Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 20:27

L’entente au sein du clan d’Oujda n’a pas duré si longtemps. A-vrai-dire, les membres du clan n’étaient d’accord que sur la liquidation du gouvernement provisoire. Dans ce cas, l’échec, dans la construction du pays, n’était-il pas prévisible ? En d’autres termes, était-il possible de bâtir un pays sur la haine et la loi de la force ? Les déchirements au sommet du clan d’Oujda ne corroborent pas cette thèse.

Composé entre autres de Ben Bella, de Boumediene, de Khider, de Bitat, de Ferhat Abbas, le clan d’Oujda a eu du mal à partager les responsabilités. Revenant sur les tiraillements minant le clan, Abdelkader Yefsah écrit : « l’année 1963 a vu l’éviction de M. Khider et l’effacement de R. Bitat de la vie politique algérienne. Ferhat Abbas, quant à lui, s’était démis de son poste de président de l’Assemblée nationale et fut exclu du FLN. »

En tout cas, dans l’Algérie de l’année 1962, tous les titres ou les intitulés des fonctions n’avaient pas la même importance. Ainsi, en détenant le secrétariat général du FLN, Khider ne pouvait pas participer à la construction du processus décisionnel, et ce, en dépit du pouvoir colossal réservé théoriquement au parti.  Il en était de même de Ferhat Abbas, président de l’Assemblée nationale constituante, et ce, bien que le rôle de l’Assemblée soit clairement défini : le contrôle de l’action du gouvernement. Quant à Rabah Bitat, même s’il était un historique, il n’était pas un concurrent. Il voulait juste un rôle secondaire honorifique.

Du coup, moins d’un an après la victoire du clan d’Oujda, il ne restait que deux chefs sur la scène politique. Dans la réalité, bien que Boumediene ne revendique pas, pour le moment, la totalité du pouvoir, sa position stratégique, vice-président et ministre de la Défense, le plaçait comme le détendeur du pouvoir réel. « D’où la nécessité  pour A. Ben Bella de se tailler, en dehors de l’Assemblée constituante, une constitution à la mesure de ses ambitions…Faisant fi de cette procédure, A. Ben Bella, par une initiative personnelle, chargeait dès le début de l’été 1963 une commission (constituée d’hommes à lui et choisis en dehors de l’Assemblée constituante) de la préparation d’un projet de constitution », écrit Abdelkader yefsah.

Bien entendu, ce passage en force a suscité des attaques, à l’intérieur et à l’extérieur du clan, contre Ben Bella. La démission de Ferhat Abbas et les désapprobations de Khider et Bitat ont provoqué des secousses au sein du clan. Mais, à partir du moment où Boumediene n’a pas désapprouvé, la cohésion demeurait intacte. Et pour cause ! Le centre de gravité du pouvoir n’était pas à la présidence. Selon Abdelkader Yefsah, « comme le parti, c’était A. Ben Bella (mais il n’avait aucune emprise sur la réalité politique) et le gouvernement, c’était A. Ben Bella, mais il ne pesait pas ; il restait l’armée et l’ambition sans cesse grandissante de ceux qui la dirigeaient. »

Enfin, lorsque Ben Bella s’en est aperçu de la réalité, il était déjà trop tard. La recherche des alliances en dehors du clan d’Oujda en vue de faire face à ses adversaires était vaine, puisque Boumediene et ses alliés n’ont eu aucun mal à s’emparer, cette fois-ci, de tous les pouvoirs. Ainsi, le coup d’État de juin 1965 était simplement la résultante des manœuvres qui ont commencé au lendemain de la victoire du clan d’Oujda à l’été 1962.

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Contactez-Moi

  • : Blog AIT BENALI Boubekeur
  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
  • Contact

  • Ait Benali Boubekeur
  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.
  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.

Recherche

Catégories