22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 18:25

L’explication simpliste qui consiste à définir la communication politique comme une publicité électorale ne tient pas compte des spécificités de chaque pays. En tout cas, cette vision –et c’est le moins que l’on puisse dire –est réductrice. Bien que la pratique du pouvoir en Algérie ait perturbé le fonctionnement normal de tout ce qui a un lien direct ou indirect avec la politique, un parti d’opposition, comme le FFS, doit et devra avoir une communication claire. Ce qui est la règle depuis la fondation du parti.

En effet, à chaque événement décisif de notre histoire, le FFS a toujours soutenu des projets avec une grande clarté. Et même lorsque la base est quelque peu désemparée, lors de la décennie noire notamment, les messages de feu Hocine Aït Ahmed, allah irahmou, avaient une portée incommensurable.

Deux exemples peuvent étayer cette thèse. En 1995, à l’occasion de la fausse élection présidentielle pluraliste, le climat politique a été tel que des citoyens étaient prêts à troquer leurs droits fondamentaux contre une hypothétique sécurité.

Grâce à l’esprit de clairvoyance du chef charismatique du FFS de l’époque, le parti n’a pas cédé au chantage. Pour lui, le patriotisme ne doit pas étouffer la démocratie et vis-versa. Son appel à la population, diffusé largement par les militants, a été une véritable leçon politique.

En 2001 et 2002, au moment où les marchands du sang ont trompé une partie de la population en Kabylie, la fameuse note sur les aarouchs a restitué les vrais enjeux et dénoncé les calculs malsains de ces charlatans.

Toutefois, si dans les pays effectivement démocratiques le but premier de la communication vise à faire élire son candidat, il n’en est pas de même dans les pays où la démocratie est malmenée par les dirigeants. Pour ces derniers, le langage démocratique est destiné à une consommation extérieure.

Ainsi, depuis l’indépendance du pays, la joute la plus décisive, en l’occurrence l’élection présidentielle, échappe totalement à la volonté populaire. À chaque fois, la vraie compétition se déroule derrière les rideaux. Lorsque le candidat du régime est préalablement désigné en haut lieu, le scrutin, grâce à l’implication abusive de l’administration, se résume à un simple plébiscite.

D’ailleurs, n’est-ce pas pour protester contre ces pratiques que l’emblématique chef historique, Hocine Aït Ahmed, a organisé le retrait des cinq autres candidats à l’élection présidentielle d’avril 1999, laissant ainsi le candidat du régime seul en lice.

Enfin, l’avènement de l’internet à la fin des années 1990 et l’éclosion des réseaux sociaux au début du siècle révolutionnent la communication politique. Depuis cette date, il n’y a pas une élection ou un événement politique où la classe politique n’y recourt pas.

Malgré les dénigrements et la propagation des fake news, force est de reconnaître que dans les pays où les médias sont verrouillés –dans le cas de notre pays, ils sont la propriété exclusive du régime –, l’utilisation de ces outils est incontournable. Est-ce que cela peut suffire à mettre fin au statu quo politique dans notre pays ? Le consensus populaire auquel appelle le FFS requiert un travail plus colossal sur le plan des idées, mais aussi sur le terrain.

Aït Benali Boubekeur         

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  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
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