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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 14:14

Première partie : le contexte politique historique

S’il y a une idée reçue à bien éclaircir, ce sera le contexte qui a présidé à la naissance du FFS. Bien que le régime et ses acolytes –parfois, ces derniers claironnent qu’ils sont en rupture avec le régime –mettent en avant, à chaque évocation du FFS, l’affrontement armé, la mission historique du FFS dépasse largement cette présentation tronquée. Le repli dans les montagnes est une réaction à l’envoi des compagnies de l’ANP par le pouvoir exécutif. Mais, qu’importe ! Le but de cette note n’est pas de convaincre ceux qui ont pris le FFS pour leur ennemi.

Quoi qu’il en soi, pour mieux saisir le sens de la mission historique du FFS, il faudrait remonter jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie. En effet, si la direction révolutionnaire n’était pas déstabilisée par l’État-major général (EMG), le GPRA aurait respecté la volonté populaire. Selon les accords d’Evian qu’il avait ratifiés, l’Assemblée nationale constituante (ANC) devait être élue trois semaines après le référendum d’autodétermination, prévu le 1er juillet 1962.

Hélas, dans l’esprit de certains dirigeants, le peuple algérien doit demeurer –dans le sens où il ne doit jouer aucun rôle –dans l’asservissement. Ainsi, trois semaines après le référendum, le tandem Ben Bella-Boumediene proclame unilatéralement la formation d’un bureau politique dont la mission est d’assurer la direction du pays.

Malgré ce coup de force et dans le but d’éviter au pays une épreuve douloureuse, la plupart des opposants au groupe de Tlemcen ne désertent pas le terrain. En dépit du contexte explosif, marqué notamment par la volonté du pouvoir exécutif de dominer la vie politique nationale, les opposants tentent autant que faire se peut de contribuer à l’édification des institutions.

En tout cas, c’est dans cet esprit que Hocine Aït Ahmed et quelques figures de proue du mouvement national acceptent de siéger à l’ANC. Élue le 20 septembre 1962, l’ANC a pour mission principale de doter le pays de sa première constitution, et ce, au bout d’un mandat d’une année.

Bien qu’une partie des députés ne veuille pas exercer ses prérogatives, un groupe emmené par Hocine Aït Ahmed entend jouer son rôle législatif jusqu’au bout. Ses interventions au parlement sont autant de leçons politiques. Hélas, une hirondelle ne fait pas le printemps. Malgré les applaudissements nourris à chacune de ses interventions, la majorité des députés accepte de s’effacer devant le pouvoir exécutif. En dépit d’une majorité aux ordres, le duo Ben Bella-Boumediene ne respecte même pas les règles les plus élémentaires de démocratie.

Suite…   

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité
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mellah hocine 30/07/2017 19:49

Merci, Monsieur AIT BENALI, de revenir et de ré-ouvrir cette page maculée par un pouvoir obnubilé par une concentration de la pensée au point de détourner toute une histoire d"un peuple qui pouvait le rôle de pourvoyeur de pouvoir. En effet, Hocine AIT AHMED , lors d'une intervention, de grande envergure, au sein de cette ANC , attira l'attention de ses pairs sur une usurpation des institutions du pays. Il déclara le 7 décembre 1962, dans une intervention fort applaudie. « Dans tous les pays, sous tous les régimes, il y a séparation entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Il y a des pouvoirs qui s’opposent, d’autres qui coexistent dans le respect mutuel, d’autres enfin qui coopèrent », ceci en réponse à la déclaration de Ferhat Abbas, président de l’ANC, pour lequel : l’assemblée constituante est solidaire du gouvernement. Fort de son potentiel politique , Hocine AIT AHMED ajouta : pour permettre à l’Assemblée de jouer son rôle historique, je demande à Monsieur le président de prendre quelques précautions lors de ces déclarations, parce que nous défendons la souveraineté de notre Assemblée. Plus visionnaire que jamais, Hocine AIT AHMED enfonça le clou en déclarant : le pouvoir personnel ou oligarchique conduit à la paresse, au laisser-aller et à la passivité. Il nous est impossible, quelles que soient nos décisions, quels que soient les moyens mis à notre disposition : capitaux, assistance technique, culturelle d’édifier notre pays si l’enthousiasme populaire fait défaut, si le peuple ne participe pas à cette édification avec ferveur et si nous ne créons pas les conditions psychologiques d’un renouvellement d’auto mobilisation.
Nous sommes en 2017 , soit cinquante cinq ans après, malgré sa disparition , Hocine AIT AHMED avait vu juste , ce que nous vivons aujourd'hui est une réalité de ce qu'il avait déclaré en 1962.

Ait Benali Boubekeur 31/07/2017 13:39

Bonjour Mr Mellah. En effet, cette page ne pourra jamais être tournée. L'Algérie a besoin de la vérité. Moi aussi, j'ai déjà travaillé sur le discours du 7 décembre 1962. Franchement, tout a été dit.

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