Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 15:46

« Le travail politique du parti au sein des unités de l’ANP se fait par le département politique de l’armée directement contrôlé par le bureau politique. La politisation de l’armée doit tenir compte de ses conditions spécifiques, notamment en ce qui concerne la discipline et l’unicité du commandement », article 24 des statuts du FLN d’avril 1964.

Ainsi, bien avant même la prise totale du pouvoir par l’armée, la politique ne lui était pas un terrain étranger. Sans revenir sur la conduite de la guerre ou sa course au pouvoir à la veille de l’indépendance, force est de reconnaitre que l’état-major de l’armée était toujours la source décisionnelle. Ainsi, bien qu’il ait refusé de participer aux négociations, l’armée des frontières suivait de près leur déroulement. D’ailleurs, son absence, lors des rencontres bilatérales, a été exploitée pour se dédouaner des concessions, uniquement sur la forme, de la partie algérienne.

En tout état de cause, ca serait une méconnaissance de l’histoire si l’on considérait que la prise du pouvoir par l’armée datait de juin 1965. Cette date représentait uniquement l’exacerbation du pouvoir. En plus, au départ, Boumediene voulait faire participer toutes les tendances au sein du conseil de la révolution. « En prenant en main les destinées du pays, l’armée algérienne allait renforcer et accélérer le processus de la constitution en tant que groupe national hégémonique. Ayant conquis toutes les sources hégémoniques de l’État, elle put effacer toutes les variantes de légitimité et substituer au défunt CNRA (le parlement de la révolution) un mini CNRA, issu de ses propres rangs (…) qu’elle baptisa conseil de la révolution (CR) », écrit Abdelkader Yefsah, dans « la question de pouvoir en Algérie ».

Toutefois, bien qu’il y ait, au début, un semblant de respect des formes républicaines, les appétits de pouvoir de Houari Boumediene ont vite relégué ces principes au second plan. Et même le retour à la légalité au bout d’un an maximum a été « oublié ». Boumediene s’est contenté de l’ordonnance du 10 juillet 1965 « qui stipulait que le CR était le dépositaire de l’autorité souveraine ». Pire encore, les promesses du retour à la légalité n’était qu’un leurre. Dans la réalité, l’histoire nous a appris que le conseil de la révolution n’était qu’une couverture. A vrai dire, Boumediene n’a jamais réuni le conseil de la révolution dans sa totalité.  

Le refus de Boumediene de revenir à la légalité a provoqué la désapprobation de son chef d’état-major, Tahar Zbiri. Ce dernier a même tenté un coup d’État en décembre 1967. Pour le clan d’Oujda, l’échec du coup d’État était une occasion d’éloigner les dernières brebis galeuses, réfractaire à la volonté de Boumediene de bâtir la nation sur la volonté des hommes et non pas sur les institutions. D’ailleurs, à en croire Abdelkader Yefsah, le projet de service national n’a été soumis qu’après la défaite de Zbiri. « Autrement dit, une fois que Boumediene était certain de contrôler l’essentiel de l’armée », écrit-il. Quant aux institutions, il a fallu attendre 11 ans pour l’adoption d’une nouvelle constitution et 12 ans pour l’élection d’une Assemblée nationale.  

Partager cet article
Repost0

commentaires

Contactez-Moi

  • : Blog AIT BENALI Boubekeur
  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
  • Contact

  • Ait Benali Boubekeur
  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.
  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.

Recherche

Catégories