2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:34

Par Said Radjef. Le 2 novembre 2016

La violence c’est la paix, la délation c'est le courage, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force, a longtemps scandé le DRS.

Même l'URSS de Staline, la France sous l'occupation nazie, et plus proche de notre époque l'ex RDA de la Stasi, n'ont pas atteint ce seuil de délation auquel est parvenu notre pays de 1985 à 2000.Sujet douloureux qui indispose les intellectuels Algériens, notamment les historiens, les sociologues, les psychiatres, les psychologues…La presse, quant à elle, évite même de faire la moindre allusion à cette question.
L'aptitude, le savoir, la compétence n'ont plus aucun sens. Les lettres et les coups de téléphones anonymes les ont remplacés. Devenir délateur, indicateur et mouchard est devenue même l'ambition de beaucoup de jeunes Algériennes et Algériens. 
Beaucoup de citoyens ont vécu l'enfer sans savoir ce que leur était reproché, de quoi ils étaient coupables. Des bataillons de cadres ont été chassés, persécutés tandis que près d'un million d'universitaires et de bacheliers avaient pris le chemin de l'exil. Les institutions et les corps constitués ont été pollués par la suspicion, le doute, les faux semblants et la peur. Tous les secteurs de la vie sociale ont été empoisonnés, gangrenés à telle enseigne qu'au sein de la même famille, la même structure politique personne n'a confiance… 
Certaines sources parlent de 8 millions de délateurs. La plupart d'entre eux est issue de milieux délinquants, des repris de justice, des homosexuels, des drogués, des pédophiles, des faux moudjahidines, des faux diplômés… 
La délation dont nous parlons ici n'a rien avoir avec l'acte de dénoncer une injustice, l'incivisme de la société…La délation dont nous parlons ici est une forme de terrorisme hautement élaborée. Ses concepteurs l'ont baptisé fièrement "terrorisme pédagogique".

commentaires

M
Le mouchardage, le rapportage, la calomnie sont autant de qualificatif pour des êtres n'ayant aucun sens de civisme ou d'éducation sociale permettant de restaurer le lien social et à redonner du sens à une existence pacifique. L'histoire de notre pays a été , en effet, marquée par ce genre humain durant la révolution , ce sont ces harkis qui se ralliaient avec l'armée Française à l'effet de moucharder. Malheureusement, après l'indépendance cette perfidie a touché jusqu'au au sommet de l'Etat, c’est que ce sont pour la plus part des Harkis qui occupent des porte-clés en Algérie. C’est eux qui dirigent le pays. Ce sont alors des outils, d'une gestion sociale ,mis à la disposition du peuple dont une partie s'en saisit pour nuire ou pour s'assurer une vie sans accrocs vis à vis de l'administration. <br /> Mais faudrait il reconnaître que l'acte de délation n'est pas une composante ordinaire de la nature humaine. Il intervient dans des périodes troublées, au cours desquelles des sentiments d'insécurité et de peur font resurgir d'anciennes souffrances. Le peuple Algérien n'a, de cesse, été confronté à ce sentiment d'insécurité , ce qui, de fait, le pousse dans cet abîme sans limite . La délation devient, alors,un facteur d'assimilation à une règle, pour certains individus en mal de personnalité.<br /> Le flou régnant dans la gestion de cette Algérie, reste le facteur premier de délation. Une gestion transparente, démocratique, où le peuple est associé à toutes les décisions majeures engageant l'avenir de ce pays sera sans aucun doute un frein à cette maladie sociale qui gangrène le "vivre ensemble". <br /> Néanmoins , il y'a lieu de citer certains facteurs positifs d'une telle démarche, comme celle lancer par L’Autorité des marchés financiers (AMF), en France, qui lance son programme de dénonciation: « Les personnes qui souhaitent porter à notre attention certaines informations, mais qui hésitaient à le faire jusqu’à présent par crainte de représailles, peuvent dès maintenant faire appel à notre programme de dénonciation. Nous les invitons à utiliser le guichet sécurisé du programme, qui assure un traitement rigoureux et confidentiel des informations transmises »
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A
Merci, Mr Mellah, d'avoir apporté des éclairages sur le texte de notre ami, Said Radjef. En effet, la délation a été un phénomène assez répandu en Algérie à l'époque coloniale. Généralement, ces modes sont encouragés par les systèmes dominants. Et si notre régime avait été tolérant, à l'indépendance, ce système se serait arrêté.

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  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
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