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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 07:22

« Le meurtre de Abane infléchit tout destin des organismes dirigeants du FLN. Il consacra d’abord la plus regrettable des divisions entre le pouvoir légal et le pouvoir de fait », extrait de « vérités sur la révolution algérienne », de Mohamed Lebjaoui.

Cette malédiction ne s’estompe pas malheureusement avec la fin de la guerre d’Algérie. De crise en crise, les institutions de la révolution ont été prises en otage. Et l’esprit militaire qui s’est imposé ensuite ne pouvait produire mieux. Pour mieux comprendre cette fatalité, il suffit d’examiner la gestion de la guerre après l’assassinat abject d’Abane.

En effet, cinq mois après son assassinat, les militaires ont décrété que la révolution devait être leur propriété. Ce fut la naissance du pouvoir suprême des 3B (Boussouf Abdelhafid, Ben Tobbal Abedellah et Belkacem Krim ).

Toutefois, bien que les 3B aient établi leur domination, il n’en reste pas moins que la façon dont a été exercé le pouvoir ne rendait pas la situation apaisante. « C’est ainsi que, durant toute l’année 1958, un complot, visant à renverser les « Trois B » et à s’emparer du pouvoir, fut tramé grâce à l’aide des Tunisiens youssefistes et de l’Egypte », écrit Abdelkader Yefsah, dans « la question de pouvoir en Algérie ».

Malheureusement, la fin de la crise, communément appelée l’affaire Lamouri, n’a pas servi de leçons. A partir de juin 1959, les 3B ont pris une décision très grave : le limogeage du président du GPRA, Ferhat Abbas. En guise de proposition de sortie de crise qu’ils ont eux-mêmes provoquée, les 3B ont fait appel aux colonels. C’était une mauvaise idée puisque les colonels ne se sont pas contentés de débattre dans le cadre fixé par les 3B. Ce fut le colonel Lotfi qui les mettait d’emblée dans une situation embarrassante. Il demandait à ce que les 3B quittent la réunion ou appellent les autres membres du GPRA, étant donné que les 3B firent toujours partie du GPRA.

A partir de là, les conciliabules allèrent dans tous les sens. Pendant 99 jours, les colonels étaient incapables de s’entendre  sur la composition des nouveaux organismes dirigeants. Et quand au bout de trois mois ils sont parvenus à désigner les membres du CNRA –le parlement de la révolution –, les travaux du CNRA ont duré encore 33 jours pour enfin désigner les membres du GPRA.

Finalement, le CNRA a reconduit quasiment la même équipe. Mais, la décision la plus lourde de sens fut l’unification de l’armée des frontières sous la houlette de Houari Boumediene. Cette erreur monumentale n’a pas seulement condamné la révolution à demeurer en crise –les oppositions de l’état-major au GPRA lors des négociations avec la France sont légion –, mais à hypothéquer l’avenir du pays après l’indépendance. 

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