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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 07:51

« Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes », Benjamin Disraeli, ancien premier ministre britannique au XIXe siècle.

Cette sentence s’applique évidemment à tous les pays issus des colonies. Contrairement aux autres pays, dans le cas de l’Algérie, la crise politique aurait pu être évitée s’il n’y avait pas eu l’acharnement de l’armée des frontières à vouloir imposer sa vision tyrannique.

En effet, la République étant issue du référendum d’autodétermination, la souveraineté nationale aurait dû dépendre uniquement de la volonté populaire. Ainsi, sans le coup de force contre l’instance légitime de la révolution algérienne, en l’occurrence le GPRA, dans le premier temps, et l’exclusion du peuple, dans le second temps, les jalons de la République ont été posés dès le 1er juillet 1962, à l’occasion du référendum d’autodétermination.

Malgré la résilience des autorités politiques et grande partie des maquis de l’intérieur, le soutien de quelques figures de proue au clan d’Oujda, à l’instar d’Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Rabah Bitat, Ferhat Abbas, a été décisif dans le processus de la prise du pouvoir par l’état-major général, commandé par Houari Boumediene.

Dans son ultime tentative, les organisations intérieures ont tenté de sauver la victoire du peuple algérien. Dans une réunion regroupant les forces vives de la nation, les congressistes, réunis à Zemmorah, les 24 et 25 juin 1962, ont recommandé des sanctions contre les menées illégales de l’EMG.

Après leur rencontre avec le président du GPRA, Ben Youcef Ben Khedda, le 30 juin 1962, des sanctions ont été prises à l’encontre du chef de l’EMG et de ses adjoints. Hélas, la détermination de l’armée des frontières, soutenue par ses alliés civils, conjuguée à l’épuisement du peuple algérien a facilité la prise du pouvoir. Suréquipée et dotée d’un matériel neuf, l’armée des frontières a écrasé tout sur son passage. Environ 1000 combattants y ont laissé leur vie dans les affrontements avec les troupes dirigées par Houari Boumediene.

Aujourd’hui, le discours officiel minimise cette violence commise à l’encontre du peuple algérien. On tente même de justifier que si la crise est là, c’est parce que le peuple algérien n’a pas assez joué son rôle. Cette façon de présenter les choses vise à disculper la classe dirigeante qui n’a jamais été renouvelée.

Pour conclure, il va de soi que ce sont la prise violente du pouvoir et la mainmise sur toutes les institutions –des trois institutions qui existent partout dans le monde, en Algérie, seul le pouvoir exécutif a le droit de cité –qui ont provoqué l’exclusion du peuple. Bien qu’il y ait des efforts d’une certaine opposition en vue de la conscientisation du peuple, ce dernier reste à l’écart. En témoignent d’ailleurs les résultats des législatives de mai 2017.

Cette désaffection –qu’on le veuille ou non –est consécutive à la politique poursuivie depuis 1962. Et s’il faut appeler le peuple algérien à consentir des efforts, il faudra d’abord changer les règles de jeu politique.

Aït Benali Boubekeur

  

 

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur - dans Actualité
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mellah hocine 15/07/2017 16:27

Les règles du jeu politique sont biaisées, ouvertes à tout vent sans avoir, au préalable, mis les garde-fous afin d'éviter ces dérapages ayant mené notre pays vers une guerre civile. Le peuple Algérien connait les mots de la démocratie, de la liberté, mais ignore totalement les modes opératoires. Le régime , qui connait que trop bien bien son peuple, a " éparpillé" ces idées de démocratie sans pour autant mettre les points d'appuis d'un tel système. Le régime enfante les règles du jeu, en concevant des constitutions sur mesure, mais il est le premier à piétiner ces règles et ces lois fondamentales. Ce fut d'ailleurs le cas de la légalisation du FIS et du RCD , qui était anticonstitutionnelle, conformément au principe religieux du FIS et au options culturelles pour le RCD. Connaissant les visées et les projets de ce pouvoir , nous savons que les événements ayant abouti à cette décennie noire ont été programmés bien à l'avance dans ces laboratoires occultes. Par de là ces effets d'annonces, le lien entre gouvernants et gouvernés est bel est bien coupé. Le peuple Algérien s'est retrouvé orphelin d'un " guide", sachant que même ces élites , censées jouer le rôle de courroie de transmission, ont été jetées en pâture par l'émergence de nouvelles classes, liées aux finances, qui font la pluie et le beau temps. Que représente un universitaire- chercheur- professeur devant un ALI HADDAD , pour ne pas le citer?. Le régime a bien compris que sa faillite a engendré la faillite au sein du peuple lequel a démissionné de tout ce qui ressemble au politique.
Par conséquent, c'est sur ce chapitre que l'opposition doit travailler et encore travailler afin d'allumer cette flamme patriotique qui fut jadis à l'origine de la révolution Algérien.

Ait Benali Boubekeur 18/07/2017 18:07

Je peux dire, Monsieur Mellah, que la démocratisation des institutions est utilisée par un clan du pouvoir pour piéger un autre.Il faut se rappeler qu'en 1989, Chadli a menacé les députés du FLN qu'ils ne bloquent pas le projet sinon ils risqueraient de voir disparaître leurs privilèges.

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  • Je consacre beaucoup de mon temps libre à la recherche de la vérité sur le mouvement national.
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