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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 11:15

Malgré le semblant de cohésion du groupe d’Oujda en 1962, l’alliance Ben Bella-Boumediene commence à se fissurer dès 1963. En effet, après avoir écarté l’instance légitime de la révolution algérienne, en l’occurrence le GPRA, la question de pouvoir se pose derechef en Algérie.

Si Ben Bella s’est appuyé sur le concours d’autres chefs historiques, à l’instar de Khider et Bitat, pour écarter Boudiaf, Aït Ahmed, Krim ; dans sa lutte qui l’oppose à Boumediene, il se retrouve esseulé.

En effet, la démission de Khider, le 16 avril 1963, du poste de secrétaire général du FLN et la mise à l’écart de Bitat de sa mission de responsable au sein du BP (bureau politique) profitent à son rival Boumediene. Bien que Ben Bella occupe systématiquement les postes vacants, il n’en reste pas moins que le clan présidentiel perd de plus en plus de terrain.

Pour éliminer ses opposants internes et externes, Ben Bella se lance dans l’aventure personnelle. « D’où la nécessité pour A. Ben Bella de se tailler, en dehors de l’Assemblée constituante, une Constitution à la mesure de ses ambitions. Il viola donc la procédure prévue : en effet, l’Assemblée constituante s’était proclamée le 25 septembre 1962 organisme représentatif du peuple algérien, seule dépositaire et gardienne de la souveraineté nationale à l’intérieur et à l’extérieur, et à ce titre, détenait seule le pouvoir constituant qui lui conférait, entre autres, l’élaboration et le vote d’une constitution », écrit Abdelkader Yafsah, dans « la question de pouvoir en Algérie ».

Se méfiant donc des élus de la nation, Ben Bella désigne, de façon unilatérale, un groupe de ses fidèles militants en vue de rédiger le texte fondamental. Hocine Aït Ahmed réagit alors à ce énième coup de force en traitant le projet de Ben Bella de « monstre constitutionnel ».

Dans la foulée, les démissions s’enchainent. Après avoir pesé dans la victoire du duo Ben Bella-Boumediene contre le GPRA, dont il était pourtant le premier président, Ferhat Abbas jette l’éponge. Dans sa lettre de démission, il dénonce sans fard ni acrimonie les agissements antidémocratiques de Ben Bella.   

Par ailleurs, si nombre de personnalités se contentent de dénoncer le coup de force constitutionnel, Hocine Aït Ahmed défie le régime en créant un mouvement politique, le FFS. En réponse à cette démarche politique, les deux hommes forts du moment, Ben Bella et Boumediene, répondent par les armes.

Hélas, dans le contexte de l’époque, le peuple algérien n’a plus la force de poursuivre le combat. Malgré une certaine forme de résilience, le régime finit par imposer son modèle par la force.

Finalement, Ben Bella ne se rend compte de son erreur que le jour où le boomerang lui revient sur la figure. En éliminant toutes les forces vives de la nation, Ben Bella devient éjectable à tout moment. Décrivant cette période, Abdelkader Yafsah note : « Comme le parti, c’était A. Ben Bella (mais il n’avait aucune emprise sur la réalité politique) et le gouvernement, c’était A. Ben Bella, mais il ne pesait pas ; il restait l’armée et l’ambition sans cesse grandissante de ceux qui la dirigeaient. »

En somme, c’est cette gestion hasardeuse des affaires de l’État qui est à l’origine de la crise politique actuelle. Comment procéder pour la transcender ?  Il faudrait créer les conditions politiques à travers l’organisation d’un large rassemblement national. C’est ce que prône le FFS depuis des lustres.

          

 

 

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Publié par Ait Benali Boubekeur
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  • : L’école algérienne ne s’est pas attelée, en ce qui concerne l’enseignement de l’histoire, à la transmission du savoir. L’idéologisation de l’école l’a emporté sur les impératifs de la formation. Or, les concepteurs de ces programmes préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles occidentales.
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  • Je consacre beaucoup de mon temps libre à la recherche de la vérité sur le mouvement national.
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