6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 21:07

Au nom de la continuité qui n’arrange que le régime, celui-ci s’apprêterait à commettre un énième coup de force constitutionnel. Bien que cette façon de faire n’étonne guère, il n’en reste pas moins que des questions se posent sérieusement sur les motivations des dirigeants. En effet, en quoi le report ou la prolongation de l’élection présidentielle serait-il bénéfique pour l’Algérie ? En confondant les intérêts du clan régnant avec ceux du peuple, les dirigeants présentent leur projet machiavélique en projet d’intérêt national. Dans le fond, ces intérêts sont antinomiques et contradictoires.  

En tout cas, si jamais cette option est envisagée, ce sera –et c’est le moins que l’on puisse dire – un acte d’une extrême illégalité. « Prolonger le mandat, c’est violer clairement la loi. Mais soyons objectifs : le régime politique en Algérie n’a jamais accepté la loi. Et les constitutions ne font office que d’écrans pour dire que nous sommes un État démocratique où la loi est souveraine », explique maître Bouchachi le caractère illégal du coup de force en préparation.

Cela étant dit, si ce coup de force devait avoir lieu, ce ne serait pas le premier en son genre. L’histoire de notre pays, depuis le recouvrement de l’indépendance, est une suite de coups de force. Ainsi, bien que les Algériens aient été prêts à consentir tous les efforts en vue de bâtir la République, un groupe d’officiers de l’ALN des frontières s’est emparé illégalement du pouvoir. De la même manière, au moment où l’Assemblée nationale constituante a préparé le texte fondamental, le régime a décidé d’imposer le sien en 1963. Lequel texte a été élaboré, pour rappel, dans une salle de cinéma.

Cette politique antinationale a conduit le pays à vau-l’eau. Alors que dans tous les pays démocratiques le citoyen est au centre de toutes les préoccupations, le régime a fait des citoyens des sujets et des mineurs à vie. Résultat des courses : le régime parvient à se maintenir sans difficulté, mais il condamne malheureusement le pays à vivre dans le sous-développement. En tout cas, les pays qui se développent ce sont ceux qui offrent toute la place qui revient au citoyen, et ce, sur tous les plans.

Néanmoins, et là il faut mettre un grand bémol, dans les pays développés, le citoyen n’attend qu’on l’invite dans l’arène politique. D’ailleurs, même en Europe, si ce droit pouvait être supprimé, certains régimes n’hésiteraient pas à le faire. Mais, à chaque fois que la politique est faite contre les intérêts du peuple, la rue devient un terrain de contestation où généralement le pouvoir politique fléchit. C’est le cas du mouvement du 17 novembre 2018 en France. Malheureusement, après la satisfaction des revendications des manifestants, les deux partis extrémistes veulent rejouer les élections de mai 2017 dans la rue. C’est une autre affaire.

En Algérie, la démobilisation s’explique par l’emploi systématique de la violence par le régime. Mais, si le peuple décide de s’organiser pacifiquement –pas de jet de pierre, pas de casse –, le régime perdra à ce jeu. Peu à peu, le citoyen reconquerra des espaces. Dans le cas contraire, c’est l’avenir des générations qui sera hypothéqué. Et pour cause ! Ceux qui sont à l’origine de la crise politique depuis 1962  ne peuvent ni être la solution ni un recours possible.

Aït Benali Boubekeur   

 

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  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
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