10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 10:53
Une propagande massive pro peine de mort très active

Sami Ait Larbi, le 09/08/2016

Sur les réseaux sociaux, ça peut être dangereux par les temps qui courent de porter une opinion contradictoire sur la peine de mort, gelée depuis 1993.

Il y a une propagande massive pro peine de mort très active en ce moment!! Ça rappelle les années de dictature, les talibans et les franquistes !!! Le président Bouteflika, premier magistrat du pays, doit et devra mettre un terme à cette hystérie collective.

Son opinion, il l'a déjà faite dans une tribune parlementaire européenne, il n'y a pas longtemps. La violence mine la société de bas en haut. La terreur s'installe dans nos foyers et personne n'est à l'abri.

Si vous me le permettez, monsieur le garde des sceaux de vous demander de mettre à notre disposition des balises électroniques qu'on mettra sur nos enfants en cas où ? Le président doit réagir.

commentaires

M
L'effet moral et médiatique qu'a engendré l’enlèvement suivi de la mort de la petite NIHAL , en Kabylie, a eu pour effet, dans un élan de compassion , de remettre ce problème de peine de mort dans le débat. De cette détresse, certains essayent de tirer profit comme ce fut le cas durant les années noires du terrorisme où les partis éradicateurs tentaient de remettre cette ignoble décision sur le tapis. Pourtant la peine de mort est une violation des droits fondamentaux de l'être humain au vu des articles 3 et 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme que notre pays a ratifié .De plus, cet argument se vérifie dans les Etats qui ont réintroduit la peine de mort sans constater de diminution de la criminalité. Un autre argument prétend que les criminels qui s'attendent à être condamnés à mort sont plus sujets à l'usage de la violence, s'épargnant ainsi l'enfermement à vie. Mais nous savons que le système algérien a voulu entretenir l’illusion d’un changement là où la réalité est marquée par la continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’Homme. De ce fait en allant dans le sens de l'instauration de la peine de mort , c'est vouloir conforter ce pouvoir dans sa démarche. <br /> Nous nous souvenons tous que La Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) avait été empêchée de tenir une rencontre nationale à l'hôtel d'El Biar. Elle qui avait reçu une notification des services de la Drag de la wilaya d'Alger lui interdisant de tenir sa rencontre qui avait pour thème « L'abolition de la peine de mort. » . Juste après, Le président du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed, avait rendu hommage, dans un message envoyé à la LADDH, « à la dignité de votre refus de passer outre l'interdiction par les dominateurs de la conférence sur l'abolition de la peine de mort. Il est vrai que l'escroquerie démocratique dont se targuent les dignitaires du négationnisme "patriotard" trouvent normal que le peuple algérien, les Algériennes et les Algériens qui, pendant la guerre de Libération nationale, ont été les véritables artisans de la solidarité internationale et de l'indépendance... et qui furent la fierté et l'inspiration révolutionnaire aux peuples du monde entier, soient, depuis près d'un demi-siècle, réduits au terrible ghetto d'un nouvel indigénat du deuxième collège. Depuis près d'un demi-siècle, pas un souffle de dignité chez les dignitaires libérateurs-dominateurs ». <br /> Si la question est réglée en Occident, elle reste posée dans les pays musulmans, l'Algérie étant le seul pays à avoir signé la convention des Nations unies pour l'abolition ou tout au moins le gel de la peine de mort. Il faut rappeler que notre pays a gelé l'exécution de ces condamnations depuis 1993.<br /> Mustapha Bouchachi, alors, président de la Ligue des droits de l'Homme, soutenu par Ali Yahia Abdenour, avait expliqué, même de manière brève, les motivations ayant poussé le groupe à lancer l'idée d'une alliance algérienne pour l'abolition de la peine de mort, sachant pertinemment que, de l'autre côté de la barrière, c'est-à-dire des opposants à cette option, l'argument religieux est plus fort. <br /> Ali Yahia Abdenour, militant infatigable des droits de l'Homme et président d'honneur de la ligue, avait précisé que la peine de mort est “un débat interminable entre ceux qui donnent sa valeur à la vie et ceux qui donnent un sens à la mort.” Me Bouchachi avait soutenu “La peine de mort n'est pas maintenue par application de la charia ou pour des impératifs d'éducation mais plutôt pour terroriser et faire peur aux opposants politiques pour assurer la continuité du système. En outre, le pouvoir judiciaire est un moyen entre les mains du système”. <br /> -Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Aucune autorité ne saurait décider de la mort d’un être humain<br /> -La peine de mort relève de la vengeance, pas de la justice. Elle légitime la violence qu’elle prétend combattre<br /> -Elle est irréversible : des innocents peuvent être exécutés ; la justice humaine est toujours faillible<br /> -Il est possible de tenir les délinquants les plus dangereux à l’écart de la société sans les exécuter<br /> -Elle est souvent un moyen utilisé par des gouvernements répressifs pour éliminer des opposants. Elle est alors un instrument de pouvoir destiné à terroriser.<br /> La LADDH , dans son dernier communiqué, ira jusqu’à faire le parallèle entre DAECH qui décapite ses victimes et tous ces Algériens qui réclament justice pour la petite Nihal.
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A
En effet, toute loi votée sur le coup de l'émotion n'est pas forcément rationnelle. Or, la sagesse recommande à ce que ce genre de décision se prenne dans le calme absolu. Hélas, la politique en Algérie est une perpétuelle enchère. On en voit ça avec Ahmed Ouyahia

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