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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 19:46

Troisième partie : la période de clandestinité

À vrai dire, cette période s’étale de la proclamation du FFS jusqu’à 1989. Bien que la négociation avec le régime de Ben Bella débouche sur sa reconnaissance le 16 juin 1965, il n’en reste pas moins que le coup d’État du 19 juin 1965 remet tout en cause. D’ailleurs, à en croire le politologue, Abdelkader Yafsah, c’est ce rapprochement avec le FFS qui a précipité la chute de Ben Bella.

De toute évidence, la période qui s’ouvre après juin 1965 ne permet aucune activité politique. Elle plonge tout simplement le pays dans une dictature innommable. Bien que le coup d’État vienne réparer, selon Boumediene, les dérapages de son prédécesseur, force est de reconnaître que toutes les portes et tous les horizons sont à présent bouchés. En suspendant toutes les institutions, tout le règne de Boumediene se résume à la volonté d’un seul homme.

Cependant, malgré la mise au pas de la société, le FFS ne se résigne pas. Après l’évasion de Hocine Aït Ahmed de la prison d’El Harrach, le 1er mai 1966, le parti s’adapte autant que faire se peut à la nouvelle ère. Cela dit, en dépit d’un discours mobilisateur, force est de constater que, sous Boumediene, le parti peine à réaliser ses objectifs. En juin 1967, un rapport du parti parle même de déclin. Il faut rappeler aussi que dans une période où les liquidations physiques sont monnaie courante, le maintien des activités exposerait les militants à des représailles très sévères de la part du régime.

Du coup, le centre de l’activité est uniment déplacé. Désormais, les principales activités se déroulent en exil. Mais, cela n’empêche pas des comités restreints, au centre du pays, de nourrir la flamme. En France, la principale activité a lieu en mars 1979. Un plan d’action est exposé par Ali Mécili, bras droit de Hocine Aït Ahmed. La pluaprt des militants présents au séminaire –ils sont pour certains des acteurs décisifs lors du printemps 1980 –joue, sur le terrain, un rôle capital.

Cette reprise des activités du FFS en Algérie crée évidemment une panique au sommet de l’État. Ainsi, après l’organisation de la conférence de Londres en décembre 1985, dont le but, à moyen terme, est de rassembler toute l’opposition, le régime algérien renoue avec sa politique diabolique de liquidation physique. Le 7 avril 1987, le grand opposant et ami inséparable de Hocine Aït Ahmed, en l’occurrence Ali Mécili, est assassiné à Paris sur les ordres de la sécurité militaire (SM). En effet, après l’arrestation du tueur, un proxénète sinistrement connu à Paris, un ordre de mission de la SM a été retrouvé dans ses poches.

Quant aux événements d’octobre 1988, ceux-ci surprennent toute la classe politique. Et pour cause ! c’est la lutte interne au sein du régime, entre réformateurs et conservateurs, qui en est la cause. Toutefois, après avoir dénoncé les violences commises contre les jeunes algériens, Hocine Aït Ahmed exhorte le régime à procéder à une réelle ouverture politique. Finalement, le charismatique chef historique ne s’est pas trompé en accusant une partie politisée de l’armée de ne pas vouloir jouer le jeu démocratique.

Suite …

 

 

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité
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mellah hocine 01/08/2017 23:56

L'étape du coup d'Etat du 19 Juin 1965 fut le tournant ou le revirement sur la reconnaissance du FFS , donc du multipartisme par le pouvoir en place, celui de BEN BELLA; Le Coup d’État a eu lieu à la veille du Sommet afro-asiatique prévu à Alger. Parmi les invités, il y avait deux figures de marque : le Premier Ministre chinois Zhou Enlai et le Président égyptien Nasser. Ils devaient y participer et, au cours duquel, le président Ben Bella devrait apparaître comme l’un des principaux leaders du Tiers monde. Autrement dit, le Mandela algérien. De même, Ben Bella prévoyait enterrer la hache de guerre et signer un accord de réconciliation avec son opposant Hocine Aït Ahmed, leader du FFS, pour mettre fin à la discorde qui les séparait depuis 1963. Le colonel Boumédiène, dont ses troupes quadrillaient déjà les maquis de la Kabylie depuis un an et demi, ne voyait pas leur rapprochement d’un bon œil. Anecdote du coup d'Etat, le réalisateur italien Gillo Pontecorvo était en train de tourner le film de ‘’La Bataille d’Alger. » Voyant les chars dans les rues d’Alger, certains Algérois pensaient que c’étaient les chars du film en tournage. Ce n’est que plus tard qu’ils réaliseront qu’il s’agit des chars du putsch. Le régime de Boumédiène prit fin à sa mort. La journée du 19 juin, célébrée durant son règne comme « journée nationale» chômée et payée, s’est vue effacer du calendrier des fêtes nationales à partir de 2005 pour redevenir une journée normale de l’année comme les autres.

Ait Benali Boubekeur 02/08/2017 13:19

En effet, il y avait la conférence afro-asiatique qui devait se tenir vers la fin juin 1965. Il y avait aussi la menace de virer Bouteflika du ministère des affaires étrangères. A ce moment là, Ben Bella apparaissait comme une vraie menace au clan d'Oujda.

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