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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 20:09

Sans vouloir minimiser le rôle de n’importe quel citoyen, il y a une répartition latente des missions dans chaque révolution. Qu’on le veuille ou non, le hirak ne peut pas en déroger. Le cap et les buts du hirak doivent être fixés par ceux qui se battent sur le terrain, c’est-à-dire en Algérie, à travers les 48 wilayas. D’ailleurs, est-ce qu’il devait y avoir un malentendu sur cette question ? Si on ne poursuit pas des objectifs étroits, il ne devra pas y subsister de quiproquo.

À vrai dire, pour qu’il y ait une révolution, il faudrait que le mouvement commence au pays. C’est le cas en 1954 et plus tard en 2019. Pour le cas de la première révolution, la délégation extérieure du FLN n’a été informée de la préparation de la guerre qu’après la réunion des 22 où l’action armée a été tranchée. Et c’est une fois que les cinq zones –futures wilayas historiques – sont déterminées que le conseil de la révolution a intégré les membres de  la délégation extérieure pour former le fameux groupe des 9.

De la même manière, les membres de la fédération de France du FLN ont été systématiquement désignés par l’Intérieur. Bien que la guerre fratricide, entre le FLN et le MNA, ait divisé les Algériens, dans l’ensemble, la communauté algérienne s’est contentée de jouer son rôle, à savoir l’apport financier à la révolution. D’ailleurs, d’après certaines archives, plus de 80% de la trésorerie du GPRA émanait de la diaspora.

Cela dit, le contexte de 1954 n’est pas le même que celui de 2020. Mais, ce rappel historique est nécessaire pour comprendre le sens de l’engagement. Or, depuis la reprise des rassemblements à Paris –est-ce qu’on peut l’appeler hirak ? –, certaines personnes demandent à partir de la place de la République de définir les contours de la nouvelle Algérie sans le vote ni la consultation des 40 millions d’Algériens vivant sur place.

Ainsi, sous prétexte de prévenir le scénario des années 1990, des éradicateurs –ils oublient que leur tendance était responsable également de la tragédie –veulent exclure une partie de nos concitoyens des futures institutions. Pour quelle raison ? Ils les considèrent extrémistes. Mais, au nom de la différence, ils ne condamnent pas le séparatisme, un phénomène plus dangereux à l’unité nationale. Bien évidemment, ils ne peuvent pas désavouer le chef de file des éradicateurs en 1991, en l’occurrence Ferhat Mehenni. Car, ils partagent la même haine.

Enfin, toutes ces manœuvres montrent que certains militants agissent au sein du hirak pour leur propre idéologie. Heureusement, pour l’unité du hirak, cette agitation se passe loin du terrain de la révolution. Pour une raison que l’on ne souhaite pas, si le hirak en Algérie s’arrête, les rassemblements de la place de la République pourront se poursuivre indéfiniment. Donc, le seul et le vrai hirak, c’est celui du pays. Du coup, le seul devoir est de soutenir la révolution du sourire qui affronte le pouvoir, avec courage et au risque de croupir dans ses geôles. Celui qui veut peser dans le choix de la future République n’a qu’à demander le mandat de ces 40 millions d’Algériens.  

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité

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  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
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  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.
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