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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 08:10

« Si s’emparer du pouvoir suprême avait été chose aisée pour les militaires, il n’en était pas de même pour les explications embarrassantes et contradictoires qu’ils devaient fournir après-coup », extrait du livre d’Abdelkader Yefsah sur la justification du coup d’État de juin 1965.

En fait, c’est la principale difficulté qu’ont éprouvé les putschistes. Car, depuis 1962 voire avant l’indépendance, ils présentaient Ben Bella comme un homme providentiel. Or, bien que Ben Bella ait sans doute des responsabilités, force est de reconnaitre qu’il les partageait avec les partisans du putsch. D’ailleurs, s’il avait eu autant de pouvoirs entre les mains –les vrais pouvoirs ne s’octroient pas –, les militaires auraient eu du mal à le déposer avec une facilité déconcertante.

En tout cas, les arguments, contenus dans la déclaration du conseil de la révolution, ne reflétaient pas la réalité. Pour Abdelkader Yefsah, ce ne furent que des alibis, « d’autant plus que, dans leur exercice du pouvoir, ils tomberont et suivront les mêmes travers politiques que ce qu’ils dénonçaient chez Ben Bella et qui avaient motivé leur intervention armée pour y mettre fin. »

Par ailleurs, malgré l’accumulation de preuves, l’histoire officielle refusait d’admettre qu’il s’agissait d’un coup d’État. Ainsi, après la déposition de Ben Bella, les arguments mis en avant faisaient état d’une correction de la trajectoire de la révolution. Pendant plusieurs décennies, le 19 juin 1965 était un jour férié et chômé. Plus grave que ça, les putschistes déniaient à quiconque le droit de comparer le renversement de Ben Bella à un coup d’État. Et pour cause ! Ils expliquaient, dans leurs différentes déclarations, que le redressement était l’œuvre de « fils de paysans, fils d’ouvriers, qui ne travaillent et ne cherchent que le bonheur du peuple et le bien de l’Algérie. » En s’identifiant au peuple,  ils justifiaient la légalité de leur acte. D’ailleurs, un peuple peut-il faire un coup d’État ?

Pour toutes ces raisons, les militaires, à leur tête Boumediene, ne parlaient que d’un redressement révolutionnaire. « Selon la terminologie officielle, A. Ben Bella, le diabolique dictateur, le tyran, le traitre, avait, par son action cynique et malsaine, figé les forces révolutionnaires que H. Boumediene, par son intervention révolutionnaire, était venu libérer », écrit l’auteur de la « question de pouvoir en Algérie ». Dans la réalité, en héritant des pouvoirs de Ben Bella, en plus du pouvoir sur l’armée qu’il possédait à lui tout seul, Boumediene a figé, plus que son prédécesseur, la vie politique algérienne. Malheureusement, quand un pouvoir de cette nature est instauré, ce régime résiste à toutes les vicissitudes de la vie politique. De Chadli à Tebboune, les successeurs de Boumediene refusent tout partage de pouvoir. Enfin, bien que les personnalités diffèrent, l’organisation du pouvoir demeure la même : la suprématie du pouvoir exécutif sur les deux pouvoirs concurrents, à savoir le législatif et le judiciaire.

            

 

 

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité

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