaire à fédérer ses clans. Il n’y a qu’à voir la facilité avec laquelle la clientèle de Bouteflika s’est rangée derrière Tebboune. Et pourtant, en 2017, quand Tebboune a été renvoyé comme un malpropre, il n’avait pas beaucoup de soutiens. Bien qu’il ait été disposé à apporter sa contribution à la réélection de Bouteflika en avril 2019, le clan Bouteflika ne l’a même pas compté. Ce qui veut dire que si le peuple n’avait pas avorté le plan diabolique du clan Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune aurait été mis au placard.

Bien entendu, cet exemple peut s’appliquer aux différentes crises du régime. En 1965, la grande partie des soutiens de Ben Bella n’avaient aucun état d’âme à rejoindre Boumediene. Toutefois, sur le plan de principes, en 1965, il y avait des hommes d’honneur qui ne voulaient pas suivre Boumediene. Hélas, au fil des années, ces principes ont disparu. Au jour d’aujourd’hui, un soutien du régime ne peut en aucun cas se prévaloir d’une telle hauteur d’esprit. Pour étayer cette thèse, il suffit de voir comment le projet constitutionnel de Tebboune est adopté sans aucune réserve par le parlement façonné préalablement aux ambitions de Bouteflika.

Heureusement, cette fatalité bute depuis février 2019 sur la détermination du peuple algérien à se débarrasser de ce système obsolète. Bien que le régime dispose de la force lui permettant de se maintenir, le peuple algérien résiste autant que faire se peut. D’ailleurs, sans cette résistance, Abdelmadjid Tebboune se serait contenté peut-être d’adopter la constitution par la voie parlementaire, comme il l’a fait son prédécesseur.

Cela dit, peu importe le choix de son adoption, la constitution appartient à celui qui l’a élaborée. Sur ce point, de 1963 à 2020, on ne peut pas considérer que lesdites constitutions émanent de la volonté du peuple, même si tous l’attribuent au peuple. Et si le peuple veut un jour avoir sa constitution, il devra poursuivre son combat pacifique et se donner les moyens d’en rédiger une.          

     

Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité

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