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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 19:58

57 ans après la fondation du FFS, le climat politique reste vicié. En effet, l’éclatement de la crise politique en février 2019 ressemble, à quelques exceptions prés, à la révolte de 1963 qui a donné naissance au FFS. La différence principale, c’est qu’au sortir de la pénible guerre de prés de 8 ans, la jeunesse algérienne n’avait pas la force nécessaire de poursuivre le combat pour les institutions. Inversement –et c’est quand même paradoxal –, le potentiel politique était plus important dans les années 1960. En fait, le mouvement national a formé une génération en or. Des hommes, comme Hocine Aït Ahmed, ne tombent pas du ciel. D’ailleurs, le plus grand tort de la dictature, c’était d’empêcher cette génération de transmettre à grande échelle son savoir.

Pour revenir au contexte de l’époque, la crise politique provoquée par l’armée des frontières s’est achevée par une sorte de normalisation. Le peuple algérien a accepté sa défaite en agitant le drapeau blanc. Quant aux résistants, bien qu’une petite partie ait refusé de participer au processus politique sous la dictature, les plus raisonnables ont décidé de donner la chance à la jeune nation en formation. Leur condition était le respect des institutions. À ce titre, l’élection de l’Assemblée nationale constituante, le 20 septembre 1962, était porteuse d’un certain espoir.

Ainsi, bien que les vainqueurs de la crise de l’été 1962 aient une majorité écrasante à l’Assemblée, les députés menaient à bien leur mission et débattaient librement de la nouvelle constitution. Les interventions de Hocine Aït Ahmed illustraient cet intérêt pour doter le pays d’une constitution à la hauteur des sacrifices des meilleurs fils de l’Algérie. Hélas, le régime ne se contentait pas de la majorité parlementaire, mais il voulait humilier le peuple algérien en élaborant la constitution en dehors de l’Assemblée du peuple.

Depuis cette date, à chaque événement politique, le régime ne rate aucune occasion d’humilier le peuple. La dernière en date est celle qui consiste à reconduire un homme cliniquement mort à la tête de l’État pour un cinquième mandat. Toutefois, contrairement à 1963 où la révolte venait essentiellement des militants, en 2019, c’est quasiment tout le peuple qui se dresse contre ce régime défaillant. De même, l’avantage du hirak, c’est aussi sa capacité à rassembler tous les courants politiques. Malgré quelques tentatives des éradicateurs –la dictature a aussi réussi à pervertir la société en créant des courants racistes –, le hirak demeure attaché à son identité : tolérance, pacifisme et rassemblement.

Quant aux militants du FFS, leur engagement est total au sein du hirak. D’ailleurs, si Hocine Aït Ahmed était de ce monde, il soutiendrait sans condition ce mouvement, lui qui insistait depuis le recouvrement de l’indépendance à ce que le peuple se prenne en charge. Ce hirak répond donc à la principale mission historique du FFS consistant à combattre la dictature. Hélas, la disparition du chef charismatique du FFS a quelque peu désorienté le parti. Ainsi, à la question : peut-on être un élu national après le 22 février 2019 ? Les avis divergent. Seul un chef, comme Hocine Aït Ahmed, pourrait trancher cette question en faisant consensus. Cela dit, on sait tous qu’être militant du FFS, c’est être au service des causes. La cause du hirak l’est amplement.      

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité

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