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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 10:17

images.jpgL’association toulousaine, AFRIKA31 (Association Franco-Imazighen de Kabylie) a célébré, hier, le 25 avril 2009, le double anniversaire printemps berbère et printemps noir. La célébration de cette date avec cinq jours de retard est due, selon la présidente de l’association, Zahia Amaouche, à l’indisponibilité de la salle. De plus, poursuit-elle, le 20 avril étant tombé au milieu de la semaine, ça serait difficile de rassembler beaucoup de monde. En tout cas, le but assigné par l’association à cet événement est de remémorer ce qui s’était réellement passé lors de ces deux événements. Ainsi, les nouvelles générations connaîtront l’histoire de leur pays en général et de leur région en particulier. Et dés 16 heures, l’association a commencé ses activités par une exposition sur tout ce qui est inhérent à la culture berbère. Ainsi, on peut voir entre autres des robes kabyles, des livres et coupures de journaux retraçant l’histoire de la Kabylie. Les artistes ne sont pas non plus oubliés puisqu’une exposition-vente de CD est aussi assurée.
L’association a invité, pour animer la conférence-débat, deux figures connues du mouvement culturel, Ramdane Achab et Gérard Lamari. Leur maitrise du sujet a permis indubitablement à l’assistance de comprendre les causes et le déroulement de ces événements. Le premier à se lancer est l’ancien détenu de ces événements, les fameux 24 arrêtés en 1980, Gérard Lamari. D’emblée, le conférencier a expliqué que les événements ne sont pas survenus ex nihilo. Bien que la société algérienne ait resté, un tant soit peu, en mouvement, il en demeure pas moins que le régime, dont la colonne vertébrale était la SM, était au faîte de sa puissance. Selon Gérard, le régime, à cette époque-là, n’hésitait pas à s’immiscer dans toutes les affaires de la société. Le régime interdisait même aux parents de donner des prénoms berbères à leurs enfants. Toutefois, le contrôle quasi-total de la société n’a pas empêché les gens de s’activer, selon Achab, à Alger et en Kabylie. Malgré la suppression de la chaire berbère à l’université d’Alger, les cours de tamazight ont continué à être dispensés par le grand écrivain et linguiste, Mouloud MAMMERI. L’académie berbère, créée dans les années 1970, a joué un rôle essentiel dans l’éveil des consciences. Elle envoyait, selon Achab, ces bulletins en Kabylie dés leur impression en France. Son travail consistait à faire connaître la vraie histoire de l’Algérie. C’est dans ces bulletins que les lecteurs ont appris la crise berbériste de l’hiver 1948-1949. Elle les a éclairés aussi sur les éliminations physiques des militants berbéristes dans les maquis lors de la guerre de libération.
Toutefois, il faut reconnaître que l’adhésion populaire n’était pas de nature à bousculer le socle du régime algérien. En effet, les moyens colossaux octroyés aux organisations proches du pouvoir ont permis à ces dernières d’occuper le terrain. Et la société qui tirait à hue et à dia a fait la connaissance, pour la première fois de son histoire, des comités autonomes de l’université de Tizi-Ouzou. Comme quoi il était possible de s’organiser en dehors des structures du pouvoir. Bien que la possession d’un tract non officiel soit passible de cinq ans d’emprisonnement, les comités autonomes ont bravé, avec courage et détermination, ces interdits. Dans leur programme figurait bien sûr la prise en charge de la culture berbère. Ils ont rejoint à cet effet les quelques chercheurs, MAMMERI, CHAKER et autres, qui travaillaient déjà sur ce thème. Ces derniers ont refusé tout bonnement de se résigner ou de baisser les bras malgré les mesures draconiennes prises par les autorités en vue de les soumettre. En vain. Fin 1979, Mouloud MAMMERI a publié un livre sur les poèmes kabyles anciens. Selon Gérard, qui était l’un des membres actifs des comités autonomes, les étudiants de Tizi-Ouzou l’ont convié à leur donner une conférence sur ses recherches et sur sa dernière publication. Hélas, le 10 mars, les autorités l’ont intercepté à l’entrée de la ville, DBK (Draa Ben Khedda). Du coup, la conférence à été ajournée. La conséquence de cette manœuvre machiavélique des autorités, les étudiants ont doublé leur mobilisation mais aussi leur vigilance. Pour la première fois depuis l’indépendance, une marche populaire a été organisée pour réclamer la liberté d’expression et le respect des libertés démocratiques. Bien que la manifestation ait été durement réprimée, la mobilisation n’a pas baissé d’un cran. Une autre marche a été organisée à Alger, le 8 avril, à l’initiative des comités autonomes. Là aussi, la marche a été réprimée. De leur retour à Tizi-Ouzou, les étudiants ont décidé d’occuper tous les espaces de la faculté. Pour les déloger, les autorités ont mobilisé leurs forces de répression. Ainsi, le 20 avril, à deux heures du matin, les étudiants ont été surpris, dans leur sommeil, par le bruit des bottes.
Par ailleurs, le principal enseignement qu’il faut tirer de ces événements, selon Achab, c’est l’ébranlement des bases du système sous l’empire du parti unique. La société qui observait un silence absolu sur la question berbère est devenue prolixe. Aidé par l’émigration, qui a joué un grand rôle, le mouvement a dépassé les frontières de l’Algérie pour atteindre le Maroc voisin. La presse, sous le parti unique, qui taxait les intellectuels kabyles revendiquant la cause berbère d’éléments formés à l’école française a trouvé désormais la région sur la même longueur d’onde que ces intellectuels. Dans les revendications du mouvement, les slogans ne se limitaient pas à la région. Ils avaient une portée nationale. Bien que la reconnaissance de la langue berbère ait occupé la première place, les autres revendications concernaient notamment la libération de la parole et la garantie des libertés démocratiques pour tous les Algériens.
Par ailleurs, les conférenciers n’ont pas oublié le printemps noir en rendant un grand hommage à leur sacrifice. Selon Gérard, ces événements sont la suite de non aboutissement des revendications du printemps berbère. Entre ces deux dates, il y avait quand même des réalisations énormes. La création de la première ligue des droits de l’homme en Algérie a été le fait de la mobilisation des militants de la cause berbère. Malheureusement, déplore-t-il, la lutte fratricide entre le FFS et le RCD a causé beaucoup de tort à la région. D’ailleurs, il ne voit aucun rapprochement possible entre ces deux formations. Leurs visions sont diamétralement opposées, a-t-il dit. Si le FFS était et est en rupture totale avec le pouvoir, le RCD a collaboré plusieurs fois avec le régime pour l’éradication de l’islamisme. En somme, il voit que l’espoir suscité par le mouvement citoyen a cédé la place, ces dernières années, à la désillusion. La démonstration du 14 juin 2001 à Alger a prouvé que la société a besoin de changement. En drainant plus de deux millions de manifestants, le mouvement a bénéficié d’une large crédibilité. Malheureusement, conclut-il, le mouvement n’a pas résisté à la pression des autorités. Je peux même dire que le mouvement est rangé ou fini, a-t-il clos son intervention.
La troisième partie de la soirée a été dédiée à la chanson. D’emblée, Boudjemaa AGRAW a tenu à rendre un grand hommage à Lounes MATOUB. Toute la salle a repris en chœur, avec AGRAW, l’hymne national version MATOUB. Après un petit discours, AGRAW a expliqué que le concert serait scindé en deux parties. Il a chanté, dans la première partie, des chansons engagées où l’espace de danse était absolument désert ; dans la seconde partie, il a carrément mis le feu à la salle. Avec le style qu’on lui connait, il est difficile de résister au champ magnétique qui nous attirait vers l’arène. La ville rose a décidé de rejoindre les autres villes françaises célébrant le printemps berbère. Il est difficile de dire que le trentième anniversaire ne sera pas fêté en grande pompe.
Par Ait Benali Boubekeur, 26 avril 2009, ALGERIA-WATCH 

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 19:18

 

raid israelien gaza-264x300« Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse.» Heinrich Von Treichke, 1898.

 

Plus d’un siècle après la rédaction de ces lignes, certains pays ne dérogent pas à cette règle barbare.  Bien que des exemples de ce genre soient légion  dans l’histoire de l’humanité, il n’en reste pas moins qu’Israël est le dernier pays à en avoir souvent recours. En effet, depuis le 27 décembre 2008 et pour une durée de 22 jours, Israël a commis des crimes inqualifiables dans la bande de Ghaza. La puissance militaire de l’Etat hébreu, soutenu par les premières puissances mondiales, a foulé au sol le droit international.  Hélas, la position de la communauté internationale est variable selon le poids de l’agresseur ou selon la velléité de nuire à l’image du pays à incriminer. Ainsi, la communauté internationale invoque sans ambages le droit international lorsqu’il s’agit de la Tchétchénie ou du Tibet, mais dés qu’il s’agit de condamner Israël ou son protecteur américain, celle-ci brille par son mutisme. Le docteur de philosophie à l’université de suisse, Hani Ramadhan, a reproché cette attitude ambivalente de la communauté internationale en écrivant :   « Au diable la déclaration des droits de l’homme. Au diable les conventions de Genève. Votre inertie est ignoble, parce que vous êtes complices d’un Etat ignoble. Vous parlez de légitime défense, lorsque, en réalité, les procédures employées ne sont qu’une  effroyable boucherie. »

 

Toutefois, là où le soutien est fortement attendu, en l’occurrence l’ensemble des pays arabes, celui-ci n’a pas été à la hauteur de l’événement. Ce qui corrobore cette thèse d’un soutien mitigé est l’échec du sommet de Doha, tenu le 16 janvier 2009. Ainsi, sur les 22 pays que compte la ligue arabe, dix pays ont boudé cette rencontre. Au Koweït où s’est tenu le sommet arabe, les ministres des affaires étrangères n’ont pas réussi non plus à se mettre d’accord sur un communiqué commun sur la tragédie de Ghaza. Il faut dire que les gouvernements composant la ligue arabe sont incapables de se mettre d’accord sur une position commune, bien que leurs populations l’aient déjà fait. En tout cas, la ligue arabe a démontré, lors de ce conflit, qu’elle ne pouvait pas peser grand chose, sur le plan politique, face au bloc israélo-américain.  Les divisions en son sein ne permettent pas d’envisager son avenir sous les bons auspices.  Heureusement que la solidarité entre les peuples est encore de mise. Les nombreuses manifestations, dans la plupart des capitales arabes, dénotent du  soutien indéfectible apporté aux citoyens palestiniens de Ghaza.

 

Cependant, la proclamation unilatérale israélienne d’un cessez-le feu, après 22 jours de pilonnage sans répit sur la bande de Ghaza, ne doit pas impliquer la démobilisation des peuples épris de justice avant que le peuple palestinien puisse vivre sans  carcan. Bien que la population ghazaouie puisse bénéficier d’un calme relatif, le gouvernement israélien n’écarte pas l’éventualité d’en bombarder derechef la vulnérable population. Questionnée à ce sujet, la ministre des affaires étrangère israélienne a répondu : « Si le Hamas tire, nous devons riposter et s’il tire après un certain délai, nous devrons monter une autre campagne.» Mais avant d’en préparer une autre campagne, ne faut-il pas laisser aux milliers de palestiniens, ne serait-ce que le temps de faire leur deuil ? En effet, la population innocente de Ghaza a payé ces derniers jours un lourd tribut. D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après trois semaines de raids israéliens, plus de 1300 personnes ont péri, dont 410 enfants et 108 femmes. Le nombre de blessés est aussi hallucinant, 5285 victimes.

 

Et pourtant les revendications du peuple palestinien de Ghaza ne sont pas exorbitantes. Ils réclament l’arrêt définitif  du contrôle israélien sur la bande de 365 km², la levée du blocus qui dure depuis 2005 et l’ouverture des points de passage vers l’Egypte, notamment celui de Rafah. Pour que le lecteur ne perde pas le fil des événements, un rappel historique succinct est nécessaire. Car sur les quarante dernières années, Ghaza a été occupée militairement par Israël de 1967 à 2005, et ce de façon illégale. Depuis cette date, Ghaza est soumise à un blocus israélien quasi-total. Fermée, sa frontière avec l’Egypte est surveillée sans relâche. Ainsi, le territoire le plus densément peuplé au monde est le seul territoire hautement bouclé sur ses quatre points cardinaux. Selon le haut commissaire aux refugiés, Antonio Guterres, ce bouclage est à l’origine de ces conséquences dramatiques. C’est  le seul conflit au monde dans lequel la population n’avait pas le droit de fuir, a-t-il expliqué.

 

Par ailleurs, bien que la convention de Genève ait défini les contours d’un éventuel conflit entre deux pays, force est de constater qu’Israël n’a nullement respecté, ni les civils, ni les besoins indispensables à la survie de la population civile, ni les édifices publics ou privés.  Son instinct destructeur exclut évidemment toute retenue. L’ONU, qui ne pèse désormais que dalle devant les Etats forts, a reconnu, le 6 janvier dernier, que les 40 morts, tués par le bombardement d’une école, n’avait rien à voir avec le Hamas. Des témoignages concordants ont affirmé que l’armée israélienne a utilisé des obus incendiaires au phosphore blanc lors des raids sur Ghaza. L’opinion publique israélienne, qui soutient à 91% son gouvernement, a conforté son armée dans cette furie destructrice. Ainsi, ceux qu’étaient victimes de la shoah réalisent la même chose à Ghaza, une soixantaine d’années plus tard. Actuellement,  l’Etat hébreu est plus proche de l’idéologie nazie, si ce n’est son héritier. L’éminent professeur d’Histoire, André Nouschi, l’a si bien rappelé dans une lettre, envoyée à l’ambassadeur d’Israël à Paris : « Vous vous conduisez exactement comme Hitler s’est conduit en Europe avec l’Autriche, la Tchécoslovaquie. »   

 

Pour conclure, on peut dire que cette ultime attaque israélienne a été menée selon les méthodes très anciennes. Le plus fort bouffant le plus faible reste malheureusement la devise de l’Etat hébreu, comme cela avait été le cas lors de l’époque athénienne. L’histoire témoigne que dans la guerre qui opposait Athènes à l’île de Mélos, les chefs athéniens de l’époque avait arrêté leur stratégie comme suit : « Dans le monde des hommes, les arguments du droit n’ont pas de poids que dans la mesure où les adversaires en présence disposent de moyens équivalents et, si tel n’est pas le cas, les plus forts tirent tout le parti possible de leur puissance, tandis que les plus faibles n’ont qu’à s’incliner. » La disparité de moyens entre Israël et la Palestine incite celui-là à user de la force pour régler le conflit vieux de 60 ans. Et il est temps que la communauté internationale dise non à cette mascarade perpétuelle.

Par Ait Benali Boubekeur, 22 janvier 2009

        

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 15:13

spa-toulouseLa ville rose, pour la première fois de son histoire, a célébré, hier, le 28ème anniversaire du printemps berbère. Le programme concocté par les organisateurs a été à la hauteur de l’événement. Bien que la diaspora ne soit pas très importante dans la capitale du Sud-ouest, il n’en reste pas moins que la salle a été archicomble.

Cependant, la soirée a débuté par une conférence sur thème : « Printemps berbère : au-delà des événements, quelles perspectives ? », animée par Hacène  Hireche, professeur à l’université de Paris VIII. Le conférencier a d’emblée rendu un grand hommage au chanteur kabyle, Slimane Azem, enterré dans la région. Il s’agit précisément de la ville de Moissac, dans le département de Montauban. Le conférencier, dans un second temps, a essayé de démontrer que les institutions algériennes mises en place depuis 1962 n’étaient pas de nature à laisser, ne serait-ce qu’un petit espace, à l’expression berbère.  Cela a conduit inéluctablement aux événements du 20 avril 1980. La cause, a-t-il expliqué, était bien entendu, le refus, le 9 mars1980, des autorités qu’une conférence de Mouloud Mammeri sur la poésie berbère ancienne, ait lieu à l’université de Tizi Ouzou. Pour ce faire, les services algériens ont arrêté l’écrivain à l’entrée de la ville de Tizi Ouzou.

Après une allocution d’une demi-heure, la parole a été donnée à l’assistance. A la question de savoir pourquoi la politique prend le dessus à chaque fois qu’on parle de la Kabylie, le conférencier a répondu en disant que la revendication est un acte politique. Par conséquent, le débat ne peut ne pas avoir une dimension politique.

La deuxième partie de la soirée a été dédiée à la chanson kabyle. C’est le jeune chanteur toulousain, Ali, qui enflamme la salle, le premier. Il est suivi de Farid,  professeur à l’université Toulouse1, interprétant les chansons d’Idir, qui a fait autant. Arrive enfin le moment tant attendu. Ali Ideflawen  monte sur scène accompagné du frère de Slimane Azem et de son épouse. Après une courte allocution des deux premiers cités, Ideflawen s’est lancé, comme il sait bien le faire dans son exercice préféré: la chanson.  En tout cas Ali Ideflawen  devrait être content tant la salle reprenait en chœur ses chansons. Avant de se quitter le rendez-vous est dorés et déjà pris pour l’année prochaine.

      Par Ait Benali Boubekeur

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 12:19

kej7qxyc.jpgLa colonisation et la guerre d’Algérie ne semblent pas connaître de sitôt un épilogue, et ce nonobstant le demi-siècle qui nous sépare de la fin de la guerre d’Algérie. La polémique surgit des deux côtés de la méditerranée à chaque fois qu’un événement inhérent à cette période fait irruption. La dernière est née suite à une éventuelle visite d’Enrico Macias accompagnant le président français, Nicolas Sarkozy, en Algérie. Dans une interview au journal « la dépêche du midi », celui-là avait affirmé : « oui j’aimerais y retourner pour moi  et pour tout ce que je représente ».Cependant, bien que les deux présidents, algérien et  français, aient calmé le jeu, il n’en demeure pas moins que la polémique continue encore de nourrir l’actualité.  La dernière en date est celle du Pied-noir Guy Bedos.  Lors de son passage à l’émission de France 2 « on n’est pas encore couché », le comédien a réagi, avec mépris,  au refus des autorités algériennes de recevoir le chanteur Enrico Macias. Il déclare en substance  que  «  moi personnellement je ne suis  pas prêt de serrer  la main du président  Bouteflika ».  Certes, l’Algérie a obtenu son indépendance, ajoute-t-il, mais elle est confisquée par les personnes qui sont au pouvoir. Il rappelle, in fine, que pendant la guerre d’Algérie, il avait observé la grève de la faim pour ne pas être enrôlé dans l’armée.

Toutefois, au jour d’aujourd’hui, les premiers responsables des deux pays ne sont pas prêts à crever l’abcès en décidant en commun de discuter uniquement du partenariatéconomique. Or, si on élude toujours la question d’occupation,  les polémiques surgiraient à chaque fois que le passé colonial était  évoqué. D’ailleurs, la solution n’est-elle pas de réunir les historiens des deux rives de la méditerranée étudier ce passé, combien douloureux,  pour que des personnes qui concentrent toutes les haines n’aient pas à dire n’importe quoi?  Du côté français, plusieurs historiens y travaillent sur le fait colonial sans que la période allant de 1954 à 1962 ne soit négligé.   Parmi ces historiens écrivant sur le caractère inhumain de la domination européen, on trouve Pascal Blanchard, dans son livre « de l’indigène à l’immigré » où il note à juste titre : « les français découvrent pour la première fois en métropole, à partir des années 1870, des indigènes, un terme qui désigne alors l’ensemble des peuples considérés par l’Europe comme inférieurs, donc colonisables. Ces populations sauvages sont alors présentées dans des enclos avec des bêtes (autruches, chameaux, singes, etc.) ».  Ainsi, si la contestation du régime en place est incontestable, il est clair que des millions d’Algériens sont sur la même longueur d’onde.  Mais, si c’est pour affirmer que le peuple algérien devait rester sous le joug d’un autre peuple civilisé soit-il, cela ne correspond pas à la réalité du XXIème siècle.Cela dit, un  travail méthodique sur cette période, en l’additionnant à d’autres, donnera le vrai coup de frein aux polémiques. Bien que le pouvoir algérien ne fasse pas d’effort en ce sens, les historiens algériens peuvent le faire en dehors du cercle officiel. Mais à défaut de s’impliquer eux-mêmes, le vrai effort doit consister à laisser les historiens algériens, résidant en Algérie, faire ce travail sans entrave.      

   Par Ait Benali Boubekeur

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 10:41

imagesmorin.jpgL’association toulousaine « GREEP » a invité l’économiste François Morin pour animer une conférence-débat sur « Les troubles dans le système financier international.» En effet, le choix du sujet n’est pas fortuit. Le conférencier a fait partie du conseil de la banque de France dans les années 1980. D’emblée, il rentre dans le vif du sujet. Il constate que depuis les années 1980 quelques banques échappent au contrôle des gouvernements. Résultat des courses : les effets néfastes ne se font  pas attendre. Quoi qu’il en soit, cette situation génère d’énormes flux monétaires. Or, estime-t-il, ces oligopoles ne font rien pour  éviter la catastrophe. Cela dit, la crise provient de ces diverses façons de spéculer. Bien que les États contribuent à la création de la richesse, en profitant de l’ordre financier actuel, les banques parient sur des richesses inexistantes.

Aujourd’hui, dit-il, l’unité de mesure des transactions mondiales est le Téra dollar, soit 1000 milliards de dollars. Selon le conférencier, les sommes se trouvant en jeu sont faramineuses. « Le  PIB  mondial  est  de  44 T$. Le  marché  des  changes, ensemble  des  transactions, est  de  566 T$, dont  11  consacrés  aux  échanges  de  biens  et  valeurs  produites . Le  marché  des  produits  dérivés, c’est-à-dire les assurances,  quant à  lui, passe de 1 T$ en  1970 à 1406 T$ en  2005. En  additionnant  ces  chiffres, on  obtient  2069 T$.  Cela  représente en fait  les  marchés  inter – bancaires  ( ou  marchés  mondiaux ), équivalents au volume  total  des  transactions », précise-t-il à l’endroit de l’assistance fort nombreuse.

Cependant, pour le conférencier, la manipulation sans précaution de tant de flux monétaires a provoqué une bourrasque dans le monde de la finance. La crise a commencé, dit-il, par le phénomène de l’effet des dominos. Celle-ci est intervenue suite un choc, pour reprendre le langage des économistes. Du coup, la faillite d’une banque entraine forcément, dans son sillage, les autres banques. Car elles sont liées entre-elles par des échanges. D’une façon générale, estime François Morin, le système boursier s’est imposé depuis trois décennies. Les grands investisseurs sont désormais présents partout. Ils placent leurs biens en bourse sous forme des actions. Le conférencier explique qu’avant cette course vers les profits colossaux, « les investisseurs avaient des obligations de résultat ». Maintenant, on passe à une obligation de moyens. Désormais, la meilleure rentabilité est exigée. Ces dernières années, les investisseurs ont tellement pris du poids que leurs exigences deviennent également énorme. 

Selon le conférencier, ce phénomène a commencé dans les années 1980 aux USA et vers la fin des années 1990 en Europe. Bien que les luttes syndicales aient tempéré quelque peu ces ardeurs, au début de l’avènement de la spéculation, on assiste aujourd’hui à une course effrénée des entreprises pour le profit. Celles-ci exigent des rentabilités élevées, et ce, au détriment de la situation de l’ouvrier. Cela entraine inéluctablement la précarisation du travail. Pour François Morin, on assiste à un « management de la peur » dans le monde du travail.

Cependant, le phénomène qui s’est développé à une vitesse vertigineuse est «  les marchés de couverture ». En d’autres termes, ce sont ceux de la spéculation. Les banques, à leur tour, sont liées par ce système. Quant aux spéculateurs, ils jouent sur les hedge-funds (Fonds souverains). Ces opérations pèsent, et c’est le moins que l’on puisse dire, sur l’économie réelle. La conséquence peut se résumer ainsi : une hypertrophie de la sphère financière. Pour le conférencier, deux interrogations devront être posées aux États, si ces derniers veulent éviter une catastrophe. La première est comment éviter les hedge-funds dans les paradis fiscaux ? La seconde est comment parvenir à mettre en place un système de régulation à l’échelle mondiale des marchés monétaires ? Certes, les banques centrales vont perdre leur indépendance. Mais ne l’ont-elles pas perdu en ne parvenant pas à maitriser la crise ? En tout cas, cette question doit être prise au sérieux. Pour le conférencier, la crise financière est bien plus pire que  le risque écologique.

Pour le moment, pour sauver le système, les États doivent mettre la main à la poche. Les crédits alloués au financement des bulles sont faramineux. La plus grave est celle à laquelle on assiste actuellement aux USA. Dans les années 2000, les banques ont commencé les opérations de titrisation : créances transformées en titres financiers dans les paradis fiscaux. Tout est mis, selon François Morin, dans un « véhicule » appelé paradis fiscal. L’émission des titres sur le marché allait crescendo. Six ans plus tard, les USA se trouvent face à la crise dite « la bulle immobilière ». Plus d’un million de ménages sont dans l’obligation de vendre leurs maisons. Le système étant chevauché de partout, les banques sont prises à leur jeu. En 2007, la crise atteint de plein fouet l’Europe. Le 15 aout de la même année, les banques européennes injectent 300 milliards d’euros pour sauver le système.

En somme, le conférencier conclut son exposé en préconisant la création d’une monnaie internationale. Mais le problème est qui va la gérer ? En outre, pour le moment, les banques, notamment les banques centrales, s’y opposent à des interventions dans leur précarré. Enfin, constate-t-il, les États n’agissent qu’à leur échelle. Dans ce cas, leur pouvoir est limité. Tout compte fait, personne ne sait comment va se terminer cette crise, clôt-il son intervention.   

                 Par Ait Benali Boubekeur.     

 

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 00:36

images-copie-6.jpgLe mouvement qui paralyse les quelques dizaines d'universités françaises entamera sa deuxième semaine consécutive avec la même détermination : le retrait de la loi Pécresse. Votée en août 2007, la loi Pécresse soulève beaucoup d'inquiétude auprès des étudiants dont les filières ne sont pas susceptibles d'attirer le financement privé. Car la loi autorise les entreprises à intervenir dans la gestion des universités. Afin que la voix des étudiants soit entendue, l'opposition à cette loi s'est organisée de manière radicale. En effet, le moyen utilisé par les étudiants consiste à bloquer les entrées des universités de sorte que les cours soient gelés. Bien que ce moyen ne soit pas du goût de la majorité, les membres du comité de la lutte (issu de l'assemblée générale de l'université Toulouse2), pour le cas de Toulouse, justifient cette méthode en expliquant que celle-ci a été majoritairement choisie par les étudiants présents à l'AG. Ils rappellent que les étudiants n'ont recouru à ce moyen qu'après moult rencontres avec la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. Devant les syndicalistes, la ministre a expliqué, lors de ces différentes rencontres, que l'autonomie des universités était incontournable. Cette irréversibilité, et surtout le fait que la décision soit prise unilatéralement, a provoqué la colère des étudiants. Par conséquent, ils estiment que leur avenir ne peut pas être déterminé sans leur aval. Cependant, le mouvement de blocage a démarré la semaine dernière où des universités ont tenu leurs assemblées générales pour que la loi sur « l'autonomie des universités » soit abrogée. C'est l'université du Mirail (Toulouse2) qui monta au créneau la première. Leur action engendra, à peine deux jours plus tard, l'effet « boule de neige ». À la fin de la semaine (correspondant au vendredi 9 novembre 2007), la grogne étudiante s'est amplifiée partout en France. Le comité de lutte a condamné la loi en expliquant que : « la loi Pécresse c'est la fin de l'accès de tous à l'université. » Les différents intervenants à la tribune du grand amphi ont expliqué, par ailleurs, que la grande autonomie de l'université est un signe d'inquiétude quant à « l'accès équitable pour tous au service public ». Néanmoins, il est incorrect de considérer que la contestation est unanime. D'ailleurs, même ceux qui combattent la loi de la ministre de l'Enseignement supérieur ne jugent pas que ce procédé soit le meilleur. Bien que l'assemblée ait donné son feu vert, il n'en demeure pas moins que le moyen employé empêche tout bonnement les antiblocages de s'exprimer. En tout cas, ce n'est pas le moyen le plus démocratique qui puisse exister. D'ailleurs, les antiblocages reprochent notamment aux meneurs leur appartenance à la mouvance d'extrême gauche, appelés communément les anarchistes. En revanche, avec l'appel du principal syndicat étudiant, l'UNEF (union nationale des étudiants français), à amplifier le mouvement pourrait donner à la contestation plus de légitimité sur le plan politique. Ce dernier est toujours prêt à rencontrer les autorités et à négocier pour peu que le dossier ne soit pas scellé, avance-t-il. Le gouvernement français, par la voix du premier ministre, tente de minimiser la crise. Pour ce dernier, les blocages n'ont pas de sens. Il fait même le pari que le mouvement n'irait pas loin. Quant à la ministre, Valérie Pécresse, elle estime que son ministère est ouvert au dialogue. Elle invite tous les syndicats au tour de la table pour que les cours reprennent le plus tôt possible. Une heure de grève est une heure de perdue pour les étudiants, déclare-t-elle au 12 50 sur M6. En réponse au gouvernement qui table sur l'essoufflement du mouvement, les étudiants répondent en lançant un appel à leurs camarades de rejoindre la contestation qui démarrera le mercredi 14 novembre 2007. Ils appellent notamment au blocage des gares en guise de soutien aux cheminots réclamant le maintien des régimes spéciaux. La rue arrivera-t-elle à infléchir la volonté du président Sarkozy à réformer la France ? Telle est la volonté de ces contestataires. Par Ait Benali Boubekeur, le 14 novembre 2007.

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 09:57

L_avocat_de_la_terreur_Jacques_Verges.jpgL'avocat de la terreur est le titre que choisit le réalisateur français Barbet Schroeder pour retracer la vie du célèbre avocat, Maître Jacques Vergès. Le film documentaire sorti aujourd'hui, le 06 juin 2007, dans les salles de cinéma de l'hexagone, montre que le combat de Maître Vergès était et est pour la protection des plus vulnérables bien que son engagement ne soit pas compris sous cette optique. En effet, même si le parcours de l'avocat est étayé par des images, il n'en demeure pas moins que les commentaires des personnes interrogées sont parfois de nature à offusquer le téléspectateur. Il s'agit, bien entendu, de l'épithète « terroriste » dont on affuble le maître et les combattants algériens qu'il a défendus et soutenus pendant la Guerre de Libération nationale. Il convient, par ailleurs, de définir, ne serait-ce que de façon laconique, le personnage pour que les lecteurs aient une idée sur ce grand ami du peuple algérien notamment pendant la guerre d'Algérie. Il est né au Vietnam en 1925 d'une mère vietnamienne et d'un père réunionnais. A l'age de 17 ans et demi, il adhère aux forces françaises libres pour organiser la résistance contre les nazis d'Hitler. Il devient avocat en 1952 et se consacre à son métier tout en militant au PCF (parti communiste français). Après le déclenchement de la guerre d'Algérie, le maître Vergès a décidé de défendre la cause algérienne en partant du principe que les peuples n'ont pas vocation à être assujettis indéfiniment par les autres peuples. Il s'est consacré à la défense des combattants algériens après qu'il a démissionné du PCF en 1957. Pendant la bataille d'Alger, l'héroïne Djamila Bouhired a été arrêtée par les paras du général Massu. Maître Vergès s'est chargé de la défense de la combattante jusqu'au jugement et la condamnation à mort de Bouhired. Il faut aussi rappeler -c'est un secret de polichinelle- que la combattante algérienne a été durement torturée par les paras avant qu'elle ne soit jugée. Par ailleurs, là où le bât blesse c'est quand on continue 45 ans après l'indépendance de l'Algérie de traiter les combattants de l'ALN (armée de libération nationale) de vulgaires terroristes. Si, à ce moment-là, le terme a été utilisé par les services psychologiques pour remonter le moral des soldats français ; aujourd'hui son emploi n'est ni plus ni moins qu'une insulte à l'égard de tous ceux qui soutiennent que les hommes naissent et vivent libres. Le meilleur exemple a été donné par le président Sarkozy en rendant, le jour de son investiture, un vibrant hommage au jeune Guy Moquet (jeune communiste assassiné par les nazis à l'âge de 17 ans) pour son acte de résistance afin que la France recouvre sa liberté après l'agression nazie. Et aucun démocrate au monde ne dira que l'acte de ce brave jeune était un acte terroriste contre l'armée allemande. Autre constat, pendant toute la durée de la projection le mot qui revient le plus souvent en parlant des Algériens engagés dans la lutte armée pour s'affranchir du système exécrable colonial est celui de terroriste. Les personnes interviewées allaient même jusqu'à se demander si Me Vergès n'était pas terroriste comme ceux qu'il défendait. Mais la question à laquelle on ne répondait pas est d'où vient ce mot et quelle a été son évolution dans le temps? L'origine du mot remonte, en effet, à la révolution française de 1789. Le comité de salut public dirigé par Robespierre estimait que la démocratie « est à la fois terreur et vertu ». Mais lorsque les deux se mélangent, celle-ci est toujours submergée par celle-là. C'est ainsi que les partisans de Robespierre emprisonnaient ou exécutaient les non révolutionnaires parce qu'ils ne pensaient pas comme eux. C'est ce principe qui a prévalu lors de la conquête de l'Algérie en 1830. L'historien François Guihaume nous explique que: « l'idéologie coloniale soutient que l'homme civilisé, évolué, est celui qui se distingue par une attitude moderniste. De fait, on rationalise l'image d'un Arabe francophobe en expliquant que c'est son aversion pour le progrès qui est en cause. Nous pouvons donc dire à ce stade de l'analyse que les notions d'anti-français et d'anti-chrétien se joignent car elles renvoient toutes deux à une attitude anti-civilisatrice. » Grosso modo la notion de démocratie à ce moment là était l'extermination du non révolutionnaire et du non civilisé bien que pour ce dernier jugement ait été plus sévère car les militaires qui ont conquis l'Algérie n'étaient pas plus lettrés que les Algériens.Si à l'époque le terme terroriste désigne celui qui répand la terreur, il va de soi que les Algériens, en 1830, ne rentrent pas dans cette catégorie. En revanche cela ne fait aucun doute des conquérants quand on se réfère à ce qu'écrit Yves Michand à propos d'une instruction écrite par le général Montagnac en 1843 où il écrivit : « comme il faut faire la guerre aux Arabes. Tuer tous les hommes jusqu'à l'age de 15 ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des bâtiments, les envoyer aux îles marquises ou ailleurs, en un mot, anéantir tout ce qui ne rampe pas à nos pieds comme des chiens ». Par ailleurs, la notion du terme n'est pas restée figée mais a évolué pour désigner, au vingtième siècle, une stratégie de contestation violente dirigée contre une partie de la population pour parvenir au résultat escompté. Mais en 1954 le peuple algérien dans sa quasi-totalité était pour la liberté et la libération du pays tout en considérant que les natifs d'Algérie d'origine française comme des Algériens à part entière. Par conséquent, les combattants n'ont pas exercé un chantage dans le sens où l'on veut changer simplement de régime mais pour recouvrer leur liberté. Par contre l'armée coloniale n'a pas été tendre avec les simples paysans algériens en instaurant la responsabilité collective qui consiste à châtier les habitants des douars. L'historienne Raphaëlle Branche écrit que : « dès 1955 le principe de la responsabilité collective commence à se répandre en Algérie où le général Parlange décrète que le douar le plus proche d'un sabotage ou d'un attentat en sera tenu collectivement pour responsable ». Elle ajoute plus loin en disant : « elle peut aussi aboutir à ce qu'une mission parlementaire appelle une prise d'otages ou des bombardements de villages : la responsabilité collective aboutissant alors à des représailles collectives ». En guise de conclusion, je ne crois pas qu'on puisse légitimer une violence par rapport à une autre quoi que celle des Algériens pendant la guerre soit juste dans le sens où la nomme Frantz Fanon « cette violence est l'intuition qu'ont les masses colonisées que leur libération doit se faire, et ne peut se faire, que par la force ».

Ecrit par : Aït Benali Boubekeur ,14 juin 2007
Source : www.lequotidien-oran.com

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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 21:32

imageAs.jpgAprès la diffusion du documentaire sur l’évangélisation de la Kabylie sur la chaîne franco-allemande « ARTE» il y a quelques jours, beaucoup d’encre a coulé dans la presse nationale afin de montrer les fauteurs et les ennemis de la cohésion nationale. Cette jeunesse de Kabylie qui, par conviction ou non, a fait son choix de croyance. À vrai dire, ce choix en soi ne pose de problème ni à l’unité nationale ni à empêcher l’islam de prendre sa large place que la population Kabylie lui a toujours réservée. Une certaine plume a voulu vilipender cette jeunesse pour s’acheter les faveurs de la classe dirigeante où il se pose comme leur porte-parole.  Du coup, la discussion reste biaisée tant les personnes incriminées ne sont pas entendues sur leur motivation réelle. Ou encore, est-ce que la problématique posée de cette manière ne nuit pas à la religion de façon générale. La vraie question doit se poser en ces termes : quand est-ce que la foi deviendra une affaire privée reliant la personne à dieu sans intermédiaire aucune? En outre, cette terre a été traversée par plusieurs civilisations et de plusieurs religions.

Cependant, si certains oublient volontairement que saint augustin fut né en Algérie et pratiqua la religion chrétienne sans complexe ni acrimonie, cela preuve, pour dégager une première analyse du problème qu’il existait une autre religion en Afrique du Nord que l’islam. Concernant la religion primitive des Berbères, d’après G.H Bousquet, personne ne peut la définir tant leur histoire remonte à des années très lointaines. En revanche, ce qui semble être plus réaliste à dire c’est que la population de l’Afrique du Nord de l’époque pratiquait un ensemble de cultes des forces de la nature pour obtenir, par exemple, plus de produits et voire la croyance à certains hommes sacrés pour les protéger. Cela dit, nos aïeuls s ne pratiquaient aucune religion, au sens moderne du terme. Ce sont les conquêtes récurrentes qui ont amené les autochtones à épouser les différentes religions qui lui sont imposées.  Du coup,  les différentes générations ont accepté des dogmes variés, car l’Afrique du Nord était toujours sous domination étrangère.  Mais malgré cela certaines pratiques auraient, dit-on, échappé à la volonté des occupants de les estomper. Ce fut  le cas notamment de la « nuit de l’erreur » ou les couples se mêlent pour rendre féconde la nature (de nos jours cette pratique a disparu).

Cependant, l’évolution des croyances à travers le temps est inhérente aux conquérants.  Pour élucider cet imbroglio, il faut néanmoins éclaircir les phases importantes de l’histoire religieuse de la béribérie. La civilisation romano-chrétienne en apportant un progrès patent, notamment les grandes réalisations hydrauliques (aqueducs, irrigation, barrages …), la
population locale a donné une grande place à l’Église histoire de reconnaître le progrès de l’Empire Romain. Les traces sont présentes jusqu’à nos jours comme les inscriptions en latin et les monuments en ruines sont la preuve de la cohabitation des deux communautés. Quant à l’islamisation de l’Afrique du Nord, il y a lieu de rappeler que le processus s’est fait en plusieurs phases : la première phase fut l’invasion de 643 sous forme d’une expédition punitive tant les conquérants ne cherchaient pas seulement à convaincre puisqu’ils
se livrèrent à une razzia. Il  vint en suite, en l’an 645,  la prise de Carthage ou les batailles se déroulèrent avec une violence inouïe.  D’après certaines sources, les Arabes châtiaient la non-adhésion rapide à leur religion. Et par conséquent,  la loi du talion était la seule règle.

La deuxième phase fut l’invasion hilalienne du 11ême siècle qui, elle,  fut plus dure en matière de violence et tant les armes utilisées étaient énormes. Toutefois, la loi du talion et la razzia furent la règle. La  phase suivante fut la convoitise de l’Espagne et du Portugal  afin de contrôler les côtes nord-africaines.  La réaction des autochtones et des Arabes fut la même tant l’intérêt était partagé et qui consistait à préserver le contrôle des terres fertiles. Ceci est sans doute le seul facteur qui a permis une union entre les Arabes et les Berbères contre l’Empire ibérique.
Cependant,  le processus d’islamisation a-t-il était total ? La réponse est qu’à la suite d’un long processus, la béribérie va être totalement islamisée et très profondément arabisée, explique Maître W. Marçais. En effet,  la mentalité des conquérants avait plus d’affinités avec celle des Berbères qui n’en avaient eu avec celle des chrétiens.
Par ailleurs, à partir de cet humble avis sur les mutations qu’a connues la béribérie, il me semble qu’aucune religion ne peut occuper une place exclusive tant l’Afrique du Nord a vécu plusieurs dominations.  Certes,  chacune essayait d’en faire de la sienne un instrument pour contrôler les indigènes et imposer ses visions qu’elles croyaient justes. C’est pour ça que j’estime que si une partie des jeunes Kabyles trouvent leur foi dans l’Église anglicane ou puritaine, il faut  que l’on respecte tout bonnement leur foi.  Sinon comment explique-t-on alors les demandes incessantes et répétitives des musulmans de France à pratiquer leur religion dans une terre qui n’est pas celle de l’Islam.

2 décembre 2006

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25 janvier 2006 3 25 /01 /janvier /2006 19:08

images1.jpgLa demande de main d’œuvre en Europe se fait sentir de plus en plus en raison du vieillissement de la population. Cette question hante les esprits notamment en France, ou la classe politique est divisée quant à la démarche qu’il faut adopter afin de solutionner ce problème. Néanmoins les responsables politiques essayent d’imputer l’avènement de la crise à la forte présence des étrangers en hexagone.

L’émission « mots croisés » animée par Arlette Chabot, directrice de la chaîne France 2, a tenté, par ses questions précises, d’apporter des éclairages sur ces questions pertinentes. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les invités s’y sont prêtés au jeu. D’emblée, elle définit le cadre du débat. Bien qu’il soit difficile d’évoquer tous les sujets, Arlette Chabot a réussi à faire de cette émission un rendez-vous incontournable. Pour elle, la question qui doit trouver sa solution sans perdre beaucoup de temps est le travail en noir dans le secteur de bâtiment.  En dépit d’une campagne de mauvaise foi du FN consistant à dire que le travail doit être réservé aux Français, l’animatrice affirme que, dans ce domaine, on ne risque pas de trouver beaucoup de demandeurs d’emploi Français en train de faire la queue pour être embauchés.

Toutefois, dans un pays comme la France qui se débat dans une crise économique, due principalement à la non-croissance, la France doit-elle se permettre de rouvrir ses frontières aux immigrés ? Les invités ont tenté, tour à tour, d’élucider la situation selon laquelle l’immigration clandestine pose un problème à tous les niveaux.  Cependant, ils avouent que ce phénomène est inextricable. Cela demande beaucoup d’efforts pour lui trouver le remède idoine. Par ailleurs, sur ce sujet, la droite comme la gauche ont des visions convergentes sur l’immigration clandestine.  Les uns justifient que le départ massif des jeunes va vider le pays émetteurs de sa main d’œuvre et aussi de sa matière grise. Quant aux autre, ils voient que cette immigration est parfois source de violence dont la solution du problème réside notamment dans la reconduite aux frontières. La seule opinion qui semble analyser le sujet sous un autre angle, si on fait la synthèse de toutes les déclarations,  c’est, bien entendu, la représentante du parti communiste accablant les dirigeants des deux grands partis en France. Elle étaye sa thèse en arguant que la France a procédé déjà  à la fermeture des vannes dès les années 70, avant d’ajouter que l’Europe fait appel à ces main-œuvres tant que la croissance est repartie, mais elle les rejette dès lors que l’économie nationale connaît une récession.

Pour répondre à la problématique de rouvrir les frontières ou pas, l’animatrice s’est demandé si la suggestion de Nicolas Sarkozy consistant à fixer des quotas était la panacée ?  Ou bien doit-on régulariser ceux qui se trouvent déjà sur le sol français comme mesure immédiate ?  À rappeler que 200000 personnes sont en attente pour une régularisation dans le cadre de demande d’asile. Il faut signaler aussi que sur ce dossier, le parti socialiste comme la droite dans son ensemble, arrivent à un consensus. Pour eux,  la France n’a pas besoin de clandestins sur son sol.  Pour étayer cette preuve,  ils avancent les opinions émises par les Français dans les différents sondages. « 59% des français estiment qu’il y a trop d’immigrés en France », arguent-ils.  Cependant, en réaction à ce sondage, Phillipe Seguin, président de la cour des comptes, a rétorqué que « nous ne pouvons pas convaincre l’opinion publique que la France a besoin de main d’œuvre alors que les français cherchent du travail ». Par ailleurs, si la loi donne la possibilité aux clandestins de voir leur situation régulariser, désormais, les autorités vont traiter leurs dossiers le plus rapidement possible, a indiqué François Copé, porte-parole du gouvernement tout en affirmant que l’idée de quotas lancée par Sarkozy peut être la envisageable.

Par ailleurs, la France qui, depuis le 19ème siècle, défend que la nationalité n’est pas forcément le fait de parler la même langue mais une volonté exprimée par des personnes adhérant à cette nation ne peut plus continuer sur cette voie.  Mais la France ayant toujours été la terre d’accueil, pourra-t-elle choisir désormais ses immigrés ? Certes, ce modèle a bien réussi au Canada avec la mise en place de mécanisme permettant d’accueillir les étrangers. Mais faut-il aussi mettre les moyens pour ce faire. Car le Canada débourse près de 200 millions d’euros chaque année pour créer les conditions favorables a signalé l’ambassadrice du Canada en France. Néanmoins ajoute-elle, si le pays n’a pas besoin d’ouvriers, rien ne nous oblige à accueillir ces étrangers.
25 janvier 2006

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17 mai 2005 2 17 /05 /mai /2005 10:47

imagesCA5L37N0.jpgLe dimanche dernier, le leader du FFS, Hocine AIT AHMED, est l’invité de l’émission hebdomadaire sur les ondes de la radio beur-FM. Avec une sérénité qui le caractérise,  le président du FFS a répondu à toutes les questions sans détour ni acrimonie, et sur les différentes périodes qu’a connues l’Algérie. D’emblée, il reconnait que la seule période où l’Algérien avait assisté à une réelle ouverture démocratique fut celle de 1944 à 1954 tout en précisant que l’« indigène » était persécuté et muselé comparativement à la situation de l’Européen de l’époque. En revanche, dit-il, l’algérien avait su en profiter de la présence des dits pieds-noirs pour les imiter dans la manière dont ils se sont organisés. D’ailleurs, argumente-t-il, même après l’indépendance, le peu d’Européens, qui sont restés en Algérie, ont su accompagner la société pendant les trois ou quatre années où ils étaient tolérés.

A la question de savoir si les Algériens ont le droit de participer au débat franco-français sur la torture des militaires de l’armée coloniale pendant la guerre d’Algérie, le sage a répliqué que « si les Français ont le droit de participer au débat sur les exactions des soldats de l’ALN, car, dit-il, l’opération "la bleuite" avait fait des ravages dans les maquis des ex-wilayas
3 et4, en expliquant que plus de 300 meilleurs cadres de la nation étaient torturés et puis lâchement assassinés par les leurs, dans ce cas de figure, avoue-t-il, l’algérien peut participer au débat se déroulant en France sur la torture des militaires français en Algérie ».

Quant à la période actuelle, il semble que le leader de la révolution algérienne ait une maitrise implacable sur ce dossier. Loin d’être un scoop, le dirigeant charismatique du FFS  avoue que si le FFS existe encore c’est grâce à la vigilance de ses militants, car le régime algérien ne tolère ni syndicat autonome ni parti qui ne se soumettent pas à l’orientation du régime. D’ailleurs, affirme-t-il, l’amnistie est décrétée par un seul homme, avant d’ajouter que ce concept est totalement différent de celui de la réconciliation prônée en 1995 à Rome. Pour lui, la solution préconisée à Sant Egidio  allait certainement permettre de définir les contours politiques de la nation algérienne. Quant à l’amitié le liant BEN BELLA et BOUTEFLIKA, MR AIT AHMED a répondu en disant que le premier cité est libre de pardonner au soi-disant président actuel pour l’avoir incarcéré pendant 14 ans.  Mais avertit-il, ce pardon ne doit pas impliquer tous les crimes commis pendant  ces dernières années, car seule la justice est la seule habilitée à trancher sur ce cas de figure.

P.-S. Ceci est une petite contribution.  Il se peut que j’aie omis certains détails.

Par Ait Benali Boubekeur, le 17 mai 2005, publié dans Yahoo groupe.

 

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