13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 18:02

Par son acte politique courageux, le président français, Emmanuel Macron, rétablit une vérité vieille de 61 ans. En effet, Maurice Audin n’était pas mort en tentant de s’évader, mais a été liquidé par ses tortionnaires. « Le récit de l’évasion qui figure dans les comptes rendus et procès-verbaux officiels souffre de trop de contradictions et d’invraisemblances pour être crédible. Il s’agit manifestement d’une mise en scène visant à camoufler sa mort », lit-on dans la déclaration élyséenne du 13 septembre dernier.

Bien qu’une partie réactionnaire en France dénonce cette reconnaissance historique de la vérité –Eric Zemmour parle d’un traitre méritant douze balles dans la peau –, un récit objectif sur l’engagement de Maurice Audin et de tous les anticolonialistes va démentir ces allégations outrancières et sans fondement.

En effet, dans le conflit en cause, les Algériens ne déclaraient pas la guerre au peuple français, mais refusaient de se soumettre à un système colonial, constituant un obstacle au statut de citoyen. Dans la déclaration du 1er novembre 1954 –celui de Boudiaf, Ait Ahmed, Ben Mhidi, etc. – il y avait une offre de négociation pour épargner les vies humaines.

Est-ce qu’en revendiquant un statut de citoyen en dehors de la tutelle coloniale fait du FLN et ses soutiens des terroristes et des traitres ? A entendre certaines réactions, la citoyenneté n’a pas le même sens dans l’hémisphère nord ou dans l’hémisphère sud. A vrai dire, les extrémistes ne connaissent aucune limite à la bêtise.

D’ailleurs, sans ce courant néfaste à la France, la guerre d’Algérie n’aurait pas duré presque huit ans. Hélas, c’est ce système soutenu par les ultras qui a voulu pacifier Alger sans chercher à comprendre la souffrance de tout un peuple. Que les Eric Zemmour et ses semblables le veuillent ou non, c’est ce système que Maurice Audin et de nombreux Français ont refusé de soutenir.

Et si la sentence avait été la torture, c’est parce qu’à la tête du système colonial, il y avait beaucoup d’Eric Zemmour, pour qui la dénonciation du système colonial équivalait à la peine de mort.

Cependant, ce qui compte dans cette histoire, ce ne sont pas les avis des extrémistes. Mais, il s’agit de mettre en exergue la sagesse de cette France profonde qui fait la part des choses. « Il en va aussi de l’honneur de tous les Français qui, civils ou militaires, ont désapprouvé la torture, ne s’y sont pas livrés ou s’y sont soustraits, et qui, aujourd’hui comme hier, refusent d’être assimilés à ceux qui l’ont instituée et pratiquée [la torture] », écrit le président français.

Enfin, si du côté français un pas est fait pour la reconnaissance de la vérité historique, ceux qui détiennent le pouvoir en Algérie ne doivent pas se contenter d’applaudir. Ils doivent rétablir quelques vérités historiques. A commencer par la remise en cause de la version officielle selon laquelle Abane Ramdane a été tué au champ d’honneur. Alors que tout le monde sait qu’il a été tué dans un guet apens tendu par ses frères d’armes. C’est à ce prix que le pays arrivera à panse ses plaies.

Aït Benali Boubekeur    

 

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