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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 21:44

Dans quelques jours, la révolution du sourire va boucler un an de combat. À l’exception de quelques pessimistes, le hirak se porte bien. Comme le montre la mobilisation du 52eme vendredi de la contestation, un esprit d’enthousiasme anime le mouvement. Au-delà de tout bilan, la première victoire du hirak est évidemment celle qui permet de rassembler tout un peuple autour des revendications légitimes. Parmi elles, il y a le droit de choisir librement ses représentants et ses institutions en dehors de toute tutelle.

Bien que le pouvoir en place mette toute son énergie en vue de saborder le mouvement, chaque semaine, les Algériennes et les Algériens lui rappellent leur détermination à bâtir une nouvelle République, débarrassée de l’arbitraire, de l’injustice, de la violence, de la corruption, etc. La liste est malheureusement longue. Ce qui justifie amplement la persévérance et la résilience du mouvement. En peu de mots, les Algériens ne veulent pas la mort de leur pays durement reconquis par des hommes libres.

Hélas, le refus du pouvoir, mis en place depuis 1962, de se soumettre à l’autorité du peuple rend toute sortie de crise alambiquée. Dans ce cas, quelles sont les voies raisonnables de dépasser la crise ? Incontestablement, la clef est entre les mains des détenteurs illégitimes du pouvoir. Du coup, pour une fois depuis l’indépendance, le régime peut-il se départir des fausses solutions ? C’est à l’évidence là où réside le problème. Malheureusement, malgré la pression populaire, l’actuelle équipe dirigeante poursuit exactement la même trajectoire que les équipes précédentes successives.

En effet, à chaque arrivée d’un représentant du pouvoir aux hautes responsabilités, il suggère l’adoption de la nouvelle constitution. Élaborées jusque-là en dehors de toute participation du peuple, elles accordaient toutes des pouvoirs exorbitants aux hommes forts du moment. Bien qu’on n’ait pas encore la première mouture de la constitution d’Abdelmadjid Tebboune, la méthode choisie ne diffère en rien des précédentes constitutions. Et pour cause ! Aucun chef d’État n’a élaboré une constitution pour le pays. Tous ont privilégié des textes permettant de renforcer leur pouvoir inique. Et à chaque fois, ce sont des experts qui se substituent aux représentants authentiques du peuple. Par conséquent, élaborées en dehors en dehors de son contrôle, ces constitutions ne tiennent pas compte du rôle prépondérant que devrait jouer le peuple.

Hélas pour le régime, cette ruse ne fonctionne plus depuis le 22 février 2019. Après un règne sans partage depuis 1962, le régime ne jouit d’aucune confiance. En tout cas, pour la grande majorité du peuple algérien, le régime ne peut et ne pourra pas conduire la transition vers un État de droit. Et s’il ne peut pas mener cette mission, il devra logiquement céder la place au nouveau pouvoir émanant du peuple. Hélas, avec la ruse qui le caractérise, le pouvoir ne veut rien entendre ni ne rien comprendre. Il faut dire que les profits que tirent les tenants du pouvoir dans les pays rentiers sont tellement colossaux que toute remise en cause de leur mainmise sur le pays déclenche une sévère réaction. Voilà pourquoi un an de combat pacifique ne peut bouger véritablement les lignes.

Pour toutes ces raisons, le mouvement populaire ne doit pas s’éteindre. Car, tous les éléments qui ont conduit à la crise politique de février 2019 sont toujours présents. Le pouvoir opaque est celui qui pèse sur les affaires du pays. Pour étayer cette thèse, il suffit de citer l’exemple de la nomination refusée du responsable de la Douane. Dans le même esprit, le parlement qui s’apprête à examiner la constitution de Tebboune est le symbole du règne exécrable de Bouteflika. Cela dit, le départ d’un tel système n’est pas une sinécure. Dès le départ, les voix raisonnables parlaient d’un combat de longue haleine. Même si ça peut paraitre long, un an de combat contre un régime qui a étalé ses tentacules en 57 ans de règne vicieux n’est pas énorme. Pour rappel, pour se libérer la première fois, le peuple algérien a résisté plus de 7 ans. Enfin, il faut préciser que les combats ne sont pas les mêmes.

 

   

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  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales. Du coup, la connaissance de l'histoire ne passe pas par l'école.
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  • Ait Benali Boubekeur
  • Il est du devoir de chaque citoyen de s’intéresser à ce qui se passe dans son pays. C'est ce que je fais modestement.
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